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Introduction : objets d'étude et méthodes au lycée

Programme de Français 2nde : se repérer dans les objets d'étude, maîtriser la lecture analytique et l'écriture littéraire

À propos de cette page
Ce lexique sur « Introduction : objets d'étude et méthodes au lycée » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Ce que le lycée attend : lire, analyser, écrire, dire, Les quatre objets d'étude du programme de seconde, La lecture analytique : voir, nommer, interpréter, Les trois écrits : commentaire, dissertation, écrits d'appropriation. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Objet d'étude

Ensemble formé par un genre littéraire et une période historique, que le programme impose de parcourir dans l'année. La seconde en compte quatre.

Synonymes

  • Entrée du programme — formulation administrative : l'entrée est l'objet d'étude tel que le Bulletin officiel le nomme, avec ses bornes de dates

Antonymes

  • Thème — un thème (l'amour, la mort, la ville) traverse tous les objets d'étude ; l'objet d'étude, lui, est borné par un genre et par des siècles

À ne pas confondre

  • Œuvre intégrale — l'œuvre est un livre précis, l'objet d'étude est le cadre dans lequel on le lit

Selon l'époque et le point de vue — Les objets d'étude structurent les programmes de lycée depuis 2001 ; la liste actuelle de la seconde date du BO du 22 janvier 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — Situez le texte dans son objet d'étude dès l'introduction quand la question le demande : cela prouve que vous savez où vous êtes. Faute à éviter : appeler objet d'étude ce qui est un mouvement littéraire.

Genre littéraire

Catégorie de textes définie par une forme et des conventions partagées : roman, nouvelle, tragédie, comédie, poésie lyrique, essai.

Synonymes

  • Forme littéraire — la forme désigne plutôt l'organisation matérielle (sonnet, alexandrin), le genre englobe aussi les attentes du lecteur

Antonymes

  • Registre — le genre est une catégorie de textes, le registre est un effet produit ; une comédie peut contenir une scène au registre pathétique

À ne pas confondre

  • Mouvement littéraire — le genre traverse les siècles, le mouvement est daté : la tragédie existe avant et après le classicisme

Selon l'époque et le point de vue — La hiérarchie des genres, héritée d'Aristote et codifiée par Boileau dans son Art poétique (1674), oppose genres nobles et genres bas ; le romantisme la conteste avec la préface de Cromwell (Hugo, 1827).

Ce que le mot permet d'écrire — Nommer le genre engage des attentes : dire qu'un texte est une tragédie autorise à parler de fatalité et de bienséance. Faute à éviter : écrire « le genre pathétique ».

Mouvement littéraire

Groupe d'auteurs d'une même époque qui partagent des idées esthétiques et souvent un manifeste : humanisme, baroque, classicisme, Lumières, romantisme, réalisme, naturalisme, symbolisme.

Synonymes

  • Courant — courant est plus flou : il s'emploie quand les auteurs ne se sont jamais reconnus comme groupe

Antonymes

  • Œuvre isolée — une œuvre peut échapper à tout mouvement ; le rattachement n'est pas obligatoire et ne doit pas être forcé

À ne pas confondre

  • Période historique — le XIXe siècle est une période ; le romantisme, le réalisme et le symbolisme y coexistent

Selon l'époque et le point de vue — Le mot mouvement se généralise au XIXe siècle, quand les écoles se dotent de manifestes ; Zola théorise le naturalisme dans Le Roman expérimental (1880).

Ce que le mot permet d'écrire — Le mouvement éclaire un choix d'écriture : dire que Zola est naturaliste sert si l'on montre ensuite comment le texte accumule les détails documentaires. Faute à éviter : plaquer une étiquette sans l'exploiter.

Œuvre intégrale

Livre lu en entier et étudié en classe, par opposition aux extraits. Le programme demande au moins une œuvre intégrale par objet d'étude.

