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La France : des milieux métropolitains et ultramarins entre valorisation et protection

Diversité des milieux, outre-mer, parcs nationaux, littoraux et montagnes, valorisation touristique, protection (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « La France : des milieux métropolitains et ultramarins entre valorisation et protection » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des milieux métropolitains et ultramarins d'une grande diversité, Les outre-mer : des milieux exceptionnels et fragiles, Valoriser les milieux : agriculture, énergie, mer, patrimoine, Valoriser par le tourisme : des littoraux et des montagnes aménagés. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Les onze parcs nationaux français

Facile

Tableau de données (dates et localisations) · Tableau construit pour l'exercice d'après les décrets de création des parcs nationaux publiés au Journal officiel (1963-2019).

Les parcs nationaux sont créés par décret en application de la loi du 22 juillet 1960, réformée le 14 avril 2006. Le tableau récapitule soixante ans de créations, de la métropole aux outre-mer.

Parc nationalCréationLocalisationMilieu dominant
Vanoise1963Savoie (Alpes du Nord)Haute montagne
Port-Cros1963Var (îles d'Hyères)Îles et mer méditerranéennes
Pyrénées1967Pyrénées-Atlantiques, Hautes-PyrénéesHaute montagne
Cévennes1970Lozère, GardMoyenne montagne habitée
Écrins1973Hautes-Alpes, IsèreHaute montagne
Mercantour1979Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-ProvenceMontagne à influence méditerranéenne
Guadeloupe1989Basse-Terre et Grand Cul-de-Sac marinForêt tropicale humide, volcan, récifs
La Réunion2007Intérieur de l'îleMontagne volcanique tropicale
Parc amazonien de Guyane2007Sud de la GuyaneForêt équatoriale
Calanques2012Bouches-du-Rhône (Marseille, Cassis, La Ciotat)Littoral méditerranéen périurbain
Forêts2019Côte-d'Or, Haute-MarneForêt feuillue de plateau

En vous appuyant sur le document et sur vos connaissances, montrez comment la protection des milieux par les parcs nationaux a évolué en France depuis les années 1960.

  1. Combien la France compte-t-elle de parcs nationaux ? Combien se trouvent outre-mer ?
  2. Quels milieux sont protégés par les premiers parcs, créés entre 1963 et 1979 ? Proposez une explication.
  3. Montrez que la gamme des milieux protégés s'élargit à partir de 1989.
  4. Quelles sont les limites de ce document pour mesurer la protection des milieux en France ?
Voir la réponse rédigée

1. Le tableau recense onze parcs nationaux, créés entre 1963 (Vanoise et Port-Cros) et 2019 (Parc national de forêts). Trois se trouvent outre-mer : la Guadeloupe (1989), La Réunion (2007) et le Parc amazonien de Guyane (2007). Les huit autres sont en métropole.

2. Sur les six parcs créés entre 1963 et 1979, cinq protègent des montagnes : Vanoise, Pyrénées, Écrins et Mercantour sont des parcs de « haute montagne » ou de montagne méditerranéenne, les Cévennes une moyenne montagne ; seul Port-Cros protège des îles et un espace marin. On peut l'expliquer par la loi de 1960, qui visait des espaces jugés exceptionnels et peu peuplés, qu'il fallait soustraire à la pression des aménagements : à la même époque, le Plan neige (1964) multipliait les stations de ski en altitude. La Vanoise a d'ailleurs été créée en partie pour sauver le bouquetin, alors menacé.

3. À partir de 1989, les parcs protègent des milieux nouveaux. Les milieux tropicaux et équatoriaux entrent dans le réseau : « forêt tropicale humide, volcan, récifs » en Guadeloupe (1989), « montagne volcanique tropicale » à La Réunion et « forêt équatoriale » en Guyane (2007). Puis viennent un littoral périurbain, les Calanques (2012), aux portes de Marseille, et une forêt de plaine habitée et exploitée, le Parc national de forêts (2019). La protection ne vise plus seulement la nature « sauvage » de haute montagne, mais aussi des milieux proches des villes ou façonnés par l'homme.

