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Méthode de la composition en histoire-géographie

Analyser le sujet, problématiser, construire un plan, rédiger introduction, parties et conclusion (histoire-géographie au lycée)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Méthode de la composition en histoire-géographie » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Lire et analyser le sujet, Problématiser : trouver la question du sujet, Construire le plan, Rédiger l'introduction. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — L'ouverture atlantique et ses conséquences (fin du XVe – XVIe siècle)

Analyse des termes — Brouillon. « Ouverture atlantique » : le processus par lequel l'Atlantique, limite du monde connu pour les Européens, devient une route régulière entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques. « Conséquences » : le cœur du sujet, à étudier sur les trois continents ; les voyages eux-mêmes ne sont que le point de départ. Bornes : 1492, premier voyage de Colomb ; fin du XVIe siècle, quand l'empire espagnol d'Amérique est constitué et que l'argent de Potosí afflue à Séville. Tension repérée : un monde enfin relié, mais au prix de la destruction des sociétés amérindiennes et de l'essor de la traite.

Problématique — Comment l'ouverture de l'Atlantique par les Ibériques, à partir de 1492, relie-t-elle les continents tout en bouleversant, souvent de manière tragique, les sociétés qu'elle met en contact ?

Introduction rédigéeLe 12 octobre 1492, les navires de Christophe Colomb, parti au service des Rois catholiques, abordent une île des Bahamas que les Taïnos appellent Guanahani. Colomb croit avoir atteint les Indes ; il vient en réalité de relier durablement deux mondes qui s'ignoraient. On appelle « ouverture atlantique » le processus par lequel l'océan Atlantique, jusque-là une limite pour les Européens, devient en quelques décennies une route régulière entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Ce mouvement, conduit par l'Espagne et le Portugal, s'étend de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle, quand l'empire espagnol d'Amérique est constitué et que l'argent de Potosí afflue à Séville ; ses conséquences touchent les trois continents. Comment l'ouverture de l'Atlantique par les Ibériques relie-t-elle les continents tout en bouleversant, souvent de manière tragique, les sociétés qu'elle met en contact ? Nous verrons d'abord comment les Ibériques ouvrent l'Atlantique entre 1492 et 1522, puis comment la conquête provoque l'effondrement des sociétés amérindiennes, avant de montrer que l'Europe elle-même entre dans un nouveau rapport au monde.

I. 1492-1522 : les Ibériques ouvrent l'Atlantique

  • Des expéditions portées par les monarchies ibériquesChristophe Colomb, financé par Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, aborde une île des Bahamas le 12 octobre 1492 ; Vasco de Gama, pour le Portugal, atteint Calicut en 1498 par le cap de Bonne-Espérance.
  • Un monde partagé entre deux couronnesLe traité de Tordesillas (7 juin 1494) fixe une ligne de partage à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert ; le Brésil, atteint par Cabral en 1500, revient ainsi au Portugal.
  • La preuve d'un océan mondialL'expédition partie avec Magellan en 1519 revient en 1522 sous le commandement d'Elcano : c'est le premier tour du monde, qui révèle l'immensité du Pacifique.

II. Des sociétés amérindiennes conquises et dévastées

  • La conquête des grands empiresHernán Cortés s'empare de Tenochtitlan, capitale des Aztèques, en 1521 ; Francisco Pizarro capture l'empereur inca Atahualpa à Cajamarca en 1532.
  • Un effondrement démographiqueLes épidémies (variole, rougeole), la guerre et le travail forcé provoquent une chute de la population amérindienne que la plupart des historiens estiment de l'ordre de 80 à 90 % en un siècle dans les régions les plus touchées ; les chiffres exacts restent débattus.
  • Travail forcé et naissance de la traite atlantiqueÀ Potosí (dans l'actuelle Bolivie), mine d'argent découverte en 1545, la mita organisée dans les années 1570 impose le travail forcé aux Amérindiens ; dès 1518, Charles Quint autorise la déportation d'Africains réduits en esclavage vers l'Amérique espagnole.

III. Un nouveau rapport au monde pour l'Europe

  • Des richesses nouvelles et un nouveau centreLa Casa de Contratación, créée à Séville en 1503, contrôle le commerce avec les Amériques ; l'argent du Mexique et de Potosí afflue en Espagne dans la seconde moitié du XVIe siècle.
  • Des échanges de plantes et d'animaux entre les continentsLe maïs, la pomme de terre, la tomate et le cacao gagnent l'Europe ; le cheval, les bovins, le blé et la canne à sucre sont introduits en Amérique.
  • Un débat moral et juridique sur la conquêteLes Nouvelles Lois de 1542 limitent l'encomienda ; lors de la controverse de Valladolid (1550-1551), Bartolomé de Las Casas s'oppose à Juan Ginés de Sepúlveda sur la légitimité de la guerre de conquête et le traitement des Amérindiens.
Conclusion rédigéeL'ouverture atlantique, amorcée en 1492, relie donc pour la première fois durablement l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Mais ce monde nouveau se construit au prix de la conquête, de l'effondrement démographique des sociétés amérindiennes et des débuts de la traite des Africains réduits en esclavage, tandis que l'Europe s'enrichit, découvre la diversité du monde et s'interroge, à Valladolid, sur la légitimité de sa domination. Cette ouverture prépare le commerce triangulaire des XVIIe et XVIIIe siècles, qui fera de l'Atlantique le cœur d'un système économique fondé sur l'esclavage.

