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Divisibilité, division euclidienne et PGCD
Rappels du collège et de 2nde (multiples, critères, parité), divisibilité dans ℤ et combinaisons linéaires, division euclidienne, PGCD et algorithme d’Euclide, entiers premiers entre eux et fractions irréductibles, PGCD de deux expressions dépendant de n.
À propos de cette page
Rappels : multiples, diviseurs, critères et parité
Rappels du collège et de 2nde. est l’ensemble des entiers naturels, celui des entiers relatifs, et . Soit et deux entiers relatifs : est un multiple de s’il existe un entier relatif tel que ; si , on dit aussi que est un diviseur de .
Lister les diviseurs positifs d’un entier : ils vont par paires, et . On teste et on s’arrête dès que .
Critères de divisibilité. Par , et : on regarde le chiffre des unités (, , , ou ; ou ; ). Par : le nombre formé par les deux derniers chiffres est un multiple de . Par et par : la somme des chiffres est un multiple de , de .
Somme de multiples (démonstration de 2nde). Si et avec et entiers, alors et sont des multiples de .
Parité. Un entier est pair s’il existe tel que , impair s’il existe tel que . Le carré d’un impair est impair : . Pour démontrer une propriété « pour tout entier », on peut traiter séparément le cas et le cas : c’est une disjonction des cas.
Diviseurs de 132. , tandis que , , , et ne divisent pas . On s’arrête à , car . Les diviseurs positifs de sont , , , , , , , , , , et .
Critères. se termine par : il est pair. : il est divisible par . : il est divisible par et par . Il ne se termine ni par ni par : il n’est pas divisible par .
Démontrer qu’une expression est un multiple. Deux entiers impairs consécutifs s’écrivent et avec . Leur somme vaut , et est un entier : c’est un multiple de .
Disjonction des cas. Montrons que est impair pour tout entier . Si : . Si : . Dans les deux cas, le nombre s’écrit avec entier : il est impair.
Réflexe — Pour prouver que est un multiple de , j’écris et je précise que est un entier. Une lettre par nombre indépendant : deux impairs quelconques s’écrivent et . Si l’énoncé dit « pour tout entier » et que la parité compte, je traite puis .
Attention — Des exemples, même nombreux, ne prouvent pas une propriété valable pour tout ; un seul contre-exemple suffit en revanche à la réfuter. Et un nombre pair n’est pas forcément divisible par : est pair, mais .
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Divisibilité dans ℤ
Définition. Soit et deux entiers relatifs. On dit que divise , et l’on note , s’il existe un entier relatif tel que . On dit aussi que est un multiple de , ou que est un diviseur de .
Propriétés immédiates, pour tous entiers relatifs , et :
- , et ; en revanche, ne divise que ;
- équivaut à et à : les diviseurs d’un entier vont par paires d’opposés ;
- transitivité : si et , alors ;
- si et , alors ou ;
- si et , alors : un entier non nul n’a qu’un nombre fini de diviseurs.
Combinaisons linéaires. Si et , alors divise pour tous entiers relatifs et ; en particulier, divise et .
Avec la définition. , car et . En revanche, ne divise pas : et , donc est strictement compris entre deux multiples consécutifs de .
Démonstration : combinaisons linéaires. Il existe des entiers et tels que et . Alors , et est un entier : divise .
Démonstration : . Si avec , alors , donc et .
Une équation de divisibilité. Cherchons les entiers relatifs tels que divise . On écrit . Comme divise , il divise si et seulement s’il divise (sens direct : par différence ; réciproque : par somme). Les diviseurs de dans sont , , et , d’où et . Contrôle pour : .
Réflexe — Pour trouver les tels qu’une expression en divise une autre, je fais apparaître un multiple du diviseur () : il ne reste qu’à chercher les diviseurs d’une constante, sans oublier les diviseurs négatifs quand .
Attention — « divise » se traduit par , pas par . Si divise un produit , il ne divise pas forcément ni : divise , mais ne divise ni ni . Enfin, quand on a raisonné par implications seulement, il faut vérifier la réciproque.
