Unir suppose un lien voulu et durable, non une simple coexistence ; mais tout lien interne peut se payer d’une frontière externe. Le sujet interroge donc la portée du « nous » que la religion institue.
La religion crée-t-elle un lien universel entre les hommes, ou un lien de groupe qui ne s’intensifie qu’en excluant ?
Le plan en trois parties
Oui : elle est par excellence ce qui relie
- Une religion unit en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
- Le rite partagé instaure un temps commun et une mémoire commune.Eliade, Le Sacré et le Profane
- Une religion civile fournit le socle minimal d’attachement à la communauté politique.Rousseau, Du contrat social
Non : elle divise à proportion de ce qu’elle unit
- Les guerres de religion naissent de la prétention exclusive à la vérité.Voltaire, Traité sur la tolérance
- La religion close est d’abord une défense du groupe contre l’extérieur.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- L’unité religieuse peut masquer une division sociale réelle qu’elle perpétue.Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
Deux formes de lien : l’appartenance et l’ouverture
- La religion dynamique vise l’humanité entière, et non le groupe qui la porte.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- Le respect dû à la personne ne dépend d’aucune appartenance confessionnelle.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- Le rapport à autrui précède l’appartenance : il oblige avant toute communauté.Lévinas, Totalité et Infini
Un lien qui n’exclut personne est-il encore un lien, ou déjà un idéal moral ?