Le problème du mal confronte trois affirmations : Dieu est bon, Dieu est tout-puissant, le mal existe. Le sujet demande si leur conjonction est contradictoire au point de rendre la foi intenable.
Le mal réfute-t-il l’existence d’un Dieu bon et tout-puissant, ou révèle-t-il seulement les limites de notre entendement ?
Le plan en trois parties
Oui : le mal paraît réfuter l’idée même d’un Dieu parfait
- Un Dieu qui peut empêcher le mal et ne l’empêche pas n’est ni bon ni puissant.Hume, Dialogues sur la religion naturelle
- Les dieux, s’ils existent, ne se soucient pas de nous : il faut cesser de les craindre.Épicure, Lettre à Ménécée
- La théodicée console en transformant la souffrance réelle en moment d’un plan.Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
Non : la théodicée conteste que la contradiction soit établie
- Le mal peut être la condition d’un plus grand bien dans le meilleur des mondes possibles.Leibniz, Essais de théodicée
- Le mal moral suppose la liberté, sans laquelle il n’y aurait ni mérite ni amour.Augustin, Le Libre Arbitre
- La finitude de notre point de vue interdit de juger de la totalité.Spinoza, Éthique
Déplacer la question : du problème spéculatif à l’exigence pratique
- La raison théorique ne peut trancher : ni la preuve ni la réfutation ne sont disponibles.Kant, Critique de la raison pure
- Le mal appelle d’abord une réponse : agir, secourir, répondre de l’autre.Lévinas, Totalité et Infini
- Le symbole du mal se pense par l’interprétation, non par une comptabilité métaphysique.Ricœur, La Symbolique du mal
Devant la souffrance d’un innocent, l’explication n’est-elle pas déjà une faute ?