06 29 33 79 32 Je réserve ici
Français 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · Français

La poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle

Objet d'étude : La poésie — des troubadours médiévaux aux Lumières, formes et courants poétiques à travers huit siècles de littérature

À propos de cette page
Ce lexique sur « La poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Aux origines : troubadours, trouvères et fin'amor (XIIe-XIIIe siècle), L'automne du Moyen Âge : Villon, Charles d'Orléans et les grands rhétoriqueurs, Le XVIe siècle : humanisme, pétrarquisme et la Pléiade, Le baroque : un monde en mouvement (v. 1580-1660). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Fin'amor

Code amoureux inventé par les troubadours au XIIe siècle : le poète se soumet à une dame supérieure et mariée, et tire son mérite de l'attente plutôt que de la satisfaction.

Synonymes

  • Amour courtois — traduction française du XIXe siècle : même réalité, mais le mot occitan rappelle que la chose est née dans le Midi

Antonymes

  • Amour conjugal — la fin'amor suppose précisément que la dame appartienne à un autre : le mariage en détruirait le ressort

À ne pas confondre

  • Galanterie — la galanterie du XVIIe siècle est un jeu mondain et réciproque ; la fin'amor est un service féodal à sens unique

Selon l'époque et le point de vue — Née chez Guillaume IX d'Aquitaine (1071-1126), reprise par les trouvères du Nord, elle se laïcise puis nourrit le pétrarquisme du XVIe siècle et jusqu'à la préciosité du XVIIe.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : la souffrance n'est pas un accident, elle est le prix du poème. Ne dites jamais que le poète est « vraiment amoureux » : vous confondriez une biographie avec une convention.

Troubadour / trouvère

Poète-musicien médiéval qui compose paroles et mélodie. Le troubadour écrit en langue d'oc dans le Midi, le trouvère en langue d'oïl dans le Nord.

Synonymes

  • Poète lyrique — exact sur le fond, mais le mot moderne efface la musique, qui est pourtant l'essentiel de leur art

Antonymes

  • Jongleur — le jongleur interprète et diffuse ce que le troubadour a composé : l'un exécute, l'autre invente

À ne pas confondre

  • Clerc — le clerc écrit en latin dans un cadre savant ; le troubadour écrit en langue vulgaire pour une cour

Selon l'époque et le point de vue — Les troubadours apparaissent vers 1100, les trouvères une génération plus tard ; la croisade contre les Albigeois (1209-1229) ruine les cours du Midi et déplace le foyer vers le Nord.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : rappeler l'origine chantée explique les refrains, les reprises et la régularité strophique. Piège : « troubadour » n'est pas un synonyme de « poète du Moyen Âge » en général.

Grands rhétoriqueurs

Poètes de cour du tournant des XVe et XVIe siècles (Molinet, Crétin, Lemaire de Belges), spécialistes des prouesses formelles : rimes équivoquées, acrostiches, vers rétrogrades.

Synonymes

  • Rhétoriqueurs — forme abrégée usuelle ; l'adjectif « grands » n'est pas un jugement de valeur mais une habitude d'historien

Antonymes

  • Poètes de l'inspiration — la Pléiade opposera la fureur poétique venue des dieux à ce qu'elle décrit comme une simple habileté d'artisan

À ne pas confondre

  • Rhétorique — la rhétorique est l'art de persuader en général ; les rhétoriqueurs sont un groupe historique précis

Selon l'époque et le point de vue — Longtemps méprisés au nom de la Pléiade qui les avait congédiés, ils sont réhabilités au XXe siècle comme les passeurs de l'idée que le poème est un travail réglé.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : ils permettent de montrer une continuité que la Pléiade a intérêt à nier. Piège : ne les confondez pas avec des poètes médiévaux anonymes, ce sont des professionnels appointés par des princes.

Ubi sunt

Motif hérité du latin médiéval, qui énumère des êtres illustres disparus pour faire sentir la fuite du temps. Sa question sous-entendue est : où sont-ils passés ?

