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Français 2ⁿᵈᵉ

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Étude de la langue : négation, interrogation, relatives et circonstancielles

Programme de seconde : la négation, l'interrogation, les propositions subordonnées relatives et circonstancielles, la cohésion du texte

À propos de cette page
Ce cours de français en seconde sur « Étude de la langue : négation, interrogation, relatives et circonstancielles » suit le programme officiel de français de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La syntaxe de la négation, La syntaxe de l'interrogation, La syntaxe des relatives, Les subordonnées circonstancielles. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en français.
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La syntaxe de la négation

La négation grammaticale se construit avec deux éléments : l'adverbe ne, placé devant le verbe, et un second terme qui en fixe la portée. Ce second terme permet de distinguer quatre formes.

FormeOutilsExemple
Totalene… pas, ne… point« Va, je ne te hais point. » (Corneille, Le Cid, 1637)
Partiellene… jamais, plus, rien, personne, aucun, nul, guère, ni… ni« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien » (Rimbaud, « Sensation », 1870)
Restrictivene… que« L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature » (Pascal, Pensées, 1670)
Lexicalepréfixes (in-, dé-, mé-), sans, verbes (ignorer, refuser)« Car j'ignore où tu fuis » (Baudelaire, « À une passante », Les Fleurs du mal, 1861)
Totale : la négation porte sur toute la proposition. Partielle : elle ne nie qu'un élément — le temps (jamais), la personne (personne), la chose (rien). Restrictive : ce n'est pas une vraie négation ; « ne… que » exclut tout sauf un élément et équivaut à « seulement ».

La portée compte autant que l'outil. Dans « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », 1678), la forme est totale mais la négation porte sur « tous » : certains mouraient. Chez Hugo, « Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, / Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur » (« Demain, dès l'aube… », Les Contemplations, 1856) : ni… ni efface le paysage, le marcheur ne voit plus que la tombe.

La langue littéraire emploie ne seul avec pouvoir, savoir, oser, cesser : « Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps » (Hugo, même poème), « tu ne sais où je vais » (Baudelaire). Le sens reste négatif. Il ne faut pas le confondre avec le ne explétif, qui n'a aucune valeur négative : « Je crains qu'il ne vienne » signifie qu'on redoute sa venue.

Effet à nommer : la litote nie le contraire pour dire moins et faire entendre plus. « Je ne te hais point » fait comprendre à Rodrigue que Chimène l'aime encore, ce que la bienséance lui interdit d'avouer.
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La syntaxe de l'interrogation

L'interrogation est totale quand elle porte sur toute la proposition et appelle oui ou non : « Rodrigue, as-tu du cœur ? » (Corneille, Le Cid, 1637). Elle est partielle quand elle porte sur un seul élément, désigné par un mot interrogatif (qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien, quel, lequel) : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (Molière, Les Fourberies de Scapin, 1671).

ConstructionRegistreExemple
Intonationcourant, oral« Vous chantiez ? » (La Fontaine, « La Cigale et la Fourmi », 1668)
Est-ce quecourant« Est-ce que tu viendras ? » (phrase inventée)
Inversion simple (pronom sujet)soutenu« Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges / Jeter l'ancre un seul jour ? » (Lamartine, « Le Lac », 1820)
Inversion complexe (nom sujet repris par un pronom)soutenu« Le Loup a-t-il faim ? » (phrase inventée)

L'interrogation directe forme une phrase autonome, terminée par un point d'interrogation. L'interrogation indirecte est une proposition subordonnée, complément d'un verbe comme demander, savoir, ignorer : ni point d'interrogation, ni inversion, ni « est-ce que ». La totale est introduite par si, la partielle par un mot interrogatif ou par ce qui / ce que. « Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais » (Baudelaire, « À une passante », 1861) : deux interrogations indirectes partielles, qui font du doute un constat.

Passage à l'indirect : « Que fais-tu ? » → Il me demande ce que je fais. « Viens-tu ? » → Il me demande si je viens. « Où vas-tu ? » → Il me demande où je vais.