Le piège — Raconter les voyages de découverte pendant deux parties, comme un récit d'aventure, et réduire les « conséquences » à un paragraphe final : c'est pourtant le mot central du sujet. Autre faute fréquente : employer « découverte » sans guillemets ni recul, en oubliant que le continent comptait des dizaines de millions d'habitants.

Sujet 2 — Les sociétés face aux risques

Analyse des termes — Brouillon. « Risque » : la probabilité qu'un aléa (séisme, cyclone, explosion industrielle) frappe une société vulnérable ; à ne pas confondre avec la catastrophe, qui est le risque réalisé. « Les sociétés » : le pluriel impose de comparer des pays riches et des pays pauvres, et de changer d'échelle, de la commune au monde. « Face aux » : il faut étudier les réponses (prévention, gestion de crise, adaptation). Bornes : la période actuelle, à l'échelle mondiale. Tension repérée : des aléas comparables, des bilans humains sans commune mesure.

Problématique — Dans quelle mesure la vulnérabilité des sociétés, plus que la violence des aléas, explique-t-elle l'ampleur des catastrophes, et comment les sociétés peuvent-elles la réduire ?

Introduction rédigéeLe 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 frappe Haïti et fait plus de 200 000 morts selon les estimations. Un mois et demi plus tard, le 27 février, le Chili subit un séisme beaucoup plus puissant, de magnitude 8,8 : on compte environ 500 victimes. La violence du phénomène n'explique donc pas, à elle seule, l'ampleur d'une catastrophe. Un risque est la probabilité qu'un aléa, naturel ou technologique, frappe une société plus ou moins vulnérable, c'est-à-dire plus ou moins exposée et capable d'y faire face. Le sujet invite à étudier « les sociétés » au pluriel, dans le monde actuel et à toutes les échelles, de la commune à la planète. Dans quelle mesure la vulnérabilité des sociétés, plus que la violence des aléas, explique-t-elle l'ampleur des catastrophes, et comment les sociétés peuvent-elles la réduire ? Nous verrons d'abord que le risque naît de la rencontre entre un aléa et une société, puis que les sociétés sont inégalement vulnérables, avant d'étudier les moyens de prévenir, de gérer et de s'adapter.

I. Le risque naît de la rencontre d'un aléa et d'une société

  • Pas de risque sans société exposéeUn séisme au cœur d'un désert inhabité n'est qu'un aléa : le risque apparaît quand des hommes, des bâtiments ou des activités sont exposés ; d'où la formule d'usage en géographie, risque = aléa × vulnérabilité.
  • Des aléas naturels d'une grande puissanceLe 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 au large du Tōhoku (Japon) déclenche un tsunami qui fait environ 18 000 morts et disparus.
  • Des risques technologiques créés par les sociétés elles-mêmesL'explosion de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, fait 31 morts ; en 2011, le tsunami provoque l'accident nucléaire de Fukushima : aléa naturel et risque technologique se combinent.

II. Des sociétés inégalement vulnérables

  • La pauvreté aggrave les catastrophesLe 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 fait plus de 200 000 morts en Haïti, où les constructions sont fragiles et les secours limités ; le 27 février 2010, un séisme de magnitude 8,8 au Chili fait environ 500 morts.
  • Les pays riches ne sont pas épargnésEn août 2005, l'ouragan Katrina fait plus de 1 800 morts, surtout à La Nouvelle-Orléans, où les quartiers pauvres situés sous le niveau de la mer sont les plus touchés.
  • L'urbanisation des zones exposéesDans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia submerge La Faute-sur-Mer (Vendée) : 29 morts, dans des lotissements construits en zone inondable derrière une digue.

III. Prévenir, gérer et s'adapter

  • La prévention par la loi et l'aménagementEn France, la loi Barnier du 2 février 1995 crée les plans de prévention des risques (PPR), qui interdisent ou encadrent la construction en zone exposée ; la directive européenne Seveso (1982) encadre les sites industriels dangereux.
  • Construire et alerter pour limiter les pertesAu Japon, les normes parasismiques limitent les effondrements lors du séisme de 2011 : l'immense majorité des victimes est due au tsunami, non aux secousses.
  • S'adapter à des aléas renforcés par le changement climatiqueL'élévation du niveau de la mer et l'érosion menacent les littoraux : à Soulac-sur-Mer (Gironde), l'immeuble Le Signal, menacé par le recul du trait de côte, est évacué en 2014.
Conclusion rédigéeLes catastrophes révèlent donc moins la puissance de la nature que l'état des sociétés qu'elle frappe : pauvreté, urbanisation mal maîtrisée et défaut de prévention transforment un aléa en désastre, en Haïti comme à La Faute-sur-Mer en 2010. Les sociétés qui ont les moyens d'anticiper, par des normes de construction, des plans de prévention et des systèmes d'alerte, réduisent leur vulnérabilité sans jamais l'annuler, comme l'a montré le Japon en 2011. Avec le changement climatique, qui rend plus fréquents certains aléas comme les vagues de chaleur et accroît le risque de submersion marine, l'adaptation des territoires devient un enjeu majeur de l'aménagement.

Le piège — Faire un plan par type de risque (I. naturels, II. technologiques, III. en France) : il classe sans répondre à aucune question. L'autre faute est de confondre risque et catastrophe, et de réciter une liste de désastres sans jamais expliquer pourquoi leurs bilans diffèrent.

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