Synonymes

  • Memento mori — les deux rappellent la mort, mais l'ubi sunt interroge le passé quand le memento mori avertit le vivant

Antonymes

  • Carpe diem — même constat de fugacité, conclusion inverse : l'ubi sunt médite, le carpe diem pousse à jouir

À ne pas confondre

  • Vanité — la vanité est un thème et un genre pictural ; l'ubi sunt est une structure précise, celle de l'énumération interrogative

Selon l'époque et le point de vue — Omniprésent dans la prédication médiévale, il culmine dans la Ballade des dames du temps jadis de Villon (1461) et se prolonge dans les méditations baroques sur les ruines.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : nommez la structure, puis montrez l'effet du refrain, qui ramène chaque nom à la même disparition. Piège : un simple regret du passé n'est pas un ubi sunt s'il n'y a pas d'énumération.

Pétrarquisme

Imitation du Canzoniere de Pétrarque (XIVe siècle) : une dame idéalisée et inaccessible, un amant déchiré par des sentiments contraires, le sonnet pour forme de prédilection.

Synonymes

  • Lyrisme amoureux de la Renaissance — le pétrarquisme en est la variante codée ; tout poème d'amour du XVIe siècle n'est pas pétrarquiste

Antonymes

  • Antipétrarquisme — veine qui se moque des clichés hérités en célébrant une femme réelle, imparfaite, voire laide

À ne pas confondre

  • Fin'amor — la fin'amor est un service féodal chanté ; le pétrarquisme est une rhétorique écrite de la contradiction intérieure

Selon l'époque et le point de vue — Introduit par Marot puis par l'école lyonnaise (Scève, Délie, 1544 ; Louise Labé, 1555), systématisé par la Pléiade, il s'épuise en clichés dès la fin du XVIe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : repérez les antithèses (« je vis, je meurs ») et dites qu'elles ne décrivent pas une humeur mais construisent un sujet divisé. Piège : y voir de la sincérité plutôt qu'une forme.

Humanisme

Mouvement intellectuel européen des XVe et XVIe siècles qui place l'homme et l'étude des textes antiques au centre du savoir, et croit à la formation de l'individu par les lettres.

Synonymes

  • Renaissance — la Renaissance est la période et le mouvement artistique ; l'humanisme en est le versant intellectuel et pédagogique

Antonymes

  • Scolastique — la scolastique médiévale commente les autorités ; l'humaniste veut revenir aux sources et lire les textes dans leur langue

À ne pas confondre

  • Humanitaire — faux ami courant en copie : l'humanisme du XVIe siècle est un programme d'étude, pas une générosité

Selon l'époque et le point de vue — Porté par l'imprimerie (v. 1450) et la chute de Constantinople (1453) qui amène en Occident des lettrés grecs, il se heurte aux guerres de religion, dont la poésie baroque portera la blessure.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : reliez-le à une décision concrète, par exemple le choix d'écrire en français plutôt qu'en latin. Piège : l'employer comme mot passe-partout d'éloge.

Pléiade

Groupe de sept poètes formé autour de Ronsard et Du Bellay vers 1550, qui entend élever le français au rang du latin et du grec en imitant les Anciens et les Italiens.

Synonymes

  • La Brigade — premier nom du groupe, avant que Ronsard n'emprunte celui d'une constellation et d'un groupe de sept poètes alexandrins

Antonymes

  • École lyonnaise — Scève et Labé écrivent à Lyon, hors du programme parisien et sans manifeste collectif

À ne pas confondre

  • Classicisme — les deux imitent les Anciens, mais la Pléiade enrichit la langue quand le classicisme, un siècle plus tard, la purifie

Selon l'époque et le point de vue — Manifeste en 1549, gloire officielle de Ronsard sous Charles IX, puis éclipse : Malherbe et Boileau condamneront ses audaces lexicales avant que le XIXe siècle ne la réhabilite.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : la Pléiade n'est pas un style unique mais un programme. Piège : citer sept noms n'a aucun intérêt en copie si vous ne dites pas ce que le groupe voulait faire.

