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Collège · 3ᵉ · SVT

Génétique et évolution

Brassage génétique, mutation et sélection naturelle

À propos de cette page
Ce cours de svt en troisième sur « Génétique et évolution » suit le programme officiel de svt de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des individus tous différents, Gènes et allèles, Les mutations, source de nouveaux allèles, Méiose et fécondation : le brassage. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en svt.
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Des individus tous différents

Au sein d'une espèce, les individus varient : couleur des yeux, groupe sanguin, taille, résistance à une maladie. Certains caractères sont héréditaires (transmis par les parents via l'ADN), d'autres acquis au cours de la vie (cicatrice, muscles, bronzage, langue parlée) et ne se transmettent pas. Beaucoup dépendent des deux : la taille est héréditaire et influencée par l'alimentation.

Support de l'hérédité. L'information génétique est portée par l'ADN, molécule en double hélice enroulée dans les chromosomes du noyau. Chaque cellule humaine (sauf les gamètes) contient 46 chromosomes en 23 paires : un chromosome de chaque paire vient du père, l'autre de la mère. La 23e paire détermine le sexe : XX ou XY.

Le caryotype (photographie des chromosomes rangés par paires) permet de repérer une anomalie de nombre : trois chromosomes 21 au lieu de deux dans la trisomie 21.

Exemple. Deux vrais jumeaux ont le même ADN et pourtant ne sont pas identiques (empreintes digitales, grains de beauté, goûts) : le milieu et le hasard du développement font aussi le phénotype.
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Gènes et allèles

Gène : portion d'ADN située à un endroit précis d'un chromosome, qui porte l'information d'un caractère (par exemple le groupe sanguin). Allèle : version d'un gène. Les allèles d'un même gène diffèrent par quelques « lettres » (nucléotides) de leur séquence.

Chaque chromosome d'une paire porte le même gène au même endroit : un individu possède donc deux allèles de chaque gène, un reçu de chaque parent. S'ils sont identiques, l'individu est homozygote ; s'ils sont différents, hétérozygote, et l'un peut s'exprimer seul (dominant) tandis que l'autre reste caché (récessif).

Allèles portés (génotype)A/A ou A/OB/B ou B/OA/BO/O
Groupe sanguin (phénotype)ABABO

Pour le gène du groupe sanguin, A et B sont dominants sur O, et A et B s'expriment tous les deux ensemble (codominance). Deux parents de groupe A peuvent avoir un enfant O s'ils sont tous deux A/O.

Attention ! Un caractère « caché » n'a pas disparu : l'allèle récessif est transmis normalement et peut s'exprimer chez un petit-enfant. Et la plupart des caractères (taille, couleur de peau) dépendent de dizaines de gènes à la fois, pas d'un seul.
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Les mutations, source de nouveaux allèles

Mutation : modification de la séquence de l'ADN. Une « lettre » remplacée, ajoutée ou supprimée. Elle crée un nouvel allèle.
  • Origine : erreurs lors de la copie de l'ADN avant chaque division (rares, mais des milliards de copies) ; agents mutagènes : UV du soleil, fumée de tabac, radioactivité, certains virus.
  • Effets : le plus souvent aucun (la protéine ne change pas ou la zone n'est pas utilisée) ; parfois défavorable (mucoviscidose, drépanocytose : une seule lettre changée) ; rarement avantageux dans un milieu donné.
  • Transmission : une mutation n'est héréditaire que si elle touche les cellules reproductrices. Une mutation dans une cellule de peau (mélanome) n'est pas transmise aux enfants.
Exemple. Chez les adultes, la digestion du lactose (sucre du lait) disparaît normalement après le sevrage. Une mutation apparue il y a moins de 10 000 ans, chez des peuples d'éleveurs, maintient l'enzyme lactase toute la vie : elle est devenue majoritaire en Europe du Nord, rare en Asie de l'Est. Un allèle nouveau, avantageux seulement là où l'on boit du lait.
Le point clé. La mutation est aléatoire : elle ne se produit pas « parce qu'elle serait utile ». Le milieu ne crée pas la mutation, il la trie ensuite.
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Méiose et fécondation : le brassage

La reproduction sexuée fabrique des individus uniques à partir des allèles des deux parents.

Brassage à la méiosePour chaque paire, le gamète reçoit au hasard l'un des deux chromosomes : 2 × 2 × … × 2 = 223, soit plus de 8 millions de gamètes différents possibles par personne. En plus, les chromosomes d'une paire échangent des morceaux avant de se séparer (crossing-over) : encore plus de combinaisons.
Brassage à la fécondationN'importe quel spermatozoïde avec n'importe quel ovule : 8 millions × 8 millions ≈ 70 000 milliards de cellules-œufs possibles pour un même couple.

