Ressources · 3ᵉ · Français
Réussir les questions de compréhension au brevet de français
Méthode des questions de compréhension et d'interprétation du brevet : lire le texte et l'image, répondre avec des citations, rédiger une réponse développée, donner son avis argumenté
À propos de cette page
L'épreuve et la lecture du sujet
Les questions de compréhension font partie de la partie 1 de l'épreuve de français : un travail sur un texte littéraire et, le plus souvent, une image. Cette partie dure 1 h 10 et vaut 50 points sur 100, sans dictionnaire. Dans les sujets de 2023 à 2025, la compréhension rapportait 32 points et la grammaire (réécriture comprise) 18 points. C'est le plus gros bloc de points de l'épreuve après la rédaction.
Étape 1 : lire dans le bon ordre.
- Le paratexte : le chapeau placé au-dessus du texte, la source (auteur, titre, date), les notes de bas de page, la légende de l'image. Il te dit qui parle, où, quand, et dans quel genre de livre.
- Le texte, deux fois : une lecture pour comprendre l'histoire, une seconde crayon en main (personnages, lieux, changements, mots forts).
- Toutes les questions, avant de répondre à la première. Elles suivent en général l'ordre du texte et dessinent déjà son sens.
Réponse attendue : « Nous » désigne la narratrice, Aurore Dupin, son demi-frère Hippolyte et Ursule, la fille d'une servante.
Décoder la question
Étape 2 : avant d'écrire, fais parler la consigne. Souligne trois choses : le verbe (ce qu'on te demande de faire), le nombre d'éléments attendus, le passage (les lignes) où chercher. Regarde ensuite les points : ils te donnent la longueur de la réponse.
| Verbe de consigne | Ce que tu fais | Forme de la réponse |
|---|---|---|
| Identifier, nommer | Donner le nom exact : un personnage, un temps, une figure de style | Courte, en phrase complète |
| Relever | Recopier les mots demandés, entre guillemets | Courte, sans explication |
| Expliquer, justifier | Dire pourquoi, preuve à l'appui (citation) | Construite |
| Interpréter (« Quelles réflexions… », « Que veut montrer… ») | Dégager un sens qui n'est pas écrit en toutes lettres | Développée |
| Mettre en relation le texte et l'image | Décrire l'image, la relier au texte, nuancer | Développée |
| « Selon vous », « D'après vous » | Prendre position et la justifier par le texte | Développée, « je » possible |
• Où ? Lignes 5 à 18, pas ailleurs.
• Quoi ? Des indices d'une vie qui commence.
• Combien ? Trois éléments, donc trois citations au moins.
• Quelle longueur ? 6 points pour trois éléments : environ 2 points, soit 3 ou 4 lignes, par élément.
Pistes possibles : la rupture avec le passé (« séparée de mon passé », l. 9), la solitude (« Ici, je n'existais pour personne », l. 12-13), la découverte de soi (« me révéler à moi-même », l. 18).
Justifier : la citation et la méthode ACE
Étape 3 : prouver ce que tu dis. Au brevet, « justifiez », « en citant le texte », « appuyez-vous sur des éléments précis » veulent tous dire la même chose : une citation, puis son explication.
• Courte : d'un mot à une ligne. Tu cites ce que tu commentes, rien de plus.
• Exacte : recopiée mot pour mot, entre guillemets « ».
• Située : la ligne entre parenthèses, (l. 13) ou (l. 8-9).
• Intégrée à ta phrase, ou annoncée par deux-points.
• Une coupe se signale par […] ; un mot modifié pour s'accorder à ta phrase se met entre crochets : la narratrice « perd[ait] la notion de la réalité » (l. 11).
Réponse modèle : Non, la communication est difficile entre les personnages. A : Marguerite ne peut pas entendre. C : Penanster comprend « qu'elle était sourde et ne pouvait que lire sur les lèvres » (l. 13). E : elle dépend donc entièrement de la bouche de celui qui lui parle. Or seul Penanster a « une bouche intacte » (l. 14) : le narrateur et Weil, défigurés, sont exclus de l'échange, comme le souligne la négation renforcée « ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle » (l. 14-15). Pourtant, un « langage » finit par « s'instituer » (l. 18) entre elle et Penanster : la communication est difficile, mais pas impossible.