Imitation

Principe central de la poétique de la Renaissance : reprendre un modèle antique ou italien pour le transformer et produire une œuvre nouvelle dans sa propre langue.

Synonymes

  • Émulation — l'émulation insiste sur la rivalité : on imite pour dépasser, pas pour copier

Antonymes

  • Plagiat — le plagiat cache sa source ; l'imitation renaissante l'affiche, car reconnaître le modèle fait partie du plaisir du lecteur

À ne pas confondre

  • Traduction — Du Bellay condamne explicitement la traduction, incapable selon lui de faire passer les vertus d'une langue dans une autre

Selon l'époque et le point de vue — Théorisée par Horace, relayée par les Italiens, elle domine jusqu'au XVIIIe siècle ; le romantisme lui opposera le culte de l'originalité individuelle.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : montrez ce que l'auteur a changé au modèle, c'est là qu'est l'analyse. Piège : dire « il imite Horace » sans repérer l'écart ne vaut aucun point.

Blason

Poème du XVIe siècle qui détaille et célèbre une partie du corps ou un objet, en accumulant images et apostrophes jusqu'à en faire un petit monde autonome.

Synonymes

  • Éloge poétique — l'éloge peut viser une personne entière ; le blason procède par fragment et s'interdit la vue d'ensemble

Antonymes

  • Contreblason — même technique, visée inverse : il dénigre au lieu de louer, et se pratiquait en réponse dans les mêmes recueils

À ne pas confondre

  • Blason héraldique — le blason d'armoiries décrit un écu ; le blason poétique lui emprunte seulement l'idée d'une description codée

Selon l'époque et le point de vue — Lancé par un concours autour de Clément Marot en 1535-1536, il connaît une vogue européenne, puis devient le symbole des clichés que l'antipétrarquisme tournera en dérision.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : nommez le fragment isolé et dites ce que ce découpage fait au corps représenté. Piège : confondre blason et simple portrait.

Carpe diem

Motif emprunté à Horace (« cueille le jour ») : puisque le temps détruit tout, il faut jouir du présent. Il s'appuie presque toujours sur une image de fleur ou de saison.

Synonymes

  • Invitation à jouir de l'instant — formulation moderne qui perd la valeur d'argument : chez Ronsard, le carpe diem sert à persuader une femme

Antonymes

  • Memento mori — même prémisse, conclusion opposée : l'un invite à la jouissance, l'autre au détachement et à la préparation de la mort

À ne pas confondre

  • Éloge de la nature — la rose du carpe diem n'est pas admirée pour elle-même, elle est la preuve d'une démonstration

Selon l'époque et le point de vue — Antique chez Horace, il devient le cœur de la poésie amoureuse de la Renaissance, puis un lieu commun galant au XVIIIe siècle avant que le romantisme ne lui préfère la mélancolie.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : montrez la structure argumentative (constat, exemple, impératif). Piège : le réduire à « il faut profiter de la vie », ce qui efface sa violence persuasive.

Vanité

Thème de la fragilité des biens terrestres et de l'inanité des entreprises humaines devant la mort, très présent dans la poésie baroque et dans la peinture du XVIIe siècle.

Synonymes

  • Memento mori — le memento mori est l'avertissement adressé au lecteur ; la vanité est le constat général sur le monde

Antonymes

  • Gloire — la poésie de la gloire promet l'immortalité par les vers, quand la vanité ruine jusqu'à cette espérance

À ne pas confondre

  • Pessimisme — la vanité est un motif religieux et rhétorique daté, non un tempérament personnel

Selon l'époque et le point de vue — Héritée de l'Ecclésiaste et de la prédication médiévale, elle envahit la poésie après les guerres de religion (Sponde, Sonnets sur la mort, 1598) et s'atténue avec le classicisme.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : relevez les objets périssables (fleur, bulle, fumée, ruine) et montrez comment ils organisent le poème. Piège : y voir une simple tristesse.

