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Introduction : la périodisation de l'histoire

Découper le temps : Antiquité, Moyen Âge, époque moderne, ruptures et continuités, périodes selon les aires (programme d'histoire de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Introduction : la périodisation de l'histoire » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Périodiser : pourquoi découper le temps ?, Mesurer le temps : calendriers, ères et siècles, Une invention européenne : des six âges du monde aux quatre périodes, Les grandes périodes et leurs bornes conventionnelles. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Découper l'histoire en périodes : pourquoi et comment ?

Analyse des termes — « Découper » suppose un temps continu que l'historien divise ; une « période » est une tranche de temps dotée d'une cohérence et séparée des autres par des bornes. Le sujet porte à la fois sur l'utilité de la périodisation et sur la manière dont elle a été construite, d'Augustin (Ve siècle) aux débats des historiens du XXIe siècle.

Problématique — Pourquoi les historiens ont-ils besoin de découper le temps en périodes, et que révèlent les découpages qu'ils ont construits sur leurs propres choix ?

Introduction rédigéeEn 1469, l'éditeur italien Giovanni Andrea Bussi parle d'une « media tempestas », un temps du milieu entre l'Antiquité admirée et son propre siècle : l'expression est à l'origine du mot « Moyen Âge ». Elle rappelle que les périodes que nous apprenons n'ont rien de naturel. Périodiser, c'est découper un temps continu en tranches jugées cohérentes, séparées par des bornes que l'historien choisit selon un critère. Ce découpage, que l'enseignement français organise autour de la Préhistoire et de quatre périodes, s'est construit en Europe entre le Ve et le XIXe siècle et continue d'être discuté. Pourquoi les historiens ont-ils besoin de découper le temps en périodes, et que révèlent les découpages qu'ils ont construits sur leurs propres choix ? Nous verrons d'abord que la périodisation est un outil indispensable pour comprendre et transmettre le passé, puis qu'elle est une construction européenne élaborée par couches successives, enfin qu'elle reste un outil discuté, sans cesse révisé par les historiens.

I. Découper pour comprendre : un outil indispensable

  • Rendre intelligible un temps continu en regroupant des faits qui se ressemblent.L'époque contemporaine, ouverte en 1789, rassemble des sociétés fondées sur la souveraineté nationale et l'égalité des droits.
  • Mesurer avant de découper : calendriers et ères donnent le cadre du comptage.Ère chrétienne calculée par Denys le Petit vers 525 ; an 1 de l'Hégire en 622 ; calendrier grégorien en 1582.
  • Transmettre une culture commune du temps par l'école.Le programme de seconde de 2019 s'ouvre sur la périodisation ; les programmes français suivent les quatre périodes depuis le XIXe siècle.

II. Une construction européenne, élaborée du Ve au XIXe siècle

  • Le temps chrétien, linéaire et orienté, se découpe en âges.Augustin, La Cité de Dieu (413-426) : six âges du monde, de la Création à la fin des temps.
  • Les humanistes inventent un « temps du milieu », défini négativement.Pétrarque (1304-1374) et les « ténèbres » ; media tempestas chez Bussi en 1469 ; rinascita chez Vasari en 1550.
  • La tripartition devient quadripartition dans l'enseignement.Cellarius, Historia medii aevi, 1688 ; ajout en France de l'époque contemporaine au XIXe siècle.

III. Un outil discuté et sans cesse révisé

  • Les bornes dépendent du critère choisi par l'historien.1453 (prise de Constantinople, critère politique) ou 1492 (arrivée de Colomb aux Antilles) pour la fin du Moyen Âge.
  • Les historiens insistent sur les transitions plutôt que sur les ruptures.Antiquité tardive (Peter Brown, 1971) ; long Moyen Âge jusque vers 1750 (Le Goff, 2014) ; long XIXe siècle 1789-1914 (Hobsbawm).
  • Plusieurs temps coexistent, qui ne changent pas au même rythme.Fernand Braudel, « La longue durée », Annales, 1958 : temps long, conjoncture, événement.
Conclusion rédigéeDécouper l'histoire en périodes est une nécessité : sans mesure du temps ni tranches cohérentes, le passé resterait une suite de faits sans ordre. Mais les périodes sont des constructions, élaborées en Europe par des chrétiens, des humanistes puis des professeurs du XIXe siècle, et chacune porte la marque de ceux qui l'ont forgée. C'est pourquoi les historiens actuels les discutent, en insistant sur les transitions et sur la coexistence de plusieurs temporalités. Une bonne périodisation est donc un outil assumé comme tel, dont on explicite le critère. Reste à savoir si ce découpage européen peut valoir pour les autres sociétés du monde, qui ont souvent compté le temps autrement, par dynasties, par ères impériales ou à partir de l'Hégire.

