Document 1 — Les composantes de l'IDH dans sept pays
FacileTableau statistique · D'après PNUD, Rapport sur le développement humain 2023-2024, publié en mars 2024 (données de l'année 2022). Valeurs arrondies, à lire comme des ordres de grandeur.
Le PNUD publie chaque année un classement des pays selon l'IDH, créé en 1990 pour mesurer le développement autrement que par la richesse. Le rapport paru en mars 2024 classe 193 pays à partir des données de 2022.
| Pays | IDH | Catégorie du PNUD | Espérance de vie à la naissance (ans) | Durée moyenne de scolarisation des adultes (ans) | RNB par habitant (dollars PPA) |
|---|---|---|---|---|---|
| Norvège | 0,97 | Très élevé | 83 | 13 | 69 000 |
| États-Unis | 0,93 | Très élevé | 77 | 14 | 65 000 |
| France | 0,91 | Très élevé | 83 | 12 | 47 000 |
| Chine | 0,79 | Élevé | 79 | 8 | 18 000 |
| Brésil | 0,76 | Élevé | 73 | 8 | 15 000 |
| Inde | 0,64 | Moyen | 68 | 7 | 7 000 |
| Niger | 0,39 | Faible | 62 | moins de 2 | 1 200 |
Analysez ce document en montrant ce qu'il révèle des inégalités de développement dans le monde et les limites de l'indicateur utilisé.
- Présentez le document : nature, auteur, date des données.
- Classez les pays selon leur IDH et rappelez les trois dimensions mesurées par cet indice.
- Comparez les États-Unis et la France, puis l'Inde et la Chine : que montrent ces comparaisons sur le lien entre richesse et développement ?
- Montrez que l'écart entre la Norvège et le Niger touche toutes les dimensions du développement.
- Quelles sont les limites de ce tableau pour étudier les inégalités de développement ?
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1. Il s'agit d'un tableau statistique construit d'après le Rapport sur le développement humain 2023-2024 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publié en mars 2024. Les données portent sur l'année 2022 et concernent sept pays choisis sur tous les continents. Pour chacun, le tableau donne l'IDH, la catégorie retenue par le PNUD et les trois indicateurs qui entrent dans son calcul. Les valeurs sont arrondies.
2. Trois pays ont un IDH très élevé : la Norvège (0,97), les États-Unis (0,93) et la France (0,91). Viennent ensuite deux pays à IDH élevé, la Chine (0,79) et le Brésil (0,76), puis l'Inde, à IDH moyen (0,64), et enfin le Niger, à IDH faible (0,39). L'IDH combine trois dimensions : la santé, mesurée par l'espérance de vie à la naissance ; l'éducation, mesurée par la durée de scolarisation ; le niveau de vie, mesuré par le revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d'achat.
3. Les États-Unis ont un revenu par habitant bien supérieur à celui de la France (environ 65 000 dollars PPA contre 47 000), mais une espérance de vie plus courte de six ans (77 ans contre 83) : leur IDH n'est donc que légèrement supérieur (0,93 contre 0,91). La richesse ne garantit pas à elle seule la santé de toute la population, qui dépend aussi de l'accès aux soins. À l'inverse, entre l'Inde et la Chine, l'écart est général : le Chinois moyen dispose d'un revenu plus de deux fois supérieur (18 000 contre 7 000 dollars) et vit onze ans de plus (79 contre 68 ans). Le lien entre richesse et développement existe donc, mais il n'est ni automatique ni proportionnel.
4. La Norvège et le Niger sont aux deux extrémités du tableau. En santé, un Norvégien vit en moyenne 83 ans, un Nigérien 62 ans, soit plus de vingt ans d'écart. En éducation, un adulte norvégien a passé en moyenne 13 ans à l'école, un adulte nigérien moins de 2 ans. En niveau de vie, le revenu moyen norvégien (69 000 dollars PPA) est plus de cinquante fois supérieur au revenu nigérien (1 200). Les trois dimensions se cumulent : le faible développement du Niger, pays sahélien enclavé et classé parmi les PMA, n'est pas seulement une question d'argent.
5. Le tableau présente d'abord des moyennes nationales : il ne dit rien des écarts entre régions ou entre groupes sociaux, pourtant très forts au Brésil, en Chine ou aux États-Unis. Il ne donne qu'une année (2022), sans évolution ; il ne montre donc pas le rattrapage de la Chine, dont l'IDH était inférieur à 0,50 en 1990. Il ignore enfin l'environnement, les libertés et les inégalités entre femmes et hommes. C'est pourquoi le PNUD a créé des indices complémentaires, comme l'IDH ajusté aux inégalités en 2010.
Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau, c'est comparer des lignes deux à deux, chiffres à l'appui, puis dire ce que le tableau ne montre pas.