Synonymes

  • Lecture suivie — la lecture suivie insiste sur le déroulement de l'étude dans le temps, l'œuvre intégrale sur le fait que rien n'est coupé

Antonymes

  • Extrait — l'extrait est détaché de son ensemble ; l'œuvre intégrale permet seule d'analyser une construction et une évolution

À ne pas confondre

  • Groupement de textes — le groupement réunit des extraits d'auteurs différents autour d'une question, l'œuvre intégrale est d'un seul auteur

Selon l'époque et le point de vue — L'obligation d'étudier des œuvres intégrales au lycée s'est renforcée au fil des programmes ; en seconde, le choix des titres reste au professeur.

Ce que le mot permet d'écrire — En dissertation, une œuvre intégrale réellement lue vaut trois extraits mal retenus : elle fournit une intrigue, des personnages et une fin. Faute à éviter : prétendre qu'une œuvre est imposée en seconde.

Groupement de textes

Ensemble d'extraits d'auteurs et d'époques différents, réunis autour d'une question commune, que l'on étudie en complément d'une œuvre intégrale.

Synonymes

  • Corpus — corpus est le terme technique et neutre ; groupement de textes souligne l'intention pédagogique du regroupement

Antonymes

  • Œuvre intégrale — l'œuvre se lit d'un bloc, le groupement se lit par comparaison : son intérêt est le passage d'un texte à l'autre

À ne pas confondre

  • Anthologie — l'anthologie rassemble des morceaux choisis pour leur beauté, le groupement les choisit pour leur réponse à une question

Selon l'époque et le point de vue — Le groupement de textes s'impose dans les classes au XXe siècle avec le développement du manuel scolaire et de la lecture comparée.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, un groupement autorise la comparaison : montrez ce que le deuxième texte fait différemment du premier. Faute à éviter : traiter les extraits l'un après l'autre sans jamais les confronter.

Lecture cursive

Lecture intégrale et continue, menée seul, sans relevé systématique : on lit pour connaître l'œuvre, pas pour la disséquer.

Synonymes

  • Lecture personnelle — la lecture personnelle est libre, la lecture cursive est demandée par le professeur et donne souvent lieu à un compte rendu

Antonymes

  • Lecture analytique — la cursive avance vite sur un texte long, l'analytique avance lentement sur un texte court

À ne pas confondre

  • Lecture d'image — la lecture d'image porte sur un document iconographique et mobilise un lexique différent : cadrage, plan, composition

Selon l'époque et le point de vue — La distinction cursive / analytique est entrée dans les programmes français de lycée dans les années 1990 pour éviter que tout texte long soit découpé en extraits.

Ce que le mot permet d'écrire — Une lecture cursive bien notée dans le carnet fournit les exemples d'une dissertation. Faute à éviter : croire qu'une lecture cursive ne sera jamais évaluée.

Lecture analytique

Étude détaillée d'un texte court, menée crayon en main, qui va du relevé d'un fait de langue à l'interprétation de son effet.

Synonymes

  • Explication de texte — l'explication de texte suit l'ordre du texte ; la lecture analytique peut regrouper les observations par idée

Antonymes

  • Paraphrase — la paraphrase redit le contenu, la lecture analytique explique la fabrication ; elles s'excluent

À ne pas confondre

  • Commentaire littéraire — la lecture analytique est le travail préparatoire, oral et en désordre ; le commentaire en est la mise en forme rédigée

Selon l'époque et le point de vue — Héritée de l'explication de texte française du XIXe siècle, elle s'est technicisée au XXe siècle sous l'influence de la stylistique et de la narratologie.

Ce que le mot permet d'écrire — Structurez-la en mouvements et gardez trace de chaque relevé : c'est la matière du commentaire. Faute à éviter : relever sans jamais conclure sur l'effet.

Problématique

Question unique à laquelle le devoir entier répond. Elle porte sur la manière dont le texte produit son effet, non sur ce qu'il raconte.

