Pouvoir politique, État et démocratie, séparation des pouvoirs, modes de scrutin, partis politiques, société civile organisée (SES de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment s'organise la vie politique ? » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Pouvoir politique, légitimité et État, Qu'est-ce qu'une démocratie représentative ?, Séparation des pouvoirs et institutions de la Ve République, Les modes de scrutin et leurs effets sur la représentation. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Pouvoir politique
Capacité d'imposer des décisions à l'ensemble d'une population sur un territoire, au besoin par la contrainte.
À ne pas confondre
Autorité — L'autorité est un pouvoir reconnu comme légitime, auquel on obéit sans contrainte.
Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la philosophie politique depuis l'Antiquité ; Max Weber la systématise au début du XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à introduire tout sujet sur l'État. Faute : confondre pouvoir politique et toute forme d'influence (un patron a du pouvoir, pas un pouvoir politique).
État
Forme institutionnalisée du pouvoir politique, qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime sur un territoire.
À ne pas confondre
Gouvernement — Le gouvernement est l'équipe dirigeante du moment ; l'État est l'ensemble durable des institutions.
Nation — La nation est une communauté humaine se reconnaissant une identité commune ; l'État est une organisation juridique.
Selon l'époque et le point de vue — Définition de Max Weber, conférence de Munich de 1919.
Ce que le mot permet d'écrire — À définir dans toute introduction ; faute : oublier l'adjectif « légitime ».
Légitimité
Qualité d'un pouvoir reconnu comme juste et acceptable par ceux qui y sont soumis.
À ne pas confondre
Légalité — La légalité est la conformité au droit ; un pouvoir peut être légal et contesté, ou légitime sans base légale (la France libre en 1940).
Selon l'époque et le point de vue — Weber distingue la légitimité traditionnelle, charismatique et légale-rationnelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer pourquoi on obéit à l'État ; faute : réduire la légitimité à l'élection.
État de droit
État dans lequel le pouvoir est soumis à des règles de droit hiérarchisées, dont le respect est contrôlé par des juges indépendants.
À ne pas confondre
Démocratie — La démocratie concerne l'origine du pouvoir (le peuple) ; l'État de droit concerne ses limites (le droit).
Selon l'époque et le point de vue — Formalisé par le juriste Hans Kelsen (hiérarchie des normes, 1934) ; en France, Conseil constitutionnel (1958) et QPC (2010).
Ce que le mot permet d'écrire — Critère d'une démocratie ; faute : croire qu'une majorité élue peut tout faire.
Démocratie représentative
Régime dans lequel les citoyens exercent la souveraineté en élisant des représentants qui décident en leur nom.
À ne pas confondre
Démocratie directe — Les citoyens y décident eux-mêmes (assemblée athénienne, référendum).
Démocratie participative — Elle associe les citoyens à la préparation des décisions (consultations, conventions citoyennes) sans leur transférer le pouvoir de décider.
Selon l'époque et le point de vue — Défendue par Sieyès en 1789 ; article 3 de la Constitution de 1958.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur du chapitre ; faute : présenter l'élection comme suffisante pour qu'un régime soit démocratique.
Souveraineté nationale
Principe selon lequel le pouvoir suprême appartient à la nation, qui l'exerce par ses représentants et par référendum.
À ne pas confondre
Souveraineté populaire — Chez Rousseau, elle appartient à chaque citoyen et ne se délègue pas ; la Constitution de 1958 combine les deux traditions.
Selon l'époque et le point de vue — Affirmée par l'article 3 de la Déclaration de 1789, reprise par l'article 3 de la Constitution de 1958.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le rôle des élus ; faute : croire que le député doit obéir à ses électeurs (le mandat impératif est nul).
Séparation des pouvoirs
Principe qui confie les fonctions législative, exécutive et judiciaire à des organes distincts pour éviter l'abus de pouvoir.
À ne pas confondre
Équilibre des pouvoirs — L'équilibre suppose que les pouvoirs séparés disposent aussi de moyens de se contrôler mutuellement.
Selon l'époque et le point de vue — Montesquieu, 1748 ; article 16 de la Déclaration de 1789.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour comparer les régimes ; faute : la présenter comme un cloisonnement total.
Régime parlementaire
Régime de séparation souple des pouvoirs : le gouvernement est responsable devant le Parlement, qui peut le renverser, et l'exécutif peut dissoudre la chambre basse.
À ne pas confondre
Régime présidentiel — Séparation stricte : ni renversement du gouvernement ni dissolution.
Selon l'époque et le point de vue — Né au Royaume-Uni aux XVIIIe et XIXe siècles ; IIIe, IVe et Ve Républiques en France.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour caractériser la Ve République ; faute : croire qu'un Président élu au suffrage direct fait un régime présidentiel.
Régime présidentiel
Régime de séparation stricte des pouvoirs : exécutif et législatif sont élus séparément et ne peuvent se renverser l'un l'autre.
À ne pas confondre
Présidentialisme — Dérive d'un régime où le Président concentre en pratique l'essentiel du pouvoir.
Selon l'époque et le point de vue — Modèle de la Constitution des États-Unis de 1787.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour comparer ; faute : le définir par la puissance du Président plutôt que par l'absence de responsabilité et de dissolution.
Mode de scrutin
Ensemble des règles qui organisent l'élection et transforment les voix en sièges.
À ne pas confondre
Type de suffrage — Le suffrage désigne qui vote et comment (direct ou indirect, universel) ; le mode de scrutin, comment les voix sont comptées.
