Flux migratoires, pays de départ et d'accueil, réfugiés, migrations Sud-Sud, remises, politiques migratoires (programme de géographie de 2nde)
À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en seconde sur « Les migrations internationales » suit le programme officiel d'histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les migrations internationales : définir et mesurer, Une géographie des flux : pôles d'accueil et corridors, Pourquoi partir ? Des causes multiples et combinées, Réfugiés et déplacés : les migrations contraintes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — Les principaux pays d'accueil et de départ des migrants internationaux en 2020
Facile
Tableau statistique · D'après ONU, Département des affaires économiques et sociales (DAES), International Migrant Stock 2020, 2020 ; chiffres arrondis au million.
Le DAES publie tous les cinq ans une estimation du nombre de migrants, c'est-à-dire des personnes qui vivent dans un autre pays que leur pays de naissance (ou de nationalité, quand les recensements ne donnent pas le lieu de naissance). Ces données servent de référence aux États, aux chercheurs et aux organisations internationales.
Les six premiers pays d'accueil (2020)
Pays
Migrants résidents (millions)
Part des migrants dans la population du pays
États-Unis
51
≈ 15 %
Allemagne
16
≈ 19 %
Arabie saoudite
13
≈ 39 %
Russie
12
≈ 8 %
Royaume-Uni
9
≈ 14 %
Émirats arabes unis
9
≈ 88 %
Les six premiers pays de départ (2020)
Pays
Émigrés vivant à l'étranger (millions)
Inde
18
Mexique
11
Russie
11
Chine
10
Syrie
8
Bangladesh
7
Monde : 281 millions de migrants internationaux en 2020, soit 3,6 % de la population mondiale.
Après avoir présenté le document, montrez que les migrations internationales dessinent une géographie plus diverse qu'un simple mouvement du Sud vers le Nord.
Présentez le document (nature, auteur, date, type de chiffres).
Quel est le premier pays d'accueil ? Calculez la part des migrants du monde qu'il accueille.
Relevez les pays d'accueil qui n'appartiennent pas au « Nord » habituel et expliquez leur présence.
Pourquoi la Russie apparaît-elle dans les deux listes ?
Quelles sont les limites de ce tableau pour étudier les migrations internationales ?
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit d'un tableau statistique établi d'après les données du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU, publiées en 2020. Il donne des stocks : le nombre de personnes vivant hors de leur pays de naissance en 2020, pour les six premiers pays d'accueil et les six premiers pays de départ, en millions arrondis.
2. Les États-Unis sont le premier pays d'accueil avec environ 51 millions de migrants. Rapportés au total mondial de 281 millions, ils en accueillent 51 / 281 ≈ 18 %, soit près d'un migrant sur cinq. Ce pôle s'explique par la puissance économique du pays, par sa longue tradition d'immigration et par la proximité du Mexique, deuxième pays de départ du tableau (11 millions).
3. L'Arabie saoudite (13 millions) et les Émirats arabes unis (9 millions) sont des monarchies pétrolières du golfe Persique, classées parmi les pays du Sud. Leur richesse pétrolière et leurs grands chantiers attirent une main-d'œuvre étrangère massive, venue d'Asie du Sud (l'Inde et le Bangladesh figurent parmi les pays de départ) et d'Égypte : aux Émirats, les migrants forment environ 88 % de la population. La Russie (12 millions) est un autre pôle hors du « Nord » occidental. Le tableau montre donc l'importance des migrations Sud-Sud.
4. La Russie accueille 12 millions de migrants et compte 11 millions d'émigrés. Ce double rôle est surtout un héritage de l'éclatement de l'URSS en 1991 : des Russes vivant en Ukraine ou au Kazakhstan, des Ukrainiens ou des Kazakhs vivant en Russie sont devenus des « migrants » par la simple création de nouvelles frontières. La Russie attire aussi des travailleurs d'Asie centrale, venus notamment du Tadjikistan et d'Ouzbékistan.
