« Faut-il » demande si cette opposition est nécessaire, non si elle a eu lieu historiquement. Science et religion se distinguent par leur objet, leur méthode et leur rapport à la preuve, ce qui n’entraîne pas forcément un conflit.
Le conflit entre science et religion est-il inscrit dans leur nature, ou naît-il d’une confusion des questions qu’elles posent ?
Le plan en trois parties
Le conflit paraît inévitable : deux rapports incompatibles au vrai
- La science n’admet que ce qui est vérifiable ; la religion s’appuie sur l’autorité d’un témoignage.Hume, Enquête sur l’entendement humain
- L’histoire du savoir est celle du recul des explications théologiques.Comte, Cours de philosophie positive
- La rationalisation moderne a produit un monde désenchanté, où les dieux n’ont plus de place.Weber, Le Savant et le Politique
Mais les deux ne répondent pas à la même question
- La science dit comment ; elle ne dit pas ce que nous devons faire ni espérer.Kant, Critique de la raison pratique
- La croyance religieuse n’est pas une hypothèse concurrente d’une hypothèse scientifique.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
- L’Écriture enseigne l’obéissance et la justice, non la physique des cieux.Spinoza, Traité théologico-politique
Le vrai partage : ce qui doit être opposé, c’est le dogmatisme, d’où qu’il vienne
- Le fanatisme naît quand une croyance se croit démontrée et veut s’imposer.Voltaire, Traité sur la tolérance
- Le scientisme est symétrique : il fait de la science une réponse aux questions de sens.Weber, Le Savant et le Politique
- Une société post-séculière apprend à traduire les convictions en raisons accessibles à tous.Habermas, Entre naturalisme et religion
Une science qui prétendrait dire le bien ne deviendrait-elle pas elle-même une religion ?