06 29 33 79 32 Je réserve ici
2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ ·

L'affirmation de l'État dans le royaume de France

Monarchie absolue, François Ier, édit de Nantes, Louis XIV et Versailles, société de cour, administration, Colbert (programme d'histoire de 2nde)

À propos de cette page
Ce lexique sur « L'affirmation de l'État dans le royaume de France » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : François Ier et l'affirmation du pouvoir royal (1515-1547), Des guerres de religion à l'édit de Nantes (1562-1610), Richelieu et Mazarin : l'État forgé par la guerre (1610-1661), 1661 : Louis XIV gouverne seul, la monarchie absolue de droit divin. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

État

Ensemble des institutions (roi, conseils, tribunaux, finances, armée, administration) qui exercent une autorité souveraine sur un territoire et sur ses habitants.

À ne pas confondre

  • Royaume — Le royaume, ce sont le territoire et les sujets du roi ; l'État, c'est l'appareil qui les gouverne. On peut agrandir le royaume sans renforcer l'État, et inversement.

Selon l'époque et le point de vue — Du latin status ; le sens politique s'impose aux XVIe-XVIIe siècles. L'expression « raison d'État », diffusée par l'Italien Giovanni Botero (1589), devient courante au temps de Richelieu.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet du chapitre. Faute à éviter : faire de l'État un synonyme du roi ; l'État survit à chaque roi.

Monarchie absolue

Régime où le roi concentre les pouvoirs de faire la loi, de rendre la justice, de lever l'impôt et de décider de la guerre, sans contrôle d'aucune institution humaine.

À ne pas confondre

  • Despotisme, tyrannie — Le despote gouverne selon son caprice ; le roi absolu est tenu par la loi de Dieu, les lois fondamentales et le bien commun.

Selon l'époque et le point de vue — Théorisée par Bodin (1576) puis Bossuet (publié en 1709). Le mot « absolutisme » n'apparaît qu'après la Révolution, pour désigner l'Ancien Régime.

Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur Louis XIV ou sur l'État moderne. Faute : la confondre avec une dictature du XXe siècle.

Souveraineté

Pouvoir suprême de commander et de faire la loi à tous, sans dépendre d'aucune autorité supérieure sur terre.

À ne pas confondre

  • Suzeraineté — La suzeraineté est un lien féodal entre un seigneur et son vassal ; la souveraineté s'exerce directement sur tous les sujets.

Selon l'époque et le point de vue — Définie par Jean Bodin dans Les Six Livres de la République (1576), en pleine guerre de religion, comme « la puissance absolue et perpétuelle d'une République ».

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le passage du roi féodal au roi souverain. Faute : attribuer la souveraineté au peuple à cette époque.

Droit divin

Principe selon lequel le roi tient son pouvoir directement de Dieu, devant qui seul il doit rendre des comptes.

À ne pas confondre

  • Sacre — Le sacre manifeste le droit divin mais ne le crée pas : le nouveau roi règne dès la mort de son prédécesseur (« Le roi est mort, vive le roi »).

Selon l'époque et le point de vue — Idée ancienne, systématisée par Bossuet, précepteur du Dauphin de 1670 à 1680 : pour lui, l'autorité royale est « sacrée ».

Ce que le mot permet d'écrire — Toujours associé à « monarchie absolue ». Faute : croire que le droit divin autorise tout ; il oblige aussi le roi envers Dieu.

Sacre

Cérémonie religieuse, célébrée à Reims, où le roi reçoit l'onction d'huile sainte, prête serment et reçoit les insignes du pouvoir (couronne, sceptre, main de justice, épée).

À ne pas confondre

  • Couronnement — Le couronnement n'est qu'un moment du sacre ; l'essentiel est l'onction, qui fait du roi un personnage sacré.

Selon l'époque et le point de vue — Tradition qui se réclame du baptême de Clovis. Henri IV est sacré à Chartres en 1594, Reims étant tenue par la Ligue ; Louis XIV l'est à Reims en 1654.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour analyser une image du roi (portrait de Rigaud) ou le droit divin. Faute : dater le début du règne du sacre.

Lois fondamentales du royaume

Règles coutumières que le roi ne peut modifier : succession de mâle en mâle par ordre de primogéniture, inaliénabilité du domaine royal, catholicité du roi.

