Je réserve ici
Mathématiques 3ᵉ

Ressources · 3ᵉ · Mathématiques

Théorème de Thalès : configuration papillon et réciproque

Rappels de 4e (triangles emboîtés, égalité des trois rapports, calcul d’une longueur, rapport de réduction, longueurs à déduire, milieux), configuration papillon et énoncé général du théorème, réciproque et contraposée dans les deux configurations (ordre des points, comparaison exacte des rapports), longueurs inaccessibles et rédaction type brevet.

À propos de cette page
Ce cours de maths de 3e reprend le théorème de Thalès en quatre parties : les rappels de 4e sur les triangles emboîtés (égalité des trois rapports, produit en croix, rapport de réduction, longueurs à déduire, milieux) ; la configuration papillon et l’énoncé général ; la réciproque et la contraposée dans les deux configurations, avec l’ordre des points ; les longueurs inaccessibles, la rédaction type brevet et un peu d’histoire.
1

Rappels de 4e : triangles emboîtés et égalité des trois rapports

En 4ᵉ, le théorème de Thalès a été étudié dans des triangles emboîtés. Cette partie reprend tout ce qu’il faut en savoir ; la 3ᵉ ajoute la configuration papillon (cas 2) et la réciproque dans les deux configurations (cas 3).

Ce qu’il faut savoir La configuration des triangles emboîtés. ABC est un triangle, M est un point du segment [AB], N un point du segment [AC], et les droites (MN) et (BC) sont parallèles. Le petit triangle AMN est emboîté dans le grand triangle ABC : ils ont le sommet commun A.
Côtés correspondants. [AM] va avec [AB] et [AN] avec [AC] (ils sont sur la même droite) ; [MN] va avec [BC] (les côtés parallèles).
Théorème de Thalès. Si les droites (MN) et (BC) sont parallèles, alors AMAB=ANAC=MNBC : les longueurs des côtés du triangle AMN sont proportionnelles aux longueurs des côtés correspondants du triangle ABC.
Calculer une longueur. On écrit l’égalité des trois rapports, on remplace les longueurs connues, on garde les deux rapports qui contiennent la longueur cherchée et on fait un produit en croix : si ab=cd, alors d=b×ca.
Rapport de réduction. k=AMAB : toutes les longueurs du triangle AMN (côtés, périmètre, hauteurs) valent k fois les longueurs correspondantes du triangle ABC, et les angles sont conservés.
Longueurs à déduire. MB et NC ne sont les côtés d’aucun des deux triangles : si l’énoncé donne MB, on calcule d’abord AB=AM+MB.
Les milieux. Si M est le milieu de [AB] et si (MN)∥(BC), alors k=12 : N est le milieu de [AC] et MN=BC2.
ABCMN
Exemples

Dans le triangle PRS, T∈[PR], U∈[PS] et (TU)∥(RS). Le sommet commun est P : PTPR=PUPS=TURS.

La rédaction attendue. M∈[AB], N∈[AC] et (MN)∥(BC), avec AM=3,5 cm, MB=1,5 cm, AC=6 cm et BC=5,5 cm. On cherche AN et MN.
D’abord AB=AM+MB=3,5+1,5=5 cm.
Les points A, M, B sont alignés, ainsi que A, N, C, et les droites (MN) et (BC) sont parallèles. D’après le théorème de Thalès : AMAB=ANAC=MNBC, soit 3,55=AN6=MN5,5.
Donc AN=3,5×65=4,2 cm et MN=3,5×5,55=3,85 cm. Enfin NC=AC−AN=6−4,2=1,8 cm.

Le rapport de réduction. Ici k=3,5÷5=0,7. Le périmètre du triangle ABC vaut 5+6+5,5=16,5 cm, celui du triangle AMN vaut 3,5+4,2+3,85=11,55 cm, et l’on retrouve 0,7×16,5=11,55. Les angles AMN et ABC sont correspondants, donc égaux.

Les milieux. M est le milieu de [AB], (MN)∥(BC) et BC=13 cm : N est le milieu de [AC] et MN=13÷2=6,5 cm.

Réflexe — je repère le sommet commun, puis j’écris les trois rapports avec les lettres, en partant de ce sommet : côtés du triangle AMN en haut, côtés correspondants du triangle ABC en bas. Ensuite seulement, je remplace par les valeurs.

Attention — sans droites parallèles, pas de théorème de Thalès. AMMB n’est pas un rapport de Thalès (l’égalité AMMB=ANNC est vraie aussi, mais ce n’est pas celle du théorème), et un rapport comme AMBC mélange une sécante et un côté parallèle : il est faux. Toutes les longueurs doivent être dans la même unité avant le produit en croix.