4. Le tableau ne donne ni la superficie des parcs (le Parc amazonien, plus de 3 millions d'hectares, est sans commune mesure avec Port-Cros), ni leur fréquentation. Il ignore les autres outils : parcs naturels régionaux (près de 60), Conservatoire du littoral, réserves naturelles, sites Natura 2000 et surtout les parcs naturels marins et les immenses aires marines ultramarines, comme le Parc naturel de la mer de Corail (2014). Il ne dit rien non plus de la réforme de 2006, qui change le fonctionnement des parcs.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau chronologique, c'est repérer des étapes et des ruptures (ici 1989 et 2007) avant d'expliquer, puis dire ce que le document ne montre pas.

Document 2 — La loi Littoral de 1986 : aménager, protéger, mettre en valeur

Moyen

Texte juridique (extraits d'une loi) · Loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral, article 1er et article 3 (version d'origine, Journal officiel du 4 janvier 1986).

La loi est adoptée en janvier 1986, après vingt ans d'urbanisation rapide des côtes liée au tourisme de masse et aux aménagements de l'État, comme la Mission Racine (1963). Elle s'adresse aux élus, aux aménageurs et aux services de l'État, qui doivent l'appliquer dans les documents d'urbanisme.

Article 1er. « Le littoral est une entité géographique qui appelle une politique spécifique d'aménagement, de protection et de mise en valeur. La réalisation de cette politique d'intérêt général implique une coordination des actions de l'État et des collectivités locales, ou de leurs groupements, ayant pour objet : la mise en œuvre d'un effort de recherche et d'innovation portant sur les particularités et les ressources du littoral ; la protection des équilibres biologiques et écologiques, la lutte contre l'érosion, la préservation des sites et paysages et du patrimoine ; la préservation et le développement des activités économiques liées à la proximité de l'eau, telles que la pêche, les cultures marines, les activités portuaires, la construction et la réparation navales et les transports maritimes ; le maintien ou le développement, dans la zone littorale, des activités agricoles ou sylvicoles, de l'industrie, de l'artisanat et du tourisme. »

Article 3 (règles d'urbanisme insérées dans le code de l'urbanisme). « L'extension de l'urbanisation doit se réaliser soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement. » […] « En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage. »

Montrez que la loi Littoral cherche à concilier la valorisation et la protection des littoraux français, puis évaluez sa portée.

  1. Présentez le document : nature, date, contexte.
  2. Relevez les trois objectifs annoncés par l'article 1er et classez les activités citées.
  3. Expliquez les deux règles d'urbanisme de l'article 3 : que cherchent-elles à empêcher ?
  4. Montrez que la loi concilie valorisation et protection, puis indiquez une limite de son application.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'extraits d'un texte juridique : la loi du 3 janvier 1986 « relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral », dite loi Littoral. Elle est adoptée après deux décennies de forte littoralisation : bétonnage de la Côte d'Azur, stations nouvelles du Languedoc-Roussillon créées par la Mission Racine à partir de 1963, marinas et résidences secondaires. Elle vient un an après la loi Montagne (1985), qui applique la même logique aux massifs.

2. L'article 1er annonce une politique « d'aménagement, de protection et de mise en valeur ». Les activités citées se classent en deux groupes. D'un côté, la protection : « équilibres biologiques et écologiques », « lutte contre l'érosion », « préservation des sites et paysages et du patrimoine ». De l'autre, la valorisation économique : activités maritimes (« la pêche, les cultures marines, les activités portuaires », la construction navale, les transports maritimes) et activités de la zone côtière (agriculture, sylviculture, industrie, artisanat, « tourisme »). La recherche forme un troisième volet, au service des deux autres.

3. La première règle impose que l'urbanisation se fasse « en continuité avec les agglomérations et villages existants » ou en « hameaux nouveaux intégrés à l'environnement » : elle vise à empêcher le mitage, c'est-à-dire la dispersion de constructions isolées dans les espaces naturels. La seconde rend inconstructible, hors espaces déjà urbanisés, une bande de cent mètres à partir du rivage : elle protège le trait de côte, les dunes et le libre accès au rivage, et empêche un front bâti continu comme celui de certaines côtes méditerranéennes.