5. Le tableau donne des stocks et non des flux : il ne dit pas combien de personnes arrivent chaque année ni d'où elles viennent. Il ne distingue pas les réfugiés des travailleurs, ne relie pas les pays de départ aux pays d'arrivée et sous-estime les migrants en situation irrégulière, mal recensés. Il doit être croisé avec une carte des flux et avec les données du HCR sur les migrations forcées.
Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau de stocks : calculer une part, repérer les exceptions à l'idée reçue et dire ce que le chiffre ne montre pas.
Document 2 — Le droit d'asile et la définition du réfugié
Moyen
Textes juridiques internationaux (documents d'époque) · Déclaration universelle des droits de l'homme, Assemblée générale des Nations unies, Paris, 10 décembre 1948, art. 13 et 14 ; Convention relative au statut des réfugiés, Genève, 28 juillet 1951, art. 1er (section A, 2) et art. 33 (1).
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de personnes déplacées vivent encore dans des camps en Europe. L'ONU proclame en 1948 des droits universels, puis une conférence réunie à Genève adopte en 1951 une convention qui engage les États qui la ratifient.
Déclaration universelle des droits de l'homme (1948)
Article 13. 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14. 1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
Convention relative au statut des réfugiés (1951)
Article premier. A. Aux fins de la présente Convention, le terme « réfugié » s'appliquera à toute personne : […] 2) Qui, par suite d'événements survenus avant le premier janvier 1951 et craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays […].
Article 33. 1. Aucun des États contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.
Montrez que ces textes fondent la protection internationale des réfugiés, mais qu'ils ne garantissent pas un droit général à migrer.
Présentez les deux textes (nature, auteur, date, portée juridique).
Que garantit l'article 13 de la Déclaration ? Que ne garantit-il pas ?
Relevez les conditions à remplir pour être reconnu réfugié selon la Convention de 1951.
Expliquez le principe posé par l'article 33 et montrez son importance aujourd'hui.
Quelles limites de la Convention apparaissent au regard des migrations actuelles ?
Voir la réponse rédigée
1. Les deux documents sont des textes juridiques adoptés sous l'égide de l'ONU au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La Déclaration universelle, proclamée par l'Assemblée générale à Paris le 10 décembre 1948, est une déclaration de principes sans force obligatoire. La Convention de Genève du 28 juillet 1951 est un traité : les États qui la ratifient, dont la France, s'engagent juridiquement à l'appliquer. Elle est complétée par le protocole de New York de 1967.
2. L'article 13 garantit le droit de « quitter tout pays, y compris le sien » et d'y revenir : il condamne les États qui enferment leur population, comme le faisaient alors les régimes communistes. Mais il ne garantit aucun droit d'entrer dans un autre pays : chaque État reste libre de décider qui il admet sur son territoire. Le seul correctif est l'article 14 : devant la persécution, toute personne peut « chercher asile » ailleurs, ce qui n'oblige pas un État précis à l'accueillir.
3. Selon l'article premier, trois conditions sont nécessaires. La personne doit se trouver « hors du pays dont elle a la nationalité ». Elle doit éprouver une crainte fondée, « craignant avec raison » d'être persécutée. Cette persécution doit tenir à l'un des cinq motifs énumérés : race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social, opinions politiques. La pauvreté ou une catastrophe naturelle ne figurent pas dans la liste.
4. L'article 33 pose le principe de non-refoulement : un État ne peut renvoyer un réfugié vers un territoire où « sa vie ou sa liberté serait menacée ». C'est la garantie centrale du droit d'asile, car sans elle la reconnaissance du statut serait sans effet. Il est au cœur des débats actuels sur les interceptions en mer, les renvois vers la Libye ou la Turquie et les accords d'externalisation : les défenseurs de ces politiques invoquent le contrôle des frontières, leurs critiques le respect de cet article.
