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Géographie · Classe de 3ᵉ

Aménager le territoire en France

Politiques d'aménagement et acteurs du territoire national

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Aménager le territoire en France » en troisième permet de faire le point sur ses connaissances en géographie, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de troisième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Qu'est-ce qu'aménager le territoire ?, Les inégalités territoriales en France, L'État et la naissance de la politique d'aménagement, La décentralisation : de nouveaux acteurs territoriaux. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième en géographie.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Définir et identifier

/ 4 pts
  1. Donnez la définition de l'aménagement du territoire. (1 pt)
  2. Citez deux grandes inégalités territoriales qui existent en France et justifiez chacune. (2 pts)
  3. Qu'est-ce que la décentralisation ? En quelle année les premières grandes lois ont-elles été adoptées ? (1 pt)

Exercice 2 — Les acteurs de l'aménagement

/ 5 pts
  1. Complétez le tableau suivant en indiquant pour chaque acteur un exemple de compétence en matière d'aménagement : État / Région / Commune ou intercommunalité / Union européenne. (4 pts)
  2. Expliquez en deux phrases pourquoi l'Union européenne intervient dans l'aménagement du territoire français. (1 pt)

Exercice 3 — Étude de cas : un territoire en difficulté

/ 5 pts
  1. À partir de vos connaissances, décrivez la situation d'un territoire français en difficulté de votre choix (zone rurale, ancien bassin industriel, banlieue défavorisée…). Précisez sa localisation, ses difficultés et les politiques d'aménagement mises en œuvre pour y remédier. (5 pts)

Exercice 4 — Développement durable et aménagement

/ 4 pts
  1. Qu'est-ce qu'un éco-quartier ? Citez un exemple précis en France. (2 pts)
  2. En quoi l'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) d'ici 2050 représente-t-il un changement de logique dans la politique d'aménagement ? (2 pts)

Exercice 5 — Raisonnement géographique

/ 2 pts
  1. À votre avis, peut-on vraiment concilier le renforcement des métropoles (pour être compétitif à l'échelle mondiale) et la lutte contre les inégalités territoriales en France ? Développez votre argumentation en une dizaine de lignes en vous appuyant sur des exemples précis. (2 pts)
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Définir et identifier
1. Définition de l'aménagement du territoire (1 pt)
L'aménagement du territoire désigne l'ensemble des actions volontaires menées par les pouvoirs publics (État, collectivités territoriales) pour organiser l'espace national, réduire les inégalités entre les régions et améliorer les conditions de vie des habitants afin de favoriser un développement équilibré.

2. Deux grandes inégalités territoriales en France (2 pts — 1 pt par inégalité justifiée)

  • L'hypertrophie parisienne : l'Île-de-France concentre environ 30 % du PIB français pour seulement 18 % de la population. Paris est une métropole mondiale qui attire sièges sociaux, emplois qualifiés et fonctions de commandement, au détriment du reste du territoire.
  • Les territoires ruraux en marge : les zones rurales isolées souffrent de la fermeture progressive des services publics (hôpitaux, tribunaux, gares) et de l'essor des déserts médicaux. Plus de 5 millions de Français n'ont pas accès à un médecin généraliste proche.
  • Les anciens bassins industriels : le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine ont subi une désindustrialisation massive (fermeture des mines et de la sidérurgie) qui a engendré un chômage structurel élevé et des friches industrielles.
  • Les banlieues défavorisées : certains quartiers urbains (QPV) cumulent chômage, pauvreté et enclavement, notamment en Île-de-France et dans les grandes agglomérations.
Toute combinaison de deux inégalités clairement justifiées est acceptée.

3. La décentralisation — définition et date (1 pt)
La décentralisation est le transfert de compétences de l'État vers des collectivités territoriales élues (régions, départements, communes), qui peuvent ainsi gérer elles-mêmes certains aspects de l'aménagement de leur territoire. Les premières grandes lois de décentralisation ont été adoptées en 1982-1983 (lois Defferre, sous François Mitterrand).

