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Nombres complexes et géométrie
Rappels de géométrie repérée, affixes d’un point et d’un vecteur, distances et module, angles orientés et argument du quotient (c − a)/(b − a), alignement et orthogonalité, ensembles de points, translations, homothéties, rotations et exemples de similitudes, racines de l’unité et polygones réguliers.
À propos de cette page
Rappels : du repère aux affixes
Rappels de 2nde et de 1re (repère orthonormé). Pour et : , milieu de : , et . est un parallélogramme si et seulement si . Pour et : ils sont colinéaires si et seulement si , orthogonaux si et seulement si . Le cercle de centre et de rayon a pour équation .
Affixes. Le plan est muni d’un repère orthonormé direct . Le point a pour affixe le nombre complexe , et est l’image de . Le vecteur a pour affixe . Deux vecteurs sont égaux si et seulement s’ils ont la même affixe.
Le dictionnaire. Pour tous points , , et tout réel :
- (arrivée moins départ) ;
- et ;
- le milieu de a pour affixe et le centre de gravité du triangle a pour affixe .
Image du conjugué. Si a pour affixe , le point d’affixe est le symétrique de par rapport à l’axe des abscisses ; celui d’affixe est son symétrique par rapport à ; celui d’affixe , son symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
Produit scalaire et déterminant en complexes (lien avec la 1re, à savoir redémontrer). Si et ont pour affixes et : . Donc si et seulement si est imaginaire pur, et , colinéaires si et seulement si est réel.
Traduire une figure. Soit , et . Alors et le milieu de a pour affixe . Le point tel que soit un parallélogramme vérifie , soit : . Le centre de gravité de a pour affixe .
Démonstration : produit scalaire et déterminant. Posons et . Alors . La partie réelle est et la partie imaginaire .
Application. Les vecteurs d’affixes et : , imaginaire pur : les vecteurs sont orthogonaux (contrôle : ).
Réflexe — Je traduis chaque objet avant de calculer : un point par son affixe, un vecteur par « arrivée moins départ », un milieu par une demi-somme, une égalité de vecteurs par une égalité d’affixes.
Attention — est l’affixe de , pas de . Et pour le parallélogramme , l’ordre des lettres compte : c’est , pas .
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Module : distances et nature d’une figure
Module et distance. Si a pour affixe , alors . Pour deux points et : ; pour un vecteur : .
Outils du module (chapitre « Forme algébrique ») : , , pour , et .
Nature d’une figure. On compare les longueurs : deux côtés égaux (isocèle), trois (équilatéral), quatre côtés égaux (losange). La réciproque du théorème de Pythagore prouve un angle droit. Un point tel que est le centre du cercle circonscrit au triangle ; si le triangle est rectangle en , ce centre est le milieu de l’hypoténuse .
Démonstration : . On a , avec et réels. Donc , qui est la distance (formule de 2nde).
Nature d’un triangle. , , . On calcule les carrés : , et . Donc : le triangle est isocèle en . Il n’est pas rectangle : et .
Cercle circonscrit. , , , : , et . Le point est équidistant des trois sommets : c’est le centre du cercle circonscrit à , de rayon .
Réflexe — Pour comparer des longueurs, je compare leurs carrés : pas de racine carrée inutile, et la réciproque de Pythagore se teste directement.
Attention — est un nombre complexe, pas une longueur : écrire « » est faux. Et : la différence des modules compare seulement les distances à .
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Argument : angles, alignement, orthogonalité
Argument et angle orienté. Pour d’image : . Pour : .
Angle de deux vecteurs. Pour et : : le vecteur d’arrivée est au numérateur.
Le quotient , pour , , deux à deux distincts : et . On en déduit :
- , , alignés réel ;
- imaginaire pur ;
- ; si ou , le triangle est rectangle isocèle en ; si (ou ), il est équilatéral.
Plus généralement, pour et : si et seulement si est réel, et si et seulement s’il est imaginaire pur.
Démonstration de la formule de l’angle. Par la relation de Chasles sur les angles orientés : , car l’argument d’un quotient est la différence des arguments. De même, .
Alignement. , , : , réel : , , sont alignés. Comme , l’angle vaut : est entre et .
Deux droites perpendiculaires. , , , : . Ce quotient est imaginaire pur : ; de plus son module vaut , donc .
