Exercice 1 — Définitions et connaissances (cours)
Question 1 — Définition et exemples (1 pt)
Une substance psychoactive est une substance chimique qui agit sur le système nerveux central et modifie les perceptions, les émotions, le comportement ou la conscience.
- Substances licites : tabac (nicotine) et alcool (éthanol).
- Substances illicites : cannabis et cocaïne (ou héroïne, LSD, etc.).
Question 2 — La tolérance (1 pt)La
tolérance est le phénomène par lequel, lors d'une consommation répétée, le cerveau s'adapte à la présence de la substance en réduisant la sensibilité de ses récepteurs. Le consommateur a alors besoin d'augmenter les doses pour obtenir le même effet qu'au début. C'est un mécanisme clé dans l'installation de la dépendance.
Question 3 — Les deux types de dépendance (1 pt)- Dépendance physique : le corps réclame la substance. À l'arrêt, des symptômes physiques désagréables apparaissent (syndrome de sevrage) : tremblements, sueurs, douleurs, irritabilité.
- Dépendance psychologique : besoin mental intense et irrépressible de consommer la substance (craving), sans nécessairement de symptôme physique. La personne est obnubilée par l'envie de retrouver les effets de la drogue.
Question 4 — Circuit de la récompense (1 pt)Deux structures impliquées : le
noyau accumbens et l'
aire tegmentale ventrale (ATV) (ou le cortex préfrontal, accepté).
Rôle de la
dopamine : libérée par l'ATV dans le noyau accumbens, elle génère une sensation de plaisir et de motivation. Les drogues en provoquent une libération massive (2 à 10 fois supérieure aux plaisirs naturels), gravant une association intense entre la substance et le plaisir, et incitant à répéter la consommation.
Exercice 2 — Effets des substances sur l'organisme
Question 1 — Tableau (2 pts)
| Substance | Catégorie | Effet néfaste à long terme |
|---|
| Tabac | Stimulant | Cancers (poumon, gorge, bouche…) ; maladies cardiovasculaires ; bronchite chronique / emphysème |
| Alcool | Dépresseur | Cirrhose hépatique ; troubles neurologiques (destruction de neurones) ; cancers (foie, bouche, œsophage) |
| Cannabis | Perturbateur | Troubles de la mémoire et des apprentissages ; risques psychiatriques (anxiété, dépression, psychoses) ; syndrome amotivationnel |
Question 2 — Le CO et l'essoufflement (1,5 pt)Le monoxyde de carbone (CO) contenu dans la fumée de cigarette a une affinité 200 fois supérieure à celle de l'oxygène (O₂) pour l'
hémoglobine. Il se fixe donc sur l'hémoglobine à la place de l'
oxygène, formant de la carboxyhémoglobine. Cela réduit la capacité du sang à
transporter l'O₂ vers les organes et les muscles. Le fumeur souffre alors d'un essoufflement car ses muscles reçoivent moins d'oxygène pour fonctionner.
Question 3 — Argumentation sur le cannabis à 15 ans (1,5 pt)Éléments attendus dans la réponse :
- Le cerveau est encore en développement jusqu'à environ 25 ans, notamment le cortex préfrontal (contrôle des décisions) et le système limbique (émotions, récompense).
- Le THC (principe actif du cannabis) se fixe sur les récepteurs cannabinoïdes (CB1) et perturbe la mémoire à court terme, les apprentissages et la coordination.
- Une consommation précoce augmente significativement le risque de dépendance (le cerveau adolescent est plus sensible aux effets addictifs) et de troubles psychiatriques (anxiété, dépression, psychoses).
- Même une consommation « de temps en temps » expose à ces risques, d'autant plus que le cerveau adolescent est particulièrement vulnérable.
Exercice 3 — Analyse de document
Rappel du document : libération de dopamine dans le noyau accumbens — repas savoureux : +150% ; cocaïne : +350% ; héroïne : +500%. Après 2 semaines de cocaïne quotidienne : repas savoureux → seulement +30%.
Question 1 — Substance la plus efficace et conséquences (1,5 pt)
D'après le document, c'est l'héroïne qui provoque la libération de dopamine la plus importante (+500%). La cocaïne provoque également une libération très élevée (+350%).
Conséquences sur le circuit de la récompense : cette libération massive de dopamine dans le noyau accumbens crée une sensation de plaisir intense, bien supérieure à tout plaisir naturel. Le cerveau mémorise cette association substance/plaisir et cherche à la reproduire, ce qui est à l'origine de la dépendance. Plus la libération de dopamine est importante, plus le risque de dépendance est élevé.
Question 2 — Baisse de dopamine après 2 semaines de cocaïne (2 pts)
Après 2 semaines de consommation quotidienne de cocaïne, la libération de dopamine lors d'un repas savoureux ne dépasse plus que +30% au lieu de +150%. Cela illustre le phénomène de tolérance.
Explication biologique : la libération répétée et massive de dopamine provoquée par la cocaïne conduit le cerveau à s'adapter en réduisant le nombre de récepteurs à la dopamine. Ces récepteurs deviennent moins nombreux et moins sensibles. La quantité de dopamine libérée par un plaisir naturel (le repas) est alors insuffisante pour activer ces rares récepteurs. L'individu ne ressent plus de plaisir pour les activités quotidiennes et ne peut plus se passer de la substance pour éprouver une sensation agréable : c'est l'installation de la dépendance.
