Analyser le sujet, problématiser, construire un plan, rédiger introduction, parties et conclusion (histoire-géographie au lycée)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode de la composition en histoire-géographie » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Lire et analyser le sujet, Problématiser : trouver la question du sujet, Construire le plan, Rédiger l'introduction. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Analyser
Décomposer un sujet ou un document en ses éléments (mots, acteurs, dates, lieux) pour en dégager le sens et les enjeux.
À ne pas confondre
Décrire — Décrire, c'est dire ce que l'on voit ou ce que dit le texte ; analyser, c'est expliquer ce que cela signifie et pourquoi.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec analusis, « décomposition, dénouement ». Le verbe est au cœur des consignes du lycée, en histoire comme en géographie.
Ce que le mot permet d'écrire — « Analysez le sujet » : définir chaque mot et fixer les bornes. La faute : paraphraser, c'est-à-dire redire le sujet avec d'autres mots sans rien expliquer.
Décrire
Présenter avec précision ce que montre un document ou une situation (qui, quoi, où, quand, combien), avant de l'interpréter.
À ne pas confondre
Expliquer — Décrire répond à « quoi ? » et « combien ? » ; expliquer répond à « pourquoi ? » et « comment ? ».
Selon l'époque et le point de vue — Du latin describere, « copier, représenter par écrit ». En géographie, la description d'un paysage ou d'une courbe est la première étape du raisonnement.
Ce que le mot permet d'écrire — « Décrivez l'évolution » demande des chiffres, des calculs simples et des tendances (hausse, baisse, rupture). La faute : recopier le tableau ligne à ligne, ou donner des causes non demandées.
Expliquer
Dire pourquoi et comment un fait se produit : ses causes, son mécanisme, ses conséquences.
À ne pas confondre
Justifier — Justifier, c'est prouver par un élément précis qu'une réponse est juste ; expliquer, c'est rendre un phénomène compréhensible.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin explicare, « déplier, dérouler » : expliquer, c'est déplier ce qui est replié dans un fait.
Ce que le mot permet d'écrire — C'est le « E » du paragraphe AEI. La faute : remplacer l'explication par un deuxième exemple, si bien que le paragraphe devient une liste.
Montrer que
Consigne qui donne l'affirmation à démontrer : il faut la prouver, argument par argument, avec des exemples précis.
À ne pas confondre
Dans quelle mesure — « Montrer que » demande de prouver ; « dans quelle mesure » demande d'évaluer jusqu'où c'est vrai, donc de nuancer.
Selon l'époque et le point de vue — Tournure fréquente des consignes d'analyse de document et des questions de cours, du collège au baccalauréat.
Ce que le mot permet d'écrire — La faute : contester l'affirmation ou la discuter. L'élève démontre ; il peut nuancer en fin de réponse, mais sans renverser la thèse.
Dans quelle mesure
Formule qui invite à évaluer le degré de vérité d'une affirmation : ce qui est vrai, jusqu'où, et ce qui la limite.
À ne pas confondre
Est-ce que — « Est-ce que » appelle oui ou non ; « dans quelle mesure » appelle une réponse graduée.
Selon l'époque et le point de vue — Formule très courante des problématiques et des sujets de dissertation, en histoire comme en sciences économiques et sociales.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle conduit souvent à un plan « ce qui est vrai / les limites / le dépassement ». La faute : répondre par oui ou non dans la conclusion, sans indiquer de degré.
Confronter
Mettre deux documents ou deux points de vue face à face, relever leurs accords et leurs désaccords, et expliquer ces écarts.
À ne pas confondre
Comparer — Comparer relève des ressemblances et des différences ; confronter cherche en plus pourquoi elles existent (auteur, date, intention).
Selon l'époque et le point de vue — Du latin médiéval confrontare, « mettre front contre front ».
Ce que le mot permet d'écrire — Consigne des analyses de deux documents, utile aussi en composition pour opposer deux acteurs. La faute : présenter un document puis l'autre sans jamais les rapprocher.
Bornes
Limites chronologiques (dates de début et de fin) et spatiales (espace étudié) d'un sujet.
À ne pas confondre
Repères — Les repères sont des dates à connaître par cœur ; les bornes sont les limites du sujet, qu'il faut expliquer dans l'introduction.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de l'arpentage : la borne marque la limite d'un champ. Dépasser la borne, c'est entrer chez le voisin.
Ce que le mot permet d'écrire — Chaque borne se justifie par un événement (1515, avènement de François Ier). La faute : franchir les bornes sans le dire, ou n'en traiter que la moitié.
Problématique
Question centrale, formulée à partir d'une tension du sujet, à laquelle toute la copie répond.
À ne pas confondre
Sujet reformulé — « Comment l'État s'est-il affirmé ? » n'est que le sujet interrogatif ; une problématique ajoute la tension (malgré les crises, au prix de…).
Selon l'époque et le point de vue — D'abord adjectif (« une situation problématique »), le mot est devenu au cours du XXe siècle un nom du vocabulaire universitaire, puis scolaire.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle se place à la fin de l'introduction et reçoit sa réponse dans la conclusion. La faute : poser plusieurs questions à la suite, sans choisir.
Plan chronologique
Plan qui suit l'ordre du temps en étapes, chacune définie par une idée et bornée par des dates-charnières.
À ne pas confondre
Récit — Le récit enchaîne les faits ; le plan chronologique découpe le temps en moments qui ont chacun un sens.
Selon l'époque et le point de vue — Il découle de la démarche même de l'historien, qui étudie des évolutions dans le temps.
Ce que le mot permet d'écrire — Adapté aux sujets d'évolution (« affirmation », « mutations »). La faute : couper aux changements de règne plutôt qu'aux vrais tournants, ou donner des titres faits de seules dates.
