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Histoire · Classe de 6ᵉ

L'Empire romain et la christianisation

Du polythéisme au christianisme, fin de l'Empire d'Occident

À propos de cette page
Ce cours de histoire en sixième sur « L'Empire romain et la christianisation » suit le programme officiel de histoire de sixième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La religion polythéiste dans l'Empire romain, La naissance et la diffusion du christianisme, Les persécutions contre les chrétiens, La tolérance et la christianisation officielle de l'Empire. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de sixième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La religion polythéiste dans l'Empire romain
2 · La naissance et la diffusion du christianisme
3 · Les persécutions contre les chrétiens
4 · La tolérance et la christianisation officielle de l'Empire
5 · L'organisation de l'Église chrétienne
6 · Le partage de l'Empire romain (395 ap. J.-C.)
7 · La chute de l'Empire romain d'Occident (476 ap. J.-C.)
1La religion polythéiste dans l'Empire romain

L'Empire romain pratique une religion polythéiste : les Romains vénèrent de nombreux dieux. Les principaux dieux romains sont Jupiter (dieu du ciel et du tonnerre), Mars (dieu de la guerre), Mercure (dieu du commerce) ou encore Vénus (déesse de l'amour). Ces dieux correspondent souvent aux dieux grecs (Zeus, Arès, Hermès, Aphrodite).

Polythéisme. Religion dans laquelle on croit en plusieurs dieux. C'est la religion dominante de l'Empire romain jusqu'au IVe siècle.

Les Romains pratiquent leur religion dans des temples où des prêtres effectuent des rituels et des sacrifices d'animaux en l'honneur des dieux. La religion romaine est aussi une affaire civique et politique : l'empereur est considéré comme un dieu ou comme le représentant des dieux sur Terre. Le culte impérial — c'est-à-dire le culte rendu à l'empereur — est obligatoire pour tous les habitants de l'Empire. C'est une façon d'affirmer la loyauté envers Rome.

Repère. Les Romains acceptent généralement les dieux des peuples conquis et les intègrent dans leur panthéon. C'est ce qu'on appelle le syncrétisme religieux, qui explique pourquoi l'Empire est très tolérant envers les religions étrangères… sauf envers celles qui refusent de reconnaître les autres dieux, comme le judaïsme et le christianisme.
2La naissance et la diffusion du christianisme

Le christianisme est une religion monothéiste née en Palestine au Ier siècle ap. J.-C. Elle est fondée sur les enseignements de Jésus de Nazareth, que ses disciples appellent le Christ (« celui qui est oint », « Messie » en grec). Après la mort de Jésus (crucifixion vers 30-33 ap. J.-C.), ses apôtres — notamment Pierre et Paul — diffusent sa parole dans tout le monde méditerranéen.

Monothéisme. Religion dans laquelle on croit en un seul Dieu. Le christianisme, comme le judaïsme et l'islam, est une religion monothéiste.

Le christianisme se répand d'abord dans les grandes villes de l'Empire (Antioche, Alexandrie, Corinthe, Rome). Il touche toutes les couches de la population, mais surtout les plus défavorisés, attirés par le message d'espérance, d'égalité et de fraternité. Les communautés chrétiennes sont dirigées par des évêques et se rassemblent pour prier et célébrer l'eucharistie.

Exemple. L'apôtre Paul effectue plusieurs voyages missionnaires entre 45 et 60 ap. J.-C. à travers la Grèce, l'Asie Mineure et jusqu'à Rome. Ses Épîtres (lettres) constituent une partie du Nouveau Testament et contribuent à définir la doctrine chrétienne.
DateÉvénement
Vers 4 av. J.-C.Naissance de Jésus de Nazareth
Vers 30-33 ap. J.-C.Crucifixion de Jésus à Jérusalem
45-60 ap. J.-C.Voyages missionnaires de Paul
64 ap. J.-C.Première grande persécution (Néron)
3Les persécutions contre les chrétiens

Pendant près de trois siècles, les chrétiens sont persécutés par les autorités romaines. Ils refusent de rendre le culte à l'empereur et aux dieux romains, ce qui est considéré comme un acte de rébellion contre Rome. On leur reproche aussi de pratiquer leur religion en secret.

Attention ! Les persécutions ne sont pas continues ni généralisées à tout l'Empire en même temps. Elles surviennent par vagues, selon les empereurs et les régions. L'intensité varie beaucoup.

Les martyrs sont les chrétiens qui meurent pour leur foi plutôt que de renoncer à leur religion. Les plus célèbres sont Saint Pierre et Saint Paul, exécutés à Rome. Ces martyrs jouent un rôle important dans le renforcement de la foi des communautés chrétiennes.

  • 64 ap. J.-C. : Néron accuse les chrétiens de l'incendie de Rome. Première grande persécution.
  • IIe-IIIe siècles : persécutions sous Trajan, Dèce, Valérien.
  • 303-313 ap. J.-C. : grande persécution de Dioclétien (la plus violente), visant à éliminer le christianisme.
Martyr. Personne qui accepte de mourir plutôt que de renoncer à sa foi. En grec, martys signifie « témoin ».
4La tolérance et la christianisation officielle de l'Empire

En 313 ap. J.-C., l'empereur Constantin Ier et son co-empereur Licinius publient l'édit de Milan. Ce texte accorde la liberté de culte à tous les habitants de l'Empire : les chrétiens ne sont plus persécutés et peuvent pratiquer leur religion librement. Constantin lui-même se convertit au christianisme et favorise son développement.

Édit de Milan (313). Texte officiel accordant la liberté religieuse à tous dans l'Empire romain, mettant fin aux persécutions contre les chrétiens.