Triangle équilatéral. , , . On a et , donc . Ainsi , soit , et : le triangle isocèle a un angle de en , ses deux autres angles valent donc aussi : il est équilatéral.
Réflexe — Je calcule sous forme algébrique (en multipliant par le conjugué du dénominateur), puis je lis : le module donne le rapport , l’argument donne l’angle en .
Attention — L’alignement se lit modulo , pas : un quotient réel négatif donne aussi des points alignés. Et inverser le quotient change l’angle en son opposé : le vecteur d’arrivée va au numérateur.
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Ensembles de points
Soit d’affixe , , et deux points distincts, et d’affixe .
- : cercle de centre et de rayon ; : disque fermé ; : intérieur du disque.
- : médiatrice de .
- Pour distinct de et de , le quotient vérifie et . Donc : réel non nul est sur la droite privée de et ; imaginaire pur non nul l’angle est droit est sur le cercle de diamètre privé de et . Le point est toujours exclu (dénominateur nul) ; donne , qui est à la fois réel et imaginaire pur : on le garde si l’énoncé ne dit pas « non nul ».
Avant de lire un module, on l’écrit sous la forme : on factorise le coefficient de , pour , et l’on se débarrasse d’un conjugué avec .
Sans lecture géométrique directe, on pose et l’on traduit la condition en une équation en et : droite ou cercle .
Un coefficient devant . s’écrit , soit : c’est le cercle de centre le point d’affixe et de rayon (et non ).
Une médiatrice et son équation. s’écrit : médiatrice de avec et . Avec et les carrés des modules : , soit , d’où . Contrôle : le milieu de , d’affixe , vérifie .
Un quotient imaginaire pur. Ensemble des tels que soit imaginaire pur non nul. Avec et , c’est le cercle de diamètre privé de et : centre le milieu de , d’affixe , rayon .
Réflexe — Je mets chaque module sous la forme (coefficient factorisé, conjugué retiré), je le traduis en distance , puis je reconnais cercle, disque ou médiatrice ; sinon je pose .
Attention — : le centre a pour affixe , pas . Et un ensemble défini par un quotient exclut le point qui annule le dénominateur : on écrit « privé de » (et de si l’on exige un quotient non nul).
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Transformations : translations, homothéties, rotations
Le programme ne liste pas les transformations parmi les capacités attendues ; leurs écritures complexes sont des outils pour étudier les configurations (carrés, triangles équilatéraux, polygones réguliers). Le point d’affixe a pour image d’affixe .
- Translation de vecteur d’affixe : .
- Homothétie de centre et de rapport réel non nul : . Le rapport donne la symétrie de centre : .
- Rotation de centre et d’angle : . Angle : on multiplie par ; angle : par ; angle : par .
- Composer : pour (« puis »), on remplace dans l’écriture de par l’écriture de .
Les écritures , sur exemples ( complexe non nul). Si , c’est une translation. Si , il existe un unique point invariant , d’affixe , et : donc et pour . Si est réel, c’est l’homothétie de centre et de rapport ; si , la rotation de centre et d’angle ; sinon, on parle de similitude directe de centre , de rapport et d’angle : elle multiplie les distances par et conserve les angles orientés.
Démonstration : la formule de la rotation. Soit et d’affixe telle que . Modules : , donc . Arguments : , c’est-à-dire . Ce sont exactement les deux conditions qui définissent l’image de par la rotation ; et réciproquement, un point qui les vérifie a une affixe telle que a pour module et pour argument , c’est-à-dire égal à .
Une rotation. Centre , angle : , donc . L’image de a pour affixe . Contrôle : et .
Une similitude. . Comme : . De plus et : est la similitude directe de centre , de rapport et d’angle . Contrôle : .
Réflexe — Devant : si , translation ; sinon je calcule , je vérifie que est invariant, puis réel donne une homothétie et une rotation d’angle .
Attention — est une homothétie de rapport , pas une rotation d’angle : seul le rapport est les deux à la fois. Et une écriture avec (comme , la symétrie d’axe des abscisses) n’est pas de la forme : elle renverse les angles orientés.
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Racines de l’unité et polygones réguliers
Rappel (démontré dans « Forme trigonométrique ») : les racines -ièmes de l’unité sont les , pour de à . , avec et , .
