La laïcité est un principe juridique de neutralité de l’État et de liberté de conscience, distinct de l’athéisme comme conviction. L’hostilité supposerait qu’elle prenne parti contre les croyances, non qu’elle les règle.
La laïcité combat-elle les religions, ou institue-t-elle le cadre qui rend leur coexistence et leur liberté possibles ?
Le plan en trois parties
Elle paraît héritière d’un combat contre l’Église
- L’esprit des Lumières s’est constitué contre l’intolérance ecclésiastique.Voltaire, Traité sur la tolérance
- La critique sociale a fait de la religion un instrument de domination à dissoudre.Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
- La philosophie positive annonçait le remplacement du prêtre par le savant.Comte, Cours de philosophie positive
Mais elle protège d’abord la liberté de croire
- Le magistrat n’a pas juridiction sur les âmes : la foi contrainte est sans valeur.Locke, Lettre sur la tolérance
- L’État règle les actes, non les pensées : la liberté de juger est la condition de la paix.Spinoza, Traité théologico-politique
- En séparant les pouvoirs, elle empêche que la religion serve d’arme politique.Tocqueville, De la démocratie en Amérique
Une exigence commune : traduire ses convictions en raisons publiques
- La neutralité de l’État n’exige pas la neutralité des citoyens, mais leur traduction.Habermas, Entre naturalisme et religion
- Le minimum civique demandé à tous n’impose aucun dogme, seulement la coexistence.Rousseau, Du contrat social
- Le respect va à la personne, ce qui interdit à la fois la persécution et le privilège.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
Un État neutre peut-il rester neutre lorsqu’une religion conteste la neutralité elle-même ?