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Histoire-Géographie 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · Histoire-Géographie

Des ressources majeures sous pression : tensions, gestion

Eau et ressources énergétiques, inégale répartition, conflits d'usage, gestion durable, transition énergétique (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en seconde sur « Des ressources majeures sous pression : tensions, gestion » suit le programme officiel d'histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une ressource ? Une construction sociale, L'eau : une ressource inégalement répartie et inégalement accessible, Les conflits d'usage de l'eau, du local à l'international, Gérer l'eau : de la course à l'offre au partage. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Des ressources majeures sous pression : l'eau, entre tensions et gestion.

Analyse des termes — L'eau douce est une ressource renouvelable mais inégalement répartie ; « sous pression » signifie que la demande approche ou dépasse ce que le milieu et les équipements peuvent fournir, et « tensions » renvoie aux conflits d'usage à toutes les échelles. Le sujet est mondial et contemporain : on remonte au XXe siècle pour comprendre les grands aménagements et les accords de partage, et l'on raisonne du local au mondial.

Problématique — Pourquoi l'eau, ressource renouvelable, est-elle devenue une ressource sous pression, source de tensions à toutes les échelles, et comment les sociétés cherchent-elles à la gérer durablement ?

Introduction rédigéeEn 2018, la ville du Cap, en Afrique du Sud, a failli devenir la première grande métropole à couper l'eau de ses robinets : le « jour zéro » n'a été évité que par un rationnement sévère. L'eau est pourtant une ressource renouvelable, sans cesse reconstituée par le cycle de l'eau. Une ressource est un élément du milieu qu'une société sait exploiter et juge utile ; elle est « sous pression » quand la demande se rapproche de ce que le milieu peut fournir, ou dépasse ce que les équipements permettent de distribuer. Or la demande augmente avec la population, passée à 8 milliards d'habitants en 2022, avec l'irrigation et avec l'urbanisation, tandis que le changement climatique modifie la répartition des pluies. Pourquoi l'eau, ressource renouvelable, est-elle devenue une ressource sous pression, source de tensions à toutes les échelles, et comment les sociétés cherchent-elles à la gérer durablement ? Nous verrons d'abord que l'eau est une ressource inégalement disponible et accessible, puis que la concurrence des usages crée des tensions du local à l'international, enfin que sa gestion évolue de la course à l'offre vers le partage et la sobriété.

I. Une ressource renouvelable, mais inégalement disponible et accessible

  • L'eau douce est une petite part de l'eau terrestre, très inégalement répartie selon les climats.Environ 2,5 % de l'eau est douce ; plusieurs dizaines de milliers de m³ par habitant et par an au Canada, environ 550 en Égypte, 70 en Arabie saoudite (FAO) ; seuil de stress hydrique à 1 700 m³ (Falkenmark, 1989).
  • L'accès dépend des équipements autant que des pluies : la rareté est souvent économique.Environ 2,2 milliards de personnes sans eau potable gérée en toute sécurité et 3,5 milliards sans assainissement sûr (OMS-UNICEF, 2023), surtout en Afrique subsaharienne.
  • La demande augmente sous l'effet de la population, de l'irrigation et de l'urbanisation.8 milliards d'habitants en novembre 2022 ; l'agriculture prélève environ 70 % de l'eau douce ; baisse des nappes du Pendjab et de l'Ogallala.

II. Des usages concurrents qui créent des tensions à toutes les échelles

  • À l'échelle locale, les conflits d'usage opposent des acteurs aux intérêts différents.Réserves de substitution des Deux-Sèvres : irrigants contre associations ; manifestation de Sainte-Soline le 25 mars 2023.
  • À l'échelle nationale, un arbitrage en faveur d'un seul usage peut détruire un milieu.Mer d'Aral : détournement de l'Amou-Daria et du Syr-Daria pour le coton soviétique à partir des années 1960 ; digue de Kok-Aral en 2005 pour sauver la « petite Aral ».
  • À l'échelle internationale, l'amont et l'aval s'opposent sur les fleuves partagés.Nil : accord de 1959 (55,5 milliards de m³ pour l'Égypte) contesté par l'Éthiopie, qui inaugure le GERD en septembre 2025 ; barrage Atatürk sur l'Euphrate mis en eau en 1990.

III. Gérer l'eau : de la course à l'offre au partage et à la sobriété

  • La gestion de l'offre augmente la ressource disponible, mais à un coût élevé.Haut barrage d'Assouan (1970) ; transferts Sud-Nord en Chine (2013-2014) ; usine de dessalement de Sorek en Israël (2013), énergivore et productrice de saumures.
  • La gestion de la demande et la gestion par bassin se généralisent.Agences de bassin en France (loi du 16 décembre 1964) ; principes de Dublin (1992) ; rationnement à 50 litres par jour qui évite le « jour zéro » au Cap en 2018.
  • Le partage passe par la coopération et par le droit, sans faire disparaître les débats.OMVS (1972) et ouvrages communs de Diama et Manantali ; droit à l'eau reconnu par l'ONU le 28 juillet 2010 ; débat public-privé (Cochabamba 2000, Eau de Paris 2010).
Conclusion rédigéeL'eau n'est pas rare à l'échelle de la planète, mais elle l'est dans certains lieux, à certains moments et pour certaines populations. Cette inégale répartition, aggravée par la croissance des usages agricoles et urbains, nourrit des conflits d'usage, des Deux-Sèvres au bassin du Nil, qui débouchent plus souvent sur des négociations que sur des guerres. La gestion a changé de logique : du grand barrage à la gestion par bassin, de l'offre à la demande, du service technique au droit de l'homme reconnu par l'ONU en 2010. Une question reste ouverte : avec le changement climatique, qui réduit déjà le débit du Colorado, les accords de partage conclus au XXe siècle sur la base de débits abondants pourront-ils encore être respectés ?