Selon l'époque et le point de vue — Débat constant sous la Ve République, notamment en 1985-1986 avec le passage temporaire à la proportionnelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur de la question des effets sur la représentation ; faute : le traiter comme un détail technique.
Scrutin majoritaire
Mode de scrutin qui attribue le siège ou la liste des sièges au candidat ou à la liste arrivé en tête, à un ou deux tours.
À ne pas confondre
Majorité absolue — Plus de la moitié des suffrages ; la majorité relative est simplement le plus grand nombre.
Selon l'époque et le point de vue — Uninominal à deux tours pour les législatives depuis 1958 (sauf 1986) et pour la présidentielle depuis 1965.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer l'effet amplificateur ; faute : dire qu'il garantit toujours une majorité (contre-exemples de 2022 et 2024).
Scrutin proportionnel
Mode de scrutin de liste qui répartit les sièges en fonction de la part des voix obtenue par chaque liste, souvent au-delà d'un seuil.
À ne pas confondre
Représentativité — La représentativité est l'effet recherché : une assemblée à l'image des opinions.
Selon l'époque et le point de vue — IVe République ; européennes (liste nationale depuis 2019, seuil de 5 %) ; législatives de 1986.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer l'arbitrage avec la gouvernabilité ; faute : oublier le seuil, qui écarte les petites listes.
Parti politique
Organisation durable qui cherche à conquérir et exercer le pouvoir en obtenant le soutien des électeurs.
À ne pas confondre
Groupe d'intérêt — Il cherche à influencer le pouvoir sans l'exercer lui-même.
Selon l'époque et le point de vue — Critères de LaPalombara et Weiner (1966) ; reconnus par l'article 4 de la Constitution de 1958 ; financement public depuis 1988.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer la sélection des candidats et l'offre politique ; faute : les réduire à des machines électorales.
Société civile organisée
Ensemble des groupements distincts de l'État et des partis qui organisent des citoyens autour d'intérêts ou de causes : associations, syndicats, ONG, groupes d'intérêt.
À ne pas confondre
Opinion publique — L'opinion est un ensemble diffus de jugements ; la société civile organisée est structurée en organisations.
Selon l'époque et le point de vue — Cadre juridique posé en 1884 (syndicats) et 1901 (associations) ; représentée au Conseil économique, social et environnemental.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer que la vie politique ne se limite pas aux élections ; faute : lui prêter une légitimité élective.
Groupe d'intérêt
Organisation qui défend les intérêts ou les causes de ses membres en cherchant à influencer les décisions publiques.
À ne pas confondre
Lobbying — Le lobbying est une des actions du groupe d'intérêt : l'influence directe auprès des décideurs.
Selon l'époque et le point de vue — Olson (1965) analyse les obstacles à leur mobilisation ; en France, répertoire des représentants d'intérêts depuis la loi Sapin II (2016).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour étudier l'influence sur la décision ; faute : les assimiler systématiquement à la corruption.
Parité
Objectif d'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.
À ne pas confondre
Égalité des droits — L'égalité des droits (droit de vote de 1944) n'assure pas l'égalité effective de représentation.
Selon l'époque et le point de vue — Révision constitutionnelle de 1999, loi du 6 juin 2000 ; principe inscrit à l'article 1er depuis 2008.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer l'effet des modes de scrutin ; faute : croire que la loi impose 50 % de députées.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Gouvernabilité / représentativité
La gouvernabilité est la capacité à dégager une majorité stable ; la représentativité, la fidélité de l'assemblée aux opinions des électeurs.
Ce qu'il débloque — Structure toute réflexion sur les modes de scrutin.
Exemple — Sur le sujet « Faut-il instaurer la proportionnelle aux législatives ? », il permet d'opposer l'exemple de 2017 à celui de la IVe République.
Pouvoir / légitimité
Le pouvoir est une capacité d'imposer ; la légitimité, la reconnaissance qui rend l'obéissance acceptée.
Ce qu'il débloque — Permet de dépasser une vision purement coercitive de l'État.
Exemple — Sur le sujet « Pourquoi obéit-on à l'État ? », il permet de mobiliser les trois types de domination de Weber.
Démocratie directe / représentative
Décider soi-même ou élire ceux qui décident.
Ce qu'il débloque — Pour situer les institutions françaises, qui combinent les deux (art. 3).
Exemple — Sur le sujet « Le référendum est-il plus démocratique que l'élection ? », il permet de comparer 2005 et l'élection des députés.
Séparation stricte / séparation souple
Pouvoirs indépendants sans moyens de se renverser, ou pouvoirs qui collaborent et se contrôlent.
Ce qu'il débloque — Pour distinguer régime présidentiel et régime parlementaire.
Exemple — Sur le sujet « La Ve République est-elle un régime présidentiel ? », il permet d'opposer l'élection directe du Président aux articles 12 et 49.
Partis / société civile organisée
Conquérir le pouvoir ou l'influencer.
Ce qu'il débloque — Pour montrer la pluralité des acteurs de la vie politique.
Exemple — Sur le sujet « Les partis sont-ils les seuls acteurs de la vie politique ? », il permet de mobiliser l'intersyndicale de 2023 ou « L'Affaire du siècle ».
Représentation / participation
Déléguer la décision à des élus, ou intervenir directement dans le débat public.
Ce qu'il débloque — Pour montrer que la démocratie ne s'arrête pas au jour du vote.
Exemple — Sur le sujet « La démocratie se limite-t-elle à l'élection ? », il permet de relier pétitions, manifestations et recours en justice.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.