À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « Les reprises nominales et pronominales » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une reprise ?, Les reprises pronominales, Les reprises nominales : synonymes et périphrases, Termes génériques et termes spécifiques. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
Au programme
1 · Qu'est-ce qu'une reprise ?
2 · Les reprises pronominales
3 · Les reprises nominales : synonymes et périphrases
4 · Termes génériques et termes spécifiques
5 · La chaîne de référence
6 · Ambiguïtés et règles de bonne écriture
7 · Reprises et effets stylistiques
1Qu'est-ce qu'une reprise ?
Dans un texte, un même objet, une même personne ou une même idée est souvent mentionné(e) plusieurs fois. Pour ne pas répéter les mêmes mots à chaque occurrence, on utilise des reprises.
Définition. Une reprise est un mot ou un groupe de mots qui renvoie à un référent (ou antécédent) déjà nommé dans le texte. Elle assure la cohérence textuelle en reliant les phrases entre elles.
On distingue deux grandes catégories :
- Les reprises pronominales : utilisation d'un pronom pour remplacer un groupe nominal (GN).
- Les reprises nominales : utilisation d'un autre GN pour désigner le même référent.
Exemple. Le chat dormait sur le canapé. Il ronronnait doucement.
→ « Il » est une reprise pronominale de « le chat ».
Les reprises permettent de créer la progression thématique d'un texte : le lecteur sait de qui ou de quoi on parle d'une phrase à l'autre.
2Les reprises pronominales
Les reprises pronominales consistent à remplacer un GN par un pronom. Il existe plusieurs types de pronoms utilisés comme reprises :
| Type de pronom | Exemple |
|---|
| Pronom personnel (sujet/COD/COI) | Marie chante. Elle est talentueuse. |
| Pronom démonstratif | Lis ce roman. Celui-ci te plaira. |
| Pronom possessif | J'ai perdu mon stylo. Le mien était rouge. |
| Pronom relatif (dans une subordonnée) | Le livre que tu m'as prêté est passionnant. |
| Pronom indéfini | Des élèves sont venus. Certains ont apporté des notes. |
Attention ! Un pronom doit avoir un antécédent clairement identifiable. Si deux GN du même genre et du même nombre sont présents dans la phrase précédente, le pronom peut être ambigu.
Exemple ambigu. Paul a parlé à Marc. Il était fatigué.
→ Qui est fatigué ? Paul ou Marc ? La phrase est ambiguë.
3Les reprises nominales : synonymes et périphrases
Une reprise nominale consiste à désigner à nouveau un référent par un groupe nominal différent. On distingue plusieurs procédés :
1. Le synonyme. On remplace le GN par un mot de sens très proche.
Le chien aboyait. L'animal semblait agité. (« l'animal » = synonyme partiel de « le chien »)
2. La périphrase. On décrit le référent par une expression qui le définit ou l'identifie de façon indirecte.
Victor Hugo a écrit ce poème. L'auteur des Misérables aimait les causes sociales.
Astuce. La périphrase est très appréciée dans les textes littéraires car elle apporte une information supplémentaire sur le référent tout en évitant la répétition. On la retrouve beaucoup dans les commentaires de texte.
Exemple. La Tour Eiffel domine Paris. Le monument le plus visité de France attire des millions de touristes.
→ « Le monument le plus visité de France » est une périphrase reprenant « la Tour Eiffel ».
4Termes génériques et termes spécifiques
Deux autres procédés de reprise nominale reposent sur des rapports d'hyperonymie et d'hyponymie (généralisation ou spécification).
Terme générique (hyperonyme). On reprend un référent par un mot plus général.
Un moineau se posa sur la branche. L'oiseau chanta quelques notes.
→ « l'oiseau » est le terme générique de « moineau ».
Terme spécifique (hyponyme). On reprend un référent par un mot plus précis.
Un végétal poussait au bord du chemin. Cette ortie avait envahi tout le talus.