Synonymes

  • Projet de lecture — le projet de lecture est la même question formulée comme une intention : je vais montrer que…

Antonymes

  • Résumé — le résumé répond à la question « que dit le texte ? », la problématique à « comment et pourquoi le dit-il ainsi ? »

À ne pas confondre

  • Thème — le thème est un sujet (la mort, la nature) ; la problématique est une question qui demande une démonstration

Selon l'époque et le point de vue — Le terme s'est imposé dans la pédagogie française du secondaire dans les années 1980, en même temps que l'exigence d'un plan démonstratif.

Ce que le mot permet d'écrire — Une bonne problématique se reconnaît à ce qu'elle appelle un plan : si l'on ne voit pas deux ou trois parties, elle est mal posée. Faute à éviter : une question à laquelle on répond par oui ou par non.

Mouvement du texte

Étape de la progression d'un texte, marquée par un changement repérable de temps, de lieu, de ton ou d'énonciateur. On en distingue généralement deux à quatre.

Synonymes

  • Étape — étape est le mot courant ; mouvement est le terme attendu au lycée et implique une dynamique, non un simple découpage

Antonymes

  • Unité indivisible — certains textes très brefs ne se découpent pas : forcer trois mouvements dans un quatrain est artificiel

À ne pas confondre

  • Strophe ou paragraphe — la strophe est une unité typographique, le mouvement une unité de sens : ils coïncident parfois, pas toujours

Selon l'époque et le point de vue — Le découpage en mouvements a remplacé, dans les usages scolaires récents, le découpage en parties du plan, pour rapprocher l'élève du fil réel du texte.

Ce que le mot permet d'écrire — Annoncez les mouvements en une phrase chacun et justifiez la frontière par un indice précis. Faute à éviter : découper sans dire à quoi on voit que le texte change.

Procédé littéraire

Fait de langue identifiable et nommable qui produit un effet : figure de style, choix de temps, rythme, ponctuation, construction de phrase.

Synonymes

  • Fait de style — fait de style insiste sur la singularité de l'écrivain, procédé sur la technique repérable et répertoriée

Antonymes

  • Contenu — le contenu est ce que le texte dit, le procédé est la façon dont il le dit : le commentaire doit relier les deux

À ne pas confondre

  • Figure de style — toute figure est un procédé, mais un temps verbal ou une juxtaposition sont des procédés sans être des figures

Selon l'époque et le point de vue — Le répertoire des procédés vient de la rhétorique antique, transmise par les traités latins puis par les manuels du XIXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Écrivez toujours procédé plus effet dans la même phrase : « l'anaphore de j'irai efface la distance ». Faute à éviter : la liste de procédés sans analyse, qui ressemble à un inventaire.

Registre

Effet que le texte cherche à produire sur son lecteur : comique, tragique, pathétique, lyrique, épique, polémique, satirique, fantastique.

Synonymes

  • Tonalité — tonalité est le terme ancien, encore employé ; registre insiste davantage sur les moyens techniques qui produisent l'effet

Antonymes

  • Genre — le genre classe le texte, le registre qualifie son effet : un même roman peut mêler registre comique et registre pathétique

À ne pas confondre

  • Thème — la mort est un thème ; le pathétique est la manière de la traiter pour émouvoir

Selon l'époque et le point de vue — La notion prolonge la théorie antique des trois styles ; elle s'est fixée dans les programmes français du lycée au cours du XXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Nommez le registre puis prouvez-le par deux marques précises (lexique, ponctuation, rythme). Faute à éviter : dire « registre triste », qui n'est pas un terme d'analyse.

Énonciation

Situation de parole d'un texte : qui parle, à qui, où et quand. Elle se repère aux pronoms, aux temps verbaux et aux indices de lieu et de temps.

Synonymes

  • Situation de parole — la situation de parole est l'expression courante ; énonciation est le terme technique et couvre aussi les traces laissées dans le texte

Antonymes

  • Énoncé — l'énoncé est ce qui est dit, l'énonciation l'acte de le dire : l'opposition est la base de l'analyse

À ne pas confondre

  • Double énonciation — propre au théâtre : le personnage parle à un autre personnage et, en même temps, l'auteur parle au spectateur

Selon l'époque et le point de vue — La notion vient de la linguistique du XXe siècle, notamment des travaux d'Émile Benveniste, et a gagné l'enseignement secondaire dans les années 1980.

