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Collège · 3ᵉ · Français

Écrire un texte argumentatif

Méthode pour défendre une thèse et convaincre : arguments, exemples & connecteurs

À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « Écrire un texte argumentatif » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Argumenter : thèse, arguments, exemples, Analyser le sujet de réflexion du brevet, Trouver des arguments et des exemples qui portent, Le paragraphe argumentatif. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
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Argumenter : thèse, arguments, exemples

Argumenter, c'est défendre une opinion en donnant au lecteur des raisons de la partager. Le texte argumentatif se distingue du récit (qui raconte) et de la description (qui montre) : il veut faire changer d'avis.

Les trois briques. La thèse est l'opinion défendue (« l'uniforme devrait être adopté au collège »). L'argument est une raison générale qui soutient la thèse (« il efface les différences de vêtements entre élèves »). L'exemple est un cas concret qui illustre l'argument (« dans tel collège, les moqueries sur les marques ont diminué depuis son adoption »).
BriqueQuestion à se poserNombre attendu
ThèseQu'est-ce que je veux faire admettre ?Une seule, tenue jusqu'au bout
ArgumentPourquoi ai-je raison ?Trois, un par paragraphe
ExempleOù voit-on que c'est vrai ?Au moins un par argument
Attention ! Un exemple n'est pas un argument. « Mon cousin lit chaque soir et il a de bonnes notes » illustre ; il ne prouve pas. L'argument est l'idée générale : « la lecture régulière enrichit le vocabulaire, donc l'expression écrite ».
Astuce. On convainc par la raison (arguments logiques, faits) et l'on persuade par les sentiments (images, appel aux valeurs). Un bon texte de brevet fait surtout le premier, avec une touche du second dans la conclusion.
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Analyser le sujet de réflexion du brevet

Au brevet, le sujet de réflexion pose une question liée au texte étudié : « Selon vous, la lecture est-elle un loisir comme les autres ? », « Pensez-vous que le sport à l'école devrait occuper plus de place ? ». Avant d'écrire, prends cinq minutes pour analyser le sujet.

  1. Souligne les mots-clés et définis-les : « loisir » (activité libre, pour le plaisir), « comme les autres » (sans valeur particulière).
  2. Repère la formulation : « faut-il », « pensez-vous que », « discutez ». Elle indique le plan attendu (voir section 5).
  3. Reformule la question avec tes mots : « La lecture apporte-t-elle quelque chose que les autres loisirs n'apportent pas ? »
  4. Prends position en une phrase : c'est ta thèse. Elle peut être nuancée (« oui, mais à condition que… »).
  5. Note les contraintes : longueur (souvent « au moins 300 mots » ou « deux pages »), forme (lettre ? article ? discours ?), destinataire.
Exemple. Sujet : « Faut-il, selon vous, interdire les écrans aux enfants de moins de six ans ? » — Mots-clés : interdire (mesure absolue), écrans (télévision, tablette, téléphone), moins de six ans (petite enfance). Formulation « faut-il » → plan dialectique. Thèse possible : « Une interdiction totale est irréaliste, mais un encadrement strict est nécessaire. »
Attention ! Le hors-sujet est la première cause d'échec : répondre sur « les écrans en général » quand le sujet porte sur « les moins de six ans », c'est perdre la moitié des points.
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Trouver des arguments et des exemples qui portent

Au brouillon, cherche cinq ou six arguments pour n'en garder que trois. Pour ne pas tourner en rond, balaie plusieurs domaines :

DomaineQuestion-guideExemple (sujet : l'uniforme au collège)
IndividuQuel effet sur la personne ?Il supprime le stress du choix des vêtements le matin
CollectifQuel effet sur le groupe ?Il gomme les différences visibles entre familles
PratiqueEst-ce simple, coûteux, faisable ?Son achat représente un coût pour les familles
ValeursEst-ce juste, libre, respectueux ?Il limite la liberté d'exprimer sa personnalité
DuréeQuel effet à long terme ?Il habitue à un cadre commun que l'on retrouve dans certains métiers

Chaque argument appelle un exemple précis. Par ordre d'efficacité :

  • un fait observé ou une situation concrète (une expérience menée dans un établissement, une scène de la vie quotidienne) ;
  • une référence culturelle : une œuvre lue en classe, un personnage (Cosette et sa poupée pour parler de l'enfance et du désir) ;
  • une expérience personnelle, brève et racontée comme un cas parmi d'autres, pas comme une preuve définitive ;
  • un chiffre ou un avis d'expert seulement si tu en es sûr : un chiffre inventé se repère et discrédite tout le texte.
Astuce. Classe tes trois arguments du moins fort au plus fort : le lecteur retient la fin. Garde ton meilleur argument pour le dernier paragraphe.
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Le paragraphe argumentatif

Le paragraphe est l'unité de base du texte argumentatif. Il développe un seul argument selon un ordre fixe.

