Flux migratoires, pays de départ et d'accueil, réfugiés, migrations Sud-Sud, remises, politiques migratoires (programme de géographie de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Les migrations internationales » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Les migrations internationales : définir et mesurer, Une géographie des flux : pôles d'accueil et corridors, Pourquoi partir ? Des causes multiples et combinées, Réfugiés et déplacés : les migrations contraintes. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Migrant international
Personne qui change de pays de résidence habituelle, quelle qu'en soit la raison ; l'ONU parle de migrant de long terme au-delà de douze mois.
À ne pas confondre
Touriste — Le touriste séjourne temporairement hors de chez lui et rentre : il ne change pas de pays de résidence.
Selon l'époque et le point de vue — La définition statistique est fixée par les recommandations de l'ONU de 1998 ; l'OIM en retient, dans son glossaire de 2019, une définition plus large incluant les migrations internes.
Ce que le mot permet d'écrire — Terme général de toute copie sur le sujet ; la faute est de l'employer comme synonyme de « clandestin » ou de « réfugié ».
Immigré
Personne née étrangère à l'étranger et résidant en France ; elle reste immigrée si elle acquiert la nationalité française.
À ne pas confondre
Étranger — L'immigré est défini par sa naissance, l'étranger par sa nationalité.
Selon l'époque et le point de vue — Définition adoptée par le Haut Conseil à l'intégration en 1991 et utilisée depuis par l'INSEE.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour analyser des chiffres français : 7,3 millions d'immigrés en 2023. Ne pas écrire qu'un immigré naturalisé est « étranger ».
Étranger
Personne qui réside dans un pays sans en avoir la nationalité, qu'elle y soit née ou non.
À ne pas confondre
Descendant d'immigré — Le descendant d'immigré est né en France d'au moins un parent immigré ; il est le plus souvent français.
Selon l'époque et le point de vue — Notion juridique ancienne, liée au droit de la nationalité, qui fixe qui est national et qui ne l'est pas.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile dans les sujets sur les politiques migratoires (droit au séjour, naturalisation) ; attention : un étranger peut être né en France.
Solde migratoire
Différence entre le nombre d'entrées et le nombre de sorties d'un territoire pendant une période donnée.
À ne pas confondre
Stock de migrants — Le stock est le nombre de migrants présents à une date ; le solde mesure une variation.
Selon l'époque et le point de vue — Outil classique de la démographie, publié chaque année par les instituts statistiques comme l'INSEE.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de dire si un pays est plutôt d'immigration ou d'émigration ; ne pas le confondre avec le nombre total de migrants.
Réfugié
Personne qui se trouve hors de son pays et craint avec raison d'y être persécutée pour sa race, sa religion, sa nationalité, son appartenance à un groupe social ou ses opinions politiques.
À ne pas confondre
Demandeur d'asile — Le demandeur d'asile attend la réponse à sa demande ; le réfugié a obtenu la reconnaissance de son statut.
Selon l'époque et le point de vue — Dès 1922, la Société des Nations crée le passeport Nansen pour les réfugiés russes ; la Convention de Genève du 28 juillet 1951 fixe la définition actuelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour les migrations contraintes ; la faute est d'appeler « réfugié » toute personne qui migre pour des raisons économiques.
Demandeur d'asile
Personne qui a sollicité une protection internationale et attend la décision de l'État sollicité.
À ne pas confondre
Migrant en situation irrégulière — Le demandeur d'asile séjourne légalement le temps de l'examen de sa demande ; le migrant irrégulier n'a pas de titre de séjour.
Selon l'époque et le point de vue — En France, les demandes sont examinées par l'OFPRA, créé en 1952, puis en appel par la Cour nationale du droit d'asile (ainsi nommée depuis 2007).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les chiffres de 2015 (≈ 1,3 million de demandes dans l'UE) ; une demande n'est pas une admission.
Déplacé interne
Personne contrainte de fuir son lieu de vie (guerre, violences, catastrophe) sans franchir de frontière internationale.
À ne pas confondre
Réfugié — Le réfugié a quitté son pays ; le déplacé interne reste sous la responsabilité de son propre État.
