Collège · 6ᵉ · Histoire
L'Empire romain et la christianisation
Du polythéisme au christianisme, fin de l'Empire d'Occident
À propos de cette page
De la tolérance à la religion d'État
Tu as vu dans le chapitre précédent qu'en 313 apr. J.-C., l'édit de Milan accorde la liberté de culte aux chrétiens, sans faire du christianisme la religion unique de l'Empire. Une nouvelle étape, plus radicale, intervient quelques décennies plus tard.
En 380 apr. J.-C., l'empereur Théodose Ier promulgue l'édit de Thessalonique : cette fois, le christianisme devient la religion officielle unique de l'Empire romain. Les cultes polythéistes traditionnels sont progressivement interdits.
La christianisation de la société romaine
Devenu religion officielle, le christianisme transforme profondément la société et le paysage de l'Empire.
- Les évêques, responsables religieux des grandes villes, prennent une place croissante, parfois même dans la vie politique locale.
- D'anciens temples polythéistes sont fermés, détruits ou transformés en églises ; de nouvelles basiliques chrétiennes sont construites dans les grandes villes.
- Le christianisme, d'abord diffusé surtout dans les villes et parmi certaines couches populaires, touche désormais toutes les catégories sociales, y compris l'aristocratie et la cour impériale.
Un Empire coupé en deux (395)
L'Empire romain, devenu immense, est de plus en plus difficile à gouverner depuis une seule capitale. En 395 apr. J.-C., à la mort de Théodose Ier, l'Empire est définitivement partagé entre ses deux fils :
| Partie de l'Empire | Capitale | Devenir |
|---|---|---|
| Empire romain d'Occident | Ravenne (puis Rome) | S'effondre en 476 apr. J.-C. |
| Empire romain d'Orient | Constantinople | Survit encore près de mille ans |
Ce partage n'est pas encore, en 395, la fin de l'unité romaine sur le plan culturel et religieux (les deux parties restent chrétiennes), mais il sépare durablement l'administration et la défense militaire de l'Empire.
Les invasions et la pression sur l'Occident
À partir de la fin du IVe siècle, l'Empire romain d'Occident subit une pression croissante de peuples venus d'au-delà de ses frontières, que les Romains appellent les « barbares » (un terme qui désigne, pour les Romains, tout peuple ne parlant pas leur langue — sans jugement de valeur culturel en soi).
- Les Huns, peuple venu d'Asie centrale, mené un temps par Attila, exercent une forte pression sur les autres peuples, qui se déplacent à leur tour vers les terres de l'Empire.
- Les Wisigoths s'installent progressivement dans l'Empire, et pillent même Rome en 410.
- Les Vandales s'installent en Afrique du Nord et pillent Rome à leur tour en 455.
La chute de l'Empire romain d'Occident (476)
En 476 apr. J.-C., le chef germanique Odoacre dépose le dernier empereur romain d'Occident, un jeune souverain nommé... Romulus Augustule.
Cette date, 476, marque traditionnellement, pour les historiens, la fin de l'Empire romain d'Occident et sert souvent de repère pour marquer la fin de l'Antiquité en Europe occidentale.
Un Empire d'Orient qui survit
Contrairement à une idée reçue, « l'Empire romain » ne disparaît pas entièrement en 476. Seul l'Empire d'Occident s'effondre.
- En 380, l'édit de Thessalonique de Théodose Ier fait du christianisme la religion officielle unique de l'Empire (à distinguer de l'édit de Milan, 313, qui n'accordait que la liberté de culte).
- En 395, l'Empire est partagé entre Empire d'Occident (capitale Ravenne) et Empire d'Orient (capitale Constantinople).
- La pression des peuples migrants (Huns, Wisigoths, Vandales) et des difficultés internes affaiblissent l'Empire d'Occident.
- En 476, Odoacre dépose le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule — homonyme, mais pas le même personnage, que le fondateur légendaire de Rome.
- L'Empire romain d'Orient (byzantin), lui, survit jusqu'en 1453.
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