Exercice 2 — Les acteurs de l'aménagement
1. Tableau des acteurs et de leurs compétences (4 pts — 1 pt par acteur)

ActeurExemple de compétence en matière d'aménagement
ÉtatConstruction du réseau autoroutier et des lignes à grande vitesse (TGV) ; programme ANRU pour la rénovation urbaine ; création des villes nouvelles ; politique des Zones de Revitalisation Rurale (ZRR).
RégionÉlaboration du SRADDET (schéma régional d'aménagement) ; gestion des lycées ; financement des transports régionaux (TER) ; formation professionnelle.
Commune / IntercommunalitéÉlaboration du Plan Local d'Urbanisme (PLU) qui réglemente l'usage des sols ; gestion des écoles ; voirie communale ; eau et assainissement ; espaces verts.
Union européenneFinancement des infrastructures, de l'innovation et de l'environnement via le FEDER ; soutien à l'emploi et à la formation via le FSE ; aide au développement rural via le FEADER.

2. Pourquoi l'UE intervient dans l'aménagement du territoire français (1 pt)
L'Union européenne intervient parce qu'elle mène une politique de cohésion visant à réduire les inégalités de développement entre les régions européennes. Certaines régions françaises, notamment les DOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Mayotte), ont un PIB par habitant inférieur à 75 % de la moyenne européenne et sont classées « régions moins développées » : elles reçoivent davantage de fonds structurels (FEDER, FSE) pour financer des infrastructures, des emplois et le développement numérique.

Exercice 3 — Étude de cas : un territoire en difficulté
La réponse doit comporter : une localisation précise, une description des difficultés, et les politiques mises en œuvre. Trois exemples développés sont présentés ci-dessous. Tout territoire cohérent, bien localisé et justifié est accepté.

Exemple 1 — Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

  • Localisation : Nord de la France, autour de Lens, Douai, Béthune.
  • Difficultés : fermeture progressive des mines de charbon (achevée en 1990), désindustrialisation, chômage structurel élevé (parfois 2 fois la moyenne nationale), friches industrielles, logements dégradés, population vieillissante.
  • Politiques mises en œuvre : classement du bassin minier au patrimoine mondial de l'UNESCO (2012), programme ANRU pour rénover les cités minières, fonds européens FEDER pour reconvertir les sites industriels, développement de la Métropole Européenne de Lille comme pôle d'attraction, programme « Action Cœur de Ville » pour certaines villes moyennes de la région.
Exemple 2 — Une zone rurale : le Massif central
  • Localisation : centre de la France (Creuse, Corrèze, Cantal, Lozère…).
  • Difficultés : exode rural historique, vieillissement de la population, manque de services (déserts médicaux, fermeture de classes, de gares), faible attractivité économique, mauvaise couverture numérique.
  • Politiques mises en œuvre : classement en Zones de Revitalisation Rurale (ZRR) avec allégements fiscaux, programme « Petites Villes de Demain » pour les bourgs-centres, plan France Très Haut Débit pour la fibre optique, développement du tourisme vert via les Parcs Naturels Régionaux.
Exemple 3 — Une banlieue défavorisée : les quartiers Nord de Marseille
  • Localisation : nord de Marseille (13e, 14e, 15e, 16e arrondissements).
  • Difficultés : taux de chômage très élevé, pauvreté, logements HLM dégradés, enclavement relatif, manque de services et d'équipements, difficultés scolaires.
  • Politiques mises en œuvre : classement en Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV), programme ANRU pour la démolition/reconstruction de logements dégradés, renforts de services publics, création de la Métropole Aix-Marseille-Provence (2016) pour coordonner l'aménagement à grande échelle.