4. La loi ne sanctuarise pas le littoral : elle affirme au contraire le « maintien ou le développement » des activités, y compris du tourisme. Elle organise leur localisation : construire là où l'on a déjà construit, préserver ailleurs. C'est une conciliation par l'urbanisme, complétée par le Conservatoire du littoral (1975), qui achète les terrains. Limites : son application dépend des communes et des tribunaux, qui ont longtemps interprété ses notions ; la loi ELAN de 2018 a assoupli certaines règles (la formule des « hameaux nouveaux » a disparu) ; enfin, le recul du trait de côte, que la loi Climat et résilience de 2021 prend en compte, pose des problèmes que le texte de 1986 n'avait pas prévus.

Ce que cette analyse apprend — Face à un texte de loi, on classe ses objectifs, on explique chaque règle par ce qu'elle veut empêcher, puis on évalue son application dans le temps.

Document 3 — Les milieux ultramarins entre valorisation et protection

Moyen

Carte (planisphère centré sur l'Europe), décrite · Carte construite pour l'exercice d'après les décrets de création des aires protégées citées (1976-2017) et la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (inscriptions de 2008 à 2023).

Ce type de carte figure dans les manuels et les atlas de géographie pour montrer la place des outre-mer dans la question spécifique sur la France. Les dates retenues sont celles des décrets de création et des inscriptions au patrimoine mondial.

Le planisphère figure en bleu clair les zones économiques exclusives françaises, qui dessinent de vastes taches dans les trois océans. La légende comporte trois parties.

1. Des milieux variés. Des aplats de couleur distinguent le milieu équatorial (Guyane, couverte de forêt à plus de 90 %), les milieux tropicaux insulaires (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna), le milieu subpolaire (Saint-Pierre-et-Miquelon) et les milieux austraux et polaires (Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul, Terre Adélie).

2. Des milieux valorisés. Des pictogrammes signalent : le Centre spatial guyanais de Kourou ; l'extraction du nickel en Nouvelle-Calédonie ; la banane et la canne à sucre aux Antilles ; le tourisme balnéaire et de croisière aux Antilles, le tourisme lagonaire en Polynésie (Bora-Bora), la randonnée à La Réunion ; la pêche à la légine dans les TAAF. Des flèches rouges indiquent des pressions : orpaillage illégal le long des fleuves guyanais, échouements de sargasses aux Antilles depuis 2011, urbanisation littorale à La Réunion et à Mayotte.

3. Des milieux protégés. Des aplats verts et des étiquettes datées localisent : parc national de la Guadeloupe (1989) ; parc naturel régional de la Martinique (1976) et parc naturel marin de la Martinique (2017) ; Parc amazonien de Guyane (2007) ; parc national de La Réunion (2007), dont le cœur couvre environ 40 % de l'île ; parc naturel marin de Mayotte (2010) ; réserve naturelle nationale des Terres australes françaises (2006) ; Parc naturel de la mer de Corail en Nouvelle-Calédonie (2014, environ 1,3 million de km²). Des étoiles signalent les biens naturels du patrimoine mondial : lagons de Nouvelle-Calédonie (2008), « Pitons, cirques et remparts » de La Réunion (2010), Terres et mers australes françaises (2019), montagne Pelée et pitons du nord de la Martinique (2023).

À partir de la carte, montrez que les milieux ultramarins sont à la fois valorisés et protégés, et expliquez pourquoi ils constituent un enjeu majeur pour la France.

  1. Identifiez les grands types de milieux ultramarins figurés sur la carte.
  2. Relevez les formes de valorisation et les pressions qui s'exercent sur ces milieux.
  3. Présentez les formes de protection et leur chronologie.
  4. Expliquez pourquoi les outre-mer représentent un enjeu majeur pour la France, puis indiquez une limite de la carte.
Voir la réponse rédigée

1. La carte distingue quatre types de milieux : le milieu équatorial de la Guyane, couverte de forêt à plus de 90 % ; les milieux tropicaux insulaires, volcaniques (Guadeloupe, Martinique, La Réunion) ou coralliens (Polynésie, lagons de Nouvelle-Calédonie et de Mayotte) ; le milieu subpolaire de Saint-Pierre-et-Miquelon ; les milieux austraux et polaires des TAAF, jusqu'à la Terre Adélie. Ces territoires se répartissent dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique et jusqu'en Antarctique.