1 / 4

2

La configuration papillon

Ce qu’il faut savoir La configuration papillon. Deux droites sont sécantes en A. Les points M, A, B sont alignés dans cet ordre, ainsi que les points N, A, C : le point A est entre M et B, et entre N et C. Les triangles AMN et ABC sont de part et d’autre de A : la figure ressemble à un nœud papillon.
Le théorème de Thalès (énoncé général). Soit deux droites (d) et (d′) sécantes en A ; B et M sont deux points de (d), C et N deux points de (d′), tous distincts de A. Si les droites (MN) et (BC) sont parallèles, alors AMAB=ANAC=MNBC.
Cet énoncé vaut pour les deux configurations : emboîtée ou papillon, l’égalité s’écrit de la même façon, avec des longueurs qui partent toutes du point A.
Côtés correspondants. M et B sont sur la même droite que A, N et C aussi : [AM] va avec [AB], [AN] avec [AC], et [MN] avec [BC].
Longueurs à déduire. En papillon, A est entre M et B : MB=MA+AB et NC=NA+AC.
BCMNA

Les angles MAN et BAC sont opposés par le sommet, donc égaux ; comme (MN)∥(BC), les angles alternes-internes AMN et ABC sont égaux eux aussi. Le triangle AMN est une réduction ou un agrandissement du triangle ABC : en papillon, l’un ou l’autre peut être le plus grand, et le rapport AMAB peut dépasser 1.

Exemples

La rédaction attendue. Les points M, A, B sont alignés dans cet ordre, ainsi que N, A, C, et (MN)∥(BC). On donne AM=3 cm, AB=7,5 cm, AC=11 cm et MN=2,6 cm.
Les droites (MB) et (NC) sont sécantes en A, et les droites (MN) et (BC) sont parallèles. D’après le théorème de Thalès : AMAB=ANAC=MNBC, soit 37,5=AN11=2,6BC.
Donc AN=3×117,5=4,4 cm et BC=7,5×2,63=6,5 cm.

Une longueur à déduire. Même configuration, avec MB=11,2 cm, AM=3,2 cm et AN=2,4 cm. D’abord AB=MB−AM=11,2−3,2=8 cm. Puis AMAB=ANAC donne AC=8×2,43,2=6 cm, et NC=NA+AC=2,4+6=8,4 cm.

Emboîtée ou papillon ?

Triangles emboîtésPapillon
Ordre des pointsA, M, B et A, N, CM, A, B et N, A, C
Le point Asommet commun, au bout des deux côtésentre M et B, entre N et C
Longueur à déduireAB = AM + MBMB = MA + AB
Égalité de ThalèsAM/AB = AN/AC = MN/BC dans les deux cas

Réflexe — je cherche le point où se coupent les deux droites : c’est A, le point de départ de toutes les longueurs. Puis je me demande « quels points se correspondent ? » : ceux qui sont sur la même droite issue de A.

Attention — en papillon, MB n’est pas AB−AM : c’est MA+AB, car A est entre M et B. Et le triangle AMN n’est pas toujours le plus petit : je contrôle mon résultat avec le rapport (si AMAB est plus grand que 1, MN est plus long que BC).

2 / 4

3

Réciproque et contraposée : les droites sont-elles parallèles ?

Ce qu’il faut savoir Réciproque du théorème de Thalès. Soit deux droites (d) et (d′) sécantes en A ; B et M sont deux points de (d), C et N deux points de (d′), tous distincts de A. Si AMAB=ANAC et si les points A, M, B et les points A, N, C sont dans le même ordre, alors les droites (MN) et (BC) sont parallèles.
« Dans le même ordre » : les deux en triangles emboîtés (M∈[AB] et N∈[AC]), ou les deux en papillon (A entre M et B, et entre N et C).
Contraposée du théorème de Thalès. Si AMAB≠ANAC, alors les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles : si elles l’étaient, le théorème de Thalès donnerait des rapports égaux.
Comparer deux rapports. On calcule AMAB et ANAC séparément (« d’une part… d’autre part… »), en valeurs exactes : nombres décimaux exacts, fractions irréductibles, ou produits en croix, car AMAB=ANAC revient à AM×AC=AB×AN. Jamais d’arrondi.
Exemples

Papillon, rapports égaux. Les points M, A, B sont alignés dans cet ordre, ainsi que N, A, C ; AM=2,1 cm, AB=3,5 cm, AN=2,7 cm et AC=4,5 cm.
D’une part, AMAB=2,13,5=0,6 ; d’autre part, ANAC=2,74,5=0,6.
Les rapports sont égaux et les points sont dans le même ordre : d’après la réciproque du théorème de Thalès, (MN)∥(BC).