À ne pas confondre

  • Ordonnance — L'ordonnance est faite par le roi et il peut la changer ; les lois fondamentales s'imposent à lui.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression se diffuse pendant les guerres de religion. La catholicité oblige Henri IV à abjurer (1593) pour être reconnu.

Ce que le mot permet d'écrire — Argument clé d'une partie « limites de l'absolutisme ». Faute : dire que le roi absolu n'a aucune règle.

Office (vénalité des offices)

Charge publique (juge, receveur des impôts, conseiller au parlement) que son titulaire, l'officier, achète et peut transmettre ; certaines anoblissent (noblesse de robe).

À ne pas confondre

  • Commission — Le commissaire (comme l'intendant) est nommé par le roi et révocable ; l'officier, propriétaire de sa charge, ne l'est pas.

Selon l'époque et le point de vue — Organisée par François Ier (bureau des parties casuelles, 1522) ; la paulette (1604) rend les offices héréditaires contre un droit annuel.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre à la fois une ressource de l'État et une limite du pouvoir royal. Faute : confondre officier et fonctionnaire.

Intendant

Commissaire « de justice, police et finances » envoyé par le roi dans une généralité pour y faire appliquer ses décisions, surveiller les officiers et répartir l'impôt.

À ne pas confondre

  • Gouverneur de province — Le gouverneur est un grand noble au titre prestigieux ; l'intendant, souvent issu de la robe, détient le pouvoir administratif réel.

Selon l'époque et le point de vue — Envoyés de façon régulière sous Richelieu (années 1630), supprimés pendant la Fronde puis rétablis ; ils couvrent tout le royaume sous Louis XIV.

Ce que le mot permet d'écrire — Exemple type de la centralisation. Faute : en faire des élus ou des officiers propriétaires de leur charge.

Parlement

Cour souveraine de justice (celle de Paris et une dizaine en province) qui juge en appel et enregistre les édits royaux, avec un droit de remontrance.

À ne pas confondre

  • Parlement anglais — Le Parlement anglais est une assemblée représentative qui vote l'impôt ; le parlement français est un tribunal de juges propriétaires de leur office.

Selon l'époque et le point de vue — Le parlement de Paris mène la Fronde (1648) ; en 1673, Louis XIV l'oblige à enregistrer avant toute remontrance ; en 1715, il casse le testament du roi.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer les contre-pouvoirs et leurs limites. Faute : le présenter comme une assemblée élue.

Édit, ordonnance

Actes législatifs du roi. L'ordonnance réforme souvent plusieurs matières à la fois ; l'édit porte sur un objet précis. Ils doivent être enregistrés par les parlements.

À ne pas confondre

  • Déclaration royale — La déclaration interprète ou complète un texte existant, sans créer une législation nouvelle.

Selon l'époque et le point de vue — Grands exemples : ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), édit de Nantes (1598), ordonnances civile (1667) et criminelle (1670), édit de Fontainebleau (1685).

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour présenter un document juridique. Faute : parler de « loi votée ».

Gallicanisme

Doctrine qui affirme l'autonomie de l'Église de France à l'égard du pape, sous l'autorité du roi pour les affaires temporelles.

À ne pas confondre

  • Anglicanisme — Le roi d'Angleterre rompt avec Rome et prend la tête de son Église ; l'Église gallicane reste catholique et unie au pape.

Selon l'époque et le point de vue — Pragmatique Sanction de Bourges (1438), Concordat de Bologne (1516), Déclaration des Quatre articles (1682), rédigée par Bossuet.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour la partie « contrôle de la vie religieuse ». Faute : en faire une Église séparée de Rome.

Tolérance

Au XVIe-XVIIe siècle, fait de supporter une religion que l'on juge fausse pour préserver la paix civile.

À ne pas confondre

  • Liberté religieuse — La liberté religieuse met toutes les croyances à égalité ; la tolérance de 1598 accepte seulement, sous conditions, une minorité.

Selon l'époque et le point de vue — Défendue par les « politiques » pendant les guerres de religion ; mise en œuvre par l'édit de Nantes (1598), abolie par l'édit de Fontainebleau (1685).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour analyser l'édit de Nantes. Faute : l'appeler « édit de liberté » ou parler de laïcité.

