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Calcul littéral : double distributivité et identités remarquables
Rappels de 4ᵉ (somme ou produit, distributivité simple, signe − devant une parenthèse, réduire, valeur d’une expression), double distributivité (a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd, identités remarquables (a + b)², (a − b)² et (a + b)(a − b) = a² − b², et leurs usages : calcul mental, programmes de calcul, prouver qu’une égalité est toujours vraie ou la réfuter, problèmes d’aires.
À propos de cette page
Rappels de 4ᵉ : distributivité simple, signe −, réduire
Ce chapitre prolonge la 4ᵉ : avant de multiplier deux parenthèses entre elles, on reprend tout ce qui a été vu sur les expressions littérales.
Conventions : ; ; ; ; . Attention : , à ne pas confondre avec .
Distributivité simple : pour tous nombres relatifs , et , et . Transformer un produit en somme, c’est développer.
Signe − devant une parenthèse : et ; on supprime la parenthèse en changeant le signe de chaque terme.
Réduire, c’est regrouper les termes semblables (même partie littérale : les ensemble, les ensemble, les nombres seuls ensemble) en ajoutant leurs coefficients.
| Expression | Nature | Pourquoi |
|---|---|---|
| produit | on multiplie en dernier ; facteurs et | |
| différence | on soustrait en dernier ; termes et | |
| produit | deux facteurs entre parenthèses | |
| somme | trois termes : , et |
Réduire, puis calculer une valeur
(termes en : ; termes en : ; nombre seul : )
(le facteur multiplie et )
Valeur de pour : on remplace par .
, donc vaut ; vaut .
La valeur est .
Réflexe — je remets les signes × cachés, je multiplie chaque terme de la parenthèse par le facteur, avec son signe, puis je regroupe les termes en , les termes en et les nombres seuls.
Attention — ne se réduit pas en : et ne sont pas semblables ; de même, est déjà réduite. Ne pas confondre (un produit) et (une somme). Pour , on écrit , avec les parenthèses ; et vaut : le carré se calcule avant le signe −.
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Développer avec la double distributivité
.
Chaque terme de la première parenthèse multiplie chaque terme de la seconde : produits, que l’on additionne, puis on réduit.
Une différence se lit comme une somme : . Chaque produit prend donc le signe donné par la règle des signes.
Pourquoi ça marche ? On applique deux fois la distributivité simple, avec le facteur :
.
Avec des longueurs, c’est une aire : le rectangle de côtés et se découpe en quatre rectangles, d’aires , , et .
(moins par moins donne plus : )
Un nombre ou un signe − devant le produit
On développe d’abord le produit des deux parenthèses et on garde le résultat entre parenthèses ; ensuite seulement, on multiplie par le nombre ou on change tous les signes.
Somme ou différence de deux produits
Réflexe — je trace quatre flèches (le premier terme vers chacun des deux termes de l’autre parenthèse, puis le second terme), j’écris les 4 produits avec leur signe, puis je réduis.
Attention — : on n’oublie pas les deux produits du milieu. Et quand un signe − précède le produit, on garde des parenthèses autour du développement : le signe − change tous les signes, pas seulement le premier.
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Les trois identités remarquables
carré d’une somme : ;
carré d’une différence : ;
produit d’une somme par une différence : .
Le terme s’appelle le double produit. Ces trois égalités, vraies pour tous les nombres, sont les identités remarquables : elles donnent directement le résultat sans écrire les quatre produits.
D’où viennent-elles ? Ce sont des doubles distributivités :
: les deux produits du milieu s’annulent.
Programme. Dans le programme de 3ᵉ en vigueur, la seule identité exigible est , surtout pour factoriser. Les deux carrés se développent aussi par double distributivité ; leurs formules font gagner du temps et figurent dans le nouveau programme de 3ᵉ (rentrée 2028).
: et .
: et .
(deux identités à la suite ; )
Avec un nombre ou un signe − devant
Le nombre placé devant ne rentre pas dans le carré : on développe d’abord le carré, entre parenthèses.
Réflexe — je reconnais la forme, j’écris qui est et qui est , puis , et en gardant les parenthèses : .
Attention — : on n’oublie jamais le double produit. Contrôle avec : , alors que . Dans , le dernier terme est toujours précédé de ; et vaut , pas .
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Développer pour calculer, prouver et résoudre des problèmes
Identité : une égalité vraie pour toutes les valeurs des lettres. Pour prouver qu’une égalité est toujours vraie, je développe et je réduis chaque membre jusqu’à obtenir la même expression. Pour prouver qu’elle est fausse, un seul contre-exemple suffit : une valeur pour laquelle les deux membres sont différents. Un essai qui marche ne prouve rien.