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Division euclidienne
Théorème. Soit et . Il existe un unique couple d’entiers relatifs tel que est le quotient et le reste de la division euclidienne de par . C’est l’égalité du collège « dividende = diviseur × quotient + reste », étendue aux dividendes négatifs.
Reste et divisibilité. divise si et seulement si le reste de la division euclidienne de par est nul.
Restes possibles. Dans la division par , le reste vaut , , …, : tout entier s’écrit , , …, ou avec . On s’en sert pour une disjonction des cas selon le reste.
Changer de diviseur. Si et si divise , le reste de dans la division par est celui de , car est un multiple de .
En Python, pour , a // b donne le quotient et a % b le reste , y compris quand est négatif.
Démonstration du théorème (classique, non exigible). Existence : les multiples de inférieurs ou égaux à forment un ensemble non vide (il contient ) et majoré par ; il a donc un plus grand élément . On pose , qui est positif ou nul. Si l’on avait , le multiple serait encore inférieur ou égal à et plus grand que : impossible. Donc . Unicité : si avec et , alors : divise , avec . Le seul multiple de strictement compris entre et est : , puis .
Un dividende positif. et , donc avec : quotient , reste .
Un dividende négatif. En changeant les signes, , mais n’est pas un reste. On descend d’un multiple de : , avec . Quotient , reste (et ).
Disjonction des cas selon le reste. Montrons que le reste de dans la division par vaut ou . Tout entier s’écrit , ou avec . Si : , le reste vaut . Si : , le reste vaut . Si : , le reste vaut . Le reste n’apparaît jamais.
Changer de diviseur. Le reste de dans la division par vaut : . Comme et , on obtient avec : le reste de par vaut .
En Python. 3000 // 47 renvoie et 3000 % 47 renvoie ; -3000 // 47 renvoie et -3000 % 47 renvoie .
Réflexe — Pour diviser par , je cherche le plus grand multiple de inférieur ou égal à (pour , c’est le multiple juste en dessous, plus négatif), puis je vérifie avant de conclure. Pour une propriété « pour tout entier » qui dépend du reste par , j’écris les cas .
Attention — Un reste n’est jamais négatif et il est toujours strictement inférieur au diviseur : et sont des égalités justes, mais aucune des deux n’est la division euclidienne par .
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PGCD et algorithme d’Euclide
Définition. Soit et deux entiers naturels non nuls. Le PGCD de et , noté , est le plus grand de leurs diviseurs communs. Il existe : est un diviseur commun, et tout diviseur commun est inférieur ou égal à . Pour des entiers relatifs non tous deux nuls, , et .
Propriété clé. Si (avec et entiers), les diviseurs communs de et sont exactement les diviseurs communs de et . En particulier, si est le reste de la division euclidienne de par : .
Algorithme d’Euclide. On divise par , puis par le reste , puis par le reste , et ainsi de suite tant que le reste n’est pas nul. Les restes forment une suite strictement décroissante d’entiers naturels () : l’un d’eux est nul au bout d’un nombre fini d’étapes. Le PGCD est le dernier reste non nul.
Conséquence. Les diviseurs communs de et sont exactement les diviseurs de .
Cas simples. ; si , alors ; .
Démonstration de la propriété clé. Soit un diviseur commun de et . Il divise la combinaison linéaire : c’est un diviseur commun de et . Réciproquement, si divise et , il divise : c’est un diviseur commun de et . Les deux couples ont les mêmes diviseurs communs, donc le même plus grand.
Calcul de pgcd(3 542 ; 2 464).
| Division euclidienne | Reste |
|---|---|
Le dernier reste non nul est : . Contrôle : et .
Pourquoi la conséquence est vraie. D’après la propriété clé, les diviseurs communs restent les mêmes d’une ligne à l’autre : ce sont ceux de et , puis de et , …, enfin de et , c’est-à-dire les diviseurs de . Les diviseurs communs positifs de et sont donc ceux de : , , , , , , et .
En Python : le couple est remplacé par tant que .
def pgcd(a, b):
while b != 0:
a, b = b, a % b
return aL’appel pgcd(3542, 2464) renvoie .
