Du polythéisme au christianisme, fin de l'Empire d'Occident
L'Empire romain pratique une religion polythéiste : les Romains vénèrent de nombreux dieux. Les principaux dieux romains sont Jupiter (dieu du ciel et du tonnerre), Mars (dieu de la guerre), Mercure (dieu du commerce) ou encore Vénus (déesse de l'amour). Ces dieux correspondent souvent aux dieux grecs (Zeus, Arès, Hermès, Aphrodite).
Les Romains pratiquent leur religion dans des temples où des prêtres effectuent des rituels et des sacrifices d'animaux en l'honneur des dieux. La religion romaine est aussi une affaire civique et politique : l'empereur est considéré comme un dieu ou comme le représentant des dieux sur Terre. Le culte impérial — c'est-à-dire le culte rendu à l'empereur — est obligatoire pour tous les habitants de l'Empire. C'est une façon d'affirmer la loyauté envers Rome.
Le christianisme est une religion monothéiste née en Palestine au Ier siècle ap. J.-C. Elle est fondée sur les enseignements de Jésus de Nazareth, que ses disciples appellent le Christ (« celui qui est oint », « Messie » en grec). Après la mort de Jésus (crucifixion vers 30-33 ap. J.-C.), ses apôtres — notamment Pierre et Paul — diffusent sa parole dans tout le monde méditerranéen.
Le christianisme se répand d'abord dans les grandes villes de l'Empire (Antioche, Alexandrie, Corinthe, Rome). Il touche toutes les couches de la population, mais surtout les plus défavorisés, attirés par le message d'espérance, d'égalité et de fraternité. Les communautés chrétiennes sont dirigées par des évêques et se rassemblent pour prier et célébrer l'eucharistie.
| Date | Événement |
|---|---|
| Vers 4 av. J.-C. | Naissance de Jésus de Nazareth |
| Vers 30-33 ap. J.-C. | Crucifixion de Jésus à Jérusalem |
| 45-60 ap. J.-C. | Voyages missionnaires de Paul |
| 64 ap. J.-C. | Première grande persécution (Néron) |
Pendant près de trois siècles, les chrétiens sont persécutés par les autorités romaines. Ils refusent de rendre le culte à l'empereur et aux dieux romains, ce qui est considéré comme un acte de rébellion contre Rome. On leur reproche aussi de pratiquer leur religion en secret.
Les martyrs sont les chrétiens qui meurent pour leur foi plutôt que de renoncer à leur religion. Les plus célèbres sont Saint Pierre et Saint Paul, exécutés à Rome. Ces martyrs jouent un rôle important dans le renforcement de la foi des communautés chrétiennes.
En 313 ap. J.-C., l'empereur Constantin Ier et son co-empereur Licinius publient l'édit de Milan. Ce texte accorde la liberté de culte à tous les habitants de l'Empire : les chrétiens ne sont plus persécutés et peuvent pratiquer leur religion librement. Constantin lui-même se convertit au christianisme et favorise son développement.
En 325 ap. J.-C., Constantin convoque le concile de Nicée, première grande réunion des évêques chrétiens pour définir les bases de la doctrine chrétienne (le Credo). Il fait construire de grandes basiliques chrétiennes, notamment la basilique Saint-Pierre à Rome.
En 380 ap. J.-C., l'empereur Théodose Ier promulgue l'édit de Thessalonique qui fait du christianisme la religion officielle et obligatoire de l'Empire romain. Les autres cultes sont désormais interdits. En quelques décennies, l'Empire est passé de la persécution à la christianisation totale.
| Date | Événement |
|---|---|
| 313 ap. J.-C. | Édit de Milan : liberté de culte (Constantin) |
| 325 ap. J.-C. | Concile de Nicée : définition du dogme chrétien |
| 380 ap. J.-C. | Édit de Thessalonique : christianisme religion officielle (Théodose Ier) |
Au fur et à mesure que le christianisme se développe, l'Église s'organise en une structure hiérarchique solide. À la tête se trouvent les évêques, qui dirigent un territoire appelé diocèse. Certains évêques des grandes villes (Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople, Jérusalem) ont plus de prestige : ce sont les patriarches.
L'évêque de Rome, que l'on appellera plus tard le pape, prend progressivement une position de leadership. Il se réclame successeur de l'apôtre Pierre, à qui Jésus aurait confié son Église. Cette primauté de Rome sur les autres évêchés sera une source de tensions avec Constantinople.
Les moines jouent aussi un rôle important : ils vivent retirés du monde dans des monastères, prient, copient les textes sacrés et gardent le savoir antique. Les premiers monastères apparaissent en Égypte au IVe siècle.
À partir du IIIe siècle, l'Empire romain fait face à de nombreuses difficultés : crises politiques (de nombreux empereurs se succèdent rapidement), crises économiques (inflation, baisse du commerce), et surtout des invasions barbares aux frontières.
Pour mieux gouverner un territoire immense, l'Empire est déjà divisé administrativement. En 395 ap. J.-C., à la mort de l'empereur Théodose Ier, l'Empire est partagé définitivement entre ses deux fils :
L'Empire romain d'Occident est de plus en plus fragilisé par les invasions barbares. Les Wisigoths pillent Rome en 410 ap. J.-C., les Vandales en 455 ap. J.-C.. L'autorité impériale s'effondre progressivement.
En 476 ap. J.-C., le chef barbare Odoacre dépose le dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule. Cet événement marque traditionnellement la fin de l'Empire romain d'Occident et la fin de l'Antiquité (début du Moyen Âge). C'est une date-clé de l'histoire.
L'Empire romain d'Orient, lui, survit pendant près de mille ans encore sous le nom d'Empire byzantin. Il tombe en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs ottomans.
| Date | Événement |
|---|---|
| 395 ap. J.-C. | Partage de l'Empire entre Arcadius et Honorius |
| 410 ap. J.-C. | Sac de Rome par les Wisigoths |
| 455 ap. J.-C. | Sac de Rome par les Vandales |
| 476 ap. J.-C. | Chute de l'Empire romain d'Occident : Odoacre dépose Romulus Augustule |
| 1453 ap. J.-C. | Chute de Constantinople : fin de l'Empire byzantin (Empire romain d'Orient) |
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