Ce que le mot permet d'écrire — Commencez toute analyse par l'énonciation : elle décide du reste. Faute à éviter : confondre le je du poème avec l'auteur en chair et en os.

Paratexte

Tout ce qui entoure le texte et oriente sa lecture : titre, sous-titre, nom de l'auteur, date, préface, chapeau de presse, notes, dédicace.

Synonymes

  • Appareil éditorial — l'appareil éditorial désigne surtout les notes et l'annotation savante, le paratexte inclut aussi le titre et la date

Antonymes

  • Texte — le texte est l'objet à analyser, le paratexte l'encadrement qui en règle la réception : les deux ne se lisent pas de la même manière

À ne pas confondre

  • Contexte — le contexte est l'époque et la situation historique, extérieurs au livre ; le paratexte est imprimé avec lui

Selon l'époque et le point de vue — La notion a été systématisée par la critique littéraire du XXe siècle ; la préface de Cromwell (Hugo, 1827) est l'exemple le plus célèbre d'un paratexte devenu manifeste.

Ce que le mot permet d'écrire — Exploitez le paratexte en introduction : une date et un titre situent le texte en deux lignes. Faute à éviter : recopier le paratexte sans en tirer la moindre conséquence.

Commentaire littéraire

Devoir rédigé, organisé en parties, qui démontre comment un texte produit son effet, en s'appuyant sur des citations courtes analysées.

Synonymes

  • Commentaire composé — commentaire composé est l'ancienne appellation ; elle insiste sur le fait que le plan regroupe les remarques au lieu de suivre le texte

Antonymes

  • Résumé — le résumé condense le contenu, le commentaire explique la fabrication ; un commentaire qui résume perd l'essentiel des points

À ne pas confondre

  • Dissertation — le commentaire porte sur un texte unique fourni, la dissertation sur une affirmation générale appuyée par plusieurs œuvres

Selon l'époque et le point de vue — Exercice scolaire français codifié au XXe siècle, il est aujourd'hui l'un des sujets au choix de l'épreuve écrite anticipée de français, passée en fin de première.

Ce que le mot permet d'écrire — Chaque paragraphe suit le même ordre : idée, citation, analyse, conclusion partielle. Faute à éviter : le plan fond puis forme, qui coupe précisément ce qu'il faut relier.

Dissertation

Devoir rédigé qui discute une affirmation sur la littérature, en organisant arguments et exemples tirés d'œuvres réellement lues.

Synonymes

  • Discussion argumentée — l'expression décrit la démarche ; dissertation désigne l'exercice codifié, avec introduction, parties et conclusion

Antonymes

  • Opinion personnelle — l'avis n'est recevable que s'il est démontré : une dissertation sans exemples précis n'est qu'un avis allongé

À ne pas confondre

  • Essai — l'essai assume une écriture personnelle et libre ; la dissertation obéit à un plan explicite et impersonnel

Selon l'époque et le point de vue — Héritée de la rhétorique scolaire du XIXe siècle, la dissertation littéraire est l'autre sujet au choix de l'épreuve écrite anticipée de français.

Ce que le mot permet d'écrire — Adossez chaque argument à une œuvre citée avec auteur et date : c'est ce qui sépare la dissertation du bavardage. Faute à éviter : les trois parties automatiques appliquées à un sujet qui n'en demande que deux.

Écrit d'appropriation

Travail d'écriture qui prolonge la lecture d'une œuvre : page de carnet, suite de texte, lettre d'un personnage, réécriture en changeant le point de vue.