Baroque

Esthétique européenne d'environ 1580 à 1660, fondée sur le mouvement, la métamorphose et l'illusion, qui préfère l'abondance et le déséquilibre à la stabilité.

Synonymes

  • Maniérisme — le maniérisme désigne surtout la recherche italienne du raffinement formel ; le baroque, plus large, inclut l'angoisse religieuse

Antonymes

  • Classicisme — opposition construite par les historiens : ordre contre mouvement, mais les deux coexistent chez un même auteur

À ne pas confondre

  • Préciosité — la préciosité est un raffinement mondain du langage dans les salons ; le baroque est une vision du monde instable

Selon l'époque et le point de vue — Le mot, d'abord péjoratif, est appliqué à la littérature française au XXe siècle seulement : les auteurs concernés ne se sont jamais dits baroques.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : justifiez toujours l'étiquette par un procédé du texte. Piège : l'employer pour « étrange » ou « compliqué », ce qui ne veut rien dire.

Classicisme

Idéal esthétique de la seconde moitié du XVIIe siècle : clarté, mesure, vraisemblance, respect des règles et recherche d'une vérité valable pour tous.

Synonymes

  • Esthétique de l'honnête homme — formulation sociale du même idéal : plaire sans étaler son savoir ni choquer

Antonymes

  • Baroque — opposition d'historien, utile pour penser deux tendances, trompeuse si on en fait deux camps sans recoupement

À ne pas confondre

  • Antiquité classique — le mot désigne ici un moment français précis, pas les auteurs grecs et latins eux-mêmes

Selon l'époque et le point de vue — Préparé par Malherbe (v. 1600), codifié par Boileau dans l'Art poétique (1674), il deviendra au XIXe siècle la norme scolaire contre laquelle les romantiques se définiront.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : liez la règle à un effet, par exemple la litote qui suggère plus qu'elle ne dit. Piège : le réduire à « il y a des règles », sans montrer ce qu'elles produisent.

Ode

Poème lyrique de forme strophique, souvent destiné à célébrer un être, un événement ou une idée, sur un ton élevé hérité de Pindare et d'Horace.

Synonymes

  • Hymne — l'hymne est plus religieux et plus ample ; l'ode peut être brève et familière, comme l'Ode à Cassandre

Antonymes

  • Épigramme — l'épigramme est courte et mordante, l'ode développe et magnifie

À ne pas confondre

  • Élégie — l'élégie pleure une perte, l'ode célèbre — même quand elle parle d'une rose qui se fane

Selon l'époque et le point de vue — Réintroduite en France par Ronsard (Odes, 1550), elle devient au XVIIe siècle un genre de commande officielle, puis s'essouffle avant que le romantisme ne la relance.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : distinguez l'ode pindarique, solennelle et ample, de l'ode horatienne, brève et intime. Piège : appeler ode tout poème en strophes.

Élégie

Poème de la plainte : deuil, séparation, amour malheureux, exil. Son ton est doux et mélancolique, sa forme variable selon les époques.

Synonymes

  • Complainte — la complainte médiévale, chez Rutebeuf, est plus concrète et plus sociale ; l'élégie savante vient du modèle latin

Antonymes

  • Ode triomphale — l'une déplore une perte, l'autre célèbre une victoire ; elles peuvent user du même mètre

À ne pas confondre

  • Registre pathétique — le pathétique est un effet possible dans tous les genres ; l'élégie est un genre constitué

Selon l'époque et le point de vue — Latine chez Ovide et Tibulle, reprise par Ronsard, renouvelée par Parny à la fin du XVIIIe siècle, elle donnera le grand lyrisme romantique du siècle suivant.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : cherchez ce qui est perdu, c'est l'axe du poème. Piège : appeler élégie tout texte triste, sans plainte adressée.

