Un propre appartient à tous les individus d’une espèce et à eux seuls ; le sujet suppose donc une comparaison avec l’animal et un examen de l’universalité du fait religieux. Il faut distinguer le sentiment religieux, le rite et l’institution.
La religion est-elle une propriété constitutive de l’humanité, ou un fait culturel répandu mais contingent ?
Le plan en trois parties
Aucun animal n’enterre ses morts ni n’adore : la religion semble propre à l’homme
- Seul un être qui sait qu’il va mourir a besoin d’un récit qui réponde à cette certitude.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- L’expérience du sacré instaure une coupure de l’espace et du temps qui suppose du symbole.Eliade, Le Sacré et le Profane
- Le sentiment du numineux est une structure originale de la conscience humaine.Otto, Le Sacré
Mais ce n’est peut-être qu’un effet, non une propriété
- L’ignorance des causes et la crainte de l’avenir suffisent à produire la religion.Spinoza, Traité théologico-politique
- La religion est un produit social : elle varie avec les sociétés qui la portent.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
- Des sociétés modernes entières vivent hors de toute appartenance religieuse.Gauchet, Le Désenchantement du monde
Le propre de l’homme n’est pas la religion, mais la capacité de transcendance
- Dans le divin, l’homme reconnaît sans le savoir ce dont il est capable.Feuerbach, L’Essence du christianisme
- L’homme est l’être qui se rapporte à un absolu, fût-il moral et non religieux.Kant, Critique de la raison pratique
- Le visage d’autrui ouvre une transcendance qui ne passe par aucun culte.Lévinas, Totalité et Infini
Si l’homme est l’être qui se dépasse, l’athéisme n’est-il pas une autre manière de transcender ?