2. Les milieux sont valorisés de trois manières. Par l'agriculture d'exportation, héritée des plantations (banane et canne à sucre aux Antilles). Par l'exploitation des ressources et des sites : nickel néo-calédonien, pêche à la légine dans les TAAF, Centre spatial de Kourou, qui profite de la proximité de l'équateur. Par le tourisme : balnéaire et de croisière aux Antilles, lagonaire en Polynésie, randonnée à La Réunion. Les flèches rouges montrent les pressions : l'orpaillage illégal le long des fleuves guyanais, qui pollue au mercure ; l'urbanisation littorale à La Réunion et à Mayotte, qui menace les lagons ; les échouements de sargasses depuis 2011, qui gênent habitants et touristes antillais.

3. La protection commence par un parc naturel régional en Martinique (1976), puis un premier parc national ultramarin en Guadeloupe (1989). Les années 2006-2010 marquent une accélération : réserve des Terres australes (2006), parcs nationaux de La Réunion et de Guyane (2007), parc naturel marin de Mayotte (2010). La protection gagne ensuite la mer à très grande échelle : mer de Corail (2014, environ 1,3 million de km²), parc naturel marin de la Martinique (2017). Les inscriptions à l'UNESCO (2008-2023) consacrent ces milieux à l'échelle mondiale et favorisent un tourisme de nature.

4. Les outre-mer sont un enjeu majeur car ils donnent à la France l'essentiel de sa biodiversité et plus de 90 % de sa ZEE, la deuxième du monde (environ 10 millions de km²) : ils en font une puissance maritime et environnementale, qui porte une responsabilité mondiale dans la protection des récifs et des forêts tropicales. Limite : la carte juxtapose les éléments sans montrer les acteurs ni leurs conflits (orpailleurs, populations amérindiennes et bushinengé, État) ; elle ne dit rien de l'efficacité réelle de la protection, ni des différences de statut entre DROM, COM et Nouvelle-Calédonie, qui ont chacun des compétences propres en matière d'environnement.

Ce que cette analyse apprend — Pour une carte, on suit l'ordre de la légende (milieux, valorisation, protection), on cite les figurés et les dates, puis on dit ce que la carte ne montre pas.

Document 4 — Des parcs nationaux « sanctuaires » aux parcs partagés : les lois de 1960 et de 2006

Difficile

Confrontation de deux textes juridiques, dont un document d'époque (1960) · Document A : loi n° 60-708 du 22 juillet 1960 relative à la création de parcs nationaux, article 1er (Journal officiel, 1960). Document B : loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux, article L. 331-1 du code de l'environnement (extraits).

La loi de 1960 est votée au début de la Ve République, alors que la haute montagne s'ouvre au ski ; elle permet la création de la Vanoise et de Port-Cros en 1963. La loi de 2006 réforme les parcs après des décennies de tensions avec les habitants et prépare la création des parcs de La Réunion et de Guyane (2007).

Document A — loi du 22 juillet 1960, article 1er. « Le territoire de tout ou partie d'une ou de plusieurs communes peut être classé par décret en Conseil d'État en “parc national” lorsque la conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, de l'atmosphère, des eaux et, en général, d'un milieu naturel présente un intérêt spécial et qu'il importe de préserver ce milieu contre tout effet de dégradation naturelle et de le soustraire à toute intervention artificielle susceptible d'en altérer l'aspect, la composition et l'évolution. »

Document B — loi du 14 avril 2006 (article L. 331-1 du code de l'environnement), extraits et résumé. Un parc national peut être créé « à partir d'espaces terrestres ou maritimes » dont le milieu naturel, les paysages et, le cas échéant, le patrimoine culturel présentent un intérêt spécial. Le parc « est composé d'un ou plusieurs cœurs, définis comme les espaces terrestres et maritimes à protéger, ainsi que d'une aire d'adhésion ». Cette aire regroupe les communes qui, en raison de leur continuité géographique ou de leur « solidarité écologique avec le cœur », ont décidé d'adhérer à la charte du parc et « de concourir volontairement à cette protection ». La charte, élaborée avec les collectivités, fixe les objectifs de protection du cœur et les orientations de développement durable de l'aire d'adhésion.

