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Développement et inégalités

Développement, IDH, pauvreté, inégalités entre et dans les États, objectifs de développement durable (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Développement et inégalités » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le développement : une notion plus large que la croissance, Mesurer le développement : du PIB par habitant à l'IDH, Un monde inégalement développé : Nords, Suds, émergents et PMA, La pauvreté : un recul massif mais inachevé. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Les composantes de l'IDH dans sept pays

Facile

Tableau statistique · D'après PNUD, Rapport sur le développement humain 2023-2024, publié en mars 2024 (données de l'année 2022). Valeurs arrondies, à lire comme des ordres de grandeur.

Le PNUD publie chaque année un classement des pays selon l'IDH, créé en 1990 pour mesurer le développement autrement que par la richesse. Le rapport paru en mars 2024 classe 193 pays à partir des données de 2022.

PaysIDHCatégorie du PNUDEspérance de vie à la naissance (ans)Durée moyenne de scolarisation des adultes (ans)RNB par habitant (dollars PPA)
Norvège0,97Très élevé831369 000
États-Unis0,93Très élevé771465 000
France0,91Très élevé831247 000
Chine0,79Élevé79818 000
Brésil0,76Élevé73815 000
Inde0,64Moyen6877 000
Niger0,39Faible62moins de 21 200

Analysez ce document en montrant ce qu'il révèle des inégalités de développement dans le monde et les limites de l'indicateur utilisé.

  1. Présentez le document : nature, auteur, date des données.
  2. Classez les pays selon leur IDH et rappelez les trois dimensions mesurées par cet indice.
  3. Comparez les États-Unis et la France, puis l'Inde et la Chine : que montrent ces comparaisons sur le lien entre richesse et développement ?
  4. Montrez que l'écart entre la Norvège et le Niger touche toutes les dimensions du développement.
  5. Quelles sont les limites de ce tableau pour étudier les inégalités de développement ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un tableau statistique construit d'après le Rapport sur le développement humain 2023-2024 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publié en mars 2024. Les données portent sur l'année 2022 et concernent sept pays choisis sur tous les continents. Pour chacun, le tableau donne l'IDH, la catégorie retenue par le PNUD et les trois indicateurs qui entrent dans son calcul. Les valeurs sont arrondies.

2. Trois pays ont un IDH très élevé : la Norvège (0,97), les États-Unis (0,93) et la France (0,91). Viennent ensuite deux pays à IDH élevé, la Chine (0,79) et le Brésil (0,76), puis l'Inde, à IDH moyen (0,64), et enfin le Niger, à IDH faible (0,39). L'IDH combine trois dimensions : la santé, mesurée par l'espérance de vie à la naissance ; l'éducation, mesurée par la durée de scolarisation ; le niveau de vie, mesuré par le revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d'achat.

3. Les États-Unis ont un revenu par habitant bien supérieur à celui de la France (environ 65 000 dollars PPA contre 47 000), mais une espérance de vie plus courte de six ans (77 ans contre 83) : leur IDH n'est donc que légèrement supérieur (0,93 contre 0,91). La richesse ne garantit pas à elle seule la santé de toute la population, qui dépend aussi de l'accès aux soins. À l'inverse, entre l'Inde et la Chine, l'écart est général : le Chinois moyen dispose d'un revenu plus de deux fois supérieur (18 000 contre 7 000 dollars) et vit onze ans de plus (79 contre 68 ans). Le lien entre richesse et développement existe donc, mais il n'est ni automatique ni proportionnel.

4. La Norvège et le Niger sont aux deux extrémités du tableau. En santé, un Norvégien vit en moyenne 83 ans, un Nigérien 62 ans, soit plus de vingt ans d'écart. En éducation, un adulte norvégien a passé en moyenne 13 ans à l'école, un adulte nigérien moins de 2 ans. En niveau de vie, le revenu moyen norvégien (69 000 dollars PPA) est plus de cinquante fois supérieur au revenu nigérien (1 200). Les trois dimensions se cumulent : le faible développement du Niger, pays sahélien enclavé et classé parmi les PMA, n'est pas seulement une question d'argent.

