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SES (2nde) 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · SES (2nde)

Comment s'organise la vie politique ?

Pouvoir politique, État et démocratie, séparation des pouvoirs, modes de scrutin, partis politiques, société civile organisée (SES de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours de SES (2nde) en seconde sur « Comment s'organise la vie politique ? » suit le programme officiel de SES (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Pouvoir politique, légitimité et État, Qu'est-ce qu'une démocratie représentative ?, Séparation des pouvoirs et institutions de la Ve République, Les modes de scrutin et leurs effets sur la représentation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en SES (2nde).

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La Constitution de 1958 organise la représentation

Facile

Texte juridique (extraits de la Constitution) · Constitution de la République française du 4 octobre 1958, articles 3, 4, 20 et 24 (rédaction issue de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008).

La Constitution est adoptée par référendum le 28 septembre 1958 et promulguée le 4 octobre, à l'initiative du général de Gaulle, pour mettre fin à l'instabilité de la IVe République. Elle s'adresse à tous les citoyens et fixe les règles du jeu politique.

Article 3. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret. […]

Article 4. Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. […] La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

Article 20. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

Article 24. Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. Il comprend l'Assemblée nationale et le Sénat. Les députés à l'Assemblée nationale, dont le nombre ne peut excéder cinq cent soixante-dix-sept, sont élus au suffrage direct. Le Sénat, dont le nombre de membres ne peut excéder trois cent quarante-huit, est élu au suffrage indirect. […]

Après avoir présenté le document, vous montrerez comment la Constitution de 1958 organise la représentation politique.

  1. Présentez le document (nature, date, portée).
  2. Qui détient la souveraineté et comment l'exerce-t-il, selon l'article 3 ?
  3. Montrez à l'aide des articles 20 et 24 que les pouvoirs sont séparés mais collaborent.
  4. Quel rôle l'article 4 donne-t-il aux partis politiques ? Pourquoi le pluralisme est-il essentiel ?
Voir la réponse rédigée

1. Le document rassemble quatre articles de la Constitution du 4 octobre 1958, texte fondateur de la Ve République, placé au sommet de la hiérarchie des normes. Il s'agit d'un texte juridique : ses dispositions s'imposent à toutes les institutions et aux lois, sous le contrôle du Conseil constitutionnel. Les articles retenus portent sur la souveraineté (art. 3), les partis (art. 4), le gouvernement (art. 20) et le Parlement (art. 24).

2. Selon l'article 3, « la souveraineté nationale appartient au peuple ». Le peuple l'exerce de deux manières : « par ses représentants », c'est la démocratie représentative, et « par la voie du référendum », c'est une forme de démocratie directe. L'article précise qu'« aucune section du peuple ni aucun individu » ne peut s'approprier cette souveraineté : un groupe ou un chef ne peut parler seul au nom du peuple. Le suffrage est « universel, égal et secret », conditions d'élections démocratiques.

3. Les fonctions sont attribuées à des organes distincts : le Gouvernement « détermine et conduit la politique de la nation » et dispose de l'administration (pouvoir exécutif), le Parlement « vote la loi » (pouvoir législatif). Mais ces pouvoirs ne sont pas cloisonnés : le Parlement « contrôle l'action du Gouvernement » (art. 24) et le Gouvernement est « responsable devant le Parlement » (art. 20), qui peut le renverser par une motion de censure (art. 49). C'est une séparation souple, caractéristique d'un régime parlementaire.

4. L'article 4 affirme que les partis « concourent à l'expression du suffrage » : ils présentent des candidats et des programmes entre lesquels les électeurs choisissent. Ils se forment « librement », ce qui garantit le pluralisme, mais doivent respecter la démocratie. Ce pluralisme est essentiel car une élection sans choix réel ne permet pas au peuple d'exercer sa souveraineté : c'est la possibilité de choisir entre plusieurs offres, et donc l'alternance, qui distingue une démocratie d'un régime à parti unique.

Ce que cette analyse apprend — Lire un texte juridique en citant l'article précis qui justifie chaque affirmation.

Document 2 — Des voix aux sièges : les législatives de 2017

Moyen

Tableau statistique · D'après ministère de l'Intérieur, résultats des élections législatives des 11 et 18 juin 2017 (nuances politiques) ; part des sièges calculée pour l'exercice, 2017.

Les législatives de juin 2017 suivent de quelques semaines l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence (7 mai 2017). Son mouvement, créé en 2016, présente des candidats dans presque toutes les circonscriptions, en alliance avec le MoDem.

Force politiqueVoix au 1er tour (% des suffrages exprimés)Sièges obtenus (sur 577)Part des sièges (%)
La République en marche (LREM)28,230853,4
Les Républicains (LR)15,811219,4
Front national (FN)13,281,4
La France insoumise (LFI)11,0172,9
Parti socialiste (PS)7,4305,2
Mouvement démocrate (MoDem)4,1427,3

Champ : principales forces politiques ; les autres (UDI, PCF, divers) ne figurent pas dans le tableau. Mode de scrutin : majoritaire uninominal à deux tours dans 577 circonscriptions.