Réflexe — Je divise le plus grand nombre par le plus petit, puis le diviseur par le reste, jusqu’au premier reste nul : le PGCD est le dernier reste non nul. Je contrôle en divisant les deux nombres de départ par le résultat. Pour trouver « tous les diviseurs communs », je liste les diviseurs du PGCD.
Attention — Le PGCD est le dernier reste non nul, pas le dernier quotient. Et pour , pas : tout entier divise .
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Entiers premiers entre eux et fractions irréductibles
Définition. Deux entiers et sont premiers entre eux lorsque , c’est-à-dire lorsque leurs seuls diviseurs communs sont et .
Facteur commun. Pour tous entiers naturels non nuls , et tout entier : .
Écriture de référence. Si , on écrit et : les entiers et sont premiers entre eux. Réciproquement, si et avec et , premiers entre eux, alors .
Fraction irréductible. La fraction () est irréductible lorsque et sont premiers entre eux. En divisant le numérateur et le dénominateur par leur PGCD , on obtient en une seule étape une fraction égale et irréductible : .
Démonstration du facteur commun. On multiplie par chaque ligne de l’algorithme d’Euclide appliqué à : devient , avec , et ainsi de suite. On obtient exactement l’algorithme d’Euclide appliqué à : mêmes quotients, restes multipliés par . Son dernier reste non nul est donc .
Démonstration de l’écriture de référence. D’après le facteur commun, ; comme , . La réciproque se lit dans la même égalité : si , alors .
Premiers entre eux sans être premiers. , , , et : . Les entiers et sont premiers entre eux, alors qu’aucun des deux n’est un nombre premier.
Rendre une fraction irréductible. Pour : ; ; ; . Le PGCD vaut , et , . Donc , fraction irréductible d’après l’écriture de référence.
PGCD et somme imposés. Cherchons les couples d’entiers naturels tels que , et . On écrit et avec et premiers entre eux et ; alors , soit . Parmi , , et , seuls et sont formés d’entiers premiers entre eux. Les solutions sont et .
Réflexe — Dès que l’énoncé donne un PGCD , j’écris et avec et premiers entre eux, puis je traduis les autres conditions (somme, produit) sur et . Pour une fraction, je divise d’un coup par le PGCD calculé avec l’algorithme d’Euclide.
Attention — « Premiers entre eux » ne veut pas dire « premiers » : et sont premiers entre eux sans être premiers ; en revanche, deux nombres premiers distincts sont toujours premiers entre eux. Et dans un problème de PGCD imposé, il faut éliminer les couples qui ne sont pas premiers entre eux : avec , on obtiendrait , dont le PGCD vaut et non .
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PGCD de deux expressions dépendant d’un entier
Le principe. Pour étudier quand et dépendent d’un entier , on note un diviseur commun de et et l’on forme une combinaison linéaire , à coefficients entiers, dans laquelle disparaît. Alors divise la constante : le PGCD est un diviseur positif de .
Conclure. Si ou , et sont premiers entre eux pour tout . Sinon, on cherche, pour chaque diviseur de , les valeurs de pour lesquelles il divise et (parité, disjonction des cas selon le reste).
Variante : Euclide avec des lettres. Pour tout entier relatif , : c’est la propriété clé avec .
Fraction. est irréductible si et seulement si .
Premiers entre eux pour tout . Soit et un diviseur commun de et . Alors divise , donc ou : et sont premiers entre eux pour tout . De même, deux entiers consécutifs et sont premiers entre eux, car tout diviseur commun divise .
Un PGCD qui dépend de . Pour , on pose et . Un diviseur commun divise , donc . Comme , tout diviseur de qui divise divise aussi .
- divise si et seulement si () : le PGCD vaut alors .
- divise sans que le divise pour et : le PGCD vaut .
- Pour les autres valeurs de , ne divise pas , donc pas le PGCD : il vaut .
Contrôle : pour , ; pour , et , de PGCD ; pour , et , de PGCD .