Aucun enfant n'a le même génome qu'un frère ou une sœur (sauf les vrais jumeaux, issus d'une seule cellule-œuf). Le brassage ne crée pas d'allèles nouveaux : il recombine ceux qui existent.

Attention ! Mitose ≠ méiose. La mitose copie une cellule à l'identique (46 → 46 + 46) pour la croissance et le renouvellement ; la méiose ne sert qu'à fabriquer les gamètes et divise le nombre de chromosomes.
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La sélection naturelle trie les allèles

Dans une population, chaque allèle a une fréquence. Si les porteurs d'un allèle survivent ou se reproduisent un peu mieux que les autres dans un milieu donné, cet allèle devient plus fréquent à chaque génération : c'est la sélection naturelle, décrite par Darwin en 1859 sans connaître les gènes.

Résistance aux antibiotiquesDans une population de bactéries, quelques-unes portent par mutation un allèle de résistance. L'antibiotique tue les autres ; les résistantes se multiplient (une division toutes les 20 min). En quelques jours, la population est résistante. Chaque traitement inutile sélectionne des résistances.
Phalène du bouleauPapillon clair devenu majoritairement sombre dans les régions industrielles anglaises noircies par la suie (fin du XIXe siècle), puis redevenu clair après la dépollution.
DrépanocytoseL'allèle muté de l'hémoglobine est grave chez les homozygotes, mais protège les hétérozygotes du paludisme : il reste fréquent là où sévit le paludisme, rare ailleurs.
Le point clé. Un allèle n'est pas « bon » ou « mauvais » dans l'absolu : tout dépend du milieu, et le milieu change.
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Le hasard aussi : la dérive génétique

Dans une petite population, la fréquence d'un allèle peut changer par simple hasard des naissances et des morts, sans qu'il soit avantageux ou nuisible : c'est la dérive génétique. Un allèle rare peut disparaître, un autre devenir majoritaire.

Exemple : l'effet fondateur. Quand quelques individus colonisent une île ou fondent un groupe isolé, ils n'emportent qu'un échantillon des allèles de la population d'origine. Dans une communauté d'Amérique du Nord fondée par quelques dizaines de familles au XVIIIe siècle, une forme rare de nanisme est des centaines de fois plus fréquente que dans le reste du monde, parce qu'un des fondateurs en portait l'allèle.

Sélection et dérive agissent ensemble : la sélection oriente, la dérive brouille, d'autant plus fort que la population est petite. C'est pourquoi les espèces réduites à quelques individus perdent vite leur diversité génétique.

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De la génétique à l'évolution

Mutationcrée de nouveaux allèles, au hasard
Brassage (méiose, fécondation)combine les allèles en individus tous différents
Sélection naturelletrie : les allèles favorables dans le milieu deviennent plus fréquents
Dérivefait varier les fréquences au hasard dans les petites populations
Isolement + tempsdeux populations divergent jusqu'à ne plus pouvoir se croiser : spéciation

L'être humain utilise ces mécanismes depuis 10 000 ans : la sélection artificielle a tiré du chou sauvage le chou-fleur, le brocoli et le chou de Bruxelles, et du loup toutes les races de chiens, en choisissant à chaque génération les reproducteurs. Il les subit aussi : la résistance aux antibiotiques est une évolution que nous provoquons, et que nous freinons par un usage raisonné (pas d'antibiotique contre un virus, traitement suivi jusqu'au bout).

Attention ! Une population « s'adapte » au sens où sa composition en allèles change ; un individu, lui, ne s'adapte pas génétiquement : il possède ses allèles de la naissance à la mort.
En bref
  • ADN → chromosomes (46 = 23 paires, XX/XY) ; un gène = un caractère, des allèles = ses versions ; deux allèles par gène, dominant ou récessif.
  • Mutation : changement aléatoire de l'ADN, nouvel allèle ; héréditaire seulement dans les cellules reproductrices.
  • Méiose (46 → 23, brassage) et fécondation (23 + 23, au hasard) : chaque individu est unique.
  • Sélection naturelle : les allèles avantageux dans un milieu deviennent plus fréquents (résistances, phalène, drépanocytose).
  • Dérive : le hasard change les fréquences dans les petites populations.
  • Mutation + brassage + sélection + isolement = évolution des espèces.
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