« Combattre » suppose un affrontement, donc un terrain commun entre celui qui raisonne et celui qui croit. Or la croyance se définit précisément par une adhésion sans preuve, ce qui la rend peut-être insensible à la preuve contraire.
Le raisonnement peut-il atteindre la croyance, ou faut-il admettre qu’il n’a de prise que sur ce qui s’est d’abord soumis à ses règles ?
Le plan en trois parties
Oui : une croyance avance des raisons, donc elle s’examine
- La critique des miracles montre qu’un témoignage extraordinaire est toujours moins probable que l’erreur.Hume, Enquête sur l’entendement humain
- Expliquer la superstition par la crainte, c’est en défaire l’autorité sans persécuter personne.Spinoza, Traité théologico-politique
- L’interprétation historique des textes sépare le message moral des récits qu’on prend pour des faits.Spinoza, Traité théologico-politique
Non : la croyance ne repose pas sur les raisons qu’elle donne
- Le cœur adhère avant la démonstration : réfuter les arguments ne dissout pas l’adhésion.Pascal, Pensées
- Les croyances religieuses tirent leur force d’un désir, non d’une inférence : la réfutation ne les entame pas.Freud, L’Avenir d’une illusion
- Croyant et incroyant ne se contredisent pas comme deux savants : ils ne jouent pas au même jeu de langage.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
Ce que le raisonnement peut : non convertir, mais limiter et désarmer
- Le repère convaincre / persuader impose de viser l’assentiment de la raison, non l’effet sur l’affect.Repère du programme : persuader / convaincre
- La raison peut montrer qu’aucune preuve n’est possible, ce qui ruine le fanatisme sans ruiner la foi.Kant, Critique de la raison pure
- Contre l’intolérance, l’argument efficace est politique : la paix civile plutôt que la vérité du dogme.Voltaire, Traité sur la tolérance
Faut-il vouloir détruire une croyance, ou seulement l’empêcher de se faire loi ?