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EMC · Classe de 4ᵉ

Justice et injustice

Réfléchir aux notions de justice, d'équité et d'inégalités

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Justice et injustice » en quatrième permet de faire le point sur ses connaissances en emc, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de quatrième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Qu'est-ce que la justice ?, La différence entre justice et équité, Les inégalités sociales : définition et exemples, Le système judiciaire français. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième en emc.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Définitions

/ 4 pts
  1. Définissez la notion de discrimination et citez deux critères prohibés par la loi française. (2 pts)
  2. Quelle est la différence entre une contravention et un crime ? Donnez un exemple de chaque. (2 pts)

Exercice 2 — Analyse de situation

/ 6 pts
  1. Lis la situation suivante : Mme Benali, d'origine algérienne, postule à un appartement. Le propriétaire lui répond par téléphone que l'appartement est encore disponible, mais lui dit qu'il est « déjà loué » lorsqu'il voit son nom sur sa pièce d'identité.
  2. a) Nomme le type de discrimination dont Mme Benali est victime et le critère concerné. (1 pt)
  3. b) Vers quelle institution indépendante peut-elle se tourner pour signaler cet acte ? Quel texte de loi s'applique ? (2 pts)
  4. c) En quoi cette situation est-elle à la fois une inégalité et une injustice ? Explique la distinction. (3 pts)

Exercice 3 — Le système judiciaire

/ 4 pts
  1. Complète le tableau en indiquant pour chaque infraction : sa catégorie (contravention / délit / crime) et la juridiction compétente.
  2. SituationCatégorieJuridiction
    Cambriolage d'un appartement
    Excès de vitesse de 20 km/h
    Viol
    Conduite sans permis

Exercice 4 — Justice internationale

/ 3 pts
  1. Associe chaque institution à sa description en justifiant brièvement :
  2. CPICIJCEDH
  3. A) Juridiction qui règle les litiges entre États membres de l'ONU.
  4. B) Tribunal qui juge des individus accusés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
  5. C) Cour que peut saisir un citoyen européen si ses droits fondamentaux ont été violés par son État.

Exercice 5 — Rédaction argumentée

/ 3 pts
  1. Répondez en 10 à 15 lignes à la question suivante : « Pourquoi la justice ne se limite-t-elle pas à l'égalité formelle ? »
  2. Votre réponse devra : définir l'égalité formelle et ses limites, expliquer le rôle de l'équité, et illustrer avec au moins deux exemples tirés du cours. (3 pts)
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Définitions
Question 1 (2 pts) :
La discrimination est un traitement inégal et défavorable d'une personne en raison d'un critère prohibé par la loi, sans lien avec ses compétences ou sa situation objective.
En France, la loi (art. 225-1 du Code pénal) reconnaît 25 critères de discrimination.
Exemples de critères prohibés (2 attendus parmi) :

  • l'origine (nationale, ethnique, raciale)
  • le sexe
  • le handicap
  • l'orientation sexuelle
  • la religion
  • l'âge

Question 2 (2 pts) :
Une contravention est l'infraction la moins grave ; elle est jugée par le tribunal de police et sanctionnée principalement par une amende.
Exemple : brûler un feu rouge, excès de vitesse mineur, traverser hors des passages piétons.

Un crime est l'infraction la plus grave (meurtre, viol, assassinat) ; il est jugé par la cour d'assises et peut être sanctionné par de longues peines d'emprisonnement.
Exemple : meurtre, assassinat prémédité, viol.

Rappel du classement croissant : contravention < délit < crime.

Exercice 2 — Analyse de situation
a) Type de discrimination et critère concerné (1 pt) :
Mme Benali est victime d'une discrimination directe fondée sur l'origine (nationale ou ethnique). Le propriétaire a changé sa décision dès qu'il a vu son nom à consonance algérienne sur la pièce d'identité : le critère de l'origine est explicitement à l'origine du refus.

b) Institution et texte de loi (2 pts) :
Mme Benali peut se tourner vers le Défenseur des droits, autorité constitutionnelle indépendante (créée en 2008) habilitée à recevoir les signalements de discrimination et à instruire les plaintes.
Elle peut aussi saisir les tribunaux judiciaires (voie pénale ou civile).
Texte applicable : article 225-1 du Code pénal (interdiction des discriminations fondées notamment sur l'origine) et article 7 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (égalité devant la loi sans distinction).