Rapports différents. M∈[AB], N∈[AC], AM=4 cm, AB=9 cm, AN=5 cm et AC=11 cm. Les quotients ne tombent pas juste : on compare AM×AC=4×11=44 et AB×AN=9×5=45.
Les produits en croix sont différents, donc AMAB≠ANAC : d’après la contraposée du théorème de Thalès, les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.

Pourquoi l’ordre des points compte

ABCMNP

Sur la figure, M∈[AB] avec AM=2 cm et AB=5 cm, mais N est de l’autre côté de A que C, avec AN=3,2 cm et AC=8 cm. Les rapports sont égaux (2÷5=0,4 et 3,2÷8=0,4), et pourtant (MN) n’est pas parallèle à (BC) : la parallèle à (BC) passant par M coupe la droite (AC) en un seul point, le point P de [AC] tel que AP=3,2 cm, et non en N. Les points ne sont pas dans le même ordre (A, M, B d’un côté, N, A, C de l’autre) : la réciproque ne s’applique pas.

Les milieux. Si M est le milieu de [AB] et N le milieu de [AC], alors AMAB=ANAC=12 et les points sont dans le même ordre : d’après la réciproque, (MN)∥(BC).

On sait…On utilise…On conclut…
(MN) // (BC)le théorème de Thalèsune longueur
AM/AB = AN/AC, points dans le même ordrela réciproque(MN) // (BC)
AM/AB ≠ AN/ACla contraposée(MN) et (BC) ne sont pas parallèles

Réflexe — pour prouver un parallélisme, je vérifie d’abord l’ordre des points, puis je compare AMAB et ANAC en valeurs exactes : égaux, j’utilise la réciproque ; différents, la contraposée.

Attention — le rapport MNBC ne sert pas : on ne sait pas encore que les droites sont parallèles. Et des valeurs approchées égales ne prouvent rien : 23≈0,67 et 67100=0,67, pourtant 23≠67100.

3 / 4

4

Thalès dans une situation : longueurs inaccessibles

Ce qu’il faut savoir Le théorème de Thalès sert à calculer des longueurs qu’on ne peut pas mesurer directement : la largeur d’une rivière, la distance entre deux bouées, la hauteur d’un lampadaire ou d’une falaise, la taille d’une ombre projetée.
Dans la situation, je cherche le point commun aux deux droites (l’œil d’un observateur, une lampe, le bout des ombres, le croisement de deux pieds), puis les deux parallèles : deux verticales (deux droites perpendiculaires au même sol sont parallèles), deux rayons du soleil, deux bords parallèles, deux horizontales.
La rédaction type brevet. ① les points alignés, et dans quel ordre ; ② les droites parallèles, avec leur justification ; ③ « d’après le théorème de Thalès » et l’égalité des trois rapports ; ④ le calcul, avec la valeur exacte puis l’arrondi demandé ; ⑤ une phrase de réponse, avec l’unité.
BCMNA12 m10 m54 m?
Exemples

Deux bouées sur un étang (papillon). On veut la distance entre deux bouées B et C. Sur la rive, on choisit un point A, puis on plante deux piquets M et N de façon que M, A, B soient alignés dans cet ordre, ainsi que N, A, C, et que (MN)∥(BC). On mesure AM=12 m et MN=10 m ; un plan donne AB=54 m.
D’après le théorème de Thalès : AMAB=ANAC=MNBC, soit 1254=10BC, donc BC=54×1012=45 m. Les deux bouées sont à 45 m l’une de l’autre.

L’échelle et le piquet (triangles emboîtés). Une échelle [AC] est appuyée contre un mur vertical : son pied A est à 1,6 m du pied B du mur, et elle touche le mur en C, à 4 m de haut. Un piquet vertical [MN] de 1,5 m, planté en M sur [AB], touche l’échelle en N.
Le piquet et le mur sont perpendiculaires au sol, donc parallèles ; M∈[AB] et N∈[AC]. D’après le théorème de Thalès : AMAB=ANAC=MNBC, soit AM1,6=1,54, donc AM=1,6×1,54=0,6 m. Le piquet est planté à 0,6 m du pied de l’échelle.

Un peu d’histoire. Thalès de Milet est un savant grec du VIᵉ siècle avant J.-C. D’après Diogène Laërce, qui cite Hiéronymos de Rhodes, il aurait mesuré la hauteur des pyramides d’Égypte en attendant le moment où son ombre était égale à sa taille ; Plutarque en donne une version plus romancée, avec un bâton planté au bout de l’ombre de la pyramide. Aucun texte ancien ne lui attribue pourtant le théorème. Ce nom n’est d’ailleurs pas utilisé partout : en Allemagne, on parle du Strahlensatz (« théorème des demi-droites »), dans les pays de langue anglaise de l’intercept theorem, et le « théorème de Thalès » y désigne souvent une autre propriété : un triangle inscrit dans un cercle dont un côté est un diamètre est rectangle.