Plan thématique
Plan qui organise le sujet par aspects : politique, économique, social ; ou acteurs, espaces, enjeux.
À ne pas confondre
Plan analytique — Le plan analytique suit un raisonnement (constat, causes, réponses) ; le plan thématique découpe le sujet en domaines.
Selon l'époque et le point de vue — Il domine en géographie, où l'on étudie des espaces, des acteurs et des dynamiques plutôt qu'une succession d'étapes.
Ce que le mot permet d'écrire — Adapté aux sujets « tableau ». La faute : trois tiroirs sans lien ; les parties doivent se répondre et progresser vers la réponse.
Paragraphe AEI
Paragraphe argumenté en trois temps : Affirmer une idée, l'Expliquer, l'Illustrer par un exemple précis, puis revenir au sujet.
À ne pas confondre
Liste d'exemples — Une liste aligne des faits ; le paragraphe AEI les met au service d'une idée.
Selon l'époque et le point de vue — Acronyme de méthode employé dans de nombreuses classes et manuels ; on en rencontre des variantes selon les professeurs, qui reposent toutes sur le couple idée-preuve.
Ce que le mot permet d'écrire — Une sous-partie égale un paragraphe AEI. La faute : commencer par l'exemple, si bien que le correcteur ne sait pas ce qu'il doit prouver.
Accroche
Première phrase de l'introduction, qui fait entrer dans le sujet par un fait, une date, un document ou une citation vérifiée.
À ne pas confondre
Généralité — « Depuis toujours… » est une généralité qui convient à tous les sujets ; une accroche ne convient qu'à celui-ci.
Selon l'époque et le point de vue — Mot emprunté au vocabulaire de la presse et de la publicité, où il désigne ce qui retient l'attention du lecteur.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle doit être datée et reliée au sujet dès la phrase suivante. La faute : une citation inventée ou approximative, qui fait perdre toute confiance au correcteur.
Transition
Deux phrases placées entre deux parties : l'une fait le bilan de la partie achevée, l'autre annonce la suivante.
À ne pas confondre
Connecteur logique — Le connecteur (« pourtant », « ainsi ») relie deux phrases ; la transition relie deux parties.
Selon l'époque et le point de vue — Mot de la rhétorique latine (transitio chez Quintilien) : le passage d'une partie du discours à la suivante ; la composition scolaire en a fait une exigence explicite entre les parties.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle montre que le plan est un raisonnement. La faute : la sauter faute de temps, ou écrire « Passons maintenant à la deuxième partie », qui n'apporte rien.
Ouverture
Dernière phrase de la conclusion, qui élargit le sujet vers une autre période, un autre espace ou un débat lié.
À ne pas confondre
Nouvelle problématique — L'ouverture prolonge le sujet ; elle ne relance pas un devoir entier qu'on n'aura pas le temps de traiter.
Selon l'époque et le point de vue — Usage scolaire français : après avoir « fermé » le sujet par le bilan, la conclusion l'« ouvre » sur ce qui le prolonge.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle doit être précise (une date, un acteur). La faute : la question rhétorique (« Et aujourd'hui ? ») ou le rapprochement artificiel avec l'actualité.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Causes / conséquences
Relier un événement à ce qui l'explique et à ce qu'il entraîne.
Ce qu'il débloque — Utile pour un plan analytique ou pour organiser les idées à l'intérieur d'une partie.
Exemple — Sur le sujet « L'ouverture atlantique et ses conséquences », il permet de ne consacrer aux causes que l'introduction et de réserver le développement aux effets sur les Amériques, l'Afrique et l'Europe.
Rupture / continuité
Distinguer ce qui change brutalement de ce qui se maintient malgré le changement.
Ce qu'il débloque — Donne de la nuance à un plan chronologique : chaque étape a ses ruptures et ses permanences.
Exemple — Sur le sujet « L'affirmation de l'État dans le royaume de France », il permet de montrer que la Fronde (1648-1653) est une crise, mais que la construction de l'État continue au-delà.
Échelle locale / échelle mondiale
Changer d'échelle pour montrer qu'un phénomène n'a pas les mêmes formes partout.
Ce qu'il débloque — Indispensable en géographie : un exemple local, puis un bilan national ou mondial, ou l'inverse.
Exemple — Sur le sujet « Les sociétés face aux risques », il permet de passer de La Faute-sur-Mer (tempête Xynthia, 2010) aux inégalités mondiales de vulnérabilité.
Aléa / vulnérabilité
L'aléa est le phénomène (séisme, crue, explosion) ; la vulnérabilité est la fragilité de la société qui le subit.
Ce qu'il débloque — Structure presque tous les sujets sur les risques : le risque naît de leur rencontre.
Exemple — Sur le sujet « Les sociétés face aux risques », il permet d'expliquer pourquoi le séisme d'Haïti (magnitude 7,0) tue bien plus que celui du Chili (magnitude 8,8) en 2010.
Pouvoir / contestation
Mettre face à face une autorité et ceux qui la limitent ou la combattent.
Ce qu'il débloque — Permet d'éviter le récit à sens unique en montrant les résistances.
Exemple — Sur le sujet « Le modèle britannique et son influence », il permet d'opposer les Stuarts au Parlement jusqu'au Bill of Rights de 1689.
Centre / périphérie
Distinguer les espaces qui concentrent richesses et décisions de ceux qui en dépendent.
Ce qu'il débloque — Utile pour organiser un sujet sur des flux ou des échanges.
Exemple — Sur le sujet « Le tourisme international depuis 1950 », il permet de montrer que l'Europe reçoit environ la moitié des arrivées, l'Afrique environ 5 %.
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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.