Société de cour, étiquette

Ensemble des personnes vivant auprès du roi, organisé par l'étiquette, code qui règle les rangs, les gestes et les faveurs autour de la personne royale.

À ne pas confondre

  • Noblesse — Tous les nobles ne sont pas courtisans : seule une petite partie de la noblesse, surtout la plus haute, vit à Versailles.

Selon l'époque et le point de vue — Analysée par le sociologue Norbert Elias (La Société de cour, 1969) ; elle prend sa forme achevée à Versailles après 1682.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur Versailles ou sur le contrôle des grands. Faute : réduire l'étiquette à une mondanité sans enjeu politique.

Mercantilisme

Doctrine économique selon laquelle la richesse d'un État dépend du stock de métaux précieux qu'il détient ; l'État doit favoriser les exportations et freiner les importations.

À ne pas confondre

  • Libéralisme économique — Le libéralisme veut limiter l'intervention de l'État et libérer les échanges ; le mercantilisme organise et protège la production nationale.

Selon l'époque et le point de vue — Pratiqué dans toute l'Europe aux XVIe-XVIIIe siècles ; sa forme française est appelée colbertisme. Le terme vient des critiques d'Adam Smith (1776) contre le « système mercantile ».

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer la politique de Colbert. Faute : y voir un capitalisme de libre concurrence.

Compagnie à monopole

Société de commerce dotée par le roi du privilège exclusif de commercer dans une zone du monde, souvent avec des pouvoirs quasi publics (forts, traités, justice).

À ne pas confondre

  • Comptoir — Le comptoir est l'établissement commercial outre-mer (Pondichéry) ; la compagnie est la société qui le gère.

Selon l'époque et le point de vue — Modèle hollandais (VOC, 1602) et anglais (1600) ; Colbert crée en 1664 les Compagnies des Indes orientales et occidentales.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les compagnies des Indes et la dimension maritime de l'État. Faute : les croire totalement privées ou totalement réussies.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Centralisation / négociation

Le roi renforce son administration, mais doit composer avec des officiers, des parlements et des élites locales.

Ce qu'il débloque — Structure une partie « un pouvoir fort mais négocié ».

Exemple — Sur le sujet « Louis XIV, un roi absolu ? », il permet d'opposer les intendants aux pays d'états qui négocient l'impôt.

Théorie / pratique

La théorie (Bodin, Bossuet) décrit un pouvoir sans partage ; la pratique révèle des résistances et des limites.

Ce qu'il débloque — Idéal pour une troisième partie nuancée.

Exemple — Sur le sujet « La monarchie absolue sous Louis XIV », il permet de confronter la Politique de Bossuet à la révolte des Bonnets rouges (1675).

Unité / diversité

Le roi cherche à unifier (langue, loi, religion) un royaume fait de provinces aux statuts différents.

Ce qu'il débloque — Pour les sujets sur le territoire et l'administration.

Exemple — Sur le sujet « L'affirmation de l'État de 1515 à 1715 », il permet de relier Villers-Cotterêts (1539) aux privilèges maintenus de la Bretagne ou de l'Alsace.

Guerre / État

La guerre exige impôts, armée et administrateurs : elle construit l'État autant qu'elle l'épuise.

Ce qu'il débloque — Pour expliquer pourquoi l'État grossit, puis pour en montrer le coût.

Exemple — Sur le sujet « Le rôle de la guerre dans l'affirmation du pouvoir royal », il permet de passer des conquêtes (Franche-Comté, 1678) à la capitation (1695).

Tolérance / unité religieuse

Deux réponses royales à la division confessionnelle : accepter la minorité pour la paix, ou l'éliminer pour l'unité.

Ce qu'il débloque — Pour tout sujet sur le roi et la religion.

Exemple — Sur le sujet « Le roi et les protestants (1598-1685) », il permet d'opposer l'édit de Nantes à l'édit de Fontainebleau.

Représentation / réalité

L'image du roi (portraits, Versailles, fêtes) construit une puissance qui dépasse parfois la réalité du pouvoir.

Ce qu'il débloque — Pour analyser un document iconographique.

Exemple — Sur le sujet « Versailles, instrument du pouvoir royal », il permet de comparer la galerie des Glaces à l'état des finances en 1709.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs