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Réussir les questions de compréhension au brevet de français

Méthode des questions de compréhension et d'interprétation du brevet : lire le texte et l'image, répondre avec des citations, rédiger une réponse développée, donner son avis argumenté

À propos de cette page
Cette activité de compréhension sur « Réussir les questions de compréhension au brevet de français » en troisième entraîne à lire, analyser et répondre à des questions en français. Elle suit le programme officiel de troisième. Au programme : L'épreuve et la lecture du sujet, Décoder la question, Justifier : la citation et la méthode ACE, Analyser un procédé d'écriture. Lis le document, réponds puis vérifie immédiatement tes réponses pour progresser. Un bon moyen de travailler la méthode, d'enrichir son vocabulaire et de préparer les contrôles. Ressource gratuite proposée par un professeur particulier à Marseille pour réussir en français en troisième.
1Un vrai sujet traité de bout en bout : brevet 2024, Métropole, session de remplacement. Lis la présentation, puis réponds en suivant la démarche indiquée à chaque étape.

Brevet 2024, Métropole, session de remplacement. Texte : Jorge Semprun, L'Écriture ou la Vie, 1994. Image : photographie de deux soldats de camps adverses pendant la Première Guerre mondiale, publiée en couverture du livre Meeting the Enemy de Richard van Emden (2013).

Le paratexte (résumé). Le narrateur se souvient de l'automne 1943. Avec son ami Julien, il fait partie de la Résistance, qui combat l'occupation allemande de la France. La scène se passe à la campagne, près d'une rivière.

Le texte en bref (39 lignes au brevet), avec quelques citations.