Le piège — Réciter la liste des périodes et leurs dates sans jamais dire qui les a construites ni selon quel critère : le sujet porte sur la démarche des historiens, pas sur la frise elle-même.

Sujet 2 — Une même périodisation pour tout le monde ? Les découpages du temps selon les aires culturelles

Analyse des termes — La « périodisation » désigne ici le découpage en grandes périodes ; une « aire culturelle » est un ensemble de sociétés qui partagent une langue, une écriture, des croyances ou des institutions. Le sujet compare le modèle européen en quatre périodes aux manières de compter et de découper le temps en Chine, au Japon, dans le monde musulman, en Afrique et dans les Amériques, de l'Antiquité à nos jours.

Problématique — Le découpage en quatre périodes, né en Europe, peut-il rendre compte de l'histoire de toutes les sociétés, ou faut-il admettre des périodisations propres à chaque aire culturelle ?

Introduction rédigéeAu Japon, l'année 2019 est aussi l'« an 1 de l'ère Reiwa », et dans le calendrier musulman les années se comptent depuis l'Hégire de 622 : la manière de dater le temps n'est pas la même partout. Pourtant, l'enseignement français découpe l'histoire en une Préhistoire suivie de quatre périodes, l'Antiquité, le Moyen Âge, l'époque moderne et l'époque contemporaine, séparées par des bornes conventionnelles. Ce découpage est né en Europe, entre le XIVe et le XIXe siècle, alors que d'autres aires culturelles, c'est-à-dire des ensembles de sociétés partageant une écriture, des croyances ou des institutions, avaient leurs propres façons de compter et de découper le temps. Le découpage en quatre périodes peut-il rendre compte de l'histoire de toutes les sociétés, ou faut-il admettre des périodisations propres à chaque aire culturelle ? Nous verrons d'abord que ce découpage européen s'est diffusé dans le monde, puis que d'autres sociétés ont compté et découpé le temps autrement, enfin que les historiens cherchent aujourd'hui à croiser ces périodisations.

I. Un découpage européen diffusé dans le monde

  • Des bornes tirées de l'histoire européenne.476, 1453 ou 1492, 1789 : trois événements européens ou vus depuis l'Europe.
  • Un cadre du temps adopté peu à peu par d'autres États.Calendrier grégorien adopté au Japon en 1873, en Chine en 1912, en Russie en 1918, en Turquie en 1926.
  • Un vocabulaire qui juge les autres sociétés à partir de l'Europe.Le mot « précolombien » ; périodes hindoue, musulmane et britannique chez James Mill en 1817.

II. D'autres sociétés, d'autres manières de compter et de découper

  • La Chine pense son histoire par dynasties.Sima Qian, Mémoires historiques, vers 100 av. J.-C. ; empire de 221 av. J.-C. à 1912.
  • Le Japon compte par ères impériales.Nengō depuis 645 ; une ère par empereur depuis 1868 ; ère Reiwa depuis le 1er mai 2019.
  • Le monde musulman date à partir de l'Hégire et pense des cycles dynastiques.An 1 de l'Hégire en 622 ; année lunaire de 354 ou 355 jours ; Ibn Khaldoun, Muqaddima, 1377.

III. Vers des périodisations croisées

  • Écrire l'histoire des sociétés à partir de leurs propres sources.Histoire générale de l'Afrique, lancée par l'Unesco en 1964, qui intègre les sources orales.
  • Adopter des découpages propres à chaque aire.Mésoamérique : périodes préclassique, classique (vers 250-900) et postclassique.
  • Faire dialoguer les découpages à l'échelle mondiale.Histoire connectée : Sanjay Subrahmanyam, « Connected Histories », 1997 ; débat sur l'Anthropocène proposé par Paul Crutzen en 2000.
Conclusion rédigéeLe découpage en quatre périodes, construit en Europe, s'est diffusé dans le monde avec le calendrier grégorien et avec l'école, mais ses bornes restent européennes et certains de ses mots jugent les autres sociétés. La Chine, le Japon ou le monde musulman ont compté et découpé le temps autrement, par dynasties, par ères impériales ou à partir de l'Hégire. Il n'existe donc pas de périodisation universelle : chaque découpage répond à un critère et à un contexte. Les historiens d'aujourd'hui cherchent moins à imposer un modèle qu'à faire dialoguer les découpages, en partant des sources propres à chaque société. La question se pose désormais à l'échelle de la planète : faut-il dater de l'ère industrielle une nouvelle époque de l'histoire humaine, l'Anthropocène, que les géologues ont refusé de reconnaître officiellement en 2024 ?

Le piège — Opposer une périodisation européenne « normale » à des calendriers « exotiques », ou à l'inverse condamner toute périodisation : il faut montrer que chaque découpage répond à un critère et à un contexte précis.

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