À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Méthode de l'analyse de document(s) en histoire-géographie » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Ce qu'on attend : expliquer et critiquer un document, Étape 1 : lire la consigne avant le document, Étape 2 : présenter le document, Étape 3 : prélever, citer, expliquer. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Analyse de document. Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre II, chapitres 35 à 46 : l'oraison funèbre prononcée par Périclès pendant l'hiver 431-430 av. J.-C. (extrait du chapitre 37, traduit du grec : « notre régime a reçu le nom de démocratie parce qu'il sert les intérêts du plus grand nombre et non d'une minorité » ; en politique, chacun est estimé pour son mérite plutôt que pour son rang ; la pauvreté n'empêche personne de servir la cité). Consigne : présentez le document, puis montrez comment Périclès fait l'éloge de la démocratie athénienne ; vous en montrerez les limites en confrontant le texte à vos connaissances.
Analyse des termes — Brouillon : trois verbes, donc trois temps (« présentez » en introduction, « montrez » pour l'éloge, « montrerez les limites » pour la critique) ; le mot-clé « démocratie » doit être défini (pouvoir du dêmos, les citoyens) et les bornes sont l'Athènes du Ve siècle av. J.-C., au début de la guerre contre Sparte. Au brouillon, on note en face de chaque passage une connaissance : « plus grand nombre » → Ecclésia ; « mérite » → tirage au sort et élection des stratèges ; « pauvreté » → misthos ; et on repère le silence du texte sur les exclus de la citoyenneté.
Problématique — Dans quelle mesure ce discours d'éloge, prononcé en pleine guerre, donne-t-il une image fidèle de la démocratie athénienne ?
Introduction rédigéeAu Ve siècle av. J.-C., Athènes se présente comme un modèle pour tout le monde grec. Le document est un extrait de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse de l'historien athénien Thucydide, qui y rapporte l'oraison funèbre prononcée par le stratège Périclès pendant l'hiver 431-430 av. J.-C., lors des funérailles publiques des premiers soldats athéniens tombés dans la guerre contre Sparte. Devant les citoyens et leurs familles, Périclès fait l'éloge de la cité et de son régime, la démocratie, c'est-à-dire le gouvernement de la cité par le dêmos, l'ensemble des citoyens. Mais un éloge funèbre n'est pas une description neutre. Dans quelle mesure ce discours, prononcé en pleine guerre, donne-t-il une image fidèle de la démocratie athénienne ? Nous verrons d'abord comment Périclès présente un régime qui donne le pouvoir au grand nombre, puis en quoi ce texte est aussi un discours de mobilisation, avant d'en montrer les limites à la lumière de nos connaissances.
I. Un régime qui donne le pouvoir au grand nombre
- Le pouvoir appartient à l'assemblée des citoyens, non à une minorité.L'Ecclésia, qui se réunit sur la Pnyx, vote les lois, la paix et la guerre ; tout citoyen peut y prendre la parole.
- L'égalité politique des citoyens est inscrite dans les institutions.Les réformes de Clisthène, en 508-507 av. J.-C., créent la Boulè de 500 membres tirés au sort chaque année.
- Les citoyens pauvres peuvent participer à la vie de la cité.Le misthos, indemnité instituée à l'initiative de Périclès au milieu du Ve siècle av. J.-C., rémunère d'abord les juges de l'Héliée.
II. Un discours de mobilisation en temps de guerre
- Le discours honore les morts pour souder les vivants.Funérailles publiques des premiers soldats tués dans la guerre du Péloponnèse, commencée en 431 av. J.-C. contre Sparte.
- L'éloge du régime est une arme contre l'adversaire.Périclès oppose Athènes, qu'il appelle « l'école de la Grèce » (chapitre 41), à Sparte, cité oligarchique et militaire.
- Le texte est une reconstruction de l'historien.Thucydide annonce (livre I, chapitre 22) qu'il fait dire aux orateurs ce qu'ils durent dire, sans rapporter leurs mots exacts ; Périclès meurt de la peste en 429 av. J.-C.
III. Une démocratie exclusive et impériale
- La citoyenneté est réservée à une minorité d'habitants.La loi de Périclès de 451 av. J.-C. exige deux parents athéniens ; les historiens estiment le nombre de citoyens à quelques dizaines de milliers, pour une population plusieurs fois supérieure.
- Femmes, métèques et esclaves sont exclus de la vie politique.Les esclaves, très nombreux, travaillent notamment dans les mines d'argent du Laurion, qui enrichissent la cité.
- La prospérité démocratique repose sur la domination d'autres cités.Le trésor de la ligue de Délos, fondée en 478-477 av. J.-C., est transféré à Athènes en 454 av. J.-C. et finance en partie les travaux de l'Acropole, dont le Parthénon.
Conclusion rédigéeLe discours de Périclès décrit avec justesse les principes de la démocratie athénienne : le pouvoir de l'assemblée, l'égalité politique des citoyens, la participation des plus pauvres. Mais c'est un éloge prononcé pour mobiliser une cité en guerre, et reconstruit par un historien : il tait l'exclusion des femmes, des métèques et des esclaves, comme la domination qu'Athènes exerce sur ses alliés. Le document est donc une source précieuse sur l'idéal que les Athéniens se faisaient de leur régime, plus que sur son fonctionnement réel. C'est cet idéal, et non la réalité athénienne, que les révolutionnaires et les penseurs politiques invoqueront à partir du XVIIIe siècle, au prix de bien des réinterprétations.