Question 3 — Extrapolation du modèle animal à l'être humain (1,5 pt)
Ces données obtenues sur des rats peuvent partiellement être utilisées pour comprendre la dépendance humaine, avec des réserves.
- Arguments pour l'utilisation : le circuit de la récompense (noyau accumbens, dopamine) est très similaire chez les mammifères, y compris les rats et les humains. Ces études ont permis de découvrir le fonctionnement du circuit de la récompense et les mécanismes de la tolérance, validés ensuite chez l'humain par l'imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle).
- Limites : l'humain possède un cortex préfrontal plus développé et des dimensions sociales, psychologiques et culturelles complexes qui influencent la dépendance. Les résultats ne sont donc pas directement transposables et doivent être confirmés par des études humaines.
Exercice 4 — Prévention et argumentation
Question 1 — Deux dispositifs d'aide en France (1 pt)
- Tabac info service — 3989 : ligne d'aide au sevrage tabagique, accessible à tous les fumeurs souhaitant arrêter. Conseils personnalisés, informations sur les substituts nicotiniques.
- Drogues info service — 0800 23 13 13 : ligne anonyme et gratuite pour toute question sur les drogues (cannabis, alcool, drogues illicites), destinée au grand public (adolescents, parents, professionnels).
Autres réponses acceptées : Alcool info service (0980 980 930), Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) — gratuites et anonymes pour les moins de 25 ans.
Question 2 — Vulnérabilité biologique du cerveau adolescent (1,5 pt)Le cerveau adolescent est particulièrement vulnérable pour deux raisons biologiques :
- Argument 1 — Développement inachevé du cortex préfrontal : le cortex préfrontal, siège du contrôle des impulsions, du jugement et de la prise de décision, n'est pas encore mature (il l'est vers 25 ans). Les adolescents ont donc plus de mal à résister à l'envie de consommer et à évaluer les risques à long terme.
- Argument 2 — Plasticité et sensibilité du circuit de la récompense : le cerveau en développement présente une plus grande plasticité (capacité à se modifier). Les substances psychoactives perturbent les circuits en cours de formation (circuit dopaminergique, système limbique), ce qui crée une dépendance plus rapidement et augmente les risques de troubles psychiatriques durables.
Question 3 — Texte de sensibilisation sur l'alcool pour des élèves de 4e (1,5 pt)Critères d'évaluation de la rédaction :
- Mention du statut de l'alcool : dépresseur du système nerveux central, qui ralentit l'activité cérébrale.
- Référence à l'alcoolémie et à ses effets selon le taux : troubles du jugement, de l'équilibre, des réflexes dès 0,5 g/L.
- Évocation des risques liés au binge drinking (consommation massive et rapide) : risque de coma éthylique.
- Impact sur le cerveau en développement : dépendance plus rapide, risques psychiatriques, altération de la mémoire.
- Données chiffrées : l'alcool est la 2e cause de mortalité évitable en France (≈ 41 000 décès/an).
- Ton adapté à des élèves de 4e (accessible, factuel, sans moralisation excessive).
Exemple de réponse attendue :« L'alcool est un dépresseur du système nerveux : même à faible dose, il altère le jugement, les réflexes et la coordination. À 0,5 g/L dans le sang, les réflexes sont déjà diminués. Chez l'adolescent, dont le cerveau est encore en développement jusqu'à 25 ans, les effets sont encore plus graves : le risque de dépendance est multiplié, et les troubles de la mémoire ou de l'humeur peuvent être durables. Boire de grandes quantités rapidement (binge drinking) peut provoquer un coma éthylique, potentiellement mortel. En France, l'alcool cause environ 41 000 décès par an. Des alternatives existent pour gérer le stress et s'amuser : sport, activités créatives, échanges avec des proches. »
Exercice 5 — Schéma légendé
Schéma d'une synapse et perturbation par une substance psychoactive
Le schéma doit représenter :
- Le neurone émetteur (ou présynaptique) avec ses vésicules contenant des neurotransmetteurs.
- L'espace synaptique (fente synaptique) entre les deux neurones.
- Le neurone récepteur (ou postsynaptique) avec ses récepteurs sur lesquels se fixent les neurotransmetteurs.
- Les neurotransmetteurs libérés traversant l'espace synaptique pour se fixer sur les récepteurs.
Légendes obligatoires : neurone émetteur, neurone récepteur, espace synaptique, neurotransmetteur, récepteur.
Explication de la perturbation par une substance psychoactive :Les substances psychoactives peuvent perturber cette transmission de plusieurs façons :
- Imitation : certaines molécules (ex. nicotine imite l'acétylcholine ; THC imite les endocannabinoïdes) se fixent sur les récepteurs du neurone récepteur à la place des neurotransmetteurs naturels, déclenchant un signal anormal.
- Amplification : d'autres substances (ex. cocaïne) bloquent la recapture des neurotransmetteurs par le neurone émetteur, prolongeant et amplifiant leur action dans l'espace synaptique → libération massive de dopamine.
- Blocage : certaines molécules peuvent bloquer les récepteurs et empêcher la transmission du message.
Dans tous les cas, la transmission du message nerveux est modifiée de façon anormale, perturbant le fonctionnement du cerveau.