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Développement et inégalités

Développement, IDH, pauvreté, inégalités entre et dans les États, objectifs de développement durable (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Développement et inégalités » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le développement : une notion plus large que la croissance, Mesurer le développement : du PIB par habitant à l'IDH, Un monde inégalement développé : Nords, Suds, émergents et PMA, La pauvreté : un recul massif mais inachevé. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Des inégalités de développement à toutes les échelles

Analyse des termes — Il faut définir le développement (santé, éducation, niveau de vie, mesurés notamment par l'IDH) et les inégalités (écarts hiérarchisés entre territoires et groupes sociaux). Le sujet impose de traiter les échelles mondiale, régionale et locale, dans le monde actuel, depuis les années 1990.

Problématique — Comment les inégalités de développement se manifestent-elles du monde à la ville, et pourquoi n'évoluent-elles pas au même rythme selon l'échelle observée ?

Introduction rédigéeÀ Rio de Janeiro, quelques centaines de mètres séparent les immeubles de São Conrado des ruelles de la favela de Rocinha : les inégalités de développement se voient au pied des tours comme sur un planisphère. Le développement désigne l'amélioration durable des conditions de vie d'une population, santé, éducation et niveau de vie, que le Programme des Nations unies pour le développement mesure depuis 1990 par l'indice de développement humain (IDH). Les inégalités de développement sont les écarts hiérarchisés entre des territoires et entre des groupes sociaux. Or ces écarts n'ont ni la même intensité ni la même évolution selon que l'on observe le monde, un État ou une ville. Comment les inégalités de développement se manifestent-elles du monde à la ville, et pourquoi n'évoluent-elles pas au même rythme selon l'échelle ? Nous verrons d'abord qu'à l'échelle mondiale le développement dessine un gradient qui se recompose, puis que de forts contrastes régionaux traversent les États, enfin qu'à l'échelle locale la ségrégation socio-spatiale rend ces inégalités les plus visibles.

I. À l'échelle mondiale, un gradient de développement qui se recompose

  • Un écart considérable entre les pays les plus et les moins développés.En 2022, la Suisse et la Norvège dépassent 0,96 d'IDH, la Somalie est à environ 0,38 (PNUD, rapport 2023-2024) ; plus de vingt ans d'espérance de vie séparent la Norvège du Niger.
  • Les pays émergents brouillent la ligne Nord-Sud.L'IDH de la Chine passe de moins de 0,50 en 1990 à près de 0,79 en 2022 ; la ligne Brandt date de 1980.
  • Les PMA forment les marges du monde, surtout en Afrique subsaharienne.Environ 45 PMA, catégorie créée par l'ONU en 1971, dont plus des deux tiers en Afrique ; plus de la moitié des personnes en extrême pauvreté vivent en Afrique subsaharienne.

II. Dans les États, de forts contrastes régionaux

  • Au Brésil, un contraste entre le Sud-Est et le Centre d'un côté, le Nordeste de l'autre.IDH municipal 2010 : 0,824 dans le District fédéral, 0,631 dans l'Alagoas.
  • En Chine, un littoral intégré à la mondialisation et un intérieur en retrait.Shanghai, Guangdong et Jiangsu concentrent industries et revenus, face au Gansu ou au Guizhou.
  • En Inde, des écarts d'éducation et de santé entre États.Recensement de 2011 : 94 % d'alphabétisés au Kerala, environ 62 % au Bihar.

III. À l'échelle locale, la ségrégation socio-spatiale et l'emboîtement des échelles

  • Dans les métropoles, quartiers riches et quartiers pauvres se juxtaposent.À Rio, la favela de Rocinha jouxte São Conrado ; à Mumbai, Dharavi est proche du quartier d'affaires de Bandra-Kurla.
  • Des inégalités héritées de l'histoire persistent.À Johannesburg, Soweto, township hérité de l'apartheid, reste bien plus pauvre que Sandton, trente ans après les élections du 27 avril 1994 ; Gini sud-africain de l'ordre de 0,63.
  • Les écarts entre pays peuvent se réduire pendant que les écarts internes se creusent.Courbe de l'éléphant (Lakner et Milanović), 1988-2008 ; selon le World Inequality Report 2022, les 10 % les plus aisés captent environ 52 % des revenus mondiaux.
Conclusion rédigéeLes inégalités de développement se lisent donc à toutes les échelles : un gradient mondial où les pays émergents rattrapent les pays riches tandis que les PMA restent en marge, des contrastes régionaux marqués au Brésil, en Chine ou en Inde, et une ségrégation urbaine qui juxtapose richesse et pauvreté. Ces échelles sont emboîtées : l'écart entre les pays peut se réduire pendant que les écarts internes se creusent. C'est pourquoi les objectifs de développement durable adoptés par l'ONU en 2015 visent, avec l'ODD 10, à réduire les inégalités dans les pays et d'un pays à l'autre. Reste à savoir si ce rattrapage est compatible avec les limites environnementales de la planète, question que pose le développement durable.