En 325 ap. J.-C., Constantin convoque le concile de Nicée, première grande réunion des évêques chrétiens pour définir les bases de la doctrine chrétienne (le Credo). Il fait construire de grandes basiliques chrétiennes, notamment la basilique Saint-Pierre à Rome.

En 380 ap. J.-C., l'empereur Théodose Ier promulgue l'édit de Thessalonique qui fait du christianisme la religion officielle et obligatoire de l'Empire romain. Les autres cultes sont désormais interdits. En quelques décennies, l'Empire est passé de la persécution à la christianisation totale.

DateÉvénement
313 ap. J.-C.Édit de Milan : liberté de culte (Constantin)
325 ap. J.-C.Concile de Nicée : définition du dogme chrétien
380 ap. J.-C.Édit de Thessalonique : christianisme religion officielle (Théodose Ier)
5L'organisation de l'Église chrétienne

Au fur et à mesure que le christianisme se développe, l'Église s'organise en une structure hiérarchique solide. À la tête se trouvent les évêques, qui dirigent un territoire appelé diocèse. Certains évêques des grandes villes (Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople, Jérusalem) ont plus de prestige : ce sont les patriarches.

Évêque. Responsable religieux chrétien à la tête d'un diocèse (territoire). L'évêque de Rome, appelé pape, devient progressivement le chef de toute l'Église d'Occident.

L'évêque de Rome, que l'on appellera plus tard le pape, prend progressivement une position de leadership. Il se réclame successeur de l'apôtre Pierre, à qui Jésus aurait confié son Église. Cette primauté de Rome sur les autres évêchés sera une source de tensions avec Constantinople.

Les moines jouent aussi un rôle important : ils vivent retirés du monde dans des monastères, prient, copient les textes sacrés et gardent le savoir antique. Les premiers monastères apparaissent en Égypte au IVe siècle.

Repère. L'organisation de l'Église copie en partie l'organisation de l'Empire romain : le diocèse ecclésiastique correspond souvent à la province civile romaine. L'Église hérite ainsi des structures administratives de Rome.
6Le partage de l'Empire romain (395 ap. J.-C.)

À partir du IIIe siècle, l'Empire romain fait face à de nombreuses difficultés : crises politiques (de nombreux empereurs se succèdent rapidement), crises économiques (inflation, baisse du commerce), et surtout des invasions barbares aux frontières.

Pour mieux gouverner un territoire immense, l'Empire est déjà divisé administrativement. En 395 ap. J.-C., à la mort de l'empereur Théodose Ier, l'Empire est partagé définitivement entre ses deux fils :

  • Arcadius reçoit l'Empire romain d'Orient, avec pour capitale Constantinople (ancienne Byzance, fondée par Constantin en 330).
  • Honorius reçoit l'Empire romain d'Occident, avec pour capitale Ravenne (puis Rome).
Peuples barbares. Les Romains appellent « barbares » tous les peuples extérieurs à l'Empire (Goths, Wisigoths, Vandales, Huns, Burgondes…). Ce terme ne désigne pas nécessairement des peuples violents, mais des peuples étrangers à la civilisation gréco-romaine.
Exemple. Les Huns, peuple nomade d'Asie centrale conduit par Attila (IVe-Ve siècle), envahissent l'Europe et poussent d'autres peuples (Wisigoths, Vandales) à se réfugier sur le territoire romain, accélérant les invasions.
7La chute de l'Empire romain d'Occident (476 ap. J.-C.)

L'Empire romain d'Occident est de plus en plus fragilisé par les invasions barbares. Les Wisigoths pillent Rome en 410 ap. J.-C., les Vandales en 455 ap. J.-C.. L'autorité impériale s'effondre progressivement.

En 476 ap. J.-C., le chef barbare Odoacre dépose le dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule. Cet événement marque traditionnellement la fin de l'Empire romain d'Occident et la fin de l'Antiquité (début du Moyen Âge). C'est une date-clé de l'histoire.

476 ap. J.-C. Date conventionnelle de la chute de l'Empire romain d'Occident et du début du Moyen Âge.

L'Empire romain d'Orient, lui, survit pendant près de mille ans encore sous le nom d'Empire byzantin. Il tombe en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs ottomans.

Attention ! La « chute de Rome » en 476 n'est pas une destruction soudaine, mais le résultat d'un long processus de plusieurs siècles. La civilisation romaine ne disparaît pas instantanément : la langue latine, le droit romain et la religion chrétienne survivent et influencent profondément l'Europe médiévale.
DateÉvénement
395 ap. J.-C.Partage de l'Empire entre Arcadius et Honorius
410 ap. J.-C.Sac de Rome par les Wisigoths
455 ap. J.-C.Sac de Rome par les Vandales
476 ap. J.-C.Chute de l'Empire romain d'Occident : Odoacre dépose Romulus Augustule
1453 ap. J.-C.Chute de Constantinople : fin de l'Empire byzantin (Empire romain d'Orient)
À retenir
À retenir :
• L'Empire romain est polythéiste : les Romains adorent de nombreux dieux et pratiquent le culte impérial.
• Le christianisme, religion monothéiste née en Palestine, se diffuse dans tout l'Empire malgré les persécutions.
• En 313, l'édit de Milan (Constantin) accorde la liberté de culte. En 380, l'édit de Thessalonique (Théodose Ier) fait du christianisme la religion officielle.
• En 395, l'Empire est partagé entre Orient (Constantinople) et Occident.
• En 476, le chef barbare Odoacre dépose Romulus Augustule : c'est la fin de l'Empire romain d'Occident et le début du Moyen Âge.
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