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Probabilités : expériences à deux épreuves
Rappels de 5e et de 4e (issues, équiprobabilité, événement contraire, événements « et », « ou » et incompatibles, issues non équiprobables), fréquence et probabilité avec la simulation d’un grand nombre d’expériences, expériences à deux épreuves avec le tableau à double entrée et, en complément, l’arbre avec ou sans remise.
À propos de cette page
Rappels de 5ᵉ et de 4ᵉ : calculer une probabilité
Ce chapitre reprend tout ce qui a été vu en 5ᵉ et en 4ᵉ sur le hasard, avec de nouveaux exemples, puis le prolonge : simulation d’un grand nombre d’expériences et expériences à deux épreuves.
Un événement est formé d’issues, les issues favorables ; il est réalisé quand l’issue obtenue en fait partie. Il est certain si toutes les issues le réalisent, impossible si aucune ne le réalise.
La probabilité d’un événement , notée , est un nombre compris entre 0 (impossible) et 1 (certain), écrit en fraction, en décimal ou en pourcentage. La somme des probabilités de toutes les issues vaut 1.
Équiprobabilité : quand toutes les issues ont la même probabilité (dé ou pièce équilibrés, tirage au hasard d’objets indiscernables au toucher, roue à secteurs égaux),
.
L’événement contraire de , noté (« non »), est réalisé exactement quand ne l’est pas : .
On lance un dé équilibré à 20 faces numérotées de 1 à 20 : 20 issues de même probabilité. L’événement « obtenir un multiple de 6 » est formé des issues 6, 12 et 18 : . Son contraire, « ne pas obtenir un multiple de 6 », a pour probabilité .
Une urne contient 25 boules indiscernables au toucher : 9 rouges, 10 vertes et 6 blanches. ; .
La probabilité qu’il pleuve demain est annoncée à 0,35 : la probabilité qu’il ne pleuve pas est , soit 65 %.
Un sac contient 36 billes et : les billes jaunes sont les des 36 billes, soit billes jaunes.
Passer par le contraire
Devant « ne pas… », « aucun… », ou quand les issues favorables sont nombreuses, on calcule la probabilité du contraire. Avec le dé à 20 faces, « obtenir au moins 5 » a pour contraire « obtenir au plus 4 » (issues 1, 2, 3 et 4) : .
Réflexe — je vérifie que les issues ont la même probabilité, je compte les issues favorables et le nombre total d’issues, puis je simplifie ; devant « ne pas » ou « aucun », je calcule le contraire et je fais 1 moins sa probabilité.
Attention — le dénominateur est le nombre total d’issues : 9 boules rouges sur 25, c’est , pas (9 rouges contre 16 autres). Le contraire de « au moins 5 » est « au plus 4 », pas « au plus 5 ». Une probabilité négative ou supérieure à 1 cache une erreur.
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Événements « et », « ou » et événements incompatibles
• L’événement « et » est réalisé quand et sont réalisés tous les deux : il est formé des issues communes.
• L’événement « ou » est réalisé quand au moins l’un des deux l’est, les deux à la fois compris.
• et sont incompatibles s’ils ne peuvent pas se réaliser en même temps : ils n’ont aucune issue commune. Alors .
• S’ils ne sont pas incompatibles, on compte les issues de « ou » en ne comptant qu’une fois les issues communes.
Une urne contient 20 boules : 4 noires, 6 blanches et 10 grises. « Tirer une noire » et « tirer une grise » sont incompatibles : .
Un jeu de 52 cartes compte 4 couleurs de 13 cartes (as, 2 à 10, valet, dame, roi) ; cœur et carreau sont rouges, pique et trèfle sont noirs. « Tirer une carte rouge » (26 cartes) et « tirer une figure » (valet, dame ou roi : 12 cartes) ont 6 cartes communes, les figures rouges. , soit , et non .
Deux événements de probabilités 0,3 et 0,8 ne peuvent pas être incompatibles : sinon, on aurait , plus que 1.
Lire un tableau d’effectifs
Une bibliothèque de classe contient 80 livres. On en choisit un au hasard.
| En français | En langue étrangère | Total | |
|---|---|---|---|
| Romans | 25 | 15 | 40 |
| BD | 30 | 10 | 40 |
| Total | 55 | 25 | 80 |
; « BD et en langue étrangère » se lit dans une seule case : .
« Roman ou en français » : les 40 romans et les 30 BD en français, soit ; les 25 romans en français ne sont comptés qu’une fois. Son contraire, « ni roman ni en français », est « BD en langue étrangère » : .
Une formule pour « ou » (complément)
En comptant les issues de « ou », on ajoute celles de et celles de , puis on retire les issues communes, comptées deux fois : . Avec les cartes : , soit . Cette formule figure dans le nouveau programme de 3ᵉ, appliqué à la rentrée 2028 ; compter les issues reste toujours possible.
Réflexe — je cherche une issue commune : aucune, les événements sont incompatibles et j’additionne ; au moins une, je compte les issues de « ou » sans compter deux fois les issues communes.
