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SVT 3ᵉ

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Conduites addictives : cerveau, substances et dépendance

Synapse et substances, circuit de la récompense, familles de substances et alcoolémie, de l’usage à la dépendance, santé et prévention.

À propos de cette page
Ce cours de SVT de 3e explique les conduites addictives en six parties : les quatre façons dont une substance psychoactive agit à la synapse, le circuit de la récompense et la dopamine avec le cerveau adolescent, les familles de substances (stimulants, dépresseurs, perturbateurs) et le calcul d’une alcoolémie, le passage de l’usage à la dépendance avec la tolérance et le sevrage, les dégâts du tabac, de l’alcool et du cannabis, puis la prévention et l’aide.
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Synapses : là où agissent les substances psychoactives

Rappel (4e). Le message nerveux est électrique le long d’un neurone ; à la synapse, il devient chimique : la terminaison libère des neurotransmetteurs, qui se fixent sur les récepteurs de la cellule suivante, puis sont détruits ou récupérés (chapitre « Système nerveux : centres nerveux, nerfs et message nerveux »). En 3e, on voit toutes les façons dont une substance peut dérégler ce relais.

Ce qu’il faut savoir Une substance psychoactive modifie le fonctionnement du cerveau, donc les perceptions, l’humeur, la pensée ou le comportement. Légale (tabac, alcool, caféine, certains médicaments) ou illégale, elle peut entraîner une dépendance.
Elle agit à la synapse, sur un neurotransmetteur, de quatre façons :
1. elle l’imite : sa forme lui permet de se fixer sur ses récepteurs et de les activer ;
2. elle augmente sa libération par la terminaison du neurone ;
3. elle bloque sa recapture, c’est-à-dire son retour dans le neurone qui l’a libéré : il reste plus longtemps dans l’espace synaptique ;
4. elle bloque ses récepteurs sans les activer : le neurotransmetteur ne peut plus agir.
Une substance ne crée aucune sensation nouvelle : elle renforce ou affaiblit un message qui existe déjà. Après une libération massive, les réserves du neurotransmetteur sont vidées et doivent se reconstituer : c’est la « descente » qui suit l’effet de certaines substances.
neurone qui libèrecellule suivante12341 imiter le neurotransmetteur · 2 augmenter sa libération3 bloquer sa recapture · 4 bloquer ses récepteurspoints rouges : neurotransmetteur ; en vert : récepteurs

Quelques neurotransmetteurs

MoléculeRôle principal
dopaminemotivation, apprentissage de ce qui récompense, plaisir ; au cœur des addictions
sérotoninehumeur, sommeil, appétit
GABAle principal frein : il ralentit l’activité des neurones
endorphinescalment la douleur ; bien-être après un effort
adénosines’accumule pendant l’éveil et favorise l’envie de dormir
Exemples

La morphine, tirée du pavot, a une forme proche de celle des endorphines : elle se fixe sur leurs récepteurs et les active. Elle imite donc un neurotransmetteur (façon 1) et calme fortement la douleur.

La caféine se fixe sur les récepteurs de l’adénosine sans les activer (façon 4) : l’adénosine accumulée pendant la journée ne peut plus agir, et l’envie de dormir est retardée.

Réflexe — devant une substance, je cherche quel neurotransmetteur elle touche et à quelle étape (fixation, libération, recapture, récepteur) ; j’en déduis si le message transmis est renforcé ou affaibli.

Attention — bloquer la recapture renforce le message (le neurotransmetteur reste plus longtemps) ; bloquer les récepteurs l’affaiblit (il ne peut plus se fixer). Et renforcer un frein comme le GABA ralentit les neurones : deux « plus » peuvent donner un « moins ».

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Le circuit de la récompense

Pourquoi a-t-on envie de recommencer ce qui nous a fait du bien ? Parce qu’un circuit du cerveau l’enregistre.

Ce qu’il faut savoir Le circuit de la récompense est un ensemble de neurones situés au centre du cerveau. Ils libèrent de la dopamine quand nous faisons quelque chose d’utile à la survie : manger quand on a faim, boire quand on a soif, partager un moment avec d’autres, réussir.
La dopamine marque l’action comme importante et pousse à la refaire : c’est un système d’apprentissage et de motivation, autant que de plaisir.
Ce circuit est relié aux zones de la mémoire, qui retiennent l’action et son contexte (le lieu, les personnes, les signaux qui l’annoncent), et au cortex préfrontal, à l’avant du cerveau, qui juge, planifie et freine les envies.
Les substances psychoactives augmentent, directement ou non, la dopamine dans ce circuit, souvent plus vite et plus fort qu’une récompense naturelle : selon l’institut américain de recherche sur les drogues (NIDA), certaines en font libérer 2 à 10 fois plus. Le cerveau enregistre la prise comme une action prioritaire.

Le cerveau adolescent

À l’adolescence, le circuit de la récompense est très actif, alors que le cortex préfrontal poursuit sa maturation jusqu’à 25 ans environ. L’accélérateur est donc plus mûr que le frein : l’adolescent est plus attiré par les récompenses immédiates et plus vulnérable aux substances. Plus une consommation commence tôt, plus le risque d’addiction augmente (Inserm). En 4e, tu as vu que la partie avant du cortex mûrit en dernier ; on en voit ici la conséquence.

Des récompenses sans substance

Une notification, un « like », une victoire dans un jeu provoquent aussi de petites libérations de dopamine. Les récompenses incertaines, comme celles d’une machine à sous, entretiennent particulièrement l’envie de rejouer : on ne sait jamais si la prochaine fois sera la bonne.

Exemples

Le circuit de la récompense a été découvert en 1954, à Montréal, par James Olds et Peter Milner, en stimulant par hasard le cerveau d’un rat avec une électrode (voir les problèmes).

Après une longue randonnée, une gorgée d’eau fraîche procure un grand plaisir ; le même verre d’eau, bu sans soif, n’en procure presque pas. La dopamine libérée dépend du besoin de l’organisme : c’est un signal « utile, à retenir ».

Réflexe — pour expliquer une envie, je cherche trois acteurs : la dopamine du circuit de la récompense (l’accélérateur), la mémoire du contexte (le déclencheur), le cortex préfrontal (le frein).

Attention — la dopamine n’est pas seulement « la molécule du plaisir » : elle sert surtout à apprendre et à motiver. Et le cortex préfrontal ne fait pas partie de l’accélérateur : c’est lui qui freine.

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Stimulants, dépresseurs, perturbateurs ; l’alcoolémie

Les substances psychoactives se rangent en trois familles selon leur effet sur le système nerveux (classement utilisé par Santé publique France).

Ce qu’il faut savoir
FamilleExemplesEffet
stimulantsnicotine, caféine, cocaïne, amphétaminesaccélèrent : éveil, excitation, cœur plus rapide ; souvent suivis d’une « descente »
dépresseursalcool, tranquillisants et somnifères, opioïdes (héroïne, morphine, codéine, fentanyl)ralentissent : détente, somnolence, réflexes ralentis ; à forte dose, respiration ralentie, coma
perturbateurscannabis (THC), LSD, champignons hallucinogènesdéforment les perceptions, le temps, la mémoire immédiate
Certaines substances ont des effets de deux familles (l’ecstasy est stimulante et perturbatrice). La famille dit l’effet, pas le danger : chaque famille contient des substances très dangereuses.

L’alcool : un dépresseur, et un calcul

L’alcool des boissons est l’éthanol. Il renforce l’action du GABA, le frein des neurones, et ralentit tout le système nerveux : d’abord le cortex préfrontal (on se sent plus sûr de soi, on se retient moins : c’est la désinhibition), puis l’équilibre (cervelet), les réflexes et la mémoire (« trou noir »), jusqu’au coma éthylique.

Le degré d’une boisson est le pourcentage d’alcool pur dans son volume. Un millilitre d’alcool pur pèse 0,8 g :
alcool pur (g) = volume (mL) × degré ÷ 100 × 0,8. Un verre servi dans un bar (« verre standard ») contient environ 10 g d’alcool pur.

L’alcoolémie est la masse d’alcool par litre de sang. Un modèle simple en donne la valeur maximale :
alcoolémie (g/L) ≈ alcool pur (g) ÷ (masse en kg × 0,7) pour un homme, × 0,6 pour une femme (le corps d’une femme contient en moyenne moins d’eau, où l’alcool se dilue).
Ce maximum est atteint environ 30 minutes après avoir bu à jeun, 1 heure au cours d’un repas. Ensuite, le foie élimine l’alcool à vitesse à peu près constante : 0,10 à 0,15 g/L par heure. Ni café, ni douche froide, ni sport n’accélèrent cette élimination.

Les limites pour conduire (0,5 g/L, et 0,2 g/L en permis probatoire) ont été vues en 4e, chapitre « Système nerveux : centres nerveux, nerfs et message nerveux ».

00,20,40,60,8101234567alcoolémie (g/L)heures après le début du repaslimite 0,5limite 0,2
Exemples

Lucie, 50 kg, boit à 20 h deux verres de 12 cL de vin à 12,5 %. Alcool pur : 120 × 12,5 ÷ 100 × 0,8 = 12 g par verre, soit 24 g. Alcoolémie maximale : 24 ÷ (50 × 0,6) = 24 ÷ 30 = 0,8 g/L, vers 21 h (pendant le repas).

Au rythme de 0,15 g/L par heure, elle descend de 0,8 à 0,5 g/L en 0,3 ÷ 0,15 = 2 h (vers 23 h), et sous 0,2 g/L en 0,6 ÷ 0,15 = 4 h (vers 1 h du matin). Au rythme de 0,10 g/L par heure, il faudrait 6 h pour passer sous 0,2 g/L : on retient la durée la plus longue pour être sûr.

Réflexe — famille : l’effet sur l’activité du système nerveux (accélère, ralentit, déforme). Alcool : volume → alcool pur en g → alcoolémie maximale → durée d’élimination.

Attention — l’alcool paraît stimulant au début (désinhibition), mais c’est un dépresseur. Le degré est un pourcentage du volume : pour avoir des grammes, on multiplie encore par 0,8.

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De l’usage à la dépendance

On ne devient pas dépendant à la première prise : la consommation évolue, sans frontière nette.

Ce qu’il faut savoir Trois stades :
• usage : consommation occasionnelle, sans dommage immédiat (mais pas sans risque) ; un usage devient à risque dans certaines situations : avant de conduire, pendant la grossesse ;
• usage nocif : la consommation cause des dommages (santé, scolarité, relations, accidents), sans perte de contrôle ;
• dépendance (ou addiction) : on ne contrôle plus sa consommation, on continue malgré les conséquences et on ne peut plus s’en passer sans souffrir.
Ce qui se passe dans le cerveau :
• tolérance : face à l’excès répété de dopamine, les neurones réduisent leurs récepteurs ; il faut des doses croissantes pour le même effet, et le circuit de la récompense devient moins sensible aux plaisirs naturels ;
• sevrage (ou manque) : à l’arrêt, le système déréglé produit des effets inverses de ceux de la substance (angoisse au lieu de détente, fatigue au lieu d’excitation), avec parfois tremblements, sueurs, insomnie ;
• dépendance physique : le corps réclame la substance (symptômes de sevrage) ; dépendance psychique : envie irrépressible, réveillée par les lieux, les personnes ou les odeurs associés à la consommation, parfois des mois après l’arrêt, d’où les rechutes.

Qui devient dépendant ?

Le risque dépend du produit (son pouvoir addictif, sa voie d’entrée : fumé ou injecté, il agit plus vite), de la personne (âge de la première consommation, anxiété, stress ; selon l’Inserm, plus de la moitié du risque est liée à des facteurs génétiques, répartis sur de très nombreux gènes) et de l’environnement (entourage qui consomme, produit facile à obtenir, pression du groupe).

Les addictions sans substance

Un comportement peut aussi devenir une addiction : jeux d’argent, jeu vidéo, parfois réseaux sociaux. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait entrer le trouble du jeu vidéo dans sa classification des maladies (en vigueur depuis 2022) : perte de contrôle sur le jeu, priorité croissante donnée au jeu sur les autres activités, poursuite malgré les conséquences, en général sur au moins 12 mois. Il ne touche qu’une petite minorité de joueurs.

Exemples

Hugo boit deux bières à chaque match de rugby qu’il regarde avec des amis, puis plus rien de la semaine ; il n’a jamais eu de problème : c’est un usage. Le jour où il reprend sa voiture après les deux bières, son usage devient à risque.

Une mère de famille prend chaque soir un somnifère depuis deux ans ; une dose ne suffit plus pour dormir (tolérance), et les nuits sans comprimé sont faites d’angoisse et d’insomnie (sevrage).

Réflexe — pour situer un stade, je cherche : des dommages ? une perte de contrôle (essais d’arrêt ratés, vie envahie) ? des signes de tolérance ou de sevrage ?

Attention — la quantité ne suffit pas à dire le stade : c’est la perte de contrôle qui fait la dépendance. Et la dépendance n’est pas un manque de volonté : l’Inserm la décrit comme une maladie chronique, avec des rechutes même quand le désir d’arrêter est fort ; une aide médicale augmente les chances d’en sortir.