5. Le tableau présente d'abord des moyennes nationales : il ne dit rien des écarts entre régions ou entre groupes sociaux, pourtant très forts au Brésil, en Chine ou aux États-Unis. Il ne donne qu'une année (2022), sans évolution ; il ne montre donc pas le rattrapage de la Chine, dont l'IDH était inférieur à 0,50 en 1990. Il ignore enfin l'environnement, les libertés et les inégalités entre femmes et hommes. C'est pourquoi le PNUD a créé des indices complémentaires, comme l'IDH ajusté aux inégalités en 2010.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau, c'est comparer des lignes deux à deux, chiffres à l'appui, puis dire ce que le tableau ne montre pas.

Document 2 — Carte : l'IDH dans le monde

Moyen

Carte par plages (planisphère), décrite · Carte construite d'après les données du PNUD, Rapport sur le développement humain 2023-2024 (données 2022), avec les quatre classes d'IDH définies par le PNUD.

Depuis 1990, le PNUD publie un classement annuel des pays selon l'IDH. La carte traduit ce classement dans l'espace et permet de repérer les grands ensembles de développement du monde actuel.

Le planisphère colore chaque État selon la classe de son IDH en 2022, du plus foncé au plus clair.

IDH très élevé (0,800 et plus), teinte la plus foncée : Amérique du Nord (États-Unis, Canada), toute l'Europe, Russie, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande ; pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar) ; Turquie ; Chili, Argentine et Uruguay.

IDH élevé (0,700 à 0,799) : Chine, Mexique, Brésil, Colombie, Iran, Algérie, Égypte, Indonésie, Viêt Nam, Afrique du Sud.

IDH moyen (0,550 à 0,699) : Inde, Bangladesh, Maroc, Bolivie, Honduras, Kenya, Ghana, Angola, Cameroun, Zambie.

IDH faible (moins de 0,550), teinte la plus claire : la plus grande partie de l'Afrique subsaharienne, du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) à l'Afrique centrale (République centrafricaine, République démocratique du Congo) et à la Corne de l'Afrique (Éthiopie, Somalie, Soudan du Sud) ; Madagascar et le Mozambique ; en Asie, l'Afghanistan et le Yémen.

Hachures grises : pays sans données, comme la Corée du Nord.

La légende précise que la Suisse et la Norvège occupent les premières places (plus de 0,96) et la Somalie la dernière (environ 0,38).

En vous appuyant sur la carte, décrivez et expliquez les inégalités de développement à l'échelle mondiale, puis montrez les limites de ce document.

  1. Présentez la carte : type de carte, source, date des données, indicateur représenté.
  2. Décrivez la répartition des quatre classes d'IDH dans le monde.
  3. Montrez que la carte oblige à nuancer l'opposition entre un « Nord » riche et un « Sud » pauvre.
  4. Proposez des facteurs qui expliquent la concentration des IDH faibles en Afrique subsaharienne.
  5. Quelles sont les limites de cette carte ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une carte par plages (ou choroplèthe) à l'échelle mondiale, construite d'après le Rapport sur le développement humain 2023-2024 du PNUD. Elle représente l'indice de développement humain de chaque État en 2022, réparti en quatre classes définies par le PNUD : très élevé, élevé, moyen et faible. Les teintes vont du plus foncé au plus clair, ce qui traduit une hiérarchie.

2. Les IDH très élevés se concentrent en Amérique du Nord, en Europe et en Russie, en Asie de l'Est développée (Japon, Corée du Sud) et en Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande), avec des prolongements dans le Golfe et le cône sud de l'Amérique latine. Les IDH élevés forment une vaste couronne intermédiaire : Chine, Amérique latine, Afrique du Nord, Asie du Sud-Est, Afrique du Sud. Les IDH moyens dominent en Asie du Sud (Inde, Bangladesh) et dans une partie de l'Afrique. Les IDH faibles se concentrent presque tous en Afrique subsaharienne, du Sahel à la Corne de l'Afrique, avec deux exceptions asiatiques, l'Afghanistan et le Yémen. La carte dessine donc un gradient, avec un pôle africain de faible développement.

3. Plusieurs pays situés au sud de l'équateur ont un IDH très élevé : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili, l'Argentine, l'Uruguay. Le « Nord » est donc une catégorie de développement, pas une position géographique. Surtout, la classe « élevé » regroupe des pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, qui ne sont plus des pays pauvres sans être encore au niveau des pays les plus développés. Enfin, les monarchies du Golfe atteignent un IDH très élevé grâce à la rente pétrolière. Il faut donc parler des Nords et des Suds, au pluriel, plutôt que d'une ligne Nord-Sud comme celle du rapport Brandt de 1980.

4. Plusieurs facteurs se combinent. L'héritage de la colonisation a laissé des économies tournées vers l'exportation de produits bruts, peu diversifiées. De nombreux pays sont touchés par des conflits (Soudan du Sud, République démocratique du Congo, Sahel) qui détruisent écoles et hôpitaux. Certains sont enclavés, comme le Niger ou le Tchad, loin des ports et des flux mondiaux. La croissance rapide de la population oblige à scolariser et soigner toujours plus d'enfants. Enfin, la faiblesse de certains États limite les services publics. Aucun facteur ne suffit seul : le Botswana, pays enclavé, a pu sortir de la liste des PMA en 1994.

5. La carte ne donne qu'une valeur par État : elle masque les écarts internes, par exemple entre le Nordeste et le Sud-Est du Brésil, ou entre littoral et intérieur de la Chine. Les classes regroupent des situations différentes : l'Égypte et la Chine sont dans la même teinte. La surface des pays trompe l'œil : la Russie ou le Canada paraissent peser plus lourd que le Bangladesh, bien plus peuplé. Enfin, la carte est un instantané de 2022 : elle ne montre pas les trajectoires, rattrapage ou stagnation. Il faudrait la compléter par une carte de l'évolution de l'IDH depuis 1990 et par des cartes à l'échelle régionale.

Ce que cette analyse apprend — Décrire une carte, c'est aller des grands ensembles aux exceptions, puis rappeler ce que la maille nationale ne permet pas de voir.

Document 3 — Le PNUD définit le développement humain (1990)

Moyen

Texte : extraits d'un rapport international, citations courtes et résumé · PNUD, Human Development Report 1990 (Rapport mondial sur le développement humain 1990), New York, Oxford University Press, 1990, chapitre 1. Citations traduites de l'anglais.

En 1990, la guerre froide s'achève et beaucoup de pays du Sud sortent d'une décennie de crise de la dette. Le PNUD, sous l'impulsion de l'économiste pakistanais Mahbub ul Haq, publie son premier rapport annuel sur le développement humain, destiné aux gouvernements et aux organisations internationales.

Le rapport s'ouvre sur une phrase devenue célèbre : « Les êtres humains sont la vraie richesse d'une nation. »

Résumé : les auteurs estiment que l'objectif fondamental du développement est de créer un environnement qui permette aux personnes de vivre longtemps, en bonne santé et de façon créative. Cette vérité simple, écrivent-ils, est souvent oubliée au profit de l'accumulation de biens et de richesses financières.

Ils posent ensuite leur définition : « Le développement humain est un processus qui élargit l'éventail des choix offerts aux personnes. »

Résumé : parmi ces choix, trois sont jugés essentiels : vivre une vie longue et en bonne santé, acquérir des connaissances, avoir accès aux ressources nécessaires à un niveau de vie décent. Le rapport y ajoute d'autres choix très appréciés : la liberté politique, la garantie des droits humains, le respect de soi. Il souligne que le lien entre croissance économique et progrès humain n'est pas automatique : des pays au revenu par habitant comparable obtiennent des résultats très différents en espérance de vie et en alphabétisation, selon la manière dont la richesse est employée. Le revenu reste un moyen, non une fin. Pour mesurer ces progrès, le rapport propose un nouvel indicateur, l'indice de développement humain, qui associe longévité, instruction et revenu.

Montrez comment ce document propose une nouvelle conception du développement et comment elle a été mesurée.

