Démontrer, c’est déduire nécessairement une conclusion de prémisses certaines, ce qui engage un objet susceptible d’être traité comme tel. La question porte donc autant sur Dieu que sur les pouvoirs de la démonstration.
L’existence de Dieu peut-elle relever d’une démonstration, ou l’idée même d’une preuve manque-t-elle ce qu’elle prétend établir ?
Le plan en trois parties
La métaphysique a construit de véritables preuves
- L’être dont on ne peut rien concevoir de plus grand ne peut manquer d’exister.Anselme, Proslogion
- Les cinq voies remontent du mouvement et de l’ordre du monde à une cause première.Thomas d’Aquin, Somme théologique
- L’idée d’infini ne peut venir d’un sujet fini : elle exige une cause qui la contienne.Descartes, Méditations métaphysiques
Ces preuves ne prouvent pas ce qu’elles croient prouver
- L’existence n’est pas un prédicat : on ne tire pas d’un concept l’être de son objet.Kant, Critique de la raison pure
- Remonter des effets à une cause intelligente excède ce que l’expérience autorise.Hume, Enquête sur l’entendement humain
- L’existence du mal rend au moins problématique l’inférence d’un auteur parfait.Leibniz, Essais de théodicée
L’échec de la preuve est la condition de la foi
- Supprimer le savoir pour faire place à la croyance : l’impossibilité de prouver libère la foi.Kant, Critique de la raison pure
- Un Dieu démontré serait un objet parmi d’autres, non le Dieu sensible au cœur.Pascal, Pensées
- Là où la preuve manque, la décision et le risque deviennent le mode propre de la foi.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
Si Dieu était démontré, resterait-il quelque chose à croire ?