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Quelles relations entre le diplôme, l'emploi et le salaire ?

Diplôme et accès à l'emploi, capital humain, salaire et productivité, chômage selon le diplôme, déclassement, inégalités d'accès au diplôme (SES de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Quelles relations entre le diplôme, l'emploi et le salaire ? » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le diplôme, un facteur important d'accès à l'emploi, Poursuivre ses études : un investissement en capital humain, Capital humain, productivité et salaire, Le diplôme, signal et filtre : une autre lecture économique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Le taux de chômage selon le diplôme en France

Facile

Tableau statistique · D'après INSEE, enquête Emploi 2022 ; valeurs arrondies à l'unité, à lire comme des ordres de grandeur.

L'INSEE mesure chaque trimestre le chômage par l'enquête Emploi, conduite auprès d'un large échantillon de ménages. Le tableau classe les actifs selon le plus haut diplôme qu'ils ont obtenu.

Plus haut diplôme obtenuTaux de chômage en 2022 (en %, ordre de grandeur)
Aucun diplôme, certificat d'études ou brevet13
CAP, BEP ou équivalent8
Baccalauréat ou équivalent7
Bac + 25
Diplôme du supérieur long (bac + 3 et plus)4
Ensemble des actifs7

Champ : France hors Mayotte, personnes actives de 15 ans ou plus. Chômage au sens du Bureau international du travail (BIT). Valeurs arrondies à l'unité.

Après avoir présenté le document, vous montrerez qu'il existe une relation entre le niveau de diplôme et le risque de chômage.

  1. Présentez le document (nature, source, date, champ, unité).
  2. Faites une phrase donnant la signification de la donnée concernant les actifs sans diplôme.
  3. Comparez, par un calcul, la situation des actifs sans diplôme et celle des diplômés du supérieur long.
  4. Quelle relation entre diplôme et chômage le document met-il en évidence ? Proposez deux explications.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un tableau statistique construit d'après l'enquête Emploi de l'INSEE pour l'année 2022. Il donne, en pourcentage, le taux de chômage au sens du BIT des actifs de 15 ans ou plus, en France hors Mayotte, selon leur plus haut diplôme. Les valeurs sont arrondies à l'unité : ce sont des ordres de grandeur.

2. Selon l'INSEE, en 2022, en France, environ 13 % des actifs sans diplôme (ou titulaires du seul certificat d'études ou du brevet) étaient au chômage au sens du BIT : sur 100 actifs de ce groupe, environ 13 étaient sans emploi, disponibles et en recherche active.

3. Le taux de chômage des non-diplômés (13 %) dépasse de 9 points de pourcentage celui des diplômés du supérieur long (4 %). En rapport, 13 / 4 ≈ 3,3 : un actif sans diplôme est environ trois fois plus exposé au chômage qu'un diplômé du supérieur long. Le taux des non-diplômés est aussi presque le double de celui de l'ensemble des actifs (7 %).

4. Le document montre une relation décroissante : plus le diplôme est élevé, plus le taux de chômage est faible, de 13 % sans diplôme à 4 % pour le supérieur long ; seul l'écart entre CAP-BEP (8 %) et bac (7 %) est faible. Première explication, celle du capital humain (Becker, 1964) : le diplômé a accumulé des connaissances qui le rendent plus productif, donc plus recherché par les employeurs. Deuxième explication, celle du signal (Spence, 1973) : l'employeur, qui ne connaît pas la productivité des candidats, sélectionne en priorité les plus diplômés, que leur titre désigne comme probablement plus efficaces. On peut ajouter que, lorsque les emplois sont rares, les diplômés occupent aussi des postes moins qualifiés, ce qui repousse les non-diplômés vers le chômage. Il faut cependant rester prudent : il s'agit d'une moyenne, et d'autres facteurs (âge, origine sociale, lieu de résidence) jouent aussi.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau, c'est présenter la source, faire une phrase exacte avec une donnée, comparer par un écart en points et un rapport, puis expliquer la relation avec les notions du cours.

Document 2 — Adam Smith : le travailleur formé, une « machine coûteuse »

Moyen

Extrait d'un ouvrage d'économie politique (document d'époque) · Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Londres, 1776, livre I, chapitre X, 1re section (traduction de l'anglais).

Adam Smith (1723-1790), philosophe écossais, publie en 1776 l'ouvrage fondateur de l'économie politique classique. Dans ce chapitre, il cherche à expliquer pourquoi les salaires diffèrent d'un métier à l'autre.