Exercice 4 — Développement durable et aménagement
1. Qu'est-ce qu'un éco-quartier ? Exemple précis (2 pts)
Un éco-quartier est un projet urbain qui intègre dès sa conception les trois piliers du développement durable :

  • Environnemental : bâtiments à haute performance énergétique, énergies renouvelables, gestion optimisée de l'eau et des déchets, biodiversité, mobilités douces (vélo, marche, transports en commun).
  • Social : mixité sociale et fonctionnelle (logements pour tous, commerces, services de proximité, équipements culturels).
  • Économique : emplois de proximité, dynamisme commercial.
Un éco-quartier s'oppose à l'urbanisme des décennies précédentes caractérisé par l'étalement urbain et la dépendance à l'automobile.

Exemple précis : le quartier Confluence à Lyon. Ancienne friche industrielle et portuaire à la confluence du Rhône et de la Saône, ce quartier a été transformé à partir des années 2000 en un quartier mixte (logements, commerces, bureaux, musée des Confluences) avec une architecture bioclimatique, une gestion optimisée de l'énergie, des toitures végétalisées et des aménagements favorisant les modes de déplacement doux.

2. L'objectif ZAN : un changement de logique (2 pts)
L'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) d'ici 2050, inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021, représente un changement de logique profond dans la politique d'aménagement :
  • Pendant des décennies, l'aménagement a consisté à construire et étendre : nouvelles zones pavillonnaires, zones commerciales en périphérie, zones d'activités… ce qui a consommé massivement des terres agricoles et naturelles.
  • Le ZAN impose désormais de ne plus consommer nettement d'espaces naturels, agricoles ou forestiers pour urbaniser. Cela signifie qu'il faut privilégier la densification des villes existantes, la réhabilitation des friches industrielles et la sobriété foncière.
C'est donc un passage d'une logique d'extension à une logique de renouvellement urbain, pour préserver la biodiversité, les sols agricoles et lutter contre les effets du changement climatique.

Exercice 5 — Raisonnement géographique
Peut-on concilier renforcement des métropoles et lutte contre les inégalités territoriales ?

Il s'agit d'une tension réelle dans les politiques d'aménagement françaises. Oui, des politiques cherchent à articuler les deux logiques, mais avec des limites.

Arguments en faveur d'une conciliation possible :

  • L'État mène simultanément deux politiques complémentaires : il renforce les métropoles (loi MAPTAM 2014, loi NOTRe 2015) tout en finançant des programmes pour les territoires périphériques (Action Cœur de Ville pour 222 villes moyennes, Petites Villes de Demain pour 1 600 bourgs-centres, ZRR en milieu rural).
  • Les grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Nantes…) peuvent jouer un rôle de locomotive régionale : leur dynamisme économique rejaillit sur les villes moyennes et les zones rurales environnantes via des flux de travailleurs, de services et de capitaux.
  • Des outils comme le TGV ou la fibre optique permettent de connecter les territoires périphériques aux métropoles, réduisant l'enclavement.
Arguments montrant les limites de cette conciliation :
  • La métropolisation accentue la concentration des richesses et des emplois qualifiés dans quelques grandes villes, au détriment des espaces intermédiaires et ruraux. Les inégalités territoriales se sont globalement accrues depuis les années 1980.
  • Le « sentiment de relégation » exprimé par des populations périphériques a conduit à des tensions sociales et politiques importantes (mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019).
  • Les programmes de revitalisation des territoires périphériques restent insuffisamment dotés par rapport aux investissements dans les métropoles.
Conclusion : La conciliation est donc partielle et difficile. L'enjeu pour les politiques d'aménagement contemporaines est de trouver un équilibre entre la compétitivité internationale (renforcer les métropoles) et la cohésion nationale (ne laisser aucun territoire à l'écart). Des programmes comme Action Cœur de Ville ou le déploiement de la fibre optique montrent que l'État cherche à corriger les effets de la métropolisation, mais l'équilibre reste à construire.

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