Exemple (thèse : le sport devrait avoir plus de place au collège). D'abord, le sport apprend à coopérer (idée). Dans une équipe, chacun dépend des autres et doit accepter les erreurs de ses camarades comme les siennes (explication). Ainsi, lors d'un tournoi de handball entre classes, les élèves qui ne se parlaient jamais en cours ont dû organiser ensemble leur défense (exemple). Le terrain crée donc des liens que la salle de classe ne permet pas toujours (bilan).
Attention ! Deux défauts fréquents : le paragraphe sans exemple (une idée répétée trois fois avec d'autres mots) et le paragraphe sans bilan (l'exemple est posé et l'on passe à autre chose sans dire ce qu'il prouve).
Astuce. Va à la ligne à chaque nouvel argument et commence par un alinéa. Le correcteur repère ta structure d'un coup d'œil.
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Choisir un plan et l'articuler

Le plan dépend de la question posée. Deux plans suffisent pour le brevet, avec une variante.

PlanStructureQuand l'utiliser
Par accumulationThèse → argument 1 → argument 2 → argument 3 (du moins fort au plus fort)Sujet qui demande de défendre une position (« pensez-vous que… », « montrez que… »)
DialectiqueThèse (avantages) → antithèse (limites) → synthèse (position nuancée)Sujet qui pèse le pour et le contre (« faut-il… », « discutez »)
Concessif« Certes » (ce qu'on accorde à l'adversaire) → « mais » (sa position, développée)Quand on a un avis tranché mais qu'on veut paraître honnête

Les connecteurs logiques rendent le plan visible : d'abord, ensuite, enfin (ordre) ; en effet, car (explication) ; ainsi, par exemple (illustration) ; cependant, pourtant, néanmoins (opposition) ; certes… mais (concession) ; donc, par conséquent, c'est pourquoi (conséquence) ; en définitive, finalement (conclusion).

Attention ! Dans le plan dialectique, la synthèse n'est pas « chacun a ses raisons » : c'est ta réponse, nuancée par ce que tu as examiné (« à condition que », « seulement si », « avant tout pour… »).
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Introduction et conclusion

L'introduction et la conclusion sont lues avec une attention particulière : elles encadrent le texte et donnent l'impression d'ensemble.

L'introduction en trois temps. 1. Une accroche qui amène le sujet (un constat, une situation, une question que tout le monde se pose). 2. La présentation du sujet, reformulé. 3. L'annonce de la thèse (ou de la démarche : « nous verrons d'abord… puis… »).
Exemple. « Chaque rentrée, les mêmes discussions reviennent dans les couloirs : qui porte quoi, et à quel prix. (accroche) Faut-il, pour y mettre fin, imposer un uniforme au collège ? (sujet) Si la mesure présente des avantages réels, elle soulève des difficultés qui invitent à préférer une tenue commune plus souple. (thèse et démarche) »
La conclusion en deux temps. 1. Le bilan : reprise de la thèse, désormais démontrée, en une ou deux phrases. 2. L'ouverture : une question voisine, une perspective plus large, sans lancer un nouveau débat.
Attention ! Ne commence jamais par « Je vais parler de… » ni par « Depuis la nuit des temps… ». N'introduis aucun argument nouveau dans la conclusion : ce qui n'a pas été démontré n'a pas sa place dans le bilan.
Astuce. Rédige l'introduction après avoir fait ton plan au brouillon, mais avant le développement : elle te sert de boussole pendant l'écriture.
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Concéder, réfuter, relire

Un texte qui ignore les objections paraît naïf. Un texte qui les anticipe paraît solide.

Concession. On admet une part de vérité dans l'avis adverse avant de le dépasser : « Certes, les écrans offrent des ressources éducatives ; mais leur usage prolongé réduit le temps de sommeil. » Connecteurs : certes… mais, il est vrai que… cependant, on peut admettre que… toutefois.
Réfutation. On montre que l'objection est fausse, exagérée ou hors sujet : « On objecte souvent que les jeux en ligne isolent ; or beaucoup se pratiquent en équipe et exigent de communiquer sans cesse. »

La relecture d'un texte argumentatif suit quatre lectures ciblées :

  1. Le sujet : la thèse répond-elle exactement à la question ? Chaque paragraphe la sert-il ?
  2. La structure : introduction, trois paragraphes visibles avec alinéa, conclusion ; un connecteur en tête de chaque paragraphe.
  3. Les exemples : chaque argument a-t-il son exemple précis et son bilan ?
  4. La langue : ponctuation, accords, verbes au présent (temps de l'argumentation), pas de « je pense que » à chaque phrase, pas de langage oral (« c'est nul », « trop bien »).
Astuce. Le présent de vérité générale est le temps de l'argumentation : « la lecture développe », « le sport apprend ». Le passé sert seulement aux exemples racontés.
À retenir
  • Argumenter = défendre une thèse avec des arguments (raisons générales) illustrés par des exemples (cas précis).
  • Analyser le sujet : mots-clés, formulation (« faut-il » → dialectique ; « pensez-vous » → accumulation), reformulation, thèse en une phrase.
  • Un paragraphe = un argument : idée → explication → exemple → bilan, avec connecteur et alinéa.
  • Trois arguments classés du moins fort au plus fort.
  • Introduction : accroche, sujet, thèse. Conclusion : bilan, ouverture. Aucun argument nouveau à la fin.
  • Concéder (« certes… mais ») et réfuter (« or ») rendent le texte crédible ; relire en quatre passes.
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