À l'aide du document, vous montrerez que le mode de scrutin majoritaire influence la représentation politique.

  1. Faites une phrase présentant les données de LREM.
  2. Calculez, en points de pourcentage, l'écart entre part des sièges et part des voix pour LREM et pour le FN.
  3. Comment le mode de scrutin explique-t-il ces écarts ? Pourquoi le MoDem est-il surreprésenté ?
  4. Quels avantages et quelles limites ce mode de scrutin présente-t-il pour la démocratie ?
Voir la réponse rédigée

1. Selon le ministère de l'Intérieur, aux élections législatives de juin 2017, La République en marche a obtenu 28,2 % des suffrages exprimés au premier tour et 308 sièges de députés sur 577, soit 53,4 % des sièges de l'Assemblée nationale.

2. Pour LREM, l'écart est de 53,4 − 28,2 = + 25,2 points : sa part des sièges est près de deux fois supérieure à sa part des voix. Pour le FN, l'écart est de 1,4 − 13,2 = − 11,8 points : avec plus d'un électeur sur huit, il n'obtient que 8 députés. LFI est aussi sous-représentée (2,9 − 11,0 = − 8,1 points).

3. Au scrutin majoritaire uninominal, seul le candidat arrivé en tête dans chaque circonscription est élu : les voix des autres candidats ne donnent aucun siège. Un parti qui arrive souvent en tête ou qui est bien placé pour gagner les seconds tours, comme LREM, est amplifié. Un parti qui obtient beaucoup de voix mais perd les duels du second tour, faute d'alliés, comme le FN, est laminé. Le MoDem, avec seulement 4,1 % des voix, obtient 7,3 % des sièges car il est allié à LREM : les deux formations ne se présentent pas l'une contre l'autre et ses candidats bénéficient des voix de la majorité présidentielle. Le mode de scrutin récompense donc les alliances.

4. Ce mode de scrutin favorise la gouvernabilité : en 2017, il donne au Président une majorité absolue, sans négociation de coalition, et facilite l'adoption des lois. Mais il dégrade la représentativité : des millions d'électeurs du FN ou de LFI ont très peu de représentants, ce qui peut nourrir un sentiment d'exclusion. C'est tout l'arbitrage des modes de scrutin : aucun ne concilie parfaitement majorité stable et image fidèle des opinions.

Ce que cette analyse apprend — Transformer un tableau en raisonnement : lire une donnée, calculer un écart en points, puis l'expliquer par un mécanisme.

Document 3 — La Déclaration de 1789 mise en image

Moyen

Peinture (document iconographique) · Jean-Jacques-François Le Barbier, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, huile sur bois, vers 1789, Paris, musée Carnavalet.

Peint dans les mois qui suivent le vote de la Déclaration, le tableau célèbre la fin de la monarchie absolue et l'affirmation des droits naturels. Il s'adresse à un public large et fait du texte un objet quasi sacré.

Description. Le tableau, de format vertical, reproduit le texte de la Déclaration adoptée par l'Assemblée nationale constituante le 26 août 1789. Le préambule et les dix-sept articles sont gravés sur deux tables arrondies au sommet, qui rappellent les tables de la Loi de la tradition biblique. Entre les deux tables se dresse un faisceau de licteur, symbole d'unité et d'autorité, surmonté d'un bonnet phrygien rouge, symbole de liberté. Dans la partie supérieure, deux figures allégoriques encadrent un œil rayonnant inscrit dans un triangle, qui représente la raison ou l'Être suprême : à gauche, une femme figurant la France, qui vient de briser des chaînes ; à droite, une figure ailée figurant la Loi, qui désigne de son sceptre le triangle lumineux.

Article 16 du texte représenté : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. »

Après avoir présenté le document, vous expliquerez en quoi il exprime les principes d'un État de droit.

  1. Présentez le document (auteur, nature, date, sujet).
  2. Relevez deux symboles et expliquez leur signification.
  3. Expliquez l'article 16 : quelles sont les deux conditions d'une Constitution ?
  4. En quoi ces principes se retrouvent-ils dans l'organisation politique actuelle de la France ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une peinture à l'huile sur bois de Jean-Jacques-François Le Barbier, réalisée vers 1789 et conservée au musée Carnavalet à Paris. Elle représente la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, votée le 26 août 1789 par l'Assemblée constituante, sous la forme de deux tables portant le texte intégral.

2. Les deux tables arrondies évoquent les tables de la Loi : le peintre présente les droits de l'homme comme une loi fondamentale, supérieure et durable, qui doit guider la société. Le bonnet phrygien, porté par les esclaves affranchis dans l'Antiquité, symbolise la liberté conquise ; la France qui a brisé ses chaînes exprime la même idée : la fin de l'arbitraire de la monarchie absolue.