Attention — en mathématiques, « ou » n’exclut pas les deux à la fois : le roi de cœur réalise « rouge ou figure ». Deux événements contraires sont toujours incompatibles, mais deux événements incompatibles ne sont pas toujours contraires : « noire » et « grise » laissent de côté les boules blanches.
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Issues non équiprobables, fréquence et simulation
On répète fois une expérience : la fréquence d’un événement est . Elle change d’une série d’essais à l’autre (fluctuation) ; quand devient très grand, elle se stabilise autour de la probabilité (loi des grands nombres). On estime ainsi une probabilité qu’on ne sait pas calculer, et sur essais on s’attend à environ réalisations.
Simuler une expérience, c’est faire produire les résultats au hasard par une machine pour la répéter des milliers de fois : au tableur, =ALEA.ENTRE.BORNES(1;6) donne un entier au hasard de 1 à 6, comme un dé équilibré ; avec Scratch, le bloc « nombre aléatoire entre 1 et 6 » fait de même.
Sur la roue ci-dessus : ; ; . Contrôle : . Trois secteurs, mais pas chacun.
Un dé truqué lancé 400 fois donne 130 fois le 6 : fréquence . On estime à environ 0,325 ; sur 1 000 lancers, on peut s’attendre à environ fois le 6.
Une simulation au tableur
Lina simule un dé équilibré avec =ALEA.ENTRE.BORNES(1;6) et compte les 6 obtenus.
| Nombre de lancers | 10 | 100 | 1 000 | 10 000 |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de 6 | 3 | 21 | 159 | 1 659 |
| Fréquence du 6 | 0,3 | 0,21 | 0,159 | 0,165 9 |
Sur 10 ou 100 lancers, la fréquence fluctue beaucoup ; sur 10 000 lancers, elle est très proche de . Une autre simulation de 10 lancers donnerait sans doute une autre fréquence.
Avec une pièce équilibrée, après cinq « pile » de suite, la probabilité d’obtenir « face » au lancer suivant est toujours : le hasard n’a pas de mémoire.
Réflexe — je me demande d’abord si les issues ont la même probabilité ; sinon, j’additionne les probabilités des issues. Une fréquence ne sert d’estimation de la probabilité que sur un grand nombre d’essais, réels ou simulés.
Attention — une fréquence calculée sur 10 essais n’est pas une probabilité : la simulation de Lina a donné 0,3. Un nombre attendu (environ 325 fois) est un ordre de grandeur, pas un résultat garanti.
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Expériences à deux épreuves : le tableau à double entrée
Le tableau à double entrée range toutes les issues : une ligne par résultat de la première épreuve, une colonne par résultat de la seconde. Avec 6 résultats puis 6 résultats, il y a 6 × 6 = 36 cases, donc 36 issues.
Si chaque épreuve est équiprobable et que la première ne change rien à la seconde, toutes les cases ont la même probabilité :
.
Quand une épreuve consiste à tirer un objet parmi plusieurs objets de même couleur, on les numérote (R1, R2, V1…) : chaque objet a alors sa ligne ou sa colonne, et les cases gardent la même probabilité.
Pour « au moins un… », on compte souvent les cases du contraire, « aucun… ».
On lance deux dés équilibrés à 6 faces, un rouge et un bleu, et l’on note le plus grand des deux nombres (le nombre commun pour un double). Dans le tableau, les lignes donnent le dé rouge et les colonnes le dé bleu.
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| 2 | 2 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| 3 | 3 | 3 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| 4 | 4 | 4 | 4 | 4 | 5 | 6 |
| 5 | 5 | 5 | 5 | 5 | 5 | 6 |
| 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 | 6 |
« Le plus grand nombre est 6 » : la dernière ligne et la dernière colonne, soit cases (la case (6 ; 6) n’est comptée qu’une fois). .
Le même événement s’écrit « obtenir au moins un 6 ». Son contraire, « aucun 6 », occupe un carré de cases : , on retrouve le même résultat.
« Le plus grand nombre vaut au plus 3 » : le carré de cases en haut à gauche, . « Obtenir un double » : la diagonale, .
L’ordre compte : l’erreur de d’Alembert
On lance deux fois une pièce équilibrée. Le tableau a cases : (P ; P), (P ; F), (F ; P) et (F ; F). « Obtenir une fois pile et une fois face » correspond à deux cases, (P ; F) et (F ; P) : , et non . « Obtenir au moins une fois face » : 3 cases sur 4, soit .
En 1754, dans l’article « Croix ou pile » de l’Encyclopédie, le mathématicien d’Alembert a soutenu que la probabilité d’amener « croix » (l’une des faces) au moins une fois en deux lancers valait : il ne comptait que trois cas (croix au premier lancer ; pile puis croix ; pile puis pile), qui n’ont pas la même probabilité. Avec les quatre couples équiprobables, on trouve .
Réflexe — je dessine le tableau (lignes : première épreuve, colonnes : seconde), je vérifie que les cases ont la même probabilité, puis je compte les cases favorables ; pour « au moins un », je compte les cases du contraire.
