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Français · Classe de 3ᵉ

La concordance des temps

Accorder les temps dans le discours rapporté et le récit

À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « La concordance des temps » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que la concordance des temps ?, Le discours direct et le discours indirect, Les transformations des temps au discours indirect, Simultanéité, antériorité et postériorité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
Au programme
1 · Qu'est-ce que la concordance des temps ?
2 · Le discours direct et le discours indirect
3 · Les transformations des temps au discours indirect
4 · Simultanéité, antériorité et postériorité
5 · La concordance des temps dans le récit au passé
6 · Les temps du subjonctif dans les subordonnées
7 · Cas particuliers et pièges à éviter
1Qu'est-ce que la concordance des temps ?

La concordance des temps désigne l'ensemble des règles qui déterminent le temps à employer dans une proposition subordonnée en fonction du temps utilisé dans la proposition principale.

Définition. La concordance des temps est l'accord du temps du verbe subordonné avec le temps du verbe de la proposition dont il dépend. Ce mécanisme assure la cohérence temporelle du discours.

Elle s'applique principalement dans deux contextes :

  • Le discours rapporté (ou indirect) : quand on rapporte les paroles ou les pensées de quelqu'un.
  • Les propositions subordonnées conjonctives ou relatives dépendant d'un verbe principal conjugué à un temps du passé.
Astuce. Pour bien maîtriser la concordance des temps, il faut d'abord identifier le temps de la proposition principale, puis appliquer les règles correspondantes à la subordonnée.

La concordance des temps est un mécanisme propre au français (et à d'autres langues romanes). Elle garantit que le lecteur ou l'auditeur perçoit correctement les relations temporelles entre les actions.

2Le discours direct et le discours indirect

Avant d'étudier la concordance des temps dans le discours rapporté, il faut distinguer deux façons de rapporter les paroles d'une personne.

Discours direct. Les paroles sont reproduites telles quelles, entre guillemets, après un verbe de parole (dire, affirmer, déclarer, demander…).
Ex. : Marie a dit : « Je suis fatiguée. »
Discours indirect. Les paroles sont intégrées dans la phrase à l'aide d'une conjonction (que, si) ou d'un mot interrogatif, sans guillemets.
Ex. : Marie a dit qu'elle était fatiguée.

Le passage du discours direct au discours indirect entraîne plusieurs modifications :

  • Suppression des guillemets et des deux-points.
  • Ajout d'une conjonction de subordination (que, si, ce que…).
  • Changement des pronoms personnels et des adjectifs possessifs.
  • Changement des temps des verbes (concordance des temps).
  • Changement des expressions de temps et de lieu.
Exemple.
Discours direct : Il m'a dit : « Je viendrai demain. »
Discours indirect : Il m'a dit qu'il viendrait le lendemain.
→ « demain » devient « le lendemain », « je » devient « il », « viendrai » devient « viendrait ».
3Les transformations des temps au discours indirect

Lorsque le verbe introducteur est au présent ou au futur, les temps de la subordonnée ne changent pas. La concordance des temps ne s'applique que lorsque le verbe introducteur est à un temps du passé (passé composé, imparfait, passé simple, plus-que-parfait).

Temps au discours directTemps au discours indirect (verbe principal au passé)
PrésentImparfait
Futur simpleConditionnel présent
Futur antérieurConditionnel passé
Passé composéPlus-que-parfait
Passé simplePlus-que-parfait
ImparfaitImparfait (inchangé)
Plus-que-parfaitPlus-que-parfait (inchangé)
Conditionnel présentConditionnel présent (inchangé)
Exemples de transformations.
« Je pars ce soir. » → Il a dit qu'il partait ce soir-là. (présent → imparfait)
« Elle finira son travail. » → Il croyait qu'elle finirait son travail. (futur → conditionnel présent)
« Nous avons mangé trop tard. » → Elle pensait qu'ils avaient mangé trop tard. (passé composé → plus-que-parfait)
Attention ! L'imparfait et le plus-que-parfait ne changent pas au discours indirect passé. Le conditionnel présent et passé ne changent pas non plus.
4Simultanéité, antériorité et postériorité

Dans une phrase complexe, les actions des différentes propositions peuvent entretenir trois types de relations temporelles :

La simultanéité : les deux actions se déroulent en même temps.
Le temps de la subordonnée est identique à celui de la principale (ou l'imparfait si la principale est au passé).
Ex. : Il travaillait pendant que ses enfants dormaient.
L'antériorité : l'action de la subordonnée s'est déroulée avant celle de la principale.
On utilise un temps composé (passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur).
Ex. : Quand il eut fini son repas, il sortit. (passé antérieur = antériorité immédiate)
La postériorité : l'action de la subordonnée se déroulera après celle de la principale.
On utilise le futur simple, le conditionnel ou l'infinitif.
Ex. : Je partirai avant qu'il revienne. / Il voulait partir avant qu'elle revienne.

