Méthode de l'analyse de document(s) en histoire-géographie
Présenter un document, répondre à la consigne, confronter texte, image, carte ou statistique à ses connaissances (histoire-géographie au lycée)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode de l'analyse de document(s) en histoire-géographie » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Ce qu'on attend : expliquer et critiquer un document, Étape 1 : lire la consigne avant le document, Étape 2 : présenter le document, Étape 3 : prélever, citer, expliquer. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Consigne
Phrase qui fixe le travail à faire sur le document : elle contient les verbes d'action, le thème et, souvent implicitement, les bornes du sujet.
À ne pas confondre
Question — Une question porte sur un point précis ; la consigne unique englobe tout l'exercice et appelle une réponse organisée.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du latin consignare, « marquer d'un sceau » : la consigne est ce qui a été fixé et qu'on doit respecter. En histoire-géographie, l'exercice sur consigne unique s'est généralisé au lycée avec les réformes des années 2010.
Ce que le mot permet d'écrire — Tout exercice commence par elle. Faute à éviter : ne traiter que le premier verbe et oublier le second, souvent celui qui demande la critique.
Présenter
Donner la nature, l'auteur et sa fonction, la date, le destinataire et le contexte du document, puis dire ce qu'il permet de comprendre au regard de la consigne.
À ne pas confondre
Résumer — Résumer, c'est redire le contenu ; présenter, c'est situer le document pour justifier son intérêt.
Selon l'époque et le point de vue — La présentation reprend les premières questions de la critique historique : qui écrit, quand, pour qui. C'est la base de toute étude de source depuis le XIXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Attendu en introduction de toute analyse. Faute à éviter : recopier la source mot pour mot sans en tirer la moindre information.
Décrire
Dire précisément ce que montre un document non écrit (plans, personnages, objets, couleurs, figurés d'une carte) avant de l'interpréter.
À ne pas confondre
Interpréter — Décrire, c'est dire ce qu'on voit ; interpréter, c'est dire ce que cela signifie et pourquoi l'auteur l'a montré.
Selon l'époque et le point de vue — Le couple décrire / interpréter vient de l'analyse des images : on parle aussi de dénotation et de connotation, deux termes popularisés par la sémiologie au XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Consignes sur une image, une affiche, une carte. Faute à éviter : s'arrêter à la description, qui ne rapporte que peu de points seule.
Analyser
Expliquer ce que montre le document, en citant ses passages et en les reliant à des connaissances, puis en évaluer la portée et les limites.
À ne pas confondre
Paraphraser — Paraphraser, c'est répéter le document avec d'autres mots ; analyser, c'est l'expliquer et le discuter.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec analusis, « décomposition » : analyser, c'est décomposer un tout en ses éléments pour comprendre comment il fonctionne.
Ce que le mot permet d'écrire — Verbe le plus fréquent des consignes (« en analysant le document… »). Faute à éviter : croire qu'il suffit de suivre le texte dans l'ordre.
Expliquer
Dire pourquoi et comment : donner les causes, le sens ou le fonctionnement de ce que montre le document, à l'aide de connaissances.
À ne pas confondre
Décrire — Décrire répond à « quoi ? » ; expliquer répond à « pourquoi ? » et « comment ? ».
Selon l'époque et le point de vue — Du latin explicare, « déplier » : expliquer, c'est déplier ce que le document contient de manière ramassée.
Ce que le mot permet d'écrire — Souvent en deuxième partie de consigne (« expliquez pourquoi… »). Faute à éviter : répondre par une description sans aucune cause.
Montrer que
Prouver une affirmation déjà donnée par la consigne, à l'aide du document et des connaissances.
À ne pas confondre
Discuter — Discuter invite à examiner le pour et le contre ; « montrer que » demande d'abord de prouver, la nuance venant ensuite, brièvement.
Selon l'époque et le point de vue — Formule ancienne des sujets d'examen, elle signale que la thèse est posée par le correcteur : l'élève doit en fournir la démonstration.