Selon l'époque et le point de vue — Les Principes directeurs de l'ONU de 1998 en donnent la définition ; l'Union africaine adopte en 2009 la convention de Kampala pour les protéger.
Ce que le mot permet d'écrire — Ils sont plus nombreux que les réfugiés (68 millions fin 2023) : les oublier fausse l'échelle des migrations forcées.
Corridor migratoire
Flux dense et durable entre un pays de départ et un pays d'arrivée, comme Mexique-États-Unis ou Inde-Émirats arabes unis.
À ne pas confondre
Route migratoire — La route désigne un itinéraire, souvent irrégulier et à étapes (Méditerranée centrale) ; le corridor relie deux pays par un flux installé.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme est employé par la Banque mondiale et l'OIM depuis les années 2000 pour mesurer migrants et remises entre deux pays.
Ce que le mot permet d'écrire — Précis dans une composition ou un croquis ; éviter de le confondre avec un corridor de transport.
Pays de transit
Pays que les migrants traversent ou où ils séjournent en attendant de gagner leur destination.
À ne pas confondre
Pays d'accueil — Le pays d'accueil est celui de l'installation ; mais beaucoup de pays de transit (Maroc, Turquie, Mexique) deviennent aussi des pays d'installation.
Selon l'époque et le point de vue — La notion prend de l'importance dans les années 2000, quand l'Union européenne et les États-Unis demandent à leurs voisins de retenir les migrants.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour parler d'externalisation (Turquie, Libye, Niger) ; ne pas oublier que ces pays ont leurs propres intérêts.
Diaspora
Population dispersée hors de son territoire d'origine qui garde des liens avec lui et entre ses membres.
À ne pas confondre
Communauté immigrée — La communauté immigrée vit dans un pays donné ; la diaspora désigne un réseau présent dans plusieurs pays et relié au pays d'origine.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec « dispersion » : le mot a désigné la dispersion des Juifs, puis celle des Arméniens ou des Grecs ; depuis les années 1980, on l'emploie pour de nombreux peuples (diasporas chinoise, indienne, libanaise).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer le rôle des migrants dans le développement du pays d'origine ; ne pas l'employer pour tout groupe de migrants récents.
Remises (transferts de fonds)
Sommes envoyées par les migrants à leur famille ou à leur pays d'origine.
À ne pas confondre
Aide publique au développement — L'aide est versée par des États ; les remises sont des transferts privés, plus élevés au total.
Selon l'époque et le point de vue — Suivies par la Banque mondiale ; en 2015, les objectifs de développement durable fixent un coût d'envoi cible de 3 %.
Ce que le mot permet d'écrire — Argument central sur les effets pour les pays de départ (≈ 650 milliards de dollars en 2023) ; à nuancer par la dépendance qu'elles créent.
Fuite des cerveaux
Émigration de personnes très qualifiées (médecins, ingénieurs, chercheurs) qui prive leur pays de compétences formées chez lui.
À ne pas confondre
Circulation des compétences — La circulation insiste sur les retours et les échanges qui profitent aussi au pays d'origine.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression anglaise brain drain apparaît en 1963 dans un rapport de la Royal Society britannique sur les scientifiques partant vers les États-Unis.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile sur les effets des migrations ; la faute est d'en faire la règle alors que la plupart des migrants sont peu ou moyennement qualifiés.
Migrations Sud-Sud
Migrations entre pays en développement ou émergents, par exemple de l'Asie du Sud vers le golfe Persique ou du Burkina Faso vers la Côte d'Ivoire.
À ne pas confondre
Migrations Sud-Nord — Elles vont des pays du Sud vers les pays développés ; leur volume est comparable à celui des migrations Sud-Sud.
Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée dans les années 2000 par l'ONU et l'OIM pour corriger une vision centrée sur l'Europe et l'Amérique du Nord.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour nuancer toute copie ; attention, la limite Nord-Sud est discutable (le Golfe est riche mais classé au Sud).
Politique migratoire
Ensemble des règles par lesquelles un État organise l'entrée, le séjour, le travail et l'installation des étrangers.
À ne pas confondre
Politique d'asile — L'asile relève d'obligations internationales (1951) ; la politique migratoire relève de la souveraineté de l'État.