c) Inégalité ET injustice — distinction (3 pts) :
Il s'agit d'abord d'une inégalité : Mme Benali est traitée différemment d'un autre candidat à la location, ce qui la place en position défavorable (elle ne peut pas accéder à ce logement).
Mais c'est aussi une injustice, parce que cette inégalité de traitement est arbitraire : elle repose sur l'origine, une caractéristique personnelle sans lien avec sa capacité à être locataire (revenus, sérieux, etc.).
Distinction clé : toute inégalité n'est pas forcément une injustice (un loyer plus élevé pour un plus grand appartement est une inégalité acceptable). L'inégalité devient une injustice quand elle est arbitraire, non choisie, et qu'elle viole la dignité de la personne ou l'égalité des chances. Ici, le refus viole à la fois la loi et le principe d'égale dignité.

Exercice 3 — Le système judiciaire
Tableau complété :

SituationCatégorieJuridiction compétente
Cambriolage d'un appartementDélitTribunal correctionnel
Excès de vitesse de 20 km/hContraventionTribunal de police
ViolCrimeCour d'assises
Conduite sans permisDélitTribunal correctionnel

Justifications :
  • Le cambriolage (vol avec effraction) est un délit, jugé par le tribunal correctionnel.
  • L'excès de vitesse de 20 km/h est une contravention (infraction mineure au Code de la route), jugée par le tribunal de police.
  • Le viol est un crime (infraction sexuelle la plus grave), jugé par la cour d'assises composée de magistrats et d'un jury populaire.
  • La conduite sans permis est un délit (art. L. 221-2 du Code de la route), jugé par le tribunal correctionnel.

Exercice 4 — Justice internationale
Association correcte :

  • A → CIJ (Cour internationale de justice) : règle les litiges entre États membres de l'ONU. Siège à La Haye. C'est l'organe judiciaire principal de l'ONU ; elle ne juge pas des individus.
  • B → CPI (Cour pénale internationale) : tribunal créé par le Statut de Rome (1998) qui juge des individus accusés de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas le faire eux-mêmes. Siège à La Haye.
  • C → CEDH (Cour européenne des droits de l'homme) : permet à tout citoyen européen de saisir la justice si ses droits fondamentaux ont été violés par un État membre du Conseil de l'Europe, après épuisement des voies de recours nationales. Siège à Strasbourg.

Moyen mnémotechnique : CPI = crimes des individus / CIJ = litiges entre États / CEDH = droits des citoyens en Europe.

Exercice 5 — Rédaction argumentée
Critères et éléments attendus (3 pts) :

1. Définir l'égalité formelle et ses limites
L'égalité formelle consiste à appliquer les mêmes règles pour tous, sans exception. C'est un progrès fondamental par rapport à l'Ancien Régime (où les droits variaient selon la naissance). Mais elle a une limite majeure : elle ignore les inégalités de départ. Traiter de la même façon des personnes qui se trouvent dans des situations très différentes peut produire des résultats injustes.
Exemple : imposer les mêmes épreuves au brevet à un élève dyslexique et à un élève sans trouble d'apprentissage, c'est une égalité formelle, mais pas une égalité réelle des chances.

2. Expliquer le rôle de l'équité
L'équité consiste à adapter le traitement à la situation particulière de chacun pour rétablir une véritable égalité des chances. Elle ne cherche pas à avantager certains, mais à compenser les inégalités de départ pour que chacun puisse réellement exercer ses droits.
Exemple 1 : le tiers-temps accordé aux élèves en situation de handicap lors des examens est une mesure d'équité : on adapte les conditions sans modifier le contenu de l'épreuve.
Exemple 2 : les bourses scolaires accordées aux familles à faibles revenus compensent les inégalités économiques et permettent à des élèves défavorisés de poursuivre leurs études dans les mêmes conditions que les autres.

3. Conclusion
La justice ne peut donc pas se contenter de l'égalité formelle. Pour être réellement juste, une société doit aussi viser l'égalité des chances, ce qui implique des mécanismes d'équité et de justice sociale. Comme le résume la devise républicaine, la fraternité complète la liberté et l'égalité en fondant la solidarité nationale.

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