Attention — (2 ; 5) et (5 ; 2) sont deux issues différentes : les regrouper donne des issues qui n’ont plus la même probabilité, comme chez d’Alembert. Le nombre d’issues est un produit (), pas une somme ().
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Deux épreuves : l’arbre, avec ou sans remise (complément)
Complément (hors programme de 3ᵉ) — le programme de 3ᵉ fait traiter les expériences à deux épreuves avec un tableau à double entrée ; l’arbre de probabilités n’y figure pas. Il est pourtant très pratique, en particulier pour les tirages sans remise, et on le retrouve au lycée.
Sur un arbre pondéré, chaque branche porte une probabilité ; les branches qui partent d’un même point ont une somme égale à 1.
La probabilité d’un chemin est le produit des probabilités de ses branches ; celle d’un événement formé de plusieurs chemins est la somme des probabilités de ces chemins.
Avec remise, on remet le premier objet : la seconde épreuve est identique à la première. Sans remise, il reste un objet de moins : les probabilités de la seconde épreuve dépendent du premier tirage.
Une urne contient 5 boules indiscernables au toucher : 4 bleues (B) et 1 rouge (R). On tire une boule, on note sa couleur, on la remet, puis on en tire une seconde.
Avec remise : . « Une boule de chaque couleur » est formé de deux chemins : . Contrôle : .
Sans remise : si la première boule est bleue, il reste 4 boules dont 3 bleues. .
Même résultat sans arbre, en comptant les couples : on numérote les boules ; sans remise, il y a couples possibles (une boule ne sort pas deux fois), dont formés de deux bleues : .
Réflexe — j’écris sur chaque branche sa probabilité en me demandant combien d’objets il reste ; je multiplie le long d’un chemin, puis j’additionne les chemins qui réalisent l’événement.
Attention — sans remise, la seconde branche change : et non . Et l’on ne multiplie pas deux chemins entre eux : on additionne leurs probabilités.
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Pour aller plus loin
Liens — les bases vues en 4ᵉ : Probabilités : événement contraire et issues non équiprobables (4e). Effectifs, fréquences et indicateurs d’une série : Statistiques : médiane, étendue et histogrammes.
Pour aller plus loin — le même raisonnement s’étend à trois épreuves : trois lancers d’une pièce donnent issues. Au lycée, l’arbre pondéré sert à calculer des probabilités qui dépendent d’une première information (probabilités conditionnelles).
- En équiprobabilité, P(A) = nombre d’issues favorables ÷ nombre total d’issues ; une probabilité est comprise entre 0 et 1, et P(Ā) = 1 − P(A).
- « A ou B » : au moins l’un des deux. Si A et B sont incompatibles (aucune issue commune), P(A ou B) = P(A) + P(B) ; sinon, on ne compte qu’une fois les issues communes.
- Sans équiprobabilité, on additionne les probabilités des issues, dont la somme vaut 1 ; sur un très grand nombre d’essais, réels ou simulés, la fréquence se stabilise autour de la probabilité.
- Deux épreuves : le tableau à double entrée a une case par couple ; le nombre d’issues est un produit, et (2 ; 5) et (5 ; 2) sont deux issues différentes.
- Complément : sur un arbre, on multiplie les probabilités le long d’un chemin et on additionne les chemins ; sans remise, la seconde épreuve change.
Questions fréquentes
Comment calculer une probabilité en 3e ?
Quand toutes les issues ont la même probabilité, P(A) = nombre d’issues favorables ÷ nombre total d’issues. Avec un dé équilibré à 6 faces, P(obtenir un multiple de 3) = 2/6 = 1/3. Pour « ne pas », on utilise le contraire : P(Ā) = 1 − P(A).
Que veut dire « deux événements incompatibles » ?
Ils ne peuvent pas se réaliser en même temps : ils n’ont aucune issue commune. On peut alors additionner leurs probabilités : avec un dé, P(obtenir 5 ou un nombre pair) = 1/6 + 3/6 = 4/6 = 2/3. S’ils ont des issues communes, on ne les compte qu’une fois.
Quel est le lien entre fréquence et probabilité ?
Quand on répète une expérience un très grand nombre de fois, réellement ou par une simulation au tableur ou avec Scratch, la fréquence d’un événement se stabilise autour de sa probabilité. Sur peu d’essais, elle fluctue : une fréquence de 0,3 sur 10 lancers ne prouve rien.
Comment utiliser un tableau à double entrée pour deux dés ?
On met les résultats du premier dé en lignes et ceux du second en colonnes : 6 × 6 = 36 cases, toutes de même probabilité. On compte les cases favorables : la somme vaut 7 dans 6 cases, donc P(somme = 7) = 6/36 = 1/6.
À quoi sert un arbre de probabilités ?
Hors programme de 3e, il représente deux épreuves successives. On multiplie les probabilités le long d’un chemin et on additionne les chemins qui conviennent. Sans remise, la seconde épreuve change : avec 3 rouges et 3 bleues, P(deux rouges) = 3/6 × 2/5 = 6/30 = 1/5.
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