Le piège — Rester à l'échelle mondiale et réciter l'opposition Nord-Sud : le sujet exige de changer d'échelle, avec au moins un exemple régional et un exemple urbain précisément situés.

Sujet 2 — La pauvreté et les inégalités dans le monde depuis 1990 : un recul inachevé ?

Analyse des termes — La pauvreté se mesure par un seuil de revenu (extrême pauvreté, Banque mondiale) ou par des privations cumulées (pauvreté multidimensionnelle) ; les inégalités sont les écarts de développement entre pays et dans les pays. La borne de 1990 correspond au premier seuil d'extrême pauvreté et à la création de l'IDH ; le sujet va jusqu'à aujourd'hui.

Problématique — Depuis 1990, le monde a-t-il réellement réduit la pauvreté et les inégalités de développement, et pourquoi ce recul reste-t-il inachevé et fragile ?

Introduction rédigéeEn 1990, selon la Banque mondiale, près de deux milliards de personnes, plus d'un tiers de l'humanité, vivaient dans l'extrême pauvreté ; à la fin des années 2010, elles étaient de l'ordre de 700 millions. Est pauvre, au sens de la Banque mondiale, celui qui vit sous un seuil de revenu fixé en parité de pouvoir d'achat, aujourd'hui 3 dollars par jour ; mais la pauvreté est aussi faite de privations de santé, d'éducation et de conditions de vie. Les inégalités désignent les écarts de développement entre les pays et à l'intérieur de chacun d'eux. L'année 1990, qui voit naître à la fois ce seuil et l'indice de développement humain, sert de point de départ. Depuis 1990, le monde a-t-il réellement réduit la pauvreté et les inégalités de développement, et pourquoi ce recul reste-t-il inachevé et fragile ? Nous montrerons d'abord que la pauvreté a reculé de façon spectaculaire, puis qu'elle se concentre tandis que les inégalités résistent, enfin que ce recul fragile a conduit l'ONU à fixer de nouveaux objectifs.

I. Depuis 1990, un recul spectaculaire de la pauvreté

  • L'extrême pauvreté a reculé à l'échelle mondiale.Près de 2 milliards de personnes, plus d'un tiers de l'humanité, en 1990 ; de l'ordre de 700 millions, moins d'une sur dix, à la fin des années 2010 (Banque mondiale).
  • La croissance des pays émergents d'Asie a porté ce recul.Près de 800 millions de Chinois sortis de l'extrême pauvreté depuis 1978 (Banque mondiale, 2022).
  • Le développement humain progresse presque partout.L'IDH mondial augmente presque chaque année de 1990 à 2019 ; la cible des OMD de réduire de moitié la part de l'extrême pauvreté est atteinte dès 2010.

II. Une pauvreté qui se concentre et des inégalités qui résistent

  • La pauvreté se concentre en Afrique subsaharienne et dans les États fragiles.Plus de la moitié des personnes extrêmement pauvres y vivent aujourd'hui ; la plupart des 45 PMA sont africains.
  • La pauvreté est aussi multidimensionnelle.Environ 1,1 milliard de pauvres multidimensionnels selon l'IPM du PNUD et d'Oxford (2024), dont à peu près la moitié d'enfants.
  • Les inégalités internes se creusent dans de nombreux pays.World Inequality Report 2022 : 52 % des revenus mondiaux aux 10 % les plus aisés, 8,5 % aux 50 % les plus modestes ; Gini de l'ordre de 0,63 en Afrique du Sud.

III. Un recul fragile, qui appelle de nouveaux objectifs

  • Les crises peuvent annuler des années de progrès.En 2020, la Covid-19 fait basculer environ 70 millions de personnes dans l'extrême pauvreté ; l'IDH mondial recule en 2020 et 2021.
  • Les politiques publiques des États restent décisives.Au Brésil, Bolsa Família (2003) ; le pays sort de la carte de la faim de la FAO en 2014.
  • L'ONU fixe des objectifs communs, mais leur réalisation est en retard.17 ODD et 169 cibles adoptés le 25 septembre 2015 ; moins d'une cible sur cinq en bonne voie selon les rapports de 2023 et 2024 ; APD de 0,7 % du RNB rarement atteinte depuis 1970.
Conclusion rédigéeDepuis 1990, la pauvreté a donc reculé comme jamais auparavant, grâce surtout à la croissance des pays émergents d'Asie. Mais elle se concentre désormais en Afrique subsaharienne et dans les États fragiles, elle ne se réduit pas au revenu, et les inégalités internes se sont creusées dans de nombreux pays. La crise de la Covid-19 a montré, en 2020, que ces progrès restent réversibles ; les objectifs de développement durable fixés pour 2030 sont en retard. Le recul est donc réel mais inachevé. Il pose une dernière question : un monde où chacun sortirait de la pauvreté en adoptant le mode de vie des pays riches serait-il soutenable pour la planète ?

Le piège — Aligner des chiffres de pauvreté calculés avec des seuils différents (1,90, 2,15 ou 3 dollars) ou confondre le nombre de pauvres et leur part dans la population mondiale.

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