  1. Présentez le document : auteur, date, destinataires, contexte.
  2. En quoi la première citation rompt-elle avec une conception du développement fondée sur la croissance ?
  3. Relevez les trois choix jugés essentiels et reliez chacun à une composante de l'IDH.
  4. Quelles dimensions du développement évoquées dans le texte l'IDH ne mesure-t-il pas ? Comment le PNUD a-t-il tenté d'y répondre depuis ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce texte est extrait du premier Rapport sur le développement humain, publié en 1990 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), organisme de l'ONU chargé de l'aide au développement. Il s'adresse aux gouvernements, aux organisations internationales et aux experts. Il paraît à la fin de la guerre froide, après une décennie 1980 difficile pour de nombreux pays du Sud, frappés par la crise de la dette et par des plans de rigueur. Son inspirateur, Mahbub ul Haq, veut mesurer le progrès autrement que par le seul PIB.

2. En affirmant que « les êtres humains sont la vraie richesse d'une nation », le PNUD place les personnes, et non la production, au centre du développement. Jusque-là, on jugeait un pays sur la croissance de son PIB, comme le faisait le discours de Truman en 1949. Le texte critique explicitement cette approche : l'accumulation de biens et de richesses financières fait oublier que l'objectif est de permettre aux gens de vivre longtemps, en bonne santé et de façon créative. La croissance devient un moyen au service d'une fin.

3. Le texte retient trois choix essentiels. « Vivre une vie longue et en bonne santé » correspond à la dimension santé de l'IDH, mesurée par l'espérance de vie à la naissance. « Acquérir des connaissances » correspond à la dimension éducation, mesurée par la durée de scolarisation. « Avoir accès aux ressources nécessaires à un niveau de vie décent » correspond à la dimension niveau de vie, mesurée par le revenu par habitant en parité de pouvoir d'achat. L'IDH est ainsi la traduction chiffrée de la définition.

4. Le texte évoque aussi la liberté politique, les droits humains et le respect de soi : l'IDH ne les mesure pas, car ils sont difficiles à chiffrer et politiquement sensibles. L'IDH ne mesure pas non plus la répartition du développement : le texte souligne que tout dépend de la manière dont la richesse est employée, mais l'IDH reste une moyenne nationale. Le PNUD a donc créé en 2010 l'IDH ajusté aux inégalités, l'indice d'inégalité de genre et, avec l'université d'Oxford, l'indice de pauvreté multidimensionnelle ; en 2020, il a ajouté un IDH ajusté aux pressions planétaires pour intégrer l'environnement, dimension absente du texte de 1990.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte fondateur, c'est le situer dans son moment, repérer ce qu'il conteste et mesurer ce qu'il a changé ensuite.

Document 4 — Naissance du « sous-développement » et du « tiers monde » (1949-1952)

Difficile

Deux documents d'époque : un discours présidentiel et un article de presse (citations courtes et résumés) · Document 1 : Harry S. Truman, discours d'investiture, Washington, 20 janvier 1949, passage dit du « point IV », traduit de l'anglais. Document 2 : Alfred Sauvy, « Trois mondes, une planète », L'Observateur, 14 août 1952.

En 1949, la guerre froide commence (blocus de Berlin en 1948-1949) et les empires coloniaux se défont (Inde en 1947, Indonésie en 1949). Truman s'adresse au peuple américain et au monde ; Sauvy écrit pour les lecteurs d'un hebdomadaire de la gauche française.

Document 1 — Harry Truman, 20 janvier 1949. Après avoir annoncé son soutien à l'ONU, au plan Marshall et à la défense des « nations éprises de liberté », le président présente un quatrième point : « Plus de la moitié des habitants du monde vivent dans des conditions proches de la misère. »

Résumé : leur alimentation est insuffisante, ils sont victimes de maladies, leur vie économique est primitive et stagnante ; leur pauvreté est un handicap et une menace, pour eux comme pour les régions plus prospères. Les États-Unis, dont les ressources techniques ne cessent de croître, proposent donc de lancer « un nouveau programme audacieux » pour mettre leurs avancées scientifiques et leur progrès industriel au service de « l'amélioration et de la croissance des régions sous-développées ». Truman précise : « L'ancien impérialisme, l'exploitation au profit de l'étranger, n'a pas sa place dans nos projets. » Il conclut que produire davantage est la clé de la prospérité et de la paix.