« Quand on installe une machine coûteuse, on doit s'attendre à ce que le travail extraordinaire qu'elle accomplira avant d'être usée remplace le capital qu'on y a dépensé, avec au moins les profits ordinaires. Un homme qui a été formé, au prix de beaucoup de travail et de temps, à l'un de ces métiers qui exigent une adresse et une habileté extraordinaires, peut être comparé à l'une de ces machines coûteuses. L'ouvrage qu'il apprend à accomplir doit, on peut l'espérer, lui rembourser, en plus des salaires ordinaires du travail commun, toute la dépense de son éducation, avec au moins les profits ordinaires d'un capital de même valeur. Il faut aussi que cela se fasse dans un temps raisonnable, eu égard à la durée très incertaine de la vie humaine, de la même manière qu'on tient compte de la durée plus certaine de la machine. C'est sur ce principe qu'est fondée la différence entre les salaires du travail qualifié et ceux du travail ordinaire. »

Vous montrerez que ce texte de 1776 annonce la théorie du capital humain.

  1. Présentez le document (auteur, date, nature, question traitée).
  2. Expliquez la comparaison entre l'homme formé et la « machine coûteuse ».
  3. Selon Smith, pourquoi le travail qualifié doit-il être mieux payé que le travail ordinaire ?
  4. Montrez que ce texte annonce la théorie du capital humain, puis indiquez une limite de ce raisonnement.
Voir la réponse rédigée

1. Ce texte est extrait des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publiées à Londres en 1776 par Adam Smith, fondateur de l'économie politique classique. Dans ce passage du livre I, il se demande pourquoi certains métiers sont mieux payés que d'autres, à une époque où l'apprentissage d'un métier qualifié coûte des années de travail et de dépenses.

2. Smith rapproche deux dépenses : acheter une machine et former un travailleur. Dans les deux cas, on engage une somme au départ (le « capital qu'on y a dépensé », « la dépense de son éducation ») en espérant qu'elle soit « remboursée » ensuite par le travail accompli. Le travailleur formé est donc traité comme un capital : sa formation est un investissement qui doit rapporter, comme une machine qui produit jusqu'à son usure.

3. Pour Smith, le salaire du travailleur qualifié doit couvrir, « en plus des salaires ordinaires du travail commun », le coût de sa formation, avec un profit équivalent à celui d'un capital de même valeur. Sinon, personne n'accepterait de consacrer « beaucoup de travail et de temps » à se former. Ce remboursement doit en outre se faire « dans un temps raisonnable », car la vie humaine est incertaine. C'est ce « principe » qui fonde, selon lui, l'écart entre salaires qualifiés et ordinaires.

4. Le texte contient les éléments de la théorie du capital humain que Gary Becker formalise en 1964 : la formation est un investissement ; elle a un coût (dépense et temps, c'est-à-dire un coût d'opportunité) ; elle doit procurer un supplément de salaire (le salaire escompté) sur une durée limitée, celle de la vie active. Mais le raisonnement a une limite : il suppose que chacun peut financer sa formation et que l'écart de salaire reflète seulement ce coût. Or l'accès aux formations dépend du milieu social (Bourdieu et Passeron, Boudon), et les salaires dépendent aussi du signal envoyé par le diplôme, des réseaux ou des discriminations.

Ce que cette analyse apprend — Face à un texte ancien, on relie chaque expression à une notion actuelle (capital, coût, rendement) avant d'en montrer les limites.

Document 3 — Deux profils de revenus au cours de la vie : travailler après le bac ou poursuivre ses études

Moyen

Graphique schématique (valeurs fictives), décrit et accompagné de ses données · Schéma construit pour l'exercice (valeurs fictives), d'après le raisonnement en profils âge-revenu de Gary S. Becker, Human Capital, 1964.

Ce type de schéma sert, depuis les travaux de Becker dans les années 1960, à représenter la poursuite d'études comme un investissement. Les valeurs sont inventées pour la démonstration, mais la forme des courbes correspond à ce qu'observent les statistiques.

Description du graphique. Axe horizontal : l'âge, de 18 à 62 ans. Axe vertical : le revenu annuel net, en milliers d'euros. Deux courbes. La courbe A représente une personne qui entre dans la vie active à 18 ans, juste après le bac : son revenu démarre à 18 000 € et progresse lentement. La courbe B représente une personne qui étudie de 18 à 23 ans : pendant ses études, la courbe est sous l'axe, car elle paie des frais sans percevoir de salaire ; à 23 ans, elle démarre au-dessus de A et progresse ensuite plus vite, si bien que l'écart ne cesse de s'élargir. Deux surfaces sont hachurées : entre 18 et 23 ans, la zone « coûts » (revenu non perçu et frais) ; après 23 ans, la zone « gains », comprise entre B et A.

