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Collège · 5ᵉ · Géographie

L'alimentation : nourrir une humanité en croissance démographique et aux besoins alimentaires accrus

Besoins croissants, faim et malnutrition, agriculture productiviste et agriculture vivrière, défis environnementaux ; études de cas : Inde, Brésil, Sahel

À propos de cette page
Ce cours de géographie en cinquième sur « L'alimentation : nourrir une humanité en croissance démographique et aux besoins alimentaires accrus » suit le programme officiel de géographie de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des besoins alimentaires qui augmentent, La faim et la malnutrition n'ont pas disparu, Deux agricultures pour nourrir le monde, Étude de cas : l'Inde, de la famine à l'autosuffisance. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en géographie.
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Des besoins alimentaires qui augmentent

Besoins alimentaires : quantité et qualité de nourriture nécessaires à une population. Ils augmentent pour deux raisons : il y a plus d'humains (8,2 milliards en 2025, environ 70 millions de plus chaque année) et chacun mange davantage et différemment.
FacteurExplicationChiffre
Croissance démographiqueSurtout en Afrique et en Asie du Sud, là où la faim est déjà présente9,7 milliards d'habitants prévus en 2050
EnrichissementQuand un pays s'enrichit, ses habitants consomment plus de viande, de lait, de sucre et d'huileLa consommation mondiale de viande a été multipliée par 5 depuis 1960 (360 millions de tonnes par an)
UrbanisationLes citadins achètent des produits transformés, importés, emballés58 % de citadins dans le monde
Le point clé. Selon la FAO, il faudra produire environ 50 % de nourriture en plus en 2050 par rapport à 2012 pour suivre la croissance de la population et des régimes alimentaires.
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La faim et la malnutrition n'ont pas disparu

MotDéfinitionChiffre (FAO, 2024)
Sous-alimentation (ou sous-nutrition)Manquer de nourriture : moins de 1 800 à 2 100 calories par jour673 millions de personnes (8,2 % de l'humanité)
MalnutritionManger mal : carences en vitamines, fer, protéines, ou excès (obésité)150 millions d'enfants de moins de 5 ans ont un retard de croissance ; plus d'1 milliard d'adultes sont obèses
Insécurité alimentaireNe pas être sûr de pouvoir manger à sa faim toute l'année2,3 milliards de personnes en situation modérée ou grave
FamineManque brutal et massif de nourriture entraînant des mortsDéclarée à Gaza (2025) et au Soudan (2024-2025)

La faim a reculé (un humain sur trois était sous-alimenté en 1970, un sur douze aujourd'hui), mais elle est repartie à la hausse entre 2019 et 2022 (pandémie, guerre en Ukraine, hausse des prix). Ses causes sont d'abord humaines : pauvreté (on ne peut pas acheter), conflits (60 % des personnes qui ont faim vivent dans un pays en guerre), catastrophes climatiques (sécheresses, inondations), mauvaise répartition.

Attention ! Le monde produit assez de nourriture pour nourrir tout le monde : environ 2 900 calories par jour et par habitant sont disponibles. Le problème n'est pas la quantité produite, mais l'accès à la nourriture et le gaspillage.
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Deux agricultures pour nourrir le monde

Agriculture productiviste (ou intensive, commerciale)Agriculture vivrière (ou familiale)
ObjectifProduire le plus possible pour vendre, souvent à l'exportationProduire pour nourrir la famille et vendre le surplus au marché local
MoyensMachines, engrais chimiques, pesticides, irrigation, semences sélectionnées ou OGM, grandes surfacesTravail manuel ou animal, petites parcelles (moins de 2 hectares), peu d'engrais, dépendance aux pluies
RendementTrès élevé : blé 7 tonnes par hectare en France, maïs 11 t/ha aux États-UnisFaible : mil 0,5 t/ha au Niger, riz 2 t/ha en Afrique de l'Ouest
Où ?Europe, Amérique du Nord, Brésil, Australie, Chine de l'EstAfrique subsaharienne, Asie du Sud et du Sud-Est, Andes
LimitesPollution, épuisement des sols et de l'eau, dépendance au pétrole, disparition des petites fermesFaible productivité, vulnérabilité aux sécheresses, faim en cas de mauvaise récolte
Le point clé. Les fermes familiales (moins de 2 hectares pour la majorité) restent essentielles : elles produisent environ un tiers de la nourriture mondiale et font vivre plus de 2 milliards de personnes. Les 500 millions de petites exploitations sont aussi, paradoxalement, les premières victimes de la faim.
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Étude de cas : l'Inde, de la famine à l'autosuffisance

L'Inde
Le défi1,45 milliard d'habitants (pays le plus peuplé du monde), 43 % des actifs sont agriculteurs ; dernière grande famine au Bengale en 1943 (2 à 3 millions de morts)
La révolution verte (années 1960-1970)Semences de blé et de riz à haut rendement, engrais, pesticides, irrigation par pompage, prix garantis par l'État ; d'abord au Pendjab (« grenier de l'Inde »)
RésultatsProduction de céréales multipliée par 4 (330 millions de tonnes en 2024) ; l'Inde est autosuffisante, 1ᵉʳ producteur mondial de lait, 2ᵉ de riz et de blé, 1ᵉʳ exportateur de riz
LimitesEncore 190 millions de sous-alimentés (le plus grand nombre au monde) : la nourriture existe mais les pauvres ne peuvent pas l'acheter ; nappes phréatiques du Pendjab qui baissent de 1 m par an, sols pollués, paysans endettés, 85 % des exploitations font moins de 2 hectares
RéponsesDistribution de céréales à prix réduit à 800 millions de personnes (cartes de rationnement), repas gratuits à l'école, agroécologie dans l'État de l'Andhra Pradesh (6 millions de paysans sans pesticides chimiques)
Bilan. L'Inde a réussi à produire assez pour nourrir sa population, mais pas à faire disparaître la faim : produire ne suffit pas, il faut que tous puissent acheter.
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Étude de cas : le Brésil, ferme du monde