Confrontez les deux documents pour montrer comment la conception de la protection des milieux a évolué en France entre 1960 et 2006, et expliquez cette évolution.

  1. Présentez les deux documents et le contexte de chacun.
  2. Quelle conception de la protection le document A exprime-t-il ? Appuyez-vous sur ses termes.
  3. Qu'est-ce qui change dans le document B ? Relevez trois nouveautés.
  4. Comment expliquer cette évolution ? Mobilisez au moins deux exemples précis.
  5. Cette nouvelle conception supprime-t-elle les tensions entre valorisation et protection ? Nuancez.
Voir la réponse rédigée

1. Les deux documents sont des textes de loi définissant ce qu'est un parc national. Le document A est l'article 1er de la loi du 22 juillet 1960, votée sous la présidence du général de Gaulle, au moment où l'État lance aussi l'aménagement touristique de la montagne (Plan neige, 1964). Le document B présente l'article L. 331-1 du code de l'environnement, issu de la loi du 14 avril 2006, qui réforme l'ensemble des parcs nationaux et crée les parcs naturels marins. Les confronter permet de mesurer quarante-six ans d'évolution.

2. Le document A exprime une conception de sanctuaire. Le parc doit préserver le milieu « contre tout effet de dégradation » et le « soustraire à toute intervention artificielle » : la nature y est pensée comme un patrimoine à tenir à l'écart des sociétés humaines. L'énumération (« faune, flore, sol, sous-sol, atmosphère, eaux ») montre une approche naturaliste, qui ne mentionne ni les habitants ni les activités. La décision est prise « par décret en Conseil d'État » : c'est l'État central qui protège. La Vanoise (1963), créée notamment pour sauver le bouquetin, incarne cette logique.

3. Le document B apporte au moins trois nouveautés. D'abord, les espaces maritimes sont explicitement inclus et le patrimoine culturel peut justifier la protection : l'homme fait partie de ce qu'on protège. Ensuite, le parc est divisé en deux espaces : des « cœurs », à protéger strictement, et une « aire d'adhésion ». Enfin, cette aire repose sur le volontariat : les communes adhèrent à une charte et concourent « volontairement » à la protection, au nom de la « solidarité écologique avec le cœur ». On passe d'une protection imposée à une protection négociée, qui associe préservation du cœur et développement durable autour.

4. Cette évolution s'explique d'abord par les tensions nées de la logique de 1960 : dans la Vanoise, l'affaire de 1969-1971 (un projet de pistes empiétant sur le cœur, abandonné en 1971) a montré que le parc restait menacé par son environnement immédiat, tandis que de nombreux habitants vivaient la protection comme une dépossession. Elle s'explique ensuite par des modèles qui associent déjà les habitants : le parc des Cévennes (1970), dont le cœur est habité, et les parcs naturels régionaux (1967). Enfin, la montée du développement durable depuis le sommet de Rio (1992) et la perspective de parcs ultramarins peuplés, comme le Parc amazonien de Guyane (2007), qui reconnaît des droits d'usage aux communautés amérindiennes et bushinengé, rendaient impossible une protection « contre » les habitants.

5. Les tensions ne disparaissent pas. L'adhésion étant volontaire, certaines communes refusent la charte : l'aire d'adhésion est alors plus petite que prévu. La création des Calanques (2012) a suscité de longues oppositions d'usagers, et le parc doit désormais réguler la fréquentation (réservation à Sugiton depuis 2022). La loi de 2006 ne supprime donc pas les conflits d'usage : elle leur donne un cadre de négociation. La protection reste un arbitrage entre acteurs, pas une solution définitive.

Ce que cette analyse apprend — Confronter deux textes, c'est dégager la conception de chacun à partir de ses mots, nommer ce qui change, l'expliquer par le contexte, puis nuancer la portée du changement.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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