Poésie didactique

Poésie qui enseigne : elle expose un savoir, une technique ou une morale en vers, pour retenir l'attention et la mémoire du lecteur.

Synonymes

  • Poésie descriptive — la descriptive peint un objet sans nécessairement instruire ; la didactique vise toujours une leçon

Antonymes

  • Poésie lyrique — la lyrique dit un je et une émotion ; la didactique efface le sujet derrière le savoir transmis

À ne pas confondre

  • Fable — la fable enseigne par un récit bref et plaisant, la poésie didactique par l'exposé suivi

Selon l'époque et le point de vue — Antique chez Lucrèce et Virgile, elle connaît son âge d'or au XVIIIe siècle avec Delille, avant d'être tournée en ridicule par les romantiques pour ses périphrases.

Ce que le mot permet d'écrire — À écrire : elle explique pourquoi le XVIIIe siècle passe pour peu poétique, alors qu'il versifie énormément. Piège : la mépriser sans avoir montré ce qu'elle cherchait à faire.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Langue d'oc / langue d'oïl

Deux ensembles linguistiques médiévaux, séparés approximativement par la Loire, qui ont chacun produit leur poésie : troubadours au sud, trouvères au nord.

Ce qu'il débloque — Situer un texte médiéval et comprendre pourquoi la poésie du Midi précède d'une génération celle du Nord.

Exemple — Guillaume IX d'Aquitaine (1071-1126) chante en oc ; Thibaut de Champagne (1201-1253) reprend les mêmes motifs en oïl, cent ans plus tard.

Chanter / écrire

La poésie médiévale est d'abord exécutée avec une musique ; à partir du XIVe siècle, elle se lit, et sa forme doit produire seule ce que la mélodie assurait.

Ce qu'il débloque — Expliquer les refrains, les strophes régulières et l'importance des sonorités dans les textes anciens.

Exemple — Guillaume de Machaut (v. 1300-1377) compose encore paroles et musique ; chez Charles d'Orléans, le rondeau ne se chante plus, il se lit.

Imiter / inventer

Jusqu'au XVIIIe siècle, l'originalité ne consiste pas à créer à partir de rien mais à transformer un modèle reconnu par tous.

Ce qu'il débloque — Analyser l'écart entre un texte et sa source, au lieu de reprocher à un auteur de ne pas être original.

Exemple — Ronsard reprend le carpe diem d'Horace, mais l'adresse à une jeune femme nommée, ce qui transforme une sagesse en argument de séduction.

Baroque / classique

Deux tendances du XVIIe siècle : le mouvement et l'illusion d'un côté, l'ordre et la clarté de l'autre. Ce sont des repères d'historien, non des partis déclarés.

Ce qu'il débloque — Caractériser une esthétique à partir des procédés du texte, sans enfermer un auteur dans une case.

Exemple — Sponde ouvre par une exclamation qui bouscule le vers (« Mais si faut-il mourir ! ») ; Malherbe referme la mort en deux vers d'une parfaite symétrie.

Inspiration / travail

Le poème est-il un don des Muses ou le produit d'un métier ? Les deux réponses coexistent et s'affrontent d'une époque à l'autre.

Ce qu'il débloque — Comprendre les polémiques littéraires : la Pléiade invoque la fureur divine contre le savoir-faire des rhétoriqueurs, Malherbe renverse l'argument.

Exemple — Ronsard se présente en poète inspiré ; Boileau, en 1674, réclame qu'on remette vingt fois l'ouvrage sur le métier.

Siècle de la poésie / siècle de la prose

Selon les époques, le vers occupe le centre ou la périphérie du champ littéraire, sans jamais disparaître.

Ce qu'il débloque — Nuancer l'idée reçue d'un XVIIIe siècle sans poésie et mesurer le poids relatif des genres.

Exemple — Le XVIe siècle couronne Ronsard poète officiel ; le XVIIIe couronne les prosateurs, et Chénier ne sera lu qu'en 1819, vingt-cinq ans après sa mort.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs