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Collège · 3ᵉ · SVT

Les conduites addictives

Effets des substances psychoactives sur le système nerveux

À propos de cette page
Ce cours de svt en troisième sur « Les conduites addictives » suit le programme officiel de svt de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Neurones, synapses et neurotransmetteurs, Le circuit de la récompense, Les substances psychoactives, De l'usage à la dépendance. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en svt.
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Neurones, synapses et neurotransmetteurs

Le cerveau compte près de 90 milliards de neurones. Le message nerveux est électrique le long d'un neurone, mais entre deux neurones il y a un espace minuscule, la synapse : le message y devient chimique.

Dopamineplaisir, motivation, apprentissage ; au cœur de l'addiction
Sérotoninehumeur, sommeil, appétit
Endorphinesanti-douleur naturels, bien-être après l'effort
GABAfreine l'activité des neurones (calme)
Le point clé. Une substance psychoactive agit parce que sa forme ressemble à celle d'un neurotransmetteur : elle occupe ses récepteurs, augmente sa libération ou bloque sa recapture. Elle ne crée rien de nouveau, elle dérègle un système existant.
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Le circuit de la récompense

Circuit de la récompense : ensemble de neurones du cerveau profond qui libèrent de la dopamine quand nous faisons quelque chose d'utile à la survie : manger, boire, avoir des relations sociales, réussir, être reconnu. Le plaisir ressenti pousse à recommencer : c'est un système d'apprentissage.

Ce circuit est ancien et puissant : il a permis à nos ancêtres de rechercher nourriture et partenaires. Il est relié aux zones de la mémoire (on retient ce qui a fait plaisir et le contexte) et au cortex préfrontal, qui juge, planifie et freine les impulsions.

Attention ! Le cortex préfrontal n'achève sa maturation que vers 25 ans. Chez l'adolescent, le circuit de la récompense est pleinement actif alors que le « frein » est encore en construction : le cerveau adolescent est plus sensible aux plaisirs immédiats et plus vulnérable à l'addiction. Plus la première consommation est précoce, plus le risque de dépendance est élevé.
Exemple. Une notification, un « like », une victoire dans un jeu vidéo déclenchent une petite libération de dopamine. Les applications sont conçues pour la répéter : défilement sans fin, récompenses aléatoires. C'est le même circuit que celui détourné par les drogues.
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Les substances psychoactives

Substance psychoactive : substance qui modifie l'activité du cerveau, donc les perceptions, l'humeur, la pensée ou le comportement. Légale ou non, elle peut créer une dépendance.
Stimulantsnicotine (tabac), caféine, cocaïne, amphétamines, ecstasyaccélèrent : éveil, excitation, cœur qui bat plus vite ; nicotine : dépendance très rapide
Dépresseursalcool, médicaments tranquillisants, opioïdes (héroïne, morphine, fentanyl)ralentissent le système nerveux : détente puis somnolence, réflexes ralentis, jusqu'au coma
Perturbateurscannabis (THC), LSD, champignons hallucinogènesdéforment les perceptions, le temps, la mémoire immédiate

Toutes augmentent, directement ou non, la dopamine dans le circuit de la récompense, bien plus fort et plus vite qu'un plaisir naturel : la nicotine la double, la cocaïne la triple. Le cerveau enregistre : « ceci est très important, à refaire ».

Nicotineimite un neurotransmetteur et stimule la libération de dopamine ; effet en 10 secondes, disparu en 30 minutes → envie de la cigarette suivante
Alcool (éthanol)renforce le GABA (frein) et perturbe le cervelet (équilibre), le cortex (jugement), l'hippocampe (mémoire : « trou noir ») ; passe dans le sang en 15 à 30 minutes
THC (cannabis)se fixe sur des récepteurs présents dans tout le cerveau, surtout mémoire, coordination et motivation ; se stocke dans les graisses et s'élimine sur plusieurs jours
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De l'usage à la dépendance

La consommation évolue par étapes, sans frontière nette : usage (occasionnel, sans dommage visible) → usage nocif (dommages pour la santé, la scolarité, les relations, sans dépendance) → dépendance ou addiction.

Dépendance : impossibilité de contrôler sa consommation malgré la connaissance de ses conséquences. Elle associe une composante physique (le corps réclame : symptômes de sevrage ou manque à l'arrêt : tremblements, sueurs, angoisse, insomnie) et une composante psychique (besoin irrépressible, pensées envahissantes, rechute des mois après l'arrêt).
Tolérancele cerveau réduit ses récepteurs à la dopamine face à l'excès : il faut des doses croissantes pour le même effet, et les plaisirs ordinaires ne font plus effet
Sevrageà l'arrêt, le système dérégulé produit l'inverse de l'effet de la drogue : angoisse au lieu de détente, fatigue au lieu d'excitation
Perte de contrôlele cortex préfrontal ne parvient plus à freiner ; la mémoire du contexte (lieux, amis, stress) déclenche l'envie

Facteurs de vulnérabilité : précocité de la première prise, cerveau adolescent, terrain génétique (un parent dépendant multiplie le risque par 2 à 4), stress, anxiété, isolement, entourage consommateur, disponibilité du produit. On parle aussi d'addictions sans substance : jeux d'argent, jeux vidéo, réseaux sociaux, quand l'usage échappe au contrôle et envahit la vie.

Attention ! La dépendance n'est pas une faiblesse de caractère : c'est une maladie du cerveau, avec des modifications durables des synapses. C'est pourquoi la volonté seule suffit rarement et qu'une aide médicale est utile.
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Les dégâts à long terme

Tabacgoudrons et 70 substances cancérogènes : cancers (poumon, gorge, vessie), infarctus, AVC, bronchite chronique, peau et dents abîmées ; un fumeur régulier sur deux meurt de son tabagisme ; le tabagisme passif touche l'entourage
Alcoolfoie (cirrhose), cancers (bouche, œsophage, sein, foie), troubles de la mémoire, dépression ; accidents, violences, comas éthyliques ; chez la femme enceinte, atteintes irréversibles du cerveau du fœtus (syndrome d'alcoolisation fœtale)
Cannabismémoire et attention diminuées (décrochage scolaire), démotivation, anxiété, risque de troubles psychiques graves chez les personnes vulnérables ; fumé, il expose aux mêmes goudrons que le tabac ; conduite : réflexes ralentis
Écrans, jeuxsommeil raccourci (la lumière des écrans retarde l'hormone du sommeil), baisse de l'attention et des résultats, isolement, sédentarité
Exemple. Le sommeil est le premier touché par toutes ces conduites : alcool et cannabis désorganisent les phases de sommeil, la nicotine et la caféine retardent l'endormissement, les écrans le décalent. Or c'est pendant le sommeil que le cerveau adolescent consolide ce qu'il a appris dans la journée.
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Prévenir, refuser, se faire aider

La loivente de tabac et d'alcool interdite aux mineurs ; cannabis et autres drogues illicites : usage, détention et vente interdits ; alcool au volant : moins de 0,5 g/L de sang (0,2 g/L en permis probatoire), soit en pratique zéro verre
La préventionretarder la première consommation (chaque année gagnée réduit le risque), informer sans dramatiser, apprendre à dire non à la pression du groupe, hausser les prix (le paquet à 12 € a fait chuter le tabagisme des jeunes), interdire la publicité
L'aideConsultations jeunes consommateurs (gratuites, anonymes), Tabac info service (39 89), Drogues info service, médecin, infirmière scolaire, substituts nicotiniques, accompagnement psychologique

Repères simples : le cerveau récupère (l'arrêt du tabac réduit le risque cardiaque dès la première année) ; on ne « teste » pas une drogue sans risque ; un ami en difficulté a besoin qu'on en parle à un adulte, pas qu'on garde le secret.

Astuce. Face à un document : identifier la substance et sa famille (stimulant, dépresseur, perturbateur), le mécanisme (synapse, dopamine), le stade (usage, usage nocif, dépendance) et les conséquences (cerveau, santé, vie sociale), puis la réponse (loi, prévention, aide).
En bref
  • Entre deux neurones, le message passe par la synapse grâce à des neurotransmetteurs ; les drogues imitent ou dérèglent ce passage.
  • Le circuit de la récompense libère de la dopamine pour les plaisirs utiles à la vie ; les substances psychoactives et certains comportements le détournent.
  • Stimulants (nicotine, cocaïne), dépresseurs (alcool, opioïdes), perturbateurs (cannabis).
  • Usage → usage nocif → dépendance : tolérance, sevrage, perte de contrôle ; le cerveau adolescent, immature jusqu'à 25 ans, est plus vulnérable.
  • Tabac (75 000 morts/an) et alcool (41 000) sont les drogues les plus meurtrières en France.
  • Prévention : retarder la première prise, loi, prix, refus ; aide : consultations jeunes consommateurs, 39 89.
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