Réflexe — je fais un schéma, j’y place les lettres de l’énoncé, je repère le point commun et les deux parallèles, puis je décide : emboîtés ou papillon ?

Attention — toutes les longueurs dans la même unité, l’arrondi seulement à la fin, et un résultat plausible : deux bouées à 45 m, pas à 4,5 m.

4 / 4

+

Pour aller plus loin

Liens — Dans un agrandissement ou une réduction de rapport k, les longueurs sont multipliées par k, les aires par k² et les volumes par k³ : avec k = 0,4, une aire est multipliée par 0,16. Voir Homothétie : agrandissement et réduction. Deux triangles aux angles égaux et aux côtés proportionnels sont semblables : voir Triangles semblables. Choisir entre Pythagore, Thalès et la trigonométrie dans un problème : voir Synthèse : Pythagore, Thalès ou trigonométrie ?

Thalès et la proportionnalité — la représentation graphique d’une fonction linéaire est une droite qui passe par l’origine. Pour deux points de cette droite, les triangles formés avec l’origine et l’axe des abscisses sont emboîtés, avec deux côtés verticaux parallèles : le théorème de Thalès explique pourquoi le quotient y ÷ x est toujours le même. Voir Fonctions linéaires et affines.

À retenir
  • Théorème de Thalès : deux droites sécantes en A portent B et M d’une part, C et N d’autre part ; si (MN) // (BC), alors AM/AB = AN/AC = MN/BC.
  • Triangles emboîtés : M ∈ [AB] et N ∈ [AC], AB = AM + MB. Papillon : A est entre M et B et entre N et C, MB = MA + AB. L’égalité est la même.
  • Calculer une longueur : alignements, parallèles, « d’après le théorème de Thalès », égalité des trois rapports, produit en croix avec les deux rapports utiles, unité.
  • Rapport k = AM/AB : les longueurs (côtés, périmètre) sont multipliées par k et les angles conservés ; M milieu de [AB] et (MN) // (BC) donnent MN = BC/2.
  • Réciproque : si AM/AB = AN/AC et si les points sont dans le même ordre, alors (MN) // (BC). Contraposée : si AM/AB ≠ AN/AC, les droites ne sont pas parallèles.
  • On compare des valeurs exactes (décimaux exacts, fractions, produits en croix), jamais des arrondis ; MN/BC ne sert pas pour la réciproque.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la configuration papillon du théorème de Thalès ?

Deux droites se coupent en A ; les points M, A, B sont alignés dans cet ordre, ainsi que N, A, C : A est entre M et B, et entre N et C, et les triangles AMN et ABC sont de part et d’autre de A. Si (MN) et (BC) sont parallèles, on a encore AM/AB = AN/AC = MN/BC, avec des longueurs qui partent toutes de A.

Comment écrire l’égalité du théorème de Thalès dans des triangles emboîtés ?

On part du sommet commun A : AM/AB = AN/AC = MN/BC, avec les côtés du petit triangle AMN en haut et les côtés correspondants du grand triangle ABC en bas. Le côté [MN] va avec le côté parallèle [BC]. Les longueurs MB et NC n’apparaissent jamais dans les rapports.

Comment calculer une longueur avec le théorème de Thalès ?

On cite les alignements et les droites parallèles, on écrit l’égalité des trois rapports, puis on garde les deux rapports utiles et on fait un produit en croix. Avec AM = 2,5 cm, AB = 10 cm et BC = 6 cm : 2,5/10 = MN/6, donc MN = 2,5 × 6 ÷ 10 = 1,5 cm.

Comment démontrer que deux droites sont parallèles, ou qu’elles ne le sont pas ?

On vérifie que les points A, M, B et A, N, C sont dans le même ordre, puis on compare AM/AB et AN/AC en valeurs exactes (ou les produits en croix AM × AC et AB × AN). Égaux : d’après la réciproque du théorème de Thalès, (MN) // (BC). Différents : d’après la contraposée, les droites ne sont pas parallèles.

Comment mesurer une longueur inaccessible avec le théorème de Thalès ?

On repère le point commun (l’œil, une lampe, le bout des ombres) et deux droites parallèles (deux verticales, des rayons du soleil, deux rives). Par exemple, un bâton de 1 m dont l’ombre de 1,25 m se termine au même point que l’ombre d’un mât, longue de 7,5 m : 1,25/7,5 = 1/h, donc le mât mesure 7,5 × 1 ÷ 1,25 = 6 m.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au collège · Aide aux devoirs