Le piège — Réciter une liste de « crises de l'eau » sans distinguer les échelles ni les acteurs, et glisser vers les inondations ou les sécheresses traitées comme des catastrophes : le sujet porte sur la ressource et sa gestion, pas sur les risques.

Sujet 2 — L'enjeu énergétique : des ressources inégalement réparties, sources de tensions et objets d'une transition.

Analyse des termes — L'énergie désigne les ressources qui produisent chaleur, mouvement et électricité (fossiles, uranium, renouvelables) ; « inégalement réparties » renvoie aux gisements comme à la consommation, et « transition » au passage vers un système sobre en carbone. Le sujet est mondial ; on remonte aux chocs pétroliers des années 1970 pour comprendre les tensions actuelles, jusqu'à la COP28 de 2023.

Problématique — Dans quelle mesure l'inégale répartition des ressources énergétiques fait-elle de l'énergie un enjeu de tensions, et la transition énergétique permet-elle de les dépasser ?

Introduction rédigéeLe 24 février 2022, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a rappelé aux Européens une réalité qu'ils avaient oubliée depuis les chocs pétroliers des années 1970 : une grande partie de leur énergie vient d'ailleurs. L'énergie désigne ici les ressources qui produisent chaleur, mouvement et électricité : combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon), uranium et énergies renouvelables. Ces ressources sont très inégalement réparties : les fossiles, qui fournissent encore environ 80 % de l'énergie primaire mondiale, se concentrent dans quelques régions, alors que la consommation augmente surtout en Asie et que des centaines de millions de personnes restent privées d'électricité. La transition énergétique, c'est-à-dire le passage à un système sobre en carbone, est présentée comme la réponse au changement climatique et aux dépendances. Dans quelle mesure l'inégale répartition des ressources énergétiques fait-elle de l'énergie un enjeu de tensions, et la transition énergétique permet-elle de les dépasser ? Nous montrerons d'abord que production et consommation dessinent une géographie très inégale, puis que cette géographie nourrit des tensions géopolitiques et sociales, enfin que la transition, nécessaire, recompose les dépendances plus qu'elle ne les supprime.

I. Une géographie très inégale de la production et de la consommation

  • Les énergies fossiles dominent encore la consommation mondiale.Environ 80 % de l'énergie primaire mondiale en 2023 (Energy Institute, 2024) : pétrole près d'un tiers, charbon plus d'un quart, gaz près d'un quart.
  • Les gisements sont concentrés et les producteurs organisés.Le Moyen-Orient détient près de la moitié des réserves prouvées de pétrole ; OPEP fondée à Bagdad le 14 septembre 1960 ; OPEP+ depuis 2016 ; États-Unis premiers producteurs de pétrole brut depuis 2018.
  • La consommation est très inégale et se déplace vers l'Asie.Environ 700 millions de personnes sans électricité, surtout en Afrique subsaharienne (Banque mondiale et AIE, 2024) ; la Chine premier consommateur mondial depuis 2009.

II. L'énergie, source de tensions géopolitiques et sociales

  • Les producteurs peuvent utiliser l'énergie comme une arme.Octobre 1973 : embargo des pays arabes producteurs, prix du baril multiplié par quatre environ ; second choc en 1979 après la révolution iranienne.
  • Les routes d'approvisionnement sont des points de vulnérabilité.Environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde passe par le détroit d'Ormuz ; sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022.
  • La dépendance expose les pays importateurs et leurs habitants.L'Union européenne achetait environ 40 % de son gaz importé à la Russie avant l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 ; hausse des prix et précarité énergétique.

III. La transition énergétique : une gestion durable qui recompose les dépendances

  • La transition s'impose comme objectif commun, par la sobriété, l'efficacité et les énergies bas carbone.Loi française du 17 août 2015 (−40 % d'émissions entre 1990 et 2030) ; COP28 de Dubaï (décembre 2023) : premier appel à une transition hors des combustibles fossiles.
  • Les États font des choix divergents selon leur histoire et leurs ressources.Plan Messmer (1974) et relance du nucléaire en France (loi du 22 juin 2023) ; fermeture des trois derniers réacteurs allemands le 15 avril 2023 ; la Chine installe environ la moitié des panneaux solaires du monde mais reste le premier consommateur de charbon.
  • La transition crée de nouvelles dépendances et de nouveaux conflits d'usage.Environ 70 % du cobalt extrait en République démocratique du Congo ; raffinage du lithium et des terres rares dominé par la Chine ; plus d'un million de déplacés pour le barrage des Trois-Gorges.
Conclusion rédigéeL'énergie est une ressource majeure sous pression parce que ses gisements, ses consommateurs et ses routes ne coïncident pas : ce décalage a fait de l'énergie une arme en 1973 comme en 2022, et laisse encore environ 700 millions de personnes sans électricité. La transition énergétique, inscrite dans les lois nationales et, depuis la COP28, dans les engagements internationaux, est une forme de gestion durable ; mais elle suit des chemins nationaux différents et déplace les dépendances du pétrole vers les métaux critiques. Reste un défi : donner accès à l'électricité aux populations qui en sont privées, surtout en Afrique subsaharienne, sans renoncer à l'objectif de neutralité carbone.

Le piège — Faire de la troisième partie un catalogue des énergies renouvelables présentées comme propres et sans limites : la transition est aussi une affaire de choix politiques divergents et de nouvelles dépendances (cobalt, lithium, terres rares).

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