  • L. 1-12 : un soldat allemand arrive à moto au bord de l'eau. Les deux résistants guettent : « Nous attendions un Allemand, des Allemands. N'importe lesquels. » (l. 8). Le narrateur l'imagine déjà : « Ce gamin blond aux yeux bleus » (l. 5-6), puis se reprend : « je fabule » (l. 6). Ils étaient venus voir s'il était possible de « monter une embuscade » (l. 11).
  • L. 13-19 : « cet Allemand semblait être seul » (l. 13). Il se détend, « respirant la douceur de la France profonde » (l. 17), mais « il était resté sur ses gardes » (l. 18) : sa mitraillette lui barre la poitrine.
  • L. 20-25 : « Julien et moi nous nous sommes regardés. La même idée nous était venue. » (l. 20). Le soldat est « une cible parfaite » (l. 24).
  • L. 26-35 : le soldat se met à chanter La Paloma (une note traduit ses paroles : « Une colombe blanche vient voler vers toi… »). « Ça m'a fait sursauter » (l. 29) ; « Julien m'a foudroyé du regard » (l. 30). La chanson rappelle au narrateur son enfance.
  • L. 36-39 : « L'Allemand continuait de chanter, d'une belle voix blonde. » (l. 36). « Il m'était devenu impossible de tirer sur ce jeune soldat » (l. 37-38) : la mélodie de son enfance le rendait « subitement innocent » (l. 39).
2Questions
Q1 Étape 1, le paratexte. En quelle année se situe le souvenir raconté ?
Q2 Étape 2, décoder. Question 1 du sujet : « Identifiez les différents personnages dans cet extrait et précisez leurs liens. (4 points) » Combien de personnages dois-tu nommer ?
Q3 Rédige la réponse à la question 1 (4 points).
Q4 Question 2 du sujet : « Ligne 8 : “Nous attendions un Allemand, des Allemands. N'importe lesquels.” Pourquoi le narrateur précise-t-il successivement : “un Allemand”, “des Allemands”, “N'importe lesquels” ? (4 points) »
Q5 Question 3 du sujet : « Le narrateur a-t-il raison de penser que, dans ces circonstances, l'Allemand représente “une cible parfaite” ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le passage des lignes 13 à 19. Deux éléments sont attendus. (6 points) »
Q6 Question 4 du sujet (lignes 20 à 31) : on te demande d'observer les pronoms personnels. Quel pronom réunit le narrateur et Julien à la ligne 20 ?
Q7 Rédige la réponse à la question 4 : « Comment évolue la relation du narrateur avec chacun des autres personnages ? Vous vous appuierez sur l'utilisation des pronoms personnels, la désignation des personnages et la construction des phrases. Deux éléments de réponse sont attendus. (6 points) »
Q8 Question 5 du sujet : « Selon vous, pourquoi le narrateur pense-t-il que la chanson La Paloma rend l'Allemand “subitement innocent” ? Deux éléments de réponse justifiés sont attendus. (6 points) »
Q9 Question 6 du sujet : « Pensez-vous que cette image puisse illustrer le texte ? Appuyez-vous sur trois éléments descriptifs précis et des citations du texte. (6 points) » La photographie n'est pas reproduite ici : rédige le squelette de ta réponse à partir de la légende et du texte.
Voir le corrigé
  1. 1943
  2. 3
  3. Réponse libre — exemple : Démarche : je relis le paratexte, puis je repère les pronoms « nous » et « il ». Réponse : l'extrait met en scène trois personnages. Le narrateur et Julien sont deux résistants, unis dans la même mission : « Nous l'attendions, Julien et moi » (l. 4). Le troisième est un jeune soldat allemand, leur ennemi, qu'ils pourraient abattre puisqu'ils préparaient une « embuscade » (l. 11). Les deux premiers sont donc des compagnons de combat ; le soldat est leur adversaire, qui ignore leur présence.
  4. Réponse libre — exemple : Démarche : je repère le procédé (une correction qui élargit peu à peu la cible) et je cherche son sens, puis je le relie à la suite du texte. Réponse : le narrateur précise que les résistants ne visaient pas cet homme en particulier. En passant de « un Allemand » à « des Allemands », puis à « N'importe lesquels » (l. 8), il élargit la cible à tous les soldats ennemis : pour eux, l'ennemi est anonyme, c'est l'armée d'occupation. Cette insistance prépare un contraste : l'anonyme va devenir un individu, « Ce gamin blond aux yeux bleus » (l. 5-6), puis un jeune homme qui chante.
  5. Réponse libre — exemple : Démarche : lignes 13 à 19 seulement ; deux éléments, chacun cité et expliqué ; 6 points, donc une réponse développée. Réponse : oui, le narrateur a raison de voir dans ce soldat une cible parfaite. D'abord, l'Allemand est isolé : « cet Allemand semblait être seul » (l. 13), et « Aucune autre motocyclette » (l. 13) ne le suit. Personne ne peut le protéger. Ensuite, il ne se méfie pas : « Il était détendu, visiblement » (l. 18) ; il a même « défait le col de sa vareuse » (l. 17-18), comme un promeneur. Une nuance cependant : il « était resté sur ses gardes » (l. 18) et garde sa mitraillette. Mais, surpris par deux tireurs cachés, il n'aurait sans doute pas le temps de s'en servir.
  6. nous
  7. Réponse libre — exemple : Démarche : trois outils imposés (pronoms, désignations, construction des phrases), deux éléments : la relation avec Julien, puis avec l'Allemand. Réponse : d'abord, le narrateur et Julien forment un bloc : le pronom « nous » et la construction symétrique « Julien et moi nous nous sommes regardés. La même idée nous était venue » (l. 20) montrent qu'ils pensent la même chose. Mais la chanson brise cette union : le narrateur passe au « je » et au « me » (« Ça m'a fait sursauter », l. 29), tandis que « Julien m'a foudroyé du regard » (l. 30) : les deux amis ne sont plus d'accord. Ensuite, la désignation de l'ennemi change : « L'Allemand » (l. 21), réduit à une « cible » (l. 24), devient « le jeune soldat allemand » (l. 26), sujet de verbes humains : il « a levé les yeux au ciel » et « a commencé à chanter » (l. 26-27). Le narrateur s'interroge même sur ce qu'il ressent : « Peut-être cette chanson ne lui rappelait rien » (l. 31). L'ennemi devient une personne.
  8. Réponse libre — exemple : Démarche : « Selon vous » : j'interprète, mais je justifie ; deux éléments. Réponse : à mon avis, la chanson rend le soldat innocent pour deux raisons. D'abord, elle rappelle au narrateur sa propre enfance : c'est « cette mélodie de mon enfance » (l. 38-39), liée aux « squares ombragés » (l. 34) de ses vacances. Le soldat partage donc ses souvenirs : il cesse d'être un ennemi pour devenir un semblable. Ensuite, le chant montre un jeune homme sans défense, les yeux levés au ciel, qui chante « d'une belle voix blonde » (l. 36). En donnant à la voix la couleur des cheveux, le narrateur fait de lui un « gamin » plutôt qu'un soldat. Enfin, les paroles parlent d'une colombe blanche, symbole de paix : comment tirer sur un homme qui chante la paix ?
  9. Réponse libre — exemple : Démarche : au brevet, je décrirais au brouillon trois éléments visibles (attitude des deux soldats, uniformes, geste ou distance entre eux), puis je relierais chacun au texte et je nuancerais. Réponse type : oui, cette image peut illustrer le texte, avec une nuance. [Trois éléments descriptifs précis de la photographie.] Comme la photographie, qui réunit deux soldats de camps adverses, le texte montre un combattant qui cesse de voir l'autre comme un ennemi : « Il m'était devenu impossible de tirer sur ce jeune soldat » (l. 37-38). Dans les deux cas, l'humanité commune l'emporte sur la guerre. Mais la photographie date de la Première Guerre mondiale, alors que le texte se passe en 1943, pendant la Seconde ; et dans le texte, il n'y a pas de rencontre : le soldat allemand ignore que le narrateur l'observe.
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