Programme de calcul, aire, périmètre : je traduis l’énoncé par une expression qui contient une lettre, je développe et je réduis, puis je conclus par une phrase.
Prouver ou réfuter une égalité
A-t-on pour tout ?
Membre de gauche :
.
Membre de droite :
.
On obtient la même expression : l’égalité est vraie pour tout , c’est une identité.
A-t-on pour tout ?
Pour : à gauche ; à droite .
Les deux membres diffèrent : est un contre-exemple, l’égalité est fausse. Pour , les deux membres valent : cet essai-là ne prouvait rien.
Programmes de calcul et nombres entiers
Programme : « Choisir un nombre ; calculer le carré du nombre qui le suit ; soustraire le carré du nombre qui le précède. »
Avec :
.
Le résultat est toujours le quadruple du nombre choisi.
Pour tout entier , : le produit des deux entiers qui encadrent vaut . Par exemple, .
Rappel de 4ᵉ : un nombre pair s’écrit et un nombre impair ( entier). Pour démontrer une propriété de tous les nombres impairs, on calcule avec .
| Je veux… | Je fais… |
|---|---|
| calculer de tête un carré ou un produit proche d’un nombre rond | une identité remarquable |
| montrer qu’une égalité est vraie pour tout | développer et réduire chaque membre |
| montrer qu’une égalité est fausse | chercher un contre-exemple |
| exprimer une aire ou le résultat d’un programme | écrire le produit, puis développer et réduire |
Réflexe — pour prouver « pour tout », je développe et je réduis ; pour réfuter, je cherche une valeur simple (, , , …) qui donne deux résultats différents.
Attention — tester trois ou quatre nombres ne prouve pas une identité. Pour tester, je calcule chaque membre séparément, sans le transformer. Et dans un programme, « soustraire le carré du nombre qui le précède » s’écrit : la parenthèse garde tous les signes.
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Pour aller plus loin
Ensuite — lire les identités de droite à gauche, c’est factoriser : ; on factorise aussi par un facteur commun, même quand c’est une parenthèse. Voir Calcul littéral : factoriser.
Factoriser sert à résoudre une équation comme : voir Équations : produit nul et x² = a.
- Une expression porte le nom de sa dernière opération. Développer, c’est transformer un produit en somme : k(a + b) = ka + kb ; un signe − devant une parenthèse change le signe de chaque terme.
- Double distributivité : (a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd. On écrit les 4 produits avec leur signe, puis on réduit.
- Identités remarquables : (a + b)² = a² + 2ab + b² ; (a − b)² = a² − 2ab + b² ; (a + b)(a − b) = a² − b².
- (a + b)² n’est pas égal à a² + b² : le double produit 2ab ne disparaît jamais.
- Pour prouver qu’une égalité est vraie pour tout x, on développe et on réduit ; un seul contre-exemple prouve qu’elle est fausse.
Questions fréquentes
Comment développer une expression comme 3(2x − 5) ou −(x − 4) ?
Le facteur multiplie chaque terme de la parenthèse, avec son signe : 3(2x − 5) = 6x − 15. Un signe − devant une parenthèse change le signe de chaque terme : −(x − 4) = −x + 4. On réduit ensuite en regroupant les termes semblables.
Comment utiliser la double distributivité ?
(a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd : chaque terme de la première parenthèse multiplie chaque terme de la seconde, ce qui donne 4 produits, puis on réduit. Par exemple, (x + 2)(x + 9) = x² + 9x + 2x + 18 = x² + 11x + 18.
Quelles sont les trois identités remarquables ?
(a + b)² = a² + 2ab + b², (a − b)² = a² − 2ab + b² et (a + b)(a − b) = a² − b². Par exemple, (x + 6)² = x² + 12x + 36 et (x + 10)(x − 10) = x² − 100.
Pourquoi (a + b)² n’est-il pas égal à a² + b² ?
Parce que (a + b)² = (a + b)(a + b) : la double distributivité donne quatre produits, a², ab, ba et b², soit a² + 2ab + b². Le double produit 2ab ne disparaît pas. Avec a = 3 et b = 4 : (3 + 4)² = 49, alors que 3² + 4² = 25.
Comment prouver qu’une égalité est vraie pour tous les nombres ?
On développe et on réduit jusqu’à obtenir la même expression des deux côtés. Par exemple, (n + 1)² − n² = n² + 2n + 1 − n² = 2n + 1 pour tout n. Essayer quelques valeurs ne prouve rien ; en revanche, une seule valeur pour laquelle les deux membres diffèrent, un contre-exemple, prouve que l’égalité est fausse.
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