5. En 1951, la Convention ne visait que des événements antérieurs à cette date, surtout européens ; le protocole de 1967 a levé cette limite. Elle ne protège toujours pas les déplacés internes, qui n'ont pas franchi de frontière (68 millions fin 2023), ni les personnes qui fuient la misère ou les effets du changement climatique. D'autres protections sont donc apparues, comme la protection subsidiaire dans l'Union européenne ou la protection temporaire accordée aux Ukrainiens en 2022.
Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique : relever les termes exacts, dire ce qu'il permet, ce qu'il interdit et ce qu'il ne dit pas.
Document 3 — Les grands corridors migratoires du monde
Moyen
Carte des flux (planisphère), décrite · Carte construite pour l'exercice d'après ONU-DAES, International Migrant Stock 2020 (2020), et HCR, Global Trends : Forced Displacement in 2023 (2024).
Cette carte de synthèse croise deux séries de données : les stocks de migrants de l'ONU et les chiffres des réfugiés du HCR. Elle donne une vue d'ensemble de l'organisation spatiale des migrations internationales au début des années 2020.
Description de la carte. Sur un planisphère, des flèches d'épaisseur proportionnelle au nombre de migrants relient les pays de départ aux pays d'arrivée ; les pays sont colorés selon la part des immigrés dans leur population.
Trois grands cercles signalent les pôles d'accueil : Amérique du Nord (États-Unis, Canada) ; Europe occidentale (Allemagne, Royaume-Uni, France, Espagne, Italie) ; golfe Persique (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït). Des cercles plus petits marquent la Russie, l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire et la Malaisie.
Flèches rouges épaisses (migrations de travail et familiales) : Mexique et Amérique centrale → États-Unis ; Maghreb, Afrique de l'Ouest et Turquie → Europe occidentale ; Inde, Pakistan, Bangladesh, Népal, Philippines et Égypte → golfe Persique ; Asie centrale → Russie.
Flèches rouges fines : Burkina Faso et Mali → Côte d'Ivoire ; Zimbabwe et Mozambique → Afrique du Sud ; Indonésie et Birmanie → Malaisie et Thaïlande.
Flèches vertes (réfugiés), toutes courtes : Syrie → Turquie, Liban et Jordanie ; Afghanistan → Iran et Pakistan ; Birmanie → Bangladesh ; Venezuela → Colombie et Pérou ; Ukraine → Pologne et Allemagne ; Soudan du Sud → Ouganda.
Aplats : plus de 50 % d'immigrés dans les monarchies du Golfe ; 20 à 30 % en Australie, au Canada et en Suisse ; 10 à 20 % en Europe occidentale et aux États-Unis ; moins de 2 % en Chine, en Inde et dans une grande partie de l'Afrique.
À l'aide de la carte, montrez que les migrations internationales s'organisent autour de pôles d'accueil et de flux de nature différente.
Identifiez les trois grands pôles d'accueil et le point commun qui explique leur attractivité.
Classez les flux de travail représentés en flux Sud-Nord et flux Sud-Sud. Que constatez-vous ?
Que montre la longueur des flèches vertes ? Expliquez.
Proposez une légende organisée en trois parties pour transformer cette carte en croquis.
Voir la réponse rédigée
1. Les trois grands cercles désignent l'Amérique du Nord (États-Unis, Canada), l'Europe occidentale (Allemagne, Royaume-Uni, France…) et le golfe Persique (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït). Leur point commun est la richesse associée à une forte demande de main-d'œuvre : économies développées et vieillissantes en Amérique du Nord et en Europe, rente pétrolière et grands chantiers dans le Golfe. Tous offrent des salaires sans commune mesure avec ceux des pays de départ.