Âge20 ans25 ans30 ans40 ans50 ans60 ans
Revenu annuel de A (milliers d'euros)182022252728
Revenu annuel de B (milliers d'euros)- 3 (frais d'études)2430404852

À l'aide du document, vous montrerez que la poursuite d'études peut être analysée comme un investissement en capital humain.

  1. Décrivez l'évolution des deux profils de revenus.
  2. Identifiez et estimez les coûts de la poursuite d'études pour B.
  3. Que représente la zone « gains » ? Reliez-la à la notion de salaire escompté.
  4. À quelles conditions l'investissement de B est-il rentable ? Indiquez deux limites du raisonnement.
Voir la réponse rédigée

1. Le revenu de A commence dès 18 ans, à 18 000 € par an, et progresse lentement : 22 000 € à 30 ans, 28 000 € à 60 ans, soit une hausse d'environ 56 % en quarante ans. B n'a pas de revenu avant 23 ans et supporte même des frais (- 3 000 € par an). Mais son revenu démarre plus haut et augmente beaucoup plus vite : 24 000 € à 25 ans, 40 000 € à 40 ans, 52 000 € à 60 ans. L'écart entre B et A passe de 4 000 € à 25 ans à 24 000 € à 60 ans : les deux profils divergent avec l'âge.

2. B supporte deux types de coûts. Les coûts directs : environ 3 000 € de frais par an pendant 5 ans, soit 15 000 €. Le coût d'opportunité : le salaire qu'il aurait perçu en travaillant comme A, soit environ 18 000 € par an pendant 5 ans, au moins 90 000 €. Au total, l'investissement coûte de l'ordre de 105 000 €, dont les six septièmes environ sont du salaire non perçu : le coût d'opportunité est de loin le coût principal.

3. La zone « gains » représente le supplément de revenu que B perçoit chaque année par rapport à A, cumulé sur toute sa vie active. Au moment de choisir, à 18 ans, B ne le connaît pas : il l'anticipe. C'est le salaire escompté, c'est-à-dire le revenu futur qu'il espère obtenir grâce à son diplôme. Selon la théorie du capital humain, ce supplément reflète la productivité plus élevée que ses études lui ont permis d'acquérir.

4. L'investissement est rentable si les gains cumulés dépassent les coûts. Ici, l'écart annuel dépasse 8 000 € dès 30 ans et 20 000 € après 50 ans : en additionnant les écarts, B rattrape ses quelque 105 000 € de coûts vers 35-40 ans, puis accumule plusieurs centaines de milliers d'euros de gain d'ici la retraite. Le choix de B est donc rentable en moyenne. Deux limites : d'abord, le gain est incertain (B peut échouer, subir le chômage ou un déclassement si les diplômés sont trop nombreux) ; ensuite, tous les individus ne peuvent pas financer cinq ans sans revenu, et une famille modeste percevra le risque comme plus lourd (Boudon, 1973). Enfin, les valeurs étant fictives, le schéma illustre un raisonnement et ne prouve rien à lui seul.

Ce que cette analyse apprend — Un graphique théorique s'analyse en décrivant les courbes, en identifiant les zones (coûts, gains) et en les reliant aux notions, sans oublier de dire qu'il s'agit d'un modèle.

Document 4 — L'inflation scolaire : quand les diplômes se multiplient

Difficile

Texte : présentation de la thèse d'un ouvrage de sociologie (résumé) · Présentation (résumé rédigé pour l'exercice, sans citation) de la thèse de Marie Duru-Bellat, L'Inflation scolaire. Les désillusions de la méritocratie, Paris, Seuil, coll. « La République des idées », 2006.

Marie Duru-Bellat, sociologue spécialiste de l'éducation, publie ce livre en 2006, alors que près des deux tiers d'une génération obtiennent le baccalauréat. Le texte ci-dessus résume sa thèse sans la citer.

Depuis les années 1960, la France a fait de l'allongement des études une priorité : la part de bacheliers dans une génération a fortement augmenté, et l'enseignement supérieur s'est ouvert à un public beaucoup plus large. Dans cet ouvrage, la sociologue Marie Duru-Bellat soutient que cette expansion a produit des effets inattendus.

