Le fanatisme est la passion d’une croyance tenue pour absolue, jusqu’à la violence contre ceux qui ne la partagent pas. Dire qu’il est « inscrit » serait en faire une conséquence nécessaire de toute foi.
La violence fanatique découle-t-elle de la structure même de la croyance religieuse, ou d’un usage politique qui la détourne ?
Le plan en trois parties
Une vérité absolue semble appeler l’exclusion
- Tant la religion put conseiller de maux : le sacrifice d’Iphigénie en est l’emblème.Lucrèce, De la nature des choses
- L’histoire des persécutions montre où conduit la certitude de détenir le salut.Voltaire, Traité sur la tolérance
- La religion close soude le groupe contre les autres : la morale y reste tribale.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Mais le fanatisme suppose une confusion, non une foi
- Il naît de la crainte et de l’ignorance instrumentalisées, non de la piété.Spinoza, Traité théologico-politique
- Il prend une croyance pour un savoir : c’est un vice épistémique avant d’être une faute morale.Kant, Critique de la raison pure
- Le pouvoir politique a intérêt à mobiliser le sacré : l’usage précède souvent la doctrine.Hobbes, Léviathan
Le fanatisme est une possibilité de toute croyance absolue, religieuse ou non
- Les idéologies séculières ont produit leurs propres inquisitions.Weber, Le Savant et le Politique
- Ce qui protège, c’est le droit de contester, garanti par l’État et non par le dogme.Locke, Lettre sur la tolérance
- Une foi qui se sait risque, et non savoir, se prémunit contre la violence.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
Une conviction qui refuse par principe d’être discutée est-elle encore autre chose qu’un fanatisme en puissance ?