Réflexe — Je nomme un diviseur commun, je choisis les coefficients qui éliminent (le coefficient de de l’autre expression) et je conclus que divise une constante. Si elle vaut , c’est fini ; sinon, je teste chaque diviseur possible et je donne un exemple de pour chaque valeur atteinte.
Attention — Montrer que divise ne prouve pas que le PGCD vaut : il peut valoir , ou selon . Il faut ensuite dire pour quels chaque valeur est atteinte.
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Pour aller plus loin
Le PPCM (hors programme de l’option). Le plus petit multiple commun strictement positif de deux entiers naturels non nuls et , noté , vérifie , et les multiples communs de et sont exactement les multiples de (cela se démontre avec le théorème de Gauss). Le programme de maths expertes ne le cite pas, mais il reste commode pour les questions de coïncidences (« au bout de combien de temps deux phénomènes périodiques se retrouvent-ils ? »). Exemple : , donc .
Congruences. Dire que et ont le même reste dans la division par s’écrit . Les calculs de restes (puissances, critères de divisibilité démontrés) sont traités dans Congruences.
Bézout et Gauss. En remontant l’algorithme d’Euclide, on écrit le PGCD sous la forme (démonstration exigible du programme). On en déduit le théorème de Bézout, qui caractérise les entiers premiers entre eux, le théorème de Gauss et l’unicité de l’écriture irréductible d’une fraction : voir Théorèmes de Bézout et de Gauss.
Nombres premiers. La décomposition en facteurs premiers donne une autre façon de trouver un PGCD, pratique pour de petits nombres : voir Nombres premiers.
- Rappels : critères de divisibilité par , , , , et ; pair : , impair : ; disjonction des cas.
- : il existe tel que . Si divise et , il divise toute combinaison .
- Division euclidienne par : avec ; le reste n’est jamais négatif, et si et seulement si .
- Algorithme d’Euclide : ; le PGCD est le dernier reste non nul et les diviseurs communs sont les diviseurs du PGCD.
- Premiers entre eux : PGCD égal à . Écriture de référence : , avec et premiers entre eux ; une fraction devient irréductible en divisant par le PGCD.
- PGCD dépendant de : une combinaison linéaire qui élimine donne une constante que le PGCD divise ; on cherche ensuite les valeurs réellement atteintes.
Questions fréquentes
Comment savoir rapidement si un nombre est divisible par 3, 4 ou 9 ?
Par 3 (ou par 9) : la somme de ses chiffres est un multiple de 3 (ou de 9). Par 4 : le nombre formé par ses deux derniers chiffres est un multiple de 4. Pour 2, 5 et 10, on regarde le chiffre des unités.
Pourquoi un diviseur commun de a et b divise-t-il a − b ?
Si a = kd et b = k′d, alors a − b = (k − k′)d. Plus généralement, d divise toute combinaison au + bv à coefficients entiers : c’est l’outil qui permet d’éliminer n entre deux expressions.
Comment faire la division euclidienne d’un nombre négatif ?
On prend le multiple du diviseur juste en dessous du nombre. Pour −3 000 divisé par 47 : 47 × (−64) = −3 008, donc −3 000 = 47 × (−64) + 8. Le reste est toujours positif ou nul et strictement inférieur au diviseur.
Comment calculer un PGCD avec l’algorithme d’Euclide ?
On divise le plus grand nombre par le plus petit, puis le diviseur par le reste, et ainsi de suite jusqu’à obtenir un reste nul. Le PGCD est le dernier reste non nul, car pgcd(a ; b) = pgcd(b ; r) à chaque étape.
Que veut dire « premiers entre eux » ?
Deux entiers sont premiers entre eux quand leur PGCD vaut 1. Ce ne sont pas forcément des nombres premiers : 25 et 36 sont premiers entre eux. Une fraction est irréductible quand son numérateur et son dénominateur sont premiers entre eux.
Comment trouver le PGCD de deux expressions qui dépendent de n ?
On note d un diviseur commun et on forme une combinaison linéaire qui élimine n : d divise alors une constante c. Le PGCD est un diviseur positif de c ; on cherche ensuite pour quelles valeurs de n chaque diviseur est atteint.
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