À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Le modèle britannique et son influence » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une monarchie limitée par la tradition (1215-1603), Les Stuarts contre le Parlement (1603-1642), La première révolution anglaise (1642-1660), La Restauration et l'Habeas Corpus (1660-1685). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — De la monarchie des Stuarts à la monarchie parlementaire : l'Angleterre de 1603 à 1714
Analyse des termes — La monarchie parlementaire est un régime où le roi règne mais ne peut gouverner sans le Parlement, ni contre lui ; le sujet demande d'expliquer comment on y parvient. Les bornes vont de l'avènement de Jacques Ier Stuart (1603) à celui de George Ier de Hanovre (1714), en passant par l'union avec l'Écosse (1707).
Problématique — Comment le conflit entre des rois tentés par l'absolutisme et un Parlement attaché à ses droits aboutit-il, au terme de deux révolutions, à un partage durable du pouvoir ?
Introduction rédigéeLe 30 janvier 1649, devant le palais de Whitehall, à Londres, le roi Charles Ier est décapité au nom du peuple anglais : pour la première fois, un roi régnant a été jugé et exécuté par ses sujets. Cet événement spectaculaire n'est qu'un moment d'un long conflit entre les rois Stuarts, arrivés sur le trône d'Angleterre en 1603, et le Parlement, formé de la Chambre des lords et de la Chambre des communes, qui vote les impôts et les lois. En 1714, lorsque George Ier de Hanovre succède à la reine Anne, le royaume, devenu Grande-Bretagne en 1707, est une monarchie parlementaire : le roi y règne, mais il ne peut gouverner ni sans le Parlement, ni contre lui. Comment le conflit entre des rois tentés par l'absolutisme et un Parlement attaché à ses droits aboutit-il, au terme de deux révolutions, à un partage durable du pouvoir ? Nous verrons d'abord comment les Stuarts cherchent à gouverner seuls (1603-1642), puis comment deux révolutions limitent le pouvoir royal (1642-1689), avant de montrer comment la monarchie parlementaire s'installe entre 1689 et 1714.
I. Des rois qui veulent gouverner seuls (1603-1642)
- Les Stuarts défendent la monarchie de droit divin dans un royaume de tradition tempérée.Jacques Ier, roi en 1603, théorise le droit divin dès 1598 ; il ne réunit pas le Parlement de 1614 à 1621.
- Le Parlement défend le consentement à l'impôt et la liberté des personnes.Pétition du droit imposée à Charles Ier en 1628.
- Le gouvernement personnel et la crise religieuse mènent à la rupture.Onze ans sans Parlement (1629-1640), ship money, révolte écossaise de 1637, tentative d'arrestation de cinq députés en janvier 1642.
II. Deux révolutions pour limiter le roi (1642-1689)
- La guerre civile aboutit au régicide et à la république.Victoire de la New Model Army à Naseby (1645), exécution de Charles Ier le 30 janvier 1649, abolition de la monarchie en mars 1649.
- La république se transforme en pouvoir personnel, puis la monarchie revient.Cromwell Lord-protecteur (1653-1658), Restauration de Charles II en 1660 ; Habeas Corpus Act en 1679.
- La Glorieuse Révolution renverse un roi soupçonné de vouloir l'absolutisme catholique.Déclarations d'indulgence (1687-1688), naissance d'un héritier en juin 1688, débarquement de Guillaume d'Orange le 5 novembre 1688.
III. La monarchie parlementaire s'installe (1689-1714)
- Le Bill of Rights soumet l'impôt, l'armée et les lois au Parlement.Déclaration des droits acceptée le 13 février 1689, loi du 16 décembre 1689.
- Le Parlement devient maître de la succession et des finances.Banque d'Angleterre et Triennial Act (1694), Act of Settlement (1701), Acte d'Union créant la Grande-Bretagne (1707).
- Le régime reste aristocratique et confessionnel.Électorat censitaire très restreint, catholiques exclus des fonctions (Test Act, 1673) et du trône, avènement du protestant George Ier en 1714.
Conclusion rédigéeEntre 1603 et 1714, l'Angleterre passe d'une monarchie dont le roi prétend ne tenir son pouvoir que de Dieu à une monarchie dont le Parlement choisit le souverain et fixe les règles du règne. Ce résultat n'était pas écrit d'avance : il a fallu une guerre civile, un régicide, l'échec d'une république devenue autoritaire, puis une seconde révolution, en 1688-1689, pour que le Bill of Rights et l'Act of Settlement en fassent une règle durable. Ce régime reste pourtant celui d'une élite de propriétaires protestants, fermé aux catholiques et appuyé sur un suffrage très restreint. Au XVIIIe siècle, sous Walpole, le gouvernement devient responsable devant les Communes, et ce modèle fascine des philosophes français comme Voltaire et Montesquieu, qui y voient le contraire de la monarchie absolue de leur pays.