Selon l'époque et le point de vue — Les États modernes contrôlent leurs frontières surtout depuis la fin du XIXe siècle ; les États-Unis fixent des quotas par nationalité en 1924.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujet de composition fréquent ; présenter les choix des États et les débats qu'ils suscitent, sans trancher.
Espace Schengen
Espace de libre circulation sans contrôle aux frontières intérieures, doté d'une frontière extérieure et de règles de visa communes.
À ne pas confondre
Union européenne — Les deux ne coïncident pas : la Norvège et la Suisse sont dans Schengen sans être dans l'UE, l'Irlande est dans l'UE sans être dans Schengen.
Selon l'époque et le point de vue — Accords signés en 1985, convention de 1990, application le 26 mars 1995 ; la Roumanie et la Bulgarie en deviennent membres à part entière le 1er janvier 2025.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre qu'une frontière s'ouvre à l'intérieur et se renforce à l'extérieur ; ne pas oublier que des contrôles temporaires peuvent être rétablis.
Migrant environnemental
Personne contrainte de quitter son lieu de vie en raison d'une dégradation de l'environnement, brutale (cyclone) ou lente (sécheresse, montée des eaux).
À ne pas confondre
« Réfugié climatique » — Expression courante mais sans valeur juridique : la Convention de 1951 ne retient pas le climat comme motif.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression « réfugié environnemental » apparaît dans un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement en 1985 ; l'OIM propose en 2007 une définition du migrant environnemental.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile en conclusion ou en ouverture ; rappeler que ces déplacements sont surtout internes et liés à d'autres causes.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Contrainte / choix
Les migrations vont du départ volontaire (études, travail) à la fuite forcée (guerre, persécution) ; la plupart des cas se situent entre les deux.
Ce qu'il débloque — Évite d'opposer migrants « économiques » et réfugiés comme deux mondes étanches.
Exemple — Sur le sujet « Les réfugiés dans le monde », il permet de montrer que la misère aggravée par un conflit, comme au Venezuela, brouille la frontière entre les deux catégories.
Répulsion / attraction
Le modèle d'Everett Lee (1966) : ce qui pousse à partir, ce qui attire ailleurs, et les obstacles entre les deux.
Ce qu'il débloque — Structure une partie sur les causes ; penser à ajouter les réseaux et les politiques.
Exemple — Sur le sujet « Pourquoi migre-t-on ? », il permet d'articuler pauvreté et chômage au départ, salaires et sécurité à l'arrivée, frontières et coût entre les deux.
Sud-Nord / Sud-Sud
Deux grandes directions des flux, de volume comparable.
Ce qu'il débloque — Nuance l'idée reçue d'un Sud qui se viderait vers le Nord.
Exemple — Sur le sujet « Les migrations internationales dans le monde », il permet d'opposer le corridor Mexique-États-Unis aux flux d'Asie du Sud vers le golfe Persique.
Installation / circulation
Certains migrants s'installent définitivement, d'autres vont et viennent, repartent ou enchaînent les contrats temporaires.
Ce qu'il débloque — Utile pour les travailleurs du Golfe, les migrations saisonnières et les diasporas.
Exemple — Sur le sujet « Les effets des migrations sur les pays de départ », il permet de montrer que le retour des migrants rapporte des compétences et de l'épargne.
Ouverture / fermeture
Les États ouvrent certaines voies (travailleurs qualifiés, protection temporaire) et en ferment d'autres (murs, visas, externalisation).
Ce qu'il débloque — Structure une partie sur les politiques migratoires, sans tomber dans « pour ou contre ».
Exemple — Sur le sujet « L'Union européenne face aux migrations », il permet de relier Schengen (1995), Frontex (2004) et la protection des Ukrainiens (2022).
Échelle mondiale / échelle régionale
Un même phénomène se lit à l'échelle du monde (pôles, grands flux) et à celle d'une région (frontière, corridor, ville).
Ce qu'il débloque — Le changement d'échelle est attendu dans toute copie de géographie.
Exemple — Sur le sujet « Une frontière face aux migrations », il permet de passer du corridor Mexique-États-Unis aux villes jumelles Tijuana et San Diego.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.