Toutes les questions n'attendent pas de réponse. La question rhétorique (ou oratoire) affirme sous forme interrogative : chez Lamartine, la question vaut un constat désespéré — non, l'homme ne peut pas arrêter le temps. Chez Molière, la question répétée de Géronte ne demande rien : elle dit l'obsession d'un avare qui refuse de payer la rançon de son fils.

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La syntaxe des relatives

La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif, qui représente un nom ou un pronom placé avant lui, l'antécédent, et qui occupe une fonction dans la relative.
PronomFonction dans la relativeExemple
quisujet (ou complément après préposition)« Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l'écoute » (La Fontaine, « Le Corbeau et le Renard », 1668)
queCOD, parfois attribut« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » (Pascal, Pensées, 1670)
dontcomplément construit avec de« la fable dont je me souviens » (phrase inventée)
oùcomplément de lieu ou de temps« C'est un trou de verdure où chante une rivière » (Rimbaud, « Le Dormeur du val », 1870) ; « à l'heure où blanchit la campagne » (Hugo, 1856)
lequel, auquel, duquel…complément après préposition« le ruisseau au bord duquel boit l'Agneau » (phrase inventée)

Sans antécédent, la relative est substantive : elle occupe la place d'un nom. « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » (Du Bellay, Les Regrets, 1558) : « qui » signifie « celui qui ».

Avec antécédent, on distingue deux valeurs. La relative déterminative restreint l'antécédent et ne peut être supprimée : chez Pascal, « que la raison ne connaît point » désigne précisément les raisons du cœur. La relative explicative, détachée par une virgule, ajoute une information supprimable : « Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, / Qui suivent, indolents compagnons de voyage, / Le navire glissant sur les gouffres amers » (Baudelaire, « L'Albatros », Les Fleurs du mal, 1861).

Effet à nommer : l'explicative sert souvent le portrait. « Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure, / Et que la faim en ces lieux attirait » (La Fontaine, « Le Loup et l'Agneau », 1668) : deux relatives, séparées de leur antécédent, montrent le prédateur avant qu'il ne parle et annoncent l'issue.
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Les subordonnées circonstancielles

La subordonnée circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination (quand, parce que, pour que, bien que, si…) et joue le rôle d'un complément circonstanciel de la phrase : elle est souvent déplaçable. On l'analyse par le rapport logique qu'elle exprime et par le mode de son verbe.
RapportOutils et modeExemple
Tempsquand, lorsque, dès que, après que (indicatif) ; avant que, jusqu'à ce que (subjonctif)« Se trouva fort dépourvue / Quand la bise fut venue » (La Fontaine, 1668)
Causeparce que, puisque, comme (indicatif)« Parce que c'était lui, parce que c'était moi » (Montaigne, Essais, I, 28, texte publié en 1595)
Conséquencesi bien que, de sorte que, si… que, tel… que (indicatif)« une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer » (Voltaire, Candide, 1759)
Butpour que, afin que, de peur que (subjonctif)« Il se tait pour qu'on l'écoute. » (phrase inventée)
Concessionbien que, quoique (subjonctif) ; même si (indicatif) ; quand (conditionnel)« quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue » (Pascal, Pensées, 1670)
Conditionsi (indicatif), au cas où (conditionnel), à condition que (subjonctif)« Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. » (La Fontaine, 1668)
Comparaisoncomme, ainsi que, de même que, plus… que (indicatif)« Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine, Romances sans paroles, 1874)

La concession se distingue de l'opposition : la concession pose un fait qui aurait dû empêcher l'autre et ne l'empêche pas (Pascal : même écrasé, l'homme reste supérieur) ; l'opposition met simplement deux faits en regard (alors que, tandis que).

Le même rapport peut s'exprimer sans subordonnée : par un groupe infinitif (« il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger », Molière, L'Avare, 1668), par un gérondif, ou par une coordination (car, donc). Dans une copie, on nomme d'abord le rapport, puis l'outil.

Effet à nommer : la cause redoublée de Montaigne n'explique rien d'autre que les deux personnes ; c'est précisément ce qu'elle veut dire — l'amitié n'a pas d'autre raison qu'elle-même.
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La cohésion du texte : reprises et connecteurs

Un texte tient par deux types de liens : les reprises, qui renvoient à ce qui a déjà été nommé, et les connecteurs, qui explicitent le rapport entre les phrases.