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Les dégâts sur la santé

Ce qu’il faut savoir Tabac. La nicotine crée la dépendance ; ce sont surtout les produits de la combustion qui rendent malade : les goudrons, qui encrassent les poumons et contiennent des substances cancérogènes, et le monoxyde de carbone, un gaz toxique qui se fixe dans le sang à la place du dioxygène. Conséquences : cancers (poumon, bouche, gorge, vessie…), infarctus, accidents vasculaires cérébraux (AVC), bronchite chronique. Selon l’OMS, le tabac tue jusqu’à la moitié des personnes qui en consomment et n’arrêtent pas. Respirer la fumée des autres, le tabagisme passif, est dangereux lui aussi.
Alcool. Maladies du foie (cirrhose), cancers (bouche, gorge, œsophage, foie, sein, intestin), maladies du cœur, troubles de la mémoire ; accidents, violences, comas éthyliques. Pendant la grossesse, l’alcool traverse le placenta : il n’existe aucun seuil de consommation sans risque pour l’enfant ; la forme la plus grave des atteintes est le syndrome d’alcoolisation fœtale. Pour Santé publique France, l’alcoolisation fœtale est la première cause de handicap mental d’origine non génétique chez l’enfant.
Cannabis. Le THC altère l’attention et la mémoire de travail ; une consommation régulière commencée tôt est associée à un risque environ deux fois plus élevé de troubles psychotiques (comme la schizophrénie), surtout chez les personnes vulnérables (Académie nationale de médecine, 2014). Fumé, il expose aux goudrons et au monoxyde de carbone comme le tabac. Chez un consommateur régulier, le THC se stocke dans les graisses et reste détectable plusieurs semaines.
Opioïdes et autres drogues illicites. Les surdoses (héroïne, fentanyl…) arrêtent la respiration ; elles causent plusieurs centaines de décès par an en France.

Ce qui tue le plus

SubstanceDécès attribués en FranceSource
tabacplus de 68 000 en 2023 (11 % des décès)Santé publique France, 2026
alcool41 000 en 2015Santé publique France, 2019
drogues illicites (surdoses)plusieurs centaines par anFédération Addiction, 2023

Les deux substances légales sont de loin les plus meurtrières.

Exemples

Un fumeur de cigarettes électroniques sans combustion n’inhale ni goudrons ni monoxyde de carbone ; s’il y a de la nicotine dans le liquide, il reste exposé à la dépendance. Le danger principal du tabac vient de la combustion, la dépendance de la nicotine.

Les chiffres des décès dus au tabac et à l’alcool ne s’additionnent pas simplement : ils ne portent pas sur la même année, et une personne qui boit et fume peut compter dans les deux estimations.

Réflexe — devant une conséquence, je relie : la substance → l’organe touché → le mécanisme (nicotine = dépendance ; combustion = cancers et cœur ; alcool = foie, cerveau, fœtus ; THC = mémoire, troubles psychiques).

Attention — légal ne veut pas dire sans danger (tabac et alcool tuent le plus), et « naturel » non plus : le cannabis est une plante, le tabac aussi.

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Prévenir, réduire les risques, se faire aider

Ce qu’il faut savoir La loi. En France, la vente de tabac et d’alcool est interdite aux moins de 18 ans (loi du 21 juillet 2009). Il est interdit de fumer dans les lieux publics fermés depuis 2007 (cafés et restaurants depuis 2008). La publicité pour le tabac est interdite et celle pour l’alcool encadrée (loi Évin, 1991). Le cannabis et les autres drogues illicites sont interdits : usage, détention et vente sont des délits.
Trois buts de la prévention :
• retarder la première consommation (chaque année gagnée réduit le risque d’addiction) : interdiction de vente aux mineurs, hausse des prix, paquet neutre (sans logo, depuis 2017), apprendre à refuser face au groupe ;
• réduire les risques pour ceux qui consomment : ne jamais conduire après avoir bu, désigner un conducteur qui ne boit pas, ne pas mélanger les produits ;
• soigner la dépendance : aide médicale et psychologique, substituts nicotiniques (patchs, gommes), suivi.
Où trouver de l’aide : les consultations jeunes consommateurs (CJC), gratuites et confidentielles, pour les 12-25 ans et leur entourage ; Tabac info service (39 89), Alcool info service (0 980 980 930), Drogues info service (0 800 23 13 13), Joueurs info service (09 74 75 13 13) ; le médecin, l’infirmière scolaire.