Ce que le mot permet d'écrire — « Montrez que le Bill of Rights limite le pouvoir royal. » Faute à éviter : contester frontalement l'affirmation, ou y consacrer la moitié de la copie.
Confronter
Mettre deux documents, ou un document et ses connaissances, face à face pour faire apparaître leurs accords, leurs écarts et leurs contradictions.
À ne pas confondre
Juxtaposer — Juxtaposer, c'est traiter un document puis l'autre ; confronter, c'est les faire dialoguer dans chaque paragraphe.
Selon l'époque et le point de vue — La confrontation des sources est la règle de base du travail historique : un fait n'est tenu pour établi que s'il est confirmé par plusieurs témoignages indépendants.
Ce que le mot permet d'écrire — Consignes à deux documents. Faute à éviter : une partie par document, sans jamais les comparer.
Contextualiser
Replacer le document dans le moment, le lieu et la situation qui l'expliquent : événements, acteurs, débats de l'époque.
À ne pas confondre
Dater — Dater, c'est donner l'année ; contextualiser, c'est dire ce que cette année représente et en quoi elle éclaire le document.
Selon l'époque et le point de vue — « Contextualiser » figure parmi les capacités communes à l'histoire et à la géographie dans les programmes de lycée de 2019.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans la présentation et tout au long de l'analyse. Faute à éviter : un contexte trop large (« au Moyen Âge ») ou sans lien avec le document.
Nature du document
Type de document : loi, édit, discours, lettre, article, mémoires, tableau peint, gravure, carte, tableau statistique, graphique, photographie.
À ne pas confondre
Thème du document — La nature dit ce qu'est le document (un discours) ; le thème dit de quoi il parle (la démocratie).
Selon l'époque et le point de vue — Les historiens distinguent depuis longtemps les documents normatifs (qui disent ce qui doit être), les témoignages et les documents de gestion : chacun se lit différemment.
Ce que le mot permet d'écrire — Première information de la présentation. Faute à éviter : écrire « c'est un texte », qui ne dit rien.
Paratexte
Ensemble des informations qui entourent le document : titre, auteur, date, source, légende, note explicative.
À ne pas confondre
Document — Le document est l'objet étudié ; le paratexte est ce qui l'accompagne et permet de l'identifier, souvent ajouté par l'éditeur du sujet.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme a été forgé par le critique Gérard Genette dans Seuils, en 1987, pour désigner tout ce qui entoure un texte publié.
Ce que le mot permet d'écrire — À lire avant le document. Faute à éviter : attribuer au document un titre qui a été ajouté par le manuel ou le sujet.
Point de vue
Position de l'auteur (fonction, intérêts, convictions, destinataire) qui oriente ce que le document montre et ce qu'il tait.
À ne pas confondre
Mensonge — Un point de vue sélectionne et oriente ; il ne signifie pas que le document est faux.
Selon l'époque et le point de vue — La question du point de vue est au cœur de la critique des sources : un témoignage renseigne toujours aussi sur celui qui témoigne.
Ce que le mot permet d'écrire — Partie critique de l'analyse. Faute à éviter : affirmer que l'auteur est « subjectif » sans dire en quoi.
Paraphrase
Répétition du document avec d'autres mots, sans explication ni apport de connaissances.
À ne pas confondre
Reformulation — Reformuler un passage difficile est utile s'il est ensuite expliqué ; la paraphrase s'arrête à la reformulation.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec paraphrasis, « façon de dire à côté ». Dans les exercices scolaires, c'est le défaut le plus souvent relevé par les correcteurs.
Ce que le mot permet d'écrire — À bannir. Test simple : si votre phrase pouvait être écrite par quelqu'un qui n'a pas appris le cours, c'est une paraphrase.
Citation
Passage du document reproduit mot pour mot, entre guillemets, pour appuyer une idée.
À ne pas confondre
Allusion — L'allusion renvoie au document sans le reproduire ; la citation le reproduit exactement et se vérifie.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin citare, « appeler » : citer, c'est appeler le document à témoigner en faveur de son idée.
Ce que le mot permet d'écrire — Quelques mots, intégrés à la phrase, avec la ligne si le texte est numéroté. Faute à éviter : la citation de cinq lignes non expliquée.