2. Sont des flux Sud-Nord : Mexique et Amérique centrale → États-Unis ; Maghreb et Afrique de l'Ouest → Europe occidentale. Sont des flux Sud-Sud : Asie du Sud, Philippines et Égypte → golfe Persique ; Burkina Faso et Mali → Côte d'Ivoire ; Zimbabwe et Mozambique → Afrique du Sud ; Indonésie et Birmanie → Malaisie et Thaïlande. On constate que les flux Sud-Sud sont au moins aussi nombreux que les flux Sud-Nord, et que l'un d'eux, vers le Golfe, figure parmi les plus épais : la carte contredit l'idée que tous les migrants se dirigent vers les pays du Nord. Le flux Asie centrale → Russie montre en outre l'existence de pôles intermédiaires.
3. Les flèches vertes sont courtes : les réfugiés s'arrêtent le plus souvent dans un pays voisin (Syriens en Turquie, Afghans en Iran et au Pakistan, Rohingyas au Bangladesh, Vénézuéliens en Colombie). Selon le HCR, environ 70 % des réfugiés vivent dans un pays limitrophe du leur. La fuite est souvent soudaine, partir loin coûte cher et beaucoup espèrent rentrer vite ; ce sont donc des pays à revenu faible ou intermédiaire qui portent l'essentiel de l'accueil. Le cas ukrainien montre aussi un exil de voisinage, mais vers des pays riches, la Pologne et l'Allemagne.
4.I. Des pôles d'accueil hiérarchisés : cercles proportionnels au nombre de migrants pour l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale et le golfe Persique ; cercles plus petits pour les pôles secondaires (Russie, Afrique du Sud, Côte d'Ivoire, Malaisie). II. Des flux de nature différente : flèches rouges épaisses pour les grands flux de travail Sud-Nord et Sud-Sud, flèches fines pour les flux régionaux, flèches vertes pour les réfugiés. III. Des territoires inégalement concernés : aplats selon la part des immigrés (plus de 50 % dans le Golfe, moins de 2 % en Chine ou en Inde) et un figuré linéaire pour les frontières sous tension (Méditerranée, frontière États-Unis-Mexique).
Ce que cette analyse apprend — Lire une carte de flux : hiérarchiser les pôles, typer les flux, puis organiser une légende qui démontre.
Document 4 — Le Pacte mondial sur les migrations (2018) : coopérer sans renoncer à la souveraineté
Difficile
Texte officiel adopté par une conférence intergouvernementale de l'ONU (extraits) · Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté à Marrakech le 10 décembre 2018 et approuvé par l'Assemblée générale des Nations unies le 19 décembre 2018 (résolution 73/195) ; extraits traduits de la version anglaise pour l'exercice.
Préparé après la déclaration de New York de septembre 2016, le Pacte est adopté par une conférence réunie à Marrakech, puis approuvé à l'Assemblée générale de l'ONU par 152 voix contre 5 (dont les États-Unis, la Hongrie et la Pologne) et 12 abstentions. Il s'adresse aux États, mais aussi aux organisations internationales et à la société civile.
Préambule. Le texte se définit comme « un cadre de coopération non juridiquement contraignant ». Il appelle à la coopération entre tous les acteurs, en reconnaissant qu'« aucun État ne peut gérer seul les migrations », et affirme respecter la souveraineté des États et leurs obligations internationales.
Vision commune. « Les migrations font partie de l'expérience humaine tout au long de l'histoire » ; les signataires reconnaissent qu'elles sont « source de prospérité, d'innovation et de développement durable dans notre monde globalisé ». Ces effets positifs peuvent, selon le texte, être renforcés par une meilleure gouvernance des migrations.
Principes directeurs. « Souveraineté nationale : le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leur politique migratoire nationale », ainsi que leur prérogative de gouverner les migrations sur leur territoire, « dans le respect du droit international ».
