Exercice 1 — Définitions
1. Définition du harcèlement scolaire :
Le harcèlement scolaire est une violence exercée par un ou plusieurs élèves envers une même victime qui ne parvient pas à se défendre. Il se caractérise par trois critères essentiels :
- La répétition : les actes se produisent régulièrement, de façon durable.
- L'intentionnalité : l'agresseur agit volontairement pour faire du mal.
- Le déséquilibre de pouvoir : la victime est en position de faiblesse (isolée, minoritaire, différente…) et ne peut pas facilement se défendre.
Remarque : un seul acte isolé ne constitue pas du harcèlement.2. Définition du cyberharcèlement :Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement qui se déroule via des outils numériques (internet, réseaux sociaux, SMS, messageries instantanées). Il consiste en des actes agressifs et répétés dirigés contre une victime en ligne.
Caractéristique qui le rend particulièrement grave : il peut toucher la victime
24h/24, sans répit (le soir, le week-end, les vacances), et les contenus humiliants peuvent être vus par un très grand nombre de personnes très rapidement.
Exercice 2 — Identifier les acteurs
- Le harceleur : c'est l'élève (ou le groupe) qui initie et répète volontairement les actes de violence contre la victime.
- Le comparse : c'est l'élève qui participe ou encourage le harceleur (en riant, en relayant les moqueries) sans nécessairement en être à l'origine ; il contribue au harcèlement.
- Le témoin passif : c'est l'élève qui assiste à la situation de harcèlement sans intervenir ; son silence peut être perçu comme un soutien implicite au harceleur et encourage la poursuite des actes.
- Le témoin actif : c'est l'élève qui refuse de cautionner le harcèlement, qui soutient la victime (ex. : lui parler, s'asseoir avec elle) et qui alerte un adulte de confiance pour déclencher une intervention.
- La victime : c'est l'élève qui subit les actes de harcèlement de façon répétée et qui se retrouve en position de faiblesse, souvent dans l'incapacité de se défendre seule.
Exercice 3 — Analyse de situation
a) Les deux formes de harcèlement présentes :
- Le cyberharcèlement : le groupe envoie des messages moqueurs sur une application en ligne, ce qui constitue un harcèlement via des outils numériques, répété dans le temps.
- Le harcèlement psychologique (et/ou verbal) : répandre de fausses rumeurs dans la cour vise à nuire à l'image de la victime, à l'isoler et à l'intimider ; c'est une forme de harcèlement psychologique ou verbal répété.
b) Pourquoi les élèves qui ne disent rien contribuent-ils à la situation ?Les élèves qui restent silencieux sont des
témoins passifs. Leur absence de réaction envoie un signal implicite au harceleur : personne ne juge son comportement anormal, ce qui l'encourage à continuer. Le silence des témoins « alimente » donc le harcèlement en lui donnant une forme d'approbation collective. De plus, la victime se retrouve encore plus isolée, sans soutien visible.
c) Ce que devrait faire concrètement un élève témoin :- Aller vers la victime discrètement pour lui montrer qu'il l'a remarquée et qu'elle n'est pas seule.
- Ne pas partager, relayer ou commenter les messages moqueurs en ligne.
- Alerter rapidement un adulte de confiance de l'établissement (CPE, professeur principal, infirmière scolaire) pour déclencher une intervention.
- Si besoin, appeler ou conseiller à la victime d'appeler le 3020, numéro national contre le harcèlement scolaire.
Exercice 4 — Le cadre légal
1. Le numéro national dédié au harcèlement scolaire :
Le numéro est le 3020 (programme officiel « Non au harcèlement » de l'Éducation nationale). Il est gratuit et destiné aux victimes, aux témoins et aux parents. Il est disponible du lundi au vendredi.
2. Ce qu'a apporté la loi du 2 mars 2022 :
Avant cette loi, le harcèlement scolaire n'était pas explicitement défini comme un délit dans le droit français. La loi du 2 mars 2022 a officiellement reconnu le harcèlement scolaire comme un délit pénal. Concrètement :
- Les auteurs de harcèlement peuvent désormais faire l'objet de poursuites judiciaires, même s'ils sont mineurs.
- Les peines peuvent aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement dans les cas les plus graves (si la victime est amenée à se mutiler ou à se suicider).
- Cette loi envoie un message fort : le harcèlement scolaire n'est pas une simple affaire entre élèves, c'est une infraction grave reconnue et sanctionnée par l'État.
Exercice 5 — Rédaction courte
Le Pilier 1 de l'EMC — « La sensibilité » invite les élèves à identifier et exprimer leurs émotions, mais aussi à reconnaître et respecter les émotions des autres, c'est-à-dire à développer leur empathie.
Cette compétence est directement liée à la lutte contre le harcèlement scolaire : c'est en étant capable de se mettre à la place de la victime — de ressentir sa souffrance, sa honte, son isolement — que l'on comprend la gravité du harcèlement et que l'on est motivé à agir.
Exemple concret : Un élève qui développe sa sensibilité aux émotions d'autrui remarquera qu'un camarade mange toujours seul et semble triste. Plutôt que d'ignorer cette situation, il ira vers lui et alertera un adulte, jouant ainsi le rôle de témoin actif. Sans cette sensibilité, beaucoup d'élèves restent témoins passifs, aggravant la situation de la victime.