Synonymes

  • Écriture d'invention — l'écriture d'invention est l'ancien exercice d'examen ; l'écrit d'appropriation est plus libre et n'est pas évalué comme épreuve nationale

Antonymes

  • Commentaire — le commentaire analyse de l'extérieur, l'écrit d'appropriation écrit de l'intérieur : on adopte la langue de l'œuvre au lieu de la décrire

À ne pas confondre

  • Pastiche — le pastiche imite volontairement le style d'un auteur ; l'écrit d'appropriation peut se contenter de rester cohérent avec l'œuvre

Selon l'époque et le point de vue — Les écrits d'appropriation ont été introduits par le programme de français du lycée publié au BO du 22 janvier 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — On vous évalue sur la fidélité au texte source autant que sur le style : respectez l'époque, le niveau de langue et ce que le personnage peut savoir. Faute à éviter : un anachronisme qui trahit la lecture.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Comprendre / analyser

Comprendre, c'est savoir ce que le texte dit ; analyser, c'est expliquer comment il le dit et quel effet cela produit.

Ce qu'il débloque — Cette distinction sépare une copie de collège d'une copie de lycée : elle décide à elle seule de la moitié de la note.

Exemple — Sur Le Dormeur du val (Rimbaud, 1870), comprendre donne « le soldat est mort » ; analyser donne « le mot trou ouvre le poème sur un décor et le referme sur une blessure ».

Relever / interpréter

Relever, c'est repérer et nommer un fait de langue ; interpréter, c'est dire ce que ce fait produit chez le lecteur.

Ce qu'il débloque — Elle permet de diagnostiquer une copie : celle qui relève sans interpréter ressemble à un inventaire et stagne autour de la moyenne.

Exemple — Sur « Ses ailes de géant l'empêchent de marcher » (Baudelaire, L'Albatros, 1857), relever donne « métaphore » ; interpréter donne « ce qui fait la grandeur fait l'infirmité ».

Raconter / commenter

Raconter suit l'ordre des événements ; commenter regroupe les observations par idée et suit l'ordre de la démonstration.

Ce qu'il débloque — Elle sert à construire un plan : si vos parties reprennent la chronologie du texte, vous racontez encore.

Exemple — Sur l'incipit de Germinal (Zola, 1885), raconter donne « un homme marche sur une route » ; commenter donne « le décor écrase l'homme avant même qu'il soit nommé ».

Fond / forme

Le fond est ce que le texte dit, la forme la manière dont il le dit. En français, les deux ne se séparent jamais dans une analyse réussie.

Ce qu'il débloque — Elle sert à repérer un mauvais plan : une première partie sur le fond et une seconde sur la forme coupe le lien que le commentaire doit établir.

Exemple — Sur « De la musique avant toute chose » (Verlaine, Art poétique, Jadis et naguère, 1884), le fond est une doctrine poétique, et la forme du vers impair l'applique en même temps qu'elle l'énonce.

Auteur / narrateur / personnage

L'auteur est la personne réelle qui a écrit ; le narrateur est la voix qui raconte dans le texte ; le personnage est celui dont on raconte l'histoire.

Ce qu'il débloque — Elle évite la faute de lecture la plus lourde et ouvre l'analyse du point de vue.

Exemple — Dans Madame Bovary (Flaubert, 1857), « Elle voulait à la fois mourir et habiter Paris » exprime le désir d'Emma, rapporté par un narrateur, et non celui de Flaubert.

Lecture cursive / lecture analytique

La lecture cursive parcourt vite une œuvre entière pour la connaître ; la lecture analytique avance lentement sur un texte court pour l'expliquer.

Ce qu'il débloque — Elle règle l'organisation du travail personnel : on ne lit pas un roman de trois cents pages au rythme d'un sonnet.

Exemple — On lit Le Père Goriot (Balzac, 1835) en lecture cursive, puis on soumet la seule description de la pension Vauquer à une lecture analytique.

Genre / registre / mouvement

Le genre classe la forme, le registre nomme l'effet visé, le mouvement rattache l'auteur à un groupe historique.

Ce qu'il débloque — Elle évite la confusion la plus fréquente de l'année et permet de caractériser un texte en trois mots justes.

Exemple — Phèdre (Racine, 1677) est une tragédie (genre), au registre tragique et pathétique (effet), rattachée au classicisme (mouvement).

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