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Droits et responsabilité : protéger l'environnement et la biodiversité

Charte de l'environnement, droits environnementaux, développement durable, transition écologique, responsabilité (EMC de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Droits et responsabilité : protéger l'environnement et la biodiversité » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : De la protection de la nature aux droits environnementaux, La Charte de l'environnement (2005) : des droits et des devoirs constitutionnels, Du local au global : le droit international de l'environnement, Développement durable et transition écologique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La Charte de l'environnement : des droits et des devoirs

Facile

Texte juridique (extrait d'un texte de valeur constitutionnelle) · Charte de l'environnement, articles 1er à 4, 6 et 7, loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005, Journal officiel du 2 mars 2005.

La Charte est adoptée par le Parlement réuni en Congrès le 28 février 2005, à l'initiative du président Jacques Chirac. Elle s'adresse à tous : pouvoirs publics, législateur, citoyens, entreprises.

Article 1er. Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Article 2. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement.

Article 3. Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu'elle est susceptible de porter à l'environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

Article 4. Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu'elle cause à l'environnement, dans les conditions définies par la loi.

[…]

Article 6. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social.

Article 7. Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement.

Montrez que ce texte associe des droits et des responsabilités en matière d'environnement.

  1. Présentez le document : nature, date, valeur juridique.
  2. Relevez les droits reconnus et les devoirs imposés par le texte.
  3. Expliquez pourquoi les articles 2 à 4 concernent « toute personne ».
  4. Montrez que l'article 6 reprend la notion de développement durable.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un extrait de la Charte de l'environnement, texte juridique promulgué par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005. Le préambule de la Constitution de 1958 y renvoie, comme à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : la Charte a donc valeur constitutionnelle, ce que le Conseil constitutionnel a confirmé en 2008. Elle s'impose au législateur et peut être invoquée devant un juge.

2. Le texte reconnaît deux droits : celui de « vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » (article 1er) et celui d'« accéder aux informations » et de « participer à l'élaboration des décisions publiques » (article 7). Il impose trois devoirs : prendre part à la préservation de l'environnement (article 2), prévenir les atteintes qu'on peut lui porter (article 3), contribuer à réparer les dommages causés (article 4). Ces devoirs suivent une logique chronologique : préserver en permanence, prévenir avant le dommage, réparer après.

3. L'expression « toute personne » montre que la responsabilité n'est pas réservée à l'État. Elle vise les individus, mais aussi les personnes morales : entreprises, associations, collectivités. C'est l'originalité de la Charte : un texte constitutionnel qui fixe des devoirs à chacun, parce que l'environnement est présenté dans le préambule comme le « patrimoine commun des êtres humains ». Les articles 3 et 4 précisent toutefois « dans les conditions définies par la loi » : c'est le Parlement qui organise concrètement ces obligations, par exemple avec le préjudice écologique créé en 2016.

4. L'article 6 demande aux politiques publiques de « promouvoir un développement durable » et définit ce qu'il faut entendre par là : concilier « la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social ». On retrouve les trois dimensions du développement durable issues du rapport Brundtland (1987) et du sommet de Rio (1992). Le verbe « concilient » est essentiel : il ne s'agit pas de sacrifier l'économie à l'environnement, ni l'inverse, mais de les rendre compatibles.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique : relever le vocabulaire (« droit », « devoir », « toute personne ») et en tirer qui est titulaire de quoi.

Document 2 — L'état de la biodiversité mondiale selon l'IPBES

Moyen

Tableau statistique (données d'une évaluation scientifique internationale) · D'après IPBES, Rapport d'évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques, résumé à l'intention des décideurs, adopté à Paris en mai 2019.

L'IPBES, plateforme intergouvernementale créée en 2012, rassemble les travaux de centaines d'experts pour éclairer les gouvernements. Son évaluation mondiale de 2019, la première depuis 2005, a eu un fort écho politique et médiatique.

IndicateurEstimation
Part des milieux terrestres sévèrement altérés par les activités humainesenviron 75 %
Part des milieux marins soumis à des impacts cumulés croissantsenviron 66 %
Part des zones humides existant en 1700 disparues en 2000plus de 85 %
Espèces animales et végétales menacées d'extinction (sur environ 8 millions d'espèces estimées)environ 1 million
Évolution de la pollution par les plastiques depuis 1980multipliée par 10
Part des terres émergées consacrées aux cultures et à l'élevageplus d'un tiers
Part des ressources en eau douce consacrées aux cultures et à l'élevageprès de 75 %

Facteurs directs de perte de biodiversité, du plus au moins important selon l'IPBES : 1. changement d'usage des terres et des mers ; 2. exploitation directe des organismes (pêche, chasse, coupe) ; 3. changement climatique ; 4. pollution ; 5. espèces exotiques envahissantes.

À l'aide du document, montrez l'ampleur de l'érosion de la biodiversité et ce qu'elle implique en termes de responsabilité.