Document 2 — Alfred Sauvy, 14 août 1952. Résumé : le démographe français décrit un monde partagé entre deux blocs, le monde occidental et le monde communiste, qui se disputent un troisième ensemble, celui des pays pauvres, dits « sous-développés ». Il souligne que la population de ces pays augmente rapidement et que leur misère, négligée par les deux camps, pèsera sur l'avenir du monde. Il termine par une phrase qui fera date : « car enfin ce Tiers Monde ignoré, exploité, méprisé comme le Tiers État, veut, lui aussi, être quelque chose. »

Confrontez ces deux documents pour montrer comment naît, au début de la guerre froide, une vision du monde fondée sur le développement, puis mesurez-en les limites.

  1. Présentez les deux documents en les replaçant dans le contexte de la guerre froide et de la décolonisation.
  2. Quelle vision du monde et du développement Truman propose-t-il ? Quels intérêts américains se lisent derrière ce programme ?
  3. En quoi Sauvy adopte-t-il un autre point de vue ? Expliquez l'allusion au « Tiers État ».
  4. Montrez les limites de la conception du développement qui apparaît dans ces documents, à la lumière des notions de développement humain et de développement durable.
Voir la réponse rédigée

1. Le premier document est un extrait du discours d'investiture du président des États-Unis Harry Truman, prononcé à Washington le 20 janvier 1949 ; le passage étudié constitue le quatrième point de son programme de politique étrangère. Le second est la fin d'un article du démographe français Alfred Sauvy, publié le 14 août 1952 dans l'hebdomadaire L'Observateur. Tous deux paraissent au début de la guerre froide, alors que le monde se divise en deux blocs, et pendant la première vague de décolonisation en Asie (Inde en 1947, Indonésie en 1949). Ils ont en commun de faire des pays pauvres un enjeu mondial.

2. Truman décrit un monde où « plus de la moitié des habitants » vivent dans « des conditions proches de la misère » : faim, maladies, économie « stagnante ». Il propose une solution technique : transférer les avancées scientifiques et industrielles américaines vers les « régions sous-développées ». Le développement est conçu comme un rattrapage : les pays pauvres doivent suivre le chemin des États-Unis, et la clé en est de produire davantage, donc la croissance. Derrière la générosité affichée se lisent des intérêts : la pauvreté est présentée comme une « menace » pour les régions prospères, et, dans le contexte de 1949, l'aide doit empêcher ces pays de basculer vers le communisme. En rejetant « l'ancien impérialisme », Truman veut aussi distinguer les États-Unis des puissances coloniales européennes.

3. Sauvy ne regarde pas ces pays depuis Washington, mais les place au centre du jeu mondial : ils forment un « troisième » monde, distinct des deux blocs qui se le disputent. Il insiste sur ce que ces pays subissent, puisqu'ils sont « ignorés, exploités, méprisés ». L'allusion au « Tiers État » renvoie à la Révolution française : en janvier 1789, l'abbé Sieyès demandait ce qu'était le tiers état, « tout », et ce qu'il demandait, « à y devenir quelque chose ». Sauvy suggère que le tiers monde, majoritaire mais dominé, réclamera lui aussi sa place, et annonce ainsi sa montée sur la scène internationale, visible à la conférence de Bandung en 1955.

4. La conception de ces textes réduit le développement à la croissance de la production et à un modèle unique, celui des pays industrialisés. Le PNUD, en 1990, a montré que la croissance ne se traduit pas automatiquement en santé et en éducation : le développement humain place les personnes, et non la production, au centre. Le rapport Brundtland, en 1987, a rappelé que produire toujours plus menace les ressources et le climat : le développement doit être durable. Enfin, l'opposition entre un monde développé et un monde « sous-développé » ne rend plus compte d'un monde où les pays émergents, comme la Chine, rattrapent les pays riches tandis que les PMA restent en marge. Le vocabulaire de 1949-1952 a donc fondé nos catégories, mais il a été profondément révisé depuis.

Ce que cette analyse apprend — Confronter deux documents, c'est dégager ce qu'ils partagent, ce qui les oppose, puis juger leur vision à la lumière des connaissances actuelles.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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