Analyser un procédé d'écriture
Étape 4 : dire comment le texte fabrique son sens. Beaucoup de questions demandent d'« identifier une image », une « figure de style » ou un « procédé d'écriture ». Trois gestes, toujours : nommer le procédé, citer l'exemple, expliquer l'effet (ce que le procédé montre et ce qu'il fait ressentir).
| Procédé | Comment le reconnaître | Effets fréquents |
|---|---|---|
| Comparaison | Deux réalités rapprochées par un outil : comme, tel, semblable à, pareil à | Rendre concret, surprendre, valoriser ou dévaloriser |
| Métaphore | Même rapprochement, sans outil de comparaison | Image plus directe, plus forte |
| Personnification | Une chose ou un animal agit ou ressent comme un humain | Rendre vivant, proche ou menaçant |
| Énumération, accumulation | Suite de mots de même nature | Abondance, profusion, emportement |
| Anaphore | Même mot répété en tête de phrase ou de proposition | Insistance, rythme, émotion |
| Gradation | Termes rangés du plus faible au plus fort | Montée de l'intensité |
| Antithèse | Deux termes opposés rapprochés | Contraste, conflit |
| Hyperbole | Exagération | Intensité d'un sentiment ou d'une scène |
| Champ lexical | Mots liés à un même thème | Fait apparaître le thème dominant |
Pense aussi aux types de phrases (exclamation, interrogation), aux temps (passage du passé au présent) et aux pronoms (« je », « nous », « on »).
Réponse modèle : La phrase contient une métaphore : la vie est présentée comme un feu qui couve, des « braises » que les mots « attisent ». Elle est renforcée par une comparaison : les mots agissent « comme un souffle puissant ». Le narrateur veut dire que l'écriture ravive la vie : sans les mots, les souvenirs s'éteignent doucement ; en écrivant, il les fait briller de nouveau. La suite prolonge l'image, puisque les mots font « rougeoyer » la vie (l. 13).
Réponse courte ou réponse développée
Étape 5 : choisir la bonne forme. L'énoncé et le barème te disent quelle réponse est attendue.
- Réponse courte (question à 1 ou 2 points ; « identifiez », « relevez », « qui », « où ») : une ou deux phrases complètes qui reprennent les mots de la question. Pas de développement inutile.
- Réponse construite et développée (« développez », « justifiez », « deux éléments sont attendus », 4 points et plus) : un vrai petit paragraphe.
1. Une phrase-réponse qui répond d'emblée à la question.
2. Un bloc ACE par élément attendu, reliés par des connecteurs : d'abord, ensuite, de plus, enfin, pourtant.
3. Une phrase de bilan qui ferme la réponse.
Réponse modèle : En racontant ce jeu, la narratrice adulte réfléchit à la force de l'imagination des enfants. D'abord, elle constate qu'ils croient vraiment à leurs jeux : ceux-ci sont « tout un drame, toute une fiction scénique » (l. 7-8), et « l'illusion les gagne et les saisit véritablement » (l. 9). La répétition de « tout un » montre que le moindre jeu devient un monde entier. Ensuite, elle admire leur talent d'acteurs : ils improvisent des « dialogues très vrais » qui embarrasseraient des « acteurs de profession » (l. 21). La comparaison avec le théâtre est flatteuse pour les enfants. Ainsi, loin de juger ce jeu puéril, la narratrice le regarde avec tendresse, comme une véritable création.
La question sur l'image et l'avis personnel
Étape 6 : l'image. Dans les six sujets de 2023 à 2025, elle arrive en dernière question de compréhension, notée de 5 à 8 points. La question est presque toujours la même : cette image peut-elle illustrer le texte ?
- Identifier : nature (photographie, tableau, affiche, image de film), auteur, date, grâce à la légende.
