Tolérer, c’est supporter ce qu’on désapprouve, ce qui suppose d’avoir une conviction ; l’indifférence, au contraire, ne juge de rien. Le sujet demande si la paix religieuse exige d’affaiblir les convictions.
La tolérance n’est-elle possible qu’au prix d’un relativisme qui ne croit plus à rien, ou est-elle un principe compatible avec la conviction la plus ferme ?
Le plan en trois parties
Il semble qu’on ne tolère que ce à quoi l’on ne tient pas
- Celui qui croit détenir le salut peut se croire obligé de l’imposer aux autres.Locke, Lettre sur la tolérance
- Les guerres de religion montrent qu’une vérité exclusive engendre la persécution.Voltaire, Traité sur la tolérance
- La religion close resserre le groupe contre les autres, jusqu’à l’hostilité.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Mais l’indifférence n’est pas la tolérance : elle en est la caricature
- Tolérer implique de juger, donc de tenir à quelque chose : sans conviction, plus d’objet.Locke, Lettre sur la tolérance
- La contrainte ne produit que des hypocrites : la sincérité de la foi exige sa liberté.Spinoza, Traité théologico-politique
- La foi la plus exigeante peut fonder le respect, parce qu’elle sait ce qu’il en coûte de croire.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
Le vrai fondement : l’égale liberté, non la tiédeur
- L’État garantit l’ordre extérieur et laisse à chacun le jugement intérieur.Spinoza, Traité théologico-politique
- Le respect s’adresse à la personne, non au contenu de ses opinions.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- Dans une société plurielle, chacun traduit ses raisons en arguments partageables.Habermas, Entre naturalisme et religion
Tolérer une opinion que l’on juge fausse, est-ce la respecter ou seulement respecter celui qui la porte ?