  1. Présentez le document : auteur, date, nature des données.
  2. Quels milieux sont les plus touchés ? Justifiez avec deux chiffres.
  3. Montrez que les causes principales sont liées aux activités humaines.
  4. Pourquoi ces constats engagent-ils une responsabilité collective ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau reprend des estimations de l'IPBES, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, publiées dans son évaluation mondiale adoptée à Paris en mai 2019. Il s'agit d'ordres de grandeur (« environ », « plus de ») issus d'une synthèse scientifique : ils décrivent une tendance mondiale, pas une mesure exacte.

2. Les milieux terrestres sont les plus altérés : environ 75 % d'entre eux sont « sévèrement altérés », contre environ 66 % des milieux marins soumis à des impacts croissants. Les zones humides sont les plus spectaculairement touchées : plus de 85 % de celles qui existaient en 1700 avaient disparu en 2000. L'ensemble du vivant est concerné, puisque environ un million d'espèces sur huit millions estimées sont menacées d'extinction.

3. Le premier facteur de perte de biodiversité est le changement d'usage des terres et des mers : défrichement, urbanisation, agriculture. Le tableau montre que plus d'un tiers des terres émergées et près de 75 % de l'eau douce servent aux cultures et à l'élevage. Viennent ensuite l'exploitation directe (pêche, chasse), le changement climatique, la pollution, dont les plastiques multipliés par dix depuis 1980, et les espèces envahissantes, souvent déplacées par le commerce. Les cinq causes sont donc d'origine humaine. On remarque que le climat n'arrive qu'en troisième position : la biodiversité n'est pas un simple sous-chapitre du climat.

4. Puisque les causes sont humaines, la responsabilité l'est aussi. Elle est collective parce qu'aucun acteur ne produit seul ces effets : agriculture, industrie, consommateurs et États y contribuent. Elle engage aussi envers les générations futures, puisque la disparition d'une espèce est irréversible. C'est le sens de l'article 2 de la Charte de l'environnement, qui fait de la préservation un devoir de toute personne, et du cadre de Kunming-Montréal (2022), qui fixe l'objectif de protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030. Les services rendus par les écosystèmes, comme la pollinisation ou l'eau potable, montrent enfin que protéger la biodiversité, c'est protéger les humains.

Ce que cette analyse apprend — Lire un document chiffré : citer les valeurs avec leur unité et leur prudence (« environ »), puis passer du constat à l'explication.

Document 3 — « Earthrise » : la Terre vue depuis l'orbite lunaire

Moyen

Photographie · William Anders, « Earthrise » (« Lever de Terre »), photographie prise depuis l'orbite lunaire pendant la mission Apollo 8, 24 décembre 1968, NASA.

La photographie est prise en pleine guerre froide, dans le cadre de la course à la Lune entre les États-Unis et l'URSS. Destinée d'abord à documenter une prouesse technique, elle devient un symbole de la fragilité de la planète.

Description. Photographie en couleurs, prise depuis le vaisseau Apollo 8 en orbite autour de la Lune. Au premier plan, en bas de l'image, s'étend la surface lunaire, grise, criblée de cratères et sans aucune trace de vie. Au-dessus de l'horizon lunaire, la Terre apparaît, partiellement éclairée par le Soleil : on distingue le bleu des océans, les masses blanches des nuages et quelques teintes brunes de terres émergées ; la partie non éclairée se fond dans l'ombre. Tout le reste de l'image est occupé par le noir de l'espace. La Terre y paraît petite, isolée, sans frontières visibles.

L'équipage d'Apollo 8 (Frank Borman, James Lovell, William Anders) est le premier à quitter l'orbite terrestre et à tourner autour de la Lune. L'image, publiée dans le monde entier, est rapidement reprise par les mouvements écologistes naissants. La première « Journée de la Terre » est organisée aux États-Unis le 22 avril 1970 ; la conférence de Stockholm (1972) prend pour devise « Une seule Terre ».

Expliquez pourquoi cette photographie est devenue un symbole de la prise de conscience environnementale.

  1. Présentez le document : auteur, date, circonstances.
  2. Décrivez ce qui oppose la Terre et la Lune sur l'image.
  3. Expliquez pourquoi cette image a pu nourrir l'idée d'une responsabilité commune envers la planète.
  4. Montrez les limites de ce document pour étudier la protection de l'environnement.
Voir la réponse rédigée

1. Cette photographie en couleurs, intitulée « Earthrise », a été prise par l'astronaute américain William Anders le 24 décembre 1968, pendant la mission Apollo 8 de la NASA, la première à placer des hommes en orbite autour de la Lune. Elle s'inscrit dans la course à l'espace qui oppose les États-Unis et l'URSS pendant la guerre froide.

2. L'image repose sur un contraste. Au premier plan, la Lune est grise, minérale, sans vie. Au-dessus, la Terre est colorée : le bleu des océans et le blanc des nuages signalent l'eau et l'atmosphère, donc la vie. Autour, le noir de l'espace isole la planète. La Terre paraît petite et unique : c'est le seul lieu habitable visible dans l'immensité.

