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Échantillonnage et loi des grands nombres

Échantillon, fluctuation d'échantillonnage, fréquence et probabilité, loi des grands nombres (approche expérimentale), simulation en Python, proportion d'échantillons dont la fréquence est proche de p

À propos de cette page
Ce cours de mathématiques en seconde sur « Échantillonnage et loi des grands nombres » suit le programme officiel de mathématiques de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Fréquence et probabilité : la loi des grands nombres, Proportion d'échantillons dont la fréquence est proche de p, Simuler des échantillons en Python. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en mathématiques.
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L'essentiel

Échantillon. On répète n fois, de façon indépendante, une même expérience aléatoire à deux issues : « succès », de probabilité p, ou « échec ». La liste des n résultats obtenus est un échantillon de taille n. Prélever au hasard, avec remise, n individus dans une population où un caractère a la proportion p revient au même.
Fréquence observée. f=nombre de succèsn. C'est un nombre de [0;1] qui dépend de l'échantillon obtenu.
Fluctuation d'échantillonnage. D'un échantillon à l'autre, de même taille, la fréquence observée f varie : c'est la fluctuation d'échantillonnage. La probabilité p, elle, reste fixe.
Loi des grands nombres (approche expérimentale). Quand la taille n de l'échantillon devient grande, la fréquence observée f se stabilise autour de la probabilité p.
Propriété (constatée par simulation). Pour environ 95 % des échantillons de taille n, on a |f−p|≤1n, c'est-à-dire f∈[p−1n;p+1n].
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Fréquence et probabilité : la loi des grands nombres

On lance une pièce équilibrée (p=0,5 pour « pile ») et on calcule la fréquence de pile pour des échantillons de plus en plus grands. Résultats d'une simulation :

Lecture. Pour n=10, la fréquence (0,7) est loin de 0,5 ; pour n=20000, elle vaut 0,4993, à moins de 0,001 de p. Plus l'échantillon est grand, plus la fréquence est stable et proche de p.
Estimer une probabilité inconnue. Quand p n'est pas connue (punaise, bouchon, pièce déformée), la loi des grands nombres justifie de prendre comme estimation de p la fréquence observée sur un grand échantillon. C'est aussi le principe d'un sondage : la proportion observée dans l'échantillon estime la proportion dans la population.
Astuce. La loi des grands nombres parle de fréquences, pas de nombres de succès : sur 20 000 lancers, obtenir 9 986 piles au lieu de 10 000 fait un écart de 14 piles, mais un écart de fréquence de 0,0007 seulement.
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Proportion d'échantillons dont la fréquence est proche de p

On simule un grand nombre d'échantillons de taille n et on compte ceux pour lesquels |f−p|≤1n. Quelle que soit la valeur de p, et pour n pas trop petit, on constate que cette proportion est proche de 95 % (souvent un peu plus).

Exemple. p=0,3 et n=400 : 1400=120=0,05. Environ 95 % des échantillons de taille 400 ont une fréquence dans [0,25;0,35], c'est-à-dire entre 100 et 140 succès.
Largeur de l'intervalle. Elle vaut 2n. Multiplier n par 4 la divise par 2 ; multiplier n par 100 la divise par 10.
Prise de décision. On suppose que la probabilité vaut p et on observe la fréquence f d'un échantillon de taille n.
• Si f n'appartient pas à l'intervalle, on met en doute l'hypothèse, avec un risque d'erreur d'environ 5 %.
• Si f appartient à l'intervalle, l'échantillon est compatible avec p : on n'a pas de raison de rejeter l'hypothèse, mais ce n'est pas une preuve.
Estimation. Sur 1 444 lancers d'un bouchon, il tombe sur le côté avec la fréquence 0,23. Comme |f−p|≤11444=138≈0,026 pour environ 95 % des échantillons, p est vraisemblablement dans [0,204;0,256].
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Simuler des échantillons en Python

random() renvoie un réel au hasard dans [0;1[. Le test random()<p est vrai avec la probabilité p : il simule un succès.

from random import random

def echantillon(n, p):
    succes = 0
    for i in range(n):
        if random() < p:
            succes = succes + 1
    return succes / n