Arrêter, ça marche

Le corps récupère vite : selon l’OMS, un an après la dernière cigarette, le risque de maladie coronarienne (infarctus) est environ la moitié de celui d’un fumeur. Chaque année en novembre, le Mois sans tabac invite les fumeurs à arrêter ensemble : un mois sans fumer multiplie par 5 les chances d’arrêter définitivement.

Exemples

Un buraliste demande sa carte d’identité à un client qui paraît jeune : il applique l’interdiction de vente aux mineurs, une mesure qui vise à retarder la première consommation.

Avant une soirée, un groupe de lycéens prévoit qu’ils rentreront à pied ou en bus : c’est de la réduction des risques.

Réflexe — devant une mesure, je me demande : est-elle collective (loi, prix, campagne) ou individuelle ? Vise-t-elle à retarder, à réduire les risques ou à soigner ?

Attention — parler à un adulte de la consommation d’un ami en difficulté, ce n’est pas le trahir : c’est l’aider. Et la hausse des prix agit surtout avant la dépendance : un jeune qui ne fume pas encore renonce plus facilement qu’un fumeur dépendant.

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Pour aller plus loin

Ces notions touchent au chapitre, mais elles sont traitées ailleurs ou ont été vues avant.

À retenir
  • Une substance psychoactive agit à la synapse : elle imite un neurotransmetteur, augmente sa libération, bloque sa recapture ou bloque ses récepteurs.
  • Le circuit de la récompense libère de la dopamine pour ce qui est utile : il apprend et motive. Les drogues le détournent ; le cortex préfrontal, qui freine, mûrit jusqu’à 25 ans environ.
  • Stimulants (accélèrent), dépresseurs (ralentissent, dont l’alcool), perturbateurs (déforment). Alcool pur = volume × degré ÷ 100 × 0,8 ; alcoolémie ≈ alcool ÷ (masse × 0,7 ou 0,6) ; le foie élimine 0,10 à 0,15 g/L par heure.
  • Usage, usage nocif, dépendance : la perte de contrôle fait la dépendance ; tolérance, sevrage, dépendance physique et psychique en sont les marques ; il existe des addictions sans substance.
  • Tabac (combustion : cancers, cœur) et alcool (foie, cancers, fœtus), substances légales, sont les plus meurtriers ; le cannabis atteint la mémoire et peut favoriser des troubles psychotiques.
  • Prévenir, c’est retarder la première consommation, réduire les risques et soigner ; l’aide existe (CJC, 39 89) et l’arrêt est vite bénéfique.

Questions fréquentes

Comment une drogue agit-elle sur le cerveau ?

Elle agit à la synapse, sur un neurotransmetteur : elle peut l’imiter, augmenter sa libération, bloquer sa recapture ou bloquer ses récepteurs. Elle ne crée rien de nouveau : elle renforce ou affaiblit un message qui existe déjà.

Qu’est-ce que le circuit de la récompense ?

C’est un ensemble de neurones qui libèrent de la dopamine quand on fait quelque chose d’utile à la survie (manger, boire, réussir). La dopamine marque l’action comme importante et pousse à la refaire. Les drogues, mais aussi certains jeux et écrans, détournent ce circuit.

L’alcool est-il un stimulant ?

Non, c’est un dépresseur : il renforce le frein des neurones et ralentit tout le système nerveux. Il paraît stimulant au début parce qu’il ralentit d’abord la zone qui juge et retient (désinhibition), mais les réflexes, l’équilibre et la mémoire sont altérés.

Quelle est la différence entre usage nocif et dépendance ?

Dans l’usage nocif, la consommation cause des dommages (santé, école, relations) mais la personne garde le contrôle. Dans la dépendance, elle ne contrôle plus sa consommation, continue malgré les conséquences et souffre quand elle arrête (sevrage).

Quelles substances tuent le plus en France ?

Le tabac (plus de 68 000 décès en 2023) et l’alcool (41 000 décès estimés en 2015), deux substances légales, loin devant les drogues illicites, dont les surdoses causent plusieurs centaines de décès par an.

Où trouver de l’aide quand on consomme trop ?

Auprès des consultations jeunes consommateurs (gratuites et confidentielles, pour les 12-25 ans et leur entourage), de Tabac info service (39 89), Alcool info service, Drogues info service, d’un médecin ou de l’infirmière scolaire.

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