3. Vue de loin, la Terre n'a pas de frontières : l'image suggère que l'humanité partage un seul et même milieu, fini et fragile. Elle rend visible une idée abstraite : les ressources sont limitées et il n'existe pas de planète de rechange. Les mouvements écologistes s'en emparent ; la première Journée de la Terre a lieu en 1970 et la conférence de Stockholm, en 1972, adopte la devise « Une seule Terre ». On retrouve cette idée dans le préambule de la Charte de l'environnement (2005), qui fait de l'environnement le « patrimoine commun des êtres humains » : si la planète est commune, sa protection est une responsabilité partagée.

4. Ce document a des limites. C'est une image, pas un texte de droit : elle émeut et fait prendre conscience, mais ne crée aucune obligation. Elle a été prise pour une mission scientifique et militaire de prestige, non dans un but écologique : son sens environnemental lui a été donné après coup. Enfin, vue de si loin, la Terre ne montre ni les pollutions ni l'érosion de la biodiversité, ni les inégalités entre sociétés face aux dégradations. Pour étudier la protection de l'environnement, il faut la compléter par des données (IPBES, 2019) et par les textes qui organisent les droits et les devoirs.

Ce que cette analyse apprend — Analyser une image : décrire d'abord ce qu'on voit, puis expliquer l'usage qui en a été fait, et en montrer les limites.

Document 4 — La Déclaration de Rio (1992) : les principes d'un droit international de l'environnement

Difficile

Déclaration internationale (document d'époque, texte adopté par les États) · Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, principes 1, 3, 15 et 16, adoptée lors de la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992.

Vingt ans après Stockholm, le « sommet de la Terre » réunit à Rio les représentants de plus de 170 États, peu après la fin de la guerre froide. La déclaration, en 27 principes, s'adresse aux États et fixe les grandes orientations du droit de l'environnement.

Principe 1. Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.

Principe 3. Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l'environnement des générations présentes et futures.

[…]

Principe 15. Pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement.

Principe 16. Les autorités nationales devraient s'efforcer de promouvoir l'internalisation des coûts de protection de l'environnement et l'utilisation d'instruments économiques, en vertu du principe selon lequel c'est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l'intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l'investissement.

Analysez ce document en montrant quelles responsabilités il attribue et quelle est sa portée réelle. Vous le comparerez avec la Charte de l'environnement de 2005.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. Expliquez la place accordée aux êtres humains dans le principe 1 et au temps dans le principe 3.
  3. Expliquez le principe 15 et comparez-le avec l'article 5 de la Charte de l'environnement.
  4. Relevez dans le principe 16 les formules qui atténuent sa portée. Que révèlent-elles ?
  5. Pourquoi ce texte a-t-il pourtant joué un rôle important ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, adoptée en juin 1992 par les États réunis au « sommet de la Terre » organisé par les Nations unies. Vingt ans après la conférence de Stockholm (1972) et cinq ans après le rapport Brundtland (1987), le sommet se tient juste après la fin de la guerre froide, dans un moment de confiance dans la coopération internationale. Il adopte aussi la convention sur la diversité biologique et la convention-cadre sur les changements climatiques.

2. Le principe 1 place « les êtres humains […] au centre des préoccupations » : la perspective est anthropocentrée. La nature est protégée pour que les hommes aient « droit à une vie saine et productive », ce qui fait de l'environnement un droit des personnes et non un droit de la nature elle-même. Le principe 3 introduit le temps : les besoins des « générations présentes et futures » doivent être satisfaits « équitablement ». C'est la reprise directe de la définition Brundtland du développement durable, et l'idée d'une responsabilité envers ceux qui ne sont pas encore nés.

3. Le principe 15 pose le principe de précaution : face à un risque « grave ou irréversible », l'incertitude scientifique ne justifie pas l'inaction. L'article 5 de la Charte de 2005 reprend cette logique en visant un dommage « incertain en l'état des connaissances scientifiques » mais pouvant affecter l'environnement « de manière grave et irréversible ». Deux différences apparaissent. La Charte confie ce principe aux « autorités publiques » et exige des mesures « provisoires et proportionnées » avec une évaluation des risques, ce qui en précise la portée. Surtout, elle a valeur constitutionnelle et peut être invoquée devant un juge, alors que la Déclaration de Rio laisse les États l'appliquer « selon leurs capacités ».

4. Le principe 16 énonce le principe pollueur-payeur, mais avec de nombreuses précautions : les autorités « devraient » (conditionnel) « s'efforcer de promouvoir » ; le pollueur doit payer « en principe » ; et cela « sans fausser le jeu du commerce international ». Ces formules révèlent un compromis entre États aux intérêts différents, notamment entre pays industrialisés et pays en développement soucieux de leur croissance. Elles montrent que la Déclaration relève du droit souple : elle recommande, elle ne contraint pas, et aucune sanction n'est prévue.

5. Le texte