Ces relations s'expriment grâce aux conjonctions de temps :

  • Simultanéité : quand, lorsque, pendant que, au moment où, tandis que…
  • Antériorité : après que, dès que, aussitôt que, une fois que…
  • Postériorité : avant que, jusqu'à ce que (+ subjonctif)
Astuce. Pour repérer l'antériorité, cherchez le temps composé dans la subordonnée. Pour la postériorité, cherchez « avant que » suivi d'un subjonctif.
5La concordance des temps dans le récit au passé

Dans un texte narratif au passé, les temps ne sont pas utilisés de façon aléatoire. Ils obéissent à des règles précises pour exprimer le premier plan, l'arrière-plan et l'antériorité.

TempsValeur dans le récit
Passé simpleActions de premier plan, qui font avancer le récit (ponctuelles, successives)
ImparfaitDescriptions, arrière-plan, habitudes, actions en cours au moment du récit
Plus-que-parfaitFaits antérieurs aux actions du récit (retour en arrière, flash-back)
Conditionnel présentFutur dans le passé (action postérieure à celle racontée)
Exemple littéraire.
La nuit était (imparfait – arrière-plan) froide et sombre. Soudain, un coup de feu retentit (passé simple – action du premier plan). Le voisin, qui avait entendu (plus-que-parfait – antériorité) du bruit depuis une heure, se précipita (passé simple) à sa fenêtre.
Attention ! Ne mélangez pas passé simple et passé composé dans un même récit littéraire. Le passé composé est réservé à l'oral et au récit journalistique ou epistolaire.

Dans les textes modernes ou à la première personne, le passé composé peut remplacer le passé simple, mais l'imparfait et le plus-que-parfait gardent leur rôle.

6Les temps du subjonctif dans les subordonnées

Certaines propositions subordonnées utilisent le subjonctif. La concordance des temps s'applique aussi au subjonctif.

Verbe principal (indicatif)Simultanéité/PostérioritéAntériorité
Présent ou futurSubjonctif présentSubjonctif passé
Passé ou conditionnelSubjonctif imparfait (langue soutenue) ou subjonctif présent (registre courant)Subjonctif plus-que-parfait (soutenu) ou subjonctif passé (courant)
Exemples.
Je veux qu'il vienne. (présent → subjonctif présent, simultanéité)
Je voulais qu'il vînt. (passé → subjonctif imparfait, registre soutenu)
Je voulais qu'il vienne. (acceptable à l'écrit courant)
Il faut qu'elle ait fini avant midi. (subjonctif passé, antériorité)
Astuce. En français courant et scolaire, on peut souvent employer le subjonctif présent même après un verbe au passé (sauf dans les textes littéraires). Le subjonctif imparfait est surtout exigé dans les écrits formels et littéraires.
Attention ! Ne confondez pas « qu'il soit venu » (subjonctif passé) et « qu'il fût venu » (subjonctif plus-que-parfait). Ces deux formes expriment toutes deux l'antériorité, mais appartiennent à des registres différents.
7Cas particuliers et pièges à éviter

Certains cas nécessitent une attention particulière.

Piège 1 — Le discours indirect libre. Entre le discours direct et le discours indirect, il existe une forme hybride : le discours indirect libre, souvent utilisé dans les romans. Il reprend les pensées du personnage sans verbe de parole ni guillemets, mais les temps changent comme au discours indirect.
Ex. : Elle était épuisée. Rentrerait-elle à temps ? (= Elle se demandait si elle rentrerait à temps.)
Piège 2 — « Après que » + indicatif. La locution conjonctive « après que » exprime l'antériorité et se construit normalement avec l'indicatif (et non le subjonctif).
Ex. : Il est sorti après qu'elle eut terminé (passé antérieur) / avait terminé (plus-que-parfait).
Beaucoup de locuteurs emploient fautivement le subjonctif après « après que ».
Piège 3 — « Si » et le conditionnel. Dans les propositions introduites par « si » d'hypothèse, on n'emploie jamais le conditionnel. On utilise l'imparfait (pour le passé) ou le présent (pour le présent/futur).
Ex. : Si j'avais le temps, je viendrais. (PAS : Si j'aurais le temps)
Récapitulatif des correspondances temporelles clés.
Principal au présent → subordonnée : présent, futur, passé composé (selon sens)
Principal au passé → subordonnée : imparfait (simult.), plus-que-parfait (antér.), conditionnel (poster.)
« Si » + imparfait → principale au conditionnel présent
« Si » + plus-que-parfait → principale au conditionnel passé

Ces règles constituent le cœur de la concordance des temps telle qu'elle est évaluée au brevet des collèges.

À retenir
À retenir — La concordance des temps :
• Quand le verbe principal est au passé, les temps de la subordonnée changent : présent → imparfait, futur → conditionnel présent, passé composé → plus-que-parfait.
Simultanéité = même temps (ou imparfait) ; antériorité = temps composé ; postériorité = conditionnel / futur.
• Dans le récit : passé simple = premier plan, imparfait = arrière-plan, plus-que-parfait = antériorité.
• « Si » d'hypothèse ne se construit jamais avec le conditionnel.
• « Après que » → indicatif (passé antérieur ou plus-que-parfait).
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