ReprisePrincipeExemple
Pronominaleun pronom reprend le nom« Le Loup l'emporte, et puis le mange » : « l' » et « le » reprennent l'Agneau
Nominale fidèlemême nom, déterminant changé« Un Loup » → « Le Loup »
Nominale infidèleautre nom, souvent porteur d'un jugement« Un Loup » → « cet animal plein de rage » → « cette bête cruelle »
Résomptiveun nom reprend toute une phrase ou un passage« Il refusa. Ce refus surprit tout le monde. » (phrase inventée)

Les exemples viennent de « Le Loup et l'Agneau » (La Fontaine, Fables, I, 10, 1668). La chaîne des reprises y porte le jugement du fabuliste : sans intervenir, il qualifie le Loup de « bête cruelle ».

Les connecteurs sont logiques (mais, or, donc, car, pourtant, en effet, par conséquent, certes… mais), temporels (puis, ensuite, alors, là-dessus) ou spatiaux (plus loin, au-dessous). Dans la même fable, l'Agneau raisonne réellement : « Mais plutôt qu'elle considère / Que je me vas désaltérant / Dans le courant, / Plus de vingt pas au-dessous d'Elle, / Et que par conséquent, en aucune façon, / Je ne puis troubler sa boisson. » Le Loup imite le raisonnement sans preuve : « C'est donc quelqu'un des tiens : / Car vous ne m'épargnez guère ». Puis le connecteur temporel « Là-dessus » clôt le débat par l'action.

Effet à nommer : l'absence de connecteur (juxtaposition) est aussi un choix. « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » (Racine, Phèdre, I, 3, 1677) : trois verbes sans lien, c'est la passion qui frappe sans laisser le temps de raisonner.
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Pièges

Que a quatre emplois. Pronom relatif (il a un antécédent et une fonction : « ses raisons que la raison ne connaît point ») ; conjonction introduisant une complétive (« je sais que tu m'attends », Hugo, 1856) ; pronom interrogatif (« Que faisiez-vous au temps chaud ? », La Fontaine, 1668) ; élément de la négation restrictive (« n'est qu'un roseau »).
Si a trois emplois. Conditionnel (« Si ce n'est toi… ») ; interrogatif indirect (« je me demande s'il viendra ») ; adverbe d'intensité dans une conséquence ou une comparaison (« Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées », Voltaire, Candide, 1759 : c'est une comparaison, pas une conséquence).
Car et donc expriment la cause et la conséquence mais sont des conjonctions de coordination : ils n'introduisent jamais de subordonnée. Quand + conditionnel n'est pas temporel mais concessif.
Ne n'est pas toujours négatif : le ne explétif (« avant qu'il ne parte ») ne nie rien. À l'inverse, ne seul (« je ne puis ») nie vraiment. Et « ne… que » n'est pas une négation totale : la phrase affirme un élément.
Après que se construit avec l'indicatif (le fait est réalisé), avant que avec le subjonctif. Une interrogation indirecte ne prend jamais de point d'interrogation : « je me demande où il va », non « où va-t-il ? ».
En bref
  • Négation : totale (ne… pas, point), partielle (jamais, rien, personne, plus), restrictive (ne… que = seulement), lexicale (in-, sans, ignorer) ; ne explétif sans valeur négative.
  • Interrogation : totale (oui / non) ou partielle (mot interrogatif) ; intonation, est-ce que, inversion ; l'indirecte est une subordonnée introduite par si, un mot interrogatif ou ce qui / ce que.
  • Relative : pronom relatif + antécédent + fonction ; déterminative (indispensable) ou explicative (entre virgules, supprimable) ; substantive sans antécédent.
  • Circonstancielles : temps, cause, conséquence, but, concession, condition, comparaison — nommer le rapport et justifier le mode.
  • Cohésion : reprises pronominales, nominales fidèles ou infidèles, résomptives ; connecteurs logiques et temporels.
  • Toujours relier le fait de langue à son effet dans le texte.
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