→ « cette ortie » est plus précis que « végétal ».
| Procédé | Direction | Exemple |
|---|
| Terme générique | spécifique → général | roses → les fleurs |
| Terme spécifique | général → précis | fruit → la poire |
| Synonyme | même niveau | maison → demeure |
| Périphrase | description | Napoléon → l'Empereur des Français |
Attention ! Quand on utilise un terme générique, le lecteur doit pouvoir identifier sans ambiguïté de quel référent précis il s'agit. Évitez les termes trop vagues dans un texte avec plusieurs référents du même type.
5La chaîne de référence
L'ensemble des reprises qui désignent le même référent dans un texte forme une chaîne de référence.
Définition. La chaîne de référence est la suite de tous les termes (pronoms, GN) qui renvoient à un même être ou objet tout au long d'un texte.
Exemple. Sherlock Holmes entra dans la pièce. Le célèbre détective s'arrêta devant la cheminée. Il inspecta les cendres avec soin. Le grand enquêteur avait trouvé un indice crucial.
Chaîne : Sherlock Holmes → le célèbre détective → Il → le grand enquêteur
Repérer la chaîne de référence est une compétence essentielle en lecture analytique et en expression écrite. Elle permet de :
- Comprendre de qui ou de quoi parle le texte à chaque moment.
- Analyser les choix stylistiques de l'auteur (quel mot choisit-il pour désigner le personnage ? pourquoi ?).
- Vérifier la cohérence d'un texte qu'on écrit soi-même.
Méthode. Pour repérer une chaîne de référence : souligne le premier GN (antécédent), puis souligne de la même couleur tous les termes qui y renvoient dans la suite du texte.
6Ambiguïtés et règles de bonne écriture
Les reprises mal choisies peuvent créer des ambiguïtés ou des ruptures de cohérence. Voici les erreurs les plus fréquentes à éviter :
| Erreur | Exemple fautif | Correction |
|---|
| Pronom sans antécédent clair | Sarah parla à Julie. Elle pleurait. | Sarah parla à Julie. La jeune fille pleurait. |
| Répétition inutile du même GN | Le chat mange. Le chat dort. Le chat joue. | Le chat mange, il dort, puis il joue. |
| Terme générique trop vague | Un chien et un chat jouaient. L'animal aboya. | … Le chien aboya. |
| Changement de genre/nombre | Les élèves travaillent. Il est concentré. | Les élèves travaillent. Ils sont concentrés. |
Règle d'or. Toute reprise doit permettre au lecteur d'identifier sans hésitation le référent désigné. En cas de doute, préférez une reprise nominale explicite à un pronom ambigu.
7Reprises et effets stylistiques
Au-delà de la simple cohérence, le choix des reprises produit des effets stylistiques recherchés par les auteurs.
- La périphrase méliorative ou péjorative : le choix de la périphrase oriente le jugement du lecteur.
Napoléon → « le sauveur de la patrie » (mélioratif) ou « le tyran corse » (péjoratif) - L'ironie : une périphrase inattendue peut créer un effet ironique.
Le voleur s'enfuit. Ce grand défenseur de l'ordre public disparut dans la nuit. - La gradation : des reprises successives qui amplifient ou diminuent le référent.
Un homme entra. Cet étranger. Ce mystérieux inconnu. Cette ombre. - L'anaphore nominale : répétition intentionnelle pour créer un effet de mise en relief ou d'insistance (procédé distinct de la reprise ordinaire).
Pour le commentaire de texte. Analyser les chaînes de référence révèle le point de vue de l'auteur sur ses personnages : la façon dont il les désigne trahit son regard (admiratif, ironique, distancé…).
Exemple littéraire. Dans Le Rouge et le Noir, Stendhal désigne parfois Julien Sorel comme « notre héros », créant une complicité ironique avec le lecteur.
★À retenir
À retenir :
• Une reprise renvoie à un référent déjà mentionné (antécédent).
• Reprises pronominales : pronoms personnels, démonstratifs, possessifs, relatifs, indéfinis.
• Reprises nominales : synonyme, périphrase, terme générique (hyperonyme), terme spécifique (hyponyme).
• La suite des reprises = chaîne de référence.
• Toute reprise doit être non ambiguë : le référent doit être identifiable sans hésitation.
• Les reprises créent aussi des effets stylistiques (ironie, gradation, point de vue).