Pour étudier la proportion d'échantillons « proches de p », on répète la simulation N fois :

from math import sqrt

def proportion_proches(N, n, p):
    proches = 0
    for k in range(N):
        f = echantillon(n, p)
        if abs(f - p) <= 1 / sqrt(n):
            proches = proches + 1
    return proches / N
Exemple. proportionproches(1000,50,0.25) renvoie par exemple 0,974 : sur 1 000 échantillons de taille 50, environ 97 % ont une fréquence à moins de 150≈0,141 de 0,25. Une nouvelle exécution donne un résultat voisin, mais pas identique.
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Méthodes

Méthode 1 — Calculer une fréquence et un écart
  1. Compter les succès et diviser par la taille n.
  2. Calculer l'écart |f−p| avec la probabilité théorique.
Exemple rédigé. Sur 80 lancers d'une pièce, on obtient 52 piles : f=5280=0,65. L'écart avec p=0,5 vaut |0,65−0,5|=0,15.
Méthode 2 — Décider si un échantillon est compatible avec p
  1. Calculer 1n puis l'intervalle [p−1n;p+1n].
  2. Calculer la fréquence observée f.
  3. Conclure : f dans l'intervalle → compatible ; f hors de l'intervalle → on met en doute p (risque d'environ 5 %).
Exemple rédigé. On annonce p=0,45 ; un échantillon de taille 625 compte 243 succès. 1625=125=0,04, d'où l'intervalle [0,41;0,49]. Or f=243625=0,3888<0,41 : on met en doute la valeur annoncée, avec un risque d'erreur d'environ 5 %.
Méthode 3 — Trouver la taille minimale d'un échantillon
  1. Écrire la condition 1n≤e.
  2. Elle équivaut à n≥1e, puis à n≥1e2 (tout est positif).
  3. Prendre le plus petit entier qui convient et le vérifier.
Exemple rédigé. Pour 1n≤0,045 : n≥10,045≈22,222, donc n≥493,8. Le plus petit entier est n=494.
Méthode 4 — Traduire l'intervalle en nombres de succès
  1. Multiplier les deux bornes de l'intervalle par n.
  2. Garder les entiers compris entre ces deux nombres.
Exemple rédigé. p=0,125 et n=576 : 1576=124. Bornes en succès : 576×0,125−57624=72−24=48 et 72+24=96. Un échantillon est compatible si et seulement s'il compte entre 48 et 96 succès ; avec 39 succès, on met en doute p.
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Pièges et erreurs classiques

Fréquence ou probabilité ? p est un nombre fixe ; f change à chaque échantillon. Écrire « f=p » est presque toujours faux.
Pas de compensation. Après une série de piles, pile n'a pas « moins de chances » de sortir : les lancers sont indépendants. La fréquence se rapproche de p par dilution des écarts dans un grand nombre de lancers.
Décider n'est pas prouver. Une fréquence hors de l'intervalle ne prouve pas que p est faux (risque d'environ 5 %) ; une fréquence dans l'intervalle ne prouve pas que p est exact.
1/√n et non 1/n. Doubler n ne divise pas la largeur par 2 mais par 2≈1,41 ; pour la diviser par 2, il faut multiplier n par 4.
Arrondis et bornes. Près d'une borne, reprendre les valeurs exactes (fractions) avant de conclure. Si une borne sort de [0;1], on la remplace par 0 ou par 1 : une fréquence n'est jamais négative.
En bref
  • Échantillon de taille n : n répétitions indépendantes d'une expérience ; fréquence observée f=succèsn.
  • Fluctuation d'échantillonnage : f varie d'un échantillon à l'autre, p reste fixe.
  • Loi des grands nombres : quand n grandit, f se stabilise autour de p ; on estime une probabilité inconnue par une fréquence sur un grand échantillon.
  • Environ 95 % des échantillons de taille n vérifient |f−p|≤1n.
  • f hors de [p−1n;p+1n] : on met en doute p (risque ≈ 5 %) ; f dedans : compatible, sans preuve.
  • En Python : random()<p simule un succès de probabilité p.
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