- Décrire précisément : premier plan et arrière-plan, personnages et attitudes, couleurs, lumière, cadrage.
- Relier chaque détail à un passage du texte, avec une citation.
- Nuancer : ce que l'image ne montre pas, ou montre autrement (époque, lieu, atmosphère).
- Conclure en répondant à la question.
Un argument rédigé : Le tableau peut illustrer le texte, car il montre, comme lui, une femme seule qui contemple un lieu. Le personnage de Bazille, vu de dos, a les yeux tournés vers le village, comme Simone qui s'immobilise « en haut du grand escalier » (l. 5) pour regarder « la grande cité inconnue » (l. 10). Le spectateur voit ce qu'elle voit, comme le lecteur découvre Marseille par les yeux de la narratrice.
Une nuance : le tableau montre un village paisible, alors que le texte évoque une grande ville d'où monte « une rumeur » (l. 7) ; de plus, la jeune femme reste immobile, quand Simone part « à sa découverte » (l. 26).
L'appréciation personnelle. « Selon vous », « d'après vous », « pensez-vous que… » : la définition de l'épreuve impose au moins une question de ce type. Tu prends clairement position (le « je » est permis), tu donnes des arguments tirés du texte, tu peux nuancer. Au brevet 2023 (Métropole, session de remplacement), la question 7 demandait si un tableau de Michel Granger pourrait, « selon vous », figurer sur la première de couverture du livre de René Frégni : on attendait un avis, mais un avis prouvé.
Ce que regarde le correcteur
Le barème de chaque question est imprimé sur le sujet. Voici ce que précisent les textes officiels de l'épreuve :
- le questionnaire ne donne pas d'axes de lecture : on évalue ton autonomie de lecteur ;
- l'énoncé précise si la réponse doit être courte ou construite et développée ;
- les qualités rédactionnelles sont valorisées par le barème ;
- la maîtrise de la langue est évaluée dans toutes les épreuves selon quatre dimensions : orthographe, syntaxe, lexique, organisation de la réflexion.
| Ce qui rapporte | Ce qui fait perdre des points |
|---|---|
| Une réponse exacte à la question posée | Une réponse à côté, ou une paraphrase du texte |
| Le nombre d'éléments demandé | Un élément manquant, un b) oublié |
| Chaque élément justifié par une citation courte et située | Une citation trop longue, sans ligne, ou prise hors des lignes indiquées |
| Une explication de la citation (mot clé, procédé, effet) | Une citation orpheline |
| Des phrases complètes, organisées, bien orthographiées | Le style télégraphique, les listes, les citations mal recopiées |
Gérer son temps
La partie 1 dure 70 minutes pour la compréhension et la grammaire. Voici un déroulé qui laisse du temps à chaque question (la grammaire et la réécriture ont leur propre chapitre de méthode).
| Minutes | Ce que tu fais |
|---|---|
| 0 à 3 | Paratexte : chapeau, source, notes, légende de l'image |
| 3 à 10 | Deux lectures du texte, puis lecture de toutes les questions ; tu soulignes verbes, nombres d'éléments et lignes |
| 10 à 38 | Questions de compréhension dans l'ordre, sauf l'image : environ une minute par point |
| 38 à 46 | Question sur l'image : description au brouillon, puis réponse rédigée |
| 46 à 66 | Grammaire et réécriture |
| 66 à 70 | Relecture : accords, guillemets, numéros de lignes, numéros des questions |
- Lis dans l'ordre : paratexte, texte (deux fois), toutes les questions.
- Décode chaque consigne : verbe, nombre d'éléments, lignes, points.
- Un élément = Affirmation + Citation courte, entre guillemets, avec la ligne + Explication.
- Un procédé : le nommer, le citer, dire son effet.
- Réponse développée : phrase-réponse, blocs ACE, phrase de bilan.
- Image : identifier, décrire, relier, nuancer, conclure. Avis personnel : prendre position et prouver.
- Environ 36 minutes pour la compréhension, 20 pour la grammaire, 4 pour relire.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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