Critique (regard critique)
Examen de la valeur d'un document : qui l'a produit, pour qui, dans quel but, avec quelles informations, et ce qu'il ne montre pas.
À ne pas confondre
Critiquer au sens courant — Dans la vie courante, critiquer c'est blâmer ; en histoire, c'est évaluer une source, ce qui peut conclure à sa grande fiabilité.
Selon l'époque et le point de vue — La méthode critique a été formalisée par Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos dans leur Introduction aux études historiques, en 1898, qui distingue critique externe (la forme, l'origine) et critique interne (le contenu).
Ce que le mot permet d'écrire — Souvent en fin de consigne (« portez un regard critique »). Faute à éviter : la critique sans preuve, plaquée en conclusion.
Paragraphe argumenté (AEI)
Unité de rédaction qui développe une seule idée : Affirmation, Explication appuyée sur une citation, Illustration par une connaissance.
À ne pas confondre
Partie — Une partie de composition regroupe plusieurs paragraphes ; en analyse de document, un axe correspond souvent à un seul paragraphe développé.
Selon l'époque et le point de vue — Le sigle AEI est un outil scolaire répandu dans les classes de collège et de lycée ; on rencontre aussi des variantes (AEC, IEE) qui décrivent la même logique.
Ce que le mot permet d'écrire — Base de toute réponse rédigée. Faute à éviter : ouvrir le paragraphe par une citation au lieu de l'idée.
Problématique
Question qui formule le problème posé par la consigne et que la réponse va résoudre ; elle annonce le fil directeur de l'analyse.
À ne pas confondre
Consigne — La consigne dit quoi faire ; la problématique dit ce qu'on cherche à comprendre, en montrant la tension du sujet.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot s'impose dans l'enseignement français au XXe siècle pour désigner la question directrice d'un devoir.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans l'introduction, sous forme de question. Faute à éviter : recopier la consigne avec un point d'interrogation.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Décrire / interpréter
Distinguer ce que montre le document de ce que cela signifie.
Ce qu'il débloque — Structurer l'analyse d'une image ou d'une carte, dans cet ordre.
Exemple — Sur le sujet « le portrait de Louis XIV par Rigaud (1701) », il permet de décrire le manteau fleurdelisé et la couronne, puis d'y lire la monarchie de droit divin.
Dire / taire
Ce que le document affirme et ce qu'il laisse de côté.
Ce qu'il débloque — Construire l'axe critique à partir des silences du document.
Exemple — Sur le sujet « l'éloge de la démocratie par Périclès (431 av. J.-C.) », il permet de montrer que le discours tait l'exclusion des femmes, des métèques et des esclaves.
Point de vue / réalité
Comparer l'image que l'auteur donne et ce que l'on sait par ailleurs.
Ce qu'il débloque — Confronter le document aux connaissances.
Exemple — Sur le sujet « le journal de Colomb (1492) », il permet d'opposer l'image de peuples dociles au sort réel des Taïnos sous la colonisation.
Causes / conséquences
Ce qui explique le document et ce qu'il produit.
Ce qu'il débloque — Organiser une consigne du type « expliquez pourquoi… et quels effets… ».
Exemple — Sur le sujet « l'édit de Nantes (1598) », il permet d'expliquer l'édit par les guerres de Religion, puis d'en montrer les effets sur la paix civile.
Échelle locale / échelle mondiale
Lire un phénomène à plusieurs niveaux d'observation.
Ce qu'il débloque — En géographie, passer du document à d'autres territoires.
Exemple — Sur le sujet « les migrations internationales (1990-2020) », il permet d'opposer une croissance mondiale à une forte concentration dans quelques régions d'accueil.
Rupture / continuité
Ce qui change avec le document et ce qui demeure.
Ce qu'il débloque — Mesurer la portée d'un texte fondateur.
Exemple — Sur le sujet « le Bill of Rights (1689) », il permet de montrer la rupture du contrôle parlementaire tout en soulignant la continuité d'une société dominée par une élite de propriétaires protestants.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.