Le piège — Raconter la période comme une suite d'événements sans montrer que la question est toujours la même, qui du roi ou du Parlement décide de l'impôt, de l'armée et de la loi, et oublier qu'en 1689 c'est le Parlement qui choisit le roi.
Sujet 2 — Le modèle britannique et son influence au XVIIIe siècle
Analyse des termes — Le « modèle britannique » désigne la monarchie parlementaire issue de la Glorieuse Révolution, avec ses libertés garanties par la loi et sa tolérance religieuse ; on peut parler de « britannique » depuis l'Acte d'Union de 1707. L'« influence » recouvre l'admiration, la théorisation et l'imitation de ce modèle hors de Grande-Bretagne, de 1689 jusqu'aux débats de 1787-1789.
Problématique — Pourquoi la monarchie britannique devient-elle un modèle pour les Européens du XVIIIe siècle, et jusqu'où ce modèle est-il réellement suivi ?
Introduction rédigée« La nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à régler le pouvoir des rois en leur résistant » : en 1734, dans ses Lettres philosophiques, Voltaire fait de l'Angleterre un exemple pour l'Europe. Depuis la Glorieuse Révolution de 1688-1689, et plus encore depuis l'union avec l'Écosse qui crée la Grande-Bretagne en 1707, le royaume est une monarchie parlementaire : le roi y règne, mais les lois, l'impôt et l'armée dépendent du Parlement, et les sujets jouissent de libertés garanties par la loi. Ce « modèle britannique » associe donc un régime politique, des libertés et une société réputée tolérante et prospère ; son influence désigne la manière dont il est admiré, théorisé et imité hors de ses frontières, jusqu'aux révolutions de la fin du siècle. Pourquoi la monarchie britannique devient-elle un modèle pour les Européens du XVIIIe siècle, et jusqu'où ce modèle est-il réellement suivi ? Nous montrerons d'abord l'originalité de ce modèle, puis la façon dont les philosophes l'admirent et le théorisent, enfin les critiques et les transformations qu'il subit lorsqu'on veut s'en inspirer.
I. Un modèle politique original en Europe
- Des libertés individuelles garanties par la loi.Habeas Corpus Act (1679) ; droit de pétition et liberté de parole des députés dans le Bill of Rights (1689).
- Un Parlement au cœur du pouvoir, un gouvernement qui dépend de lui.Sessions annuelles depuis 1689 ; Walpole gouverne de 1721 à 1742 et démissionne quand il perd la majorité des Communes.
- Une société réputée tolérante et prospère.Toleration Act (1689) ; Banque d'Angleterre (1694), dette publique garantie par le Parlement.
II. Un modèle admiré et théorisé par les philosophes
- Locke en fournit la justification : le pouvoir repose sur le consentement.Deux traités du gouvernement civil, publiés fin 1689.
- Voltaire en fait une arme contre l'absolutisme français.Lettres philosophiques (1734), brûlées sur ordre du parlement de Paris en juin 1734.
- Montesquieu en tire une théorie de l'équilibre des pouvoirs.De l'esprit des lois (1748), livre XI, chapitre 6, « De la constitution d'Angleterre ».
III. Un modèle discuté et transformé
- Des critiques dénoncent une liberté réservée au jour du vote.Rousseau, Du contrat social (1762) : le peuple anglais n'est libre que durant l'élection.
- La réalité britannique est moins brillante que son image.Bourgs pourris comme Old Sarum, catholiques exclus jusqu'en 1829, Irlande dominée.
- Ceux qui s'en inspirent le transforment.La Constitution américaine de 1787 sépare les pouvoirs mais crée une république ; en septembre 1789, l'Assemblée constituante rejette la seconde chambre proposée par les monarchiens.
Conclusion rédigéeAu XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne offre à l'Europe l'exemple rare d'une monarchie où la loi, votée par un Parlement, limite le roi et protège les sujets. Locke en donne la justification, Voltaire en fait une arme contre l'absolutisme, Montesquieu en tire une théorie de l'équilibre des pouvoirs. Mais ce modèle est un regard autant qu'une réalité : aristocratique, fermé aux catholiques, il est critiqué par Rousseau, et ceux qui s'en inspirent le transforment. Les Américains en 1787 comme les constituants français en 1789 lui empruntent l'idée de pouvoirs limités, mais choisissent la république ou refusent la Chambre haute. Le modèle britannique a donc moins été copié que discuté, et c'est par cette discussion qu'il a nourri l'âge des révolutions, étudié au chapitre suivant.
Le piège — Transformer le sujet en dissertation sur les Lumières en général, ou ne parler que de Voltaire et Montesquieu, en oubliant de décrire d'abord le modèle lui-même (Habeas Corpus, Bill of Rights, régime parlementaire) et ses limites réelles.