Polygone régulier. Pour , les images des éléments de sont les sommets d’un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle de centre et de rayon ; on passe d’un sommet au suivant par la rotation de centre et d’angle , c’est-à-dire en multipliant par . Pour : triangle équilatéral ; : carré.
Centre quelconque. Le polygone régulier de centre , de rayon et de sommet a pour sommets les points tels que , de à : chaque sommet est l’image du précédent par la rotation de centre et d’angle .
Côté : . Pour , , : , , . L’hexagone régulier se découpe en six triangles équilatéraux de côté .
Centre de gravité : , car la somme des racines -ièmes de l’unité est nulle pour ; le point d’affixe est le centre .
Démonstration : la longueur du côté. Pour , on factorise par l’angle moitié : (formule d’Euler). Donc , car . Avec et : .
Un hexagone. Centre , sommet : . Alors . Le côté vaut et le périmètre .
Un carré. Centre , sommet , sommets dans le sens direct : , donc , , . Le côté vaut (soit avec ) et l’aire .
Réflexe — Je repère le centre et le rayon , j’écris , et pour le côté j’utilise ou je calcule .
Attention — Si le centre n’est pas , on fait tourner , pas : n’est vrai que pour un polygone de centre . Et il y a exactement sommets : va de à .
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Pour aller plus loin
Racines de l’unité et équations . La détermination de (démonstration exigible), la somme des racines -ièmes et les équations sont traitées dans Forme trigonométrique et exponentielle, avec le pentagone régulier et (problème possible du programme).
Module et conjugué. Les propriétés du module (, module d’un produit, d’un quotient) sont démontrées dans Forme algébrique et conjugué ; elles servent ici d’outils.
Racines d’un polynôme. Les images des racines d’une équation polynomiale forment souvent une figure remarquable (points sur un même cercle, carré) : voir Équations polynomiales.
Similitudes directes. Le programme les cite seulement dans sa partie historique : le programme d’Erlangen de Felix Klein (1872) voit la géométrie à travers ses transformations, un point de vue qui « transparaît dans l’étude des similitudes directes du plan complexe ». Elles ne sont donc traitées ici que sur des exemples.
- , milieu de : , et ; si et ont pour affixes et , .
- ; le quotient a pour module et pour argument .
- Alignés quotient réel ; perpendiculaires quotient imaginaire pur ; .
- : cercle ; : médiatrice ; réel non nul : droite privée de et , imaginaire pur non nul : cercle de diamètre privé de et .
- Rotation : ; homothétie : ; translation : ; pour avec , centre .
- Polygone régulier de centre : , côté .
Questions fréquentes
Comment calculer une distance avec les nombres complexes ?
La distance AB est le module de la différence des affixes : AB = |z_B − z_A|. Si z_B − z_A = x + iy, alors AB = √(x² + y²), c’est la formule de 2nde. Pour comparer des longueurs, on compare leurs carrés, ce qui évite les racines carrées.
Comment montrer que trois points sont alignés avec les nombres complexes ?
On calcule le quotient Z = (z_C − z_A)/(z_B − z_A) sous forme algébrique, en multipliant par le conjugué du dénominateur. Les points A, B, C sont alignés si et seulement si Z est réel, positif ou négatif. Si Z est imaginaire pur, l’angle en A est droit : (AB) ⊥ (AC).
Que représente le quotient (c − a)/(b − a) ?
Son module est le rapport des longueurs AC/AB et son argument est une mesure de l’angle orienté (AB ; AC). Il dit tout du triangle ABC en A : égal à i, le triangle est rectangle isocèle en A ; égal à e^(iπ/3), il est équilatéral.
Comment reconnaître l’ensemble des points M tels que |z − a| = r ?
On écrit le module sous la forme |z − z_A|, qui est la distance AM : |z − z_A| = r est le cercle de centre A et de rayon r, |z − z_A| = |z − z_B| la médiatrice de [AB]. S’il y a un coefficient devant z, on le factorise d’abord : |3z + 6 − 9i| = 12 donne un cercle de rayon 4, pas 12.
Quelle est l’écriture complexe d’une rotation ?
La rotation de centre Ω d’affixe ω et d’angle θ s’écrit z′ − ω = e^(iθ)(z − ω). Pour un angle de π/2, on multiplie par i. Les sommets d’un polygone régulier de centre Ω s’obtiennent ainsi, de proche en proche, avec l’angle 2π/n.
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