3. L'article 16 pose deux conditions cumulatives : la « garantie des droits » doit être assurée, et la « séparation des pouvoirs » doit être « déterminée ». Une société qui ne réunit pas ces deux conditions « n'a point de Constitution », même si elle possède un texte portant ce nom. Une Constitution n'est donc pas seulement un texte qui organise le pouvoir : c'est un texte qui le limite pour protéger les libertés, idée reprise de Montesquieu.

4. Ces principes sont au cœur de l'État de droit actuel. La Déclaration de 1789 fait partie du « bloc de constitutionnalité » : elle est citée dans le préambule de la Constitution de 1958, et le Conseil constitutionnel peut annuler une loi qui la méconnaît, y compris à la demande d'un justiciable par une QPC depuis 2010. La séparation des pouvoirs se retrouve dans la distinction entre Gouvernement, Parlement et autorité judiciaire, dont l'indépendance est garantie par l'article 64. Le pouvoir de l'État est ainsi soumis au droit.

Ce que cette analyse apprend — Décrire avant d'interpréter : identifier chaque symbole, puis le relier à une idée politique précise.

Document 4 — Montesquieu : « le pouvoir arrête le pouvoir »

Difficile

Texte d'époque (philosophie politique) · Montesquieu, De l'esprit des lois, Genève, 1748, livre XI, chapitres 4 et 6 (orthographe modernisée).

Magistrat bordelais, Montesquieu écrit sous la monarchie absolue de Louis XV, où le roi concentre en théorie tous les pouvoirs ; son chapitre 6 s'inspire de l'Angleterre, qu'il a visitée. L'ouvrage, destiné au public cultivé de l'Europe des Lumières, inspire les constituants américains de 1787 et français de 1789.

« La démocratie et l'aristocratie ne sont point des États libres par leur nature. La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n'est pas toujours dans les États modérés ; elle n'y est que lorsqu'on n'abuse pas du pouvoir ; mais c'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. […] Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » (chapitre 4)

« Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n'y a point de liberté ; parce qu'on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement. Il n'y a point encore de liberté si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire : car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur. Tout serait perdu si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçait ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. » (chapitre 6)

Après avoir présenté le document, vous montrerez que la séparation des pouvoirs vise à protéger la liberté politique, puis vous discuterez son application sous la Ve République.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. Quel constat sur la nature humaine fonde le raisonnement de Montesquieu ? Quelle solution propose-t-il ?
  3. Expliquez, pour chacune des trois réunions de pouvoirs évoquées, le danger qu'elle fait courir à la liberté.
  4. Montesquieu affirme que la démocratie n'est pas « libre par sa nature ». Expliquez ce paradoxe, puis montrez que la Ve République applique son principe de façon souple.
Voir la réponse rédigée

1. Ce texte est extrait de De l'esprit des lois, publié en 1748 par Montesquieu, philosophe des Lumières et magistrat. Il écrit sous la monarchie absolue, où le roi fait la loi, l'exécute et rend la justice en dernier ressort. Les chapitres 4 et 6 du livre XI exposent ce qu'on appellera la séparation des pouvoirs, en s'inspirant des institutions anglaises.

2. Montesquieu part d'un constat pessimiste : « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser » et « il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites ». Il ne compte donc pas sur la vertu des gouvernants mais sur l'organisation des institutions : « par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». La liberté naît d'un équilibre entre pouvoirs qui se limitent mutuellement.

3. Si législatif et exécutif sont réunis, le même organe peut faire « des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement » : aucune instance ne l'arrête. Si le juge est aussi législateur, il crée la règle au moment où il l'applique, et son pouvoir « sur la vie et la liberté des citoyens » devient « arbitraire ». Si le juge est aussi exécutif, il dispose de la force publique et peut devenir « un oppresseur ». La réunion des trois dans les mêmes mains, qu'il s'agisse d'un homme, des nobles ou « du peuple », signifie que « tout serait perdu ».

4. Pour Montesquieu, la liberté ne dépend pas de qui gouverne mais de la façon dont le pouvoir est limité : un peuple souverain qui concentrerait tous les pouvoirs pourrait être aussi tyrannique qu'un monarque. C'est pourquoi une démocratie doit aussi être un État de droit. La Ve République applique le principe de façon souple : le Gouvernement et le Parlement sont distincts, l'autorité judiciaire est indépendante (art. 64) et le Conseil constitutionnel contrôle les lois. Mais les pouvoirs collaborent : le Gouvernement est à l'origine de la plupart des lois, le Parlement peut le renverser (art. 49) et le Président peut dissoudre l'Assemblée (art. 12). On peut enfin discuter le poids de l'exécutif, notamment lorsque le Président dispose d'une majorité fidèle à l'Assemblée, ce qui affaiblit le contrôle parlementaire.

Ce que cette analyse apprend — Expliquer un texte théorique ancien en citant ses formules, puis en tester l'actualité sur un cas précis.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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