Le Brésil
Puissance agricole1ᵉʳ exportateur mondial de soja, de sucre, de café, de jus d'orange, de viande de bœuf et de poulet ; l'agriculture représente un quart de la richesse nationale
AgrobusinessFermes géantes de plusieurs dizaines de milliers d'hectares dans le Mato Grosso et le Cerrado, machines guidées par GPS, soja OGM, engrais massifs ; le soja part surtout vers la Chine pour nourrir les porcs et les volailles
Agriculture familiale4 millions de petites fermes qui produisent une grande partie des haricots, du manioc et des légumes mangés par les Brésiliens ; le mouvement des sans-terre (MST) réclame une meilleure répartition des terres
Coût environnementalDéforestation de l'Amazonie et du Cerrado pour les pâturages et le soja (11 000 km² de forêt amazonienne perdus en 2022, 6 000 km² en 2024 après un durcissement des contrôles) ; 1ᵉʳ consommateur mondial de pesticides
La faim au BrésilMalgré cette abondance, 33 millions de Brésiliens avaient faim en 2022 ; les programmes sociaux (Bolsa Família, cantines scolaires, achats publics aux petits paysans) ont permis au pays de sortir de la « carte de la faim » de la FAO en 2014 puis à nouveau en 2025
Attention ! Un pays peut être une puissance agricole exportatrice et compter des millions d'habitants qui ont faim : la production est destinée aux marchés mondiaux, pas d'abord aux pauvres du pays.
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Étude de cas : le Sahel, l'insécurité alimentaire chronique

Sahel : bande de terres semi-arides au sud du Sahara, du Sénégal au Soudan (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad…). Une saison des pluies courte (juin-septembre), des sols pauvres, des pluies de plus en plus irrégulières.
Causes de l'insécurité alimentaireExemples
Climat : sécheresses (1973, 1984, 2012, 2022), inondations, désertificationRendements du mil et du sorgho inférieurs à 1 tonne par hectare ; une mauvaise saison des pluies = une année de faim
Démographie : la population double tous les 20 à 25 ansNiger : 6 enfants par femme, 27 millions d'habitants (3 millions en 1960)
Conflits : groupes armés, coups d'État, déplacésMali, Burkina Faso, Niger : 3 millions de déplacés, champs abandonnés, aide humanitaire bloquée ; guerre civile au Soudan depuis 2023 (famine déclarée)
Pauvreté et enclavementPas de routes ni de stockage : les récoltes pourrissent ou sont vendues à bas prix

En 2024, plus de 40 millions de Sahéliens et d'Africains de l'Ouest ont eu besoin d'aide alimentaire pendant la période de soudure (mois précédant la récolte, où les greniers sont vides). Réponses : aide du Programme alimentaire mondial (PAM), greniers et banques de céréales villageois, irrigation à petite échelle, Grande Muraille verte (projet lancé en 2007 pour replanter une bande d'arbres de 8 000 km de Dakar à Djibouti, réalisée à 20 % environ).

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Les défis : produire plus sans détruire la planète

Défi environnementalChiffre
EauL'agriculture consomme 70 % de l'eau douce prélevée dans le monde (irrigation)
TerresPrès de 40 % des terres émergées sont agricoles ; la déforestation pour l'agriculture fait perdre 10 millions d'hectares de forêt par an
ClimatL'alimentation (agriculture, élevage, transport, emballages) émet environ un tiers des gaz à effet de serre ; l'élevage seul en émet 15 %
PollutionsEngrais dans les rivières (algues vertes), pesticides, effondrement des insectes pollinisateurs
GaspillageUn tiers de la nourriture produite est perdue (récolte, transport) ou gaspillée (magasins, ménages) : 1 milliard de tonnes par an, de quoi nourrir 1,3 milliard de personnes
Agroécologie : agriculture qui s'appuie sur les équilibres naturels (rotation des cultures, arbres dans les champs, engrais naturels, variétés locales) pour produire durablement sans produits chimiques.
Attention ! Les OGM (organismes génétiquement modifiés) et les fermes géantes augmentent les rendements mais ne règlent pas la faim des plus pauvres ; l'agriculture biologique préserve l'environnement mais avec des rendements plus faibles. Chaque solution a un coût et des limites : c'est un débat.
En bref
  • Les besoins augmentent : 8,2 milliards d'humains, +70 millions par an, régimes plus riches en viande (× 5 depuis 1960) ; il faudra produire environ 50 % de plus en 2050.
  • La faim persiste : 673 millions de sous-alimentés (8,2 %), 2,3 milliards en insécurité alimentaire, 1 Africain sur 5 ; causes surtout humaines (pauvreté, conflits, climat) alors que la production mondiale suffirait.
  • Deux agricultures : productiviste (machines, engrais, exportation, 7 t/ha de blé en France) / vivrière (petites parcelles, manuel, 0,5 t/ha de mil au Niger).
  • Inde : révolution verte (Pendjab, années 1960), autosuffisante mais 190 millions de sous-alimentés et nappes épuisées. Brésil : agrobusiness du Mato Grosso, 1ᵉʳ exportateur de soja, café, sucre, viande, mais déforestation et faim jusqu'en 2025. Sahel : sécheresses, conflits, population qui double en 25 ans, 40 millions en insécurité alimentaire.
  • Défis : 70 % de l'eau douce, un tiers des gaz à effet de serre, déforestation, un tiers de la nourriture gaspillée ; pistes : agroécologie, aide aux petits paysans, moins de gaspillage et de viande, lutte contre la pauvreté.
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