Selon elle, le nombre de diplômés a progressé plus vite que le nombre d'emplois qualifiés. Or la valeur d'un diplôme sur le marché du travail est en partie relative : elle dépend de sa rareté par rapport aux autres candidats. Quand un diplôme se banalise, il faut aller plus loin dans les études pour obtenir le même emploi que la génération précédente. Une partie des jeunes diplômés occupe alors des emplois qui ne correspondent pas à leur niveau de formation.

L'auteure souligne aussi que l'allongement des études n'a pas fait disparaître les inégalités sociales : les enfants des milieux favorisés continuent d'accéder plus souvent aux filières les plus sélectives, qui restent les plus rentables. La promesse d'une société où chacun occuperait la place méritée par ses diplômes est donc en partie déçue, d'où les « désillusions de la méritocratie » du sous-titre.

Elle en conclut qu'il ne faut pas tout attendre de l'école pour réduire les inégalités, et qu'une course sans fin aux diplômes a un coût, pour les individus comme pour la collectivité.

À l'aide du document et de vos connaissances, vous montrerez que la massification scolaire modifie la relation entre diplôme et emploi, puis vous nuancerez l'idée que les diplômes auraient perdu leur valeur.

  1. À partir du texte, définissez l'inflation scolaire.
  2. Expliquez le mécanisme qui conduit de la massification scolaire au déclassement.
  3. Pourquoi l'auteure parle-t-elle de « désillusions de la méritocratie » ?
  4. À l'aide de vos connaissances, nuancez l'idée que les diplômes « ne vaudraient plus rien ».
Voir la réponse rédigée

1. L'inflation scolaire désigne la baisse de la valeur relative des diplômes sur le marché du travail, lorsque le nombre de diplômés augmente plus vite que le nombre d'emplois qualifiés. Le texte l'exprime ainsi : quand un diplôme se banalise, il faut aller plus loin dans les études pour obtenir le même emploi que la génération précédente. Comme pour la monnaie, l'abondance fait baisser la valeur de chaque unité.

2. Le mécanisme comporte trois étapes. D'abord, la massification : depuis les années 1960 (réforme Berthoin en 1959, collège unique en 1975, objectif de 80 % d'une génération au niveau du bac en 1985), le nombre de diplômés s'accroît fortement. Ensuite, comme le texte le rappelle, la valeur d'un diplôme dépend en partie de sa rareté : c'est la logique du signal de Spence (1973), qui ne distingue plus son titulaire s'il est partagé par tous. Enfin, si les emplois qualifiés n'augmentent pas au même rythme, une partie des diplômés accepte des postes en dessous de leur niveau : c'est le déclassement, par exemple un titulaire de licence employé comme agent d'accueil.

3. La méritocratie est l'idéal d'une société où les positions sont attribuées selon le mérite, mesuré par les diplômes. L'auteure parle de « désillusions » pour deux raisons tirées du texte. D'une part, le diplôme ne garantit plus la position attendue : beaucoup de diplômés sont déclassés. D'autre part, l'école n'a pas effacé les inégalités sociales : les enfants des milieux favorisés accèdent davantage aux filières les plus sélectives et les plus rentables, ce qui rejoint l'analyse du capital culturel de Bourdieu et Passeron (1964) et celle des stratégies familiales de Boudon (1973). Le mérite scolaire reflète donc en partie l'origine sociale.

4. Il faut distinguer valeur relative et valeur absolue. Les diplômes ont perdu de leur valeur relative, mais ils protègent toujours : en 2022, le taux de chômage est de l'ordre de 13 % pour les non-diplômés contre 4 % pour les diplômés du supérieur long (INSEE, ordres de grandeur), et l'écart est encore plus fort chez les jeunes. Ce qui a changé, c'est que ne pas avoir de diplôme est devenu plus pénalisant, puisque la plupart des concurrents en ont un. Par ailleurs, le déclassement est souvent temporaire : beaucoup de jeunes diplômés commencent sous leur niveau puis progressent grâce à l'expérience. Enfin, tous les diplômes ne se valent pas : ceux des filières sélectives conservent un rendement élevé. Le diplôme reste donc nécessaire, mais il n'est plus suffisant.

Ce que cette analyse apprend — Un texte d'auteur s'exploite en reformulant sa thèse avec les notions du cours, puis en la discutant avec des connaissances précises, sans la réfuter en bloc.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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