Parmi les 23 objectifs. Réduire au minimum « les facteurs négatifs et structurels » qui poussent les personnes à quitter leur pays d'origine (objectif 2) ; « sauver des vies » et coordonner l'action internationale en faveur des migrants disparus (objectif 8) ; gérer les frontières « de manière intégrée, sûre et coordonnée » (objectif 11) ; rendre les transferts de fonds des migrants « plus rapides, plus sûrs et moins coûteux » (objectif 20) ; coopérer pour permettre un retour et une réadmission « dans la sécurité et la dignité » (objectif 21).
Montrez que ce texte cherche à organiser une gouvernance mondiale des migrations tout en respectant la souveraineté des États, puis discutez sa portée.
Présentez le document en insistant sur sa valeur juridique.
Comment le texte présente-t-il les migrations ? Quel vocabulaire traduit cette vision ?
Montrez que le texte cherche à concilier coopération internationale et souveraineté nationale.
Classez les objectifs cités selon qu'ils répondent surtout aux attentes des pays de départ, à la sécurité des routes ou aux attentes des pays d'arrivée.
Pourquoi le Pacte a-t-il suscité des oppositions, et quelle est sa portée réelle ?
Voir la réponse rédigée
1. Ce document rassemble des extraits du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté à Marrakech le 10 décembre 2018 par une conférence intergouvernementale, puis approuvé par l'Assemblée générale de l'ONU le 19 décembre 2018. Il prolonge la déclaration de New York de 2016. Sa valeur juridique est limitée, et le texte le dit lui-même : c'est un cadre « non juridiquement contraignant ». Il n'impose ni quota ni sanction ; c'est un engagement politique, à la différence de la Convention de Genève de 1951, traité ratifié qui oblige les États.
2. Le texte présente les migrations comme un phénomène normal, présent « tout au long de l'histoire », et positif, « source de prospérité, d'innovation et de développement durable ». Le vocabulaire de la « gouvernance » et le titre même (« sûres, ordonnées et régulières ») traduisent une vision gestionnaire : ni ouvrir toutes les frontières ni les fermer, mais organiser des flux jugés inévitables. Cette vision est celle des organisations internationales, comme l'OIM ; elle n'est pas partagée par tous les gouvernements, ce qui explique les votes hostiles.
3. D'un côté, le texte affirme qu'« aucun État ne peut gérer seul les migrations » : les routes traversent plusieurs pays, un retour suppose l'accord du pays d'origine, et la lutte contre les passeurs dépasse les frontières. De l'autre, il « réaffirme le droit souverain des États de définir leur politique migratoire nationale ». Le compromis tient dans la formule « dans le respect du droit international » : chaque État reste maître de sa politique, dans les limites des traités qu'il a signés, comme la Convention de 1951.
4. Répondent surtout aux attentes des pays de départ : la réduction des facteurs qui poussent à partir (objectif 2) et la baisse du coût des transferts de fonds (objectif 20), vitale pour des pays comme le Népal ou le Tadjikistan. Concernent la sécurité des routes : sauver des vies et rechercher les disparus (objectif 8), alors que la Méditerranée compte des dizaines de milliers de morts depuis 2014. Répondent surtout aux attentes des pays d'arrivée : la gestion coordonnée des frontières (objectif 11) et la coopération pour le retour et la réadmission (objectif 21). Cet équilibre entre attentes différentes explique le large vote obtenu.
5. Le 19 décembre 2018, 152 États approuvent le Pacte, 5 votent contre, dont les États-Unis, la Hongrie et la Pologne, et 12 s'abstiennent. Les opposants estiment que le texte menace leur souveraineté ou qu'il pourrait devenir une référence invoquée devant les juges et encourager les départs ; ses défenseurs répondent qu'il se déclare non contraignant et réaffirme ce droit souverain. Sa portée réelle est donc limitée : il n'oblige à rien, mais il fournit un premier cadre commun, discuté tous les quatre ans lors d'un forum d'examen dont la première session s'est tenue en 2022.
Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte officiel récent : situer sa portée juridique, repérer les compromis et confronter le texte aux positions des États, sans trancher.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.