Le piège — Prendre l'éloge au pied de la lettre et conclure qu'Athènes était une démocratie au sens actuel du mot, ou, à l'inverse, réduire la critique à « ce n'était pas une vraie démocratie » : il faut juger le régime avec les critères de son époque, puis montrer ce que le discours laisse dans l'ombre.
Sujet 2 — Analyse de deux documents. Document 1 : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » Commission mondiale sur l'environnement et le développement, Notre avenir à tous (rapport Brundtland), 1987. Document 2 : population mondiale, en milliards d'habitants : 2,5 en 1950 ; 6,1 en 2000 ; 8,0 en 2022 ; 9,7 en 2050 (projection). D'après Nations unies, World Population Prospects 2022, 2022. Consigne : en confrontant les deux documents, montrez que la croissance démographique pose des défis au développement durable, puis nuancez l'idée d'une « bombe démographique ».
Analyse des termes — Brouillon : deux documents de nature différente (une définition tirée d'un rapport international, un tableau de chiffres) qu'il faut faire dialoguer, et non traiter l'un après l'autre ; « développement durable » et « défis » sont à définir, et l'expression « bombe démographique », entre guillemets, renvoie au livre de Paul Ehrlich, The Population Bomb, publié en 1968. Au brouillon, on calcule (2,5 → 8,0 milliards : multiplication par 3,2 en 72 ans ; + 1,7 milliard seulement de 2022 à 2050) et on relie les « besoins du présent » du document 1 aux milliards d'habitants du document 2.
Problématique — La croissance de la population mondiale menace-t-elle, par son seul nombre, la possibilité d'un développement durable ?
Introduction rédigéeEn novembre 2022, selon les Nations unies, la population mondiale a franchi le cap des 8 milliards d'habitants. Cette croissance ravive une inquiétude ancienne, résumée en 1968 par le titre du livre de Paul Ehrlich, La Bombe démographique. Les deux documents permettent d'examiner cette crainte. Le premier est la définition du développement durable donnée en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, présidée par Gro Harlem Brundtland, dans le rapport Notre avenir à tous : un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures. Le second, construit d'après les projections publiées par les Nations unies en 2022, montre l'évolution de la population mondiale de 1950 à 2050. La croissance de la population menace-t-elle, par son seul nombre, la possibilité d'un développement durable ? Nous verrons d'abord qu'elle multiplie les besoins, puis que les défis sont inégaux selon les territoires, avant de montrer que le nombre compte moins que les modes de développement.
I. Une croissance démographique qui multiplie les besoins
- La population mondiale a connu une croissance sans précédent.De 2,5 milliards en 1950 à 8,0 milliards en 2022 (document 2) : une multiplication par 3,2 en 72 ans ; le cap des 8 milliards est franchi en novembre 2022 selon les Nations unies.
- Chaque habitant supplémentaire ajoute des besoins à satisfaire.Les « besoins du présent » du document 1 : se nourrir, se loger, accéder à l'eau et à l'énergie.
- La pression porte sur les ressources et les milieux.Extension des terres cultivées, tensions sur l'eau douce, croissance urbaine rapide : plus de la moitié de l'humanité vit en ville depuis la fin des années 2000.
II. Des défis inégaux selon les territoires
- La croissance future se concentre dans quelques régions.Selon les Nations unies (2022), plus de la moitié de la hausse prévue d'ici 2050 viendra de huit pays, dont la République démocratique du Congo, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Inde, le Nigeria et le Pakistan.
- Les pays à croissance rapide doivent répondre à des besoins immédiats.En Afrique subsaharienne, la fécondité dépasse encore 4 enfants par femme au début des années 2020 : écoles, emplois et logements manquent.
- D'autres territoires affrontent au contraire le vieillissement.En France, l'indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,68 enfant par femme en 2023 (INSEE), sous le seuil de remplacement des générations.
III. Une « bombe » à nuancer : le nombre compte moins que les modes de développement
- La croissance ralentit : c'est la transition démographique.La fécondité mondiale est tombée à environ 2,3 enfants par femme en 2021 ; les Nations unies prévoient un maximum d'environ 10,4 milliards d'habitants dans les années 2080.
- L'impact environnemental dépend surtout des modes de consommation.Un habitant des États-Unis émet plusieurs fois plus de CO2 qu'un habitant de l'Inde (de l'ordre de sept fois au début des années 2020) : les pays qui croissent le plus sont souvent ceux qui polluent le moins par habitant.
- Le rapport Brundtland lie justice sociale et environnement.La phrase qui suit la définition (non reproduite dans le document 1) donne la priorité aux besoins essentiels des plus pauvres : le défi est de les satisfaire sans épuiser les ressources.
Conclusion rédigéeLa confrontation des deux documents montre que la croissance démographique pose bien des défis au développement durable : de 2,5 à 8 milliards d'habitants en soixante-douze ans, les « besoins du présent » se sont démultipliés, surtout dans les pays les plus pauvres, où la population augmente encore vite. Mais l'image d'une « bombe » est trompeuse : la croissance ralentit partout, et la pression sur l'environnement dépend davantage des modes de production et de consommation que du nombre d'habitants. Le rapport Brundtland invite ainsi à penser ensemble réduction des inégalités et protection de l'environnement, ce que les Nations unies ont repris en 2015 avec les dix-sept Objectifs de développement durable.
Le piège — Juxtaposer les deux documents, un paragraphe pour la définition et un pour les chiffres, au lieu de les confronter dans chaque partie ; ou reprendre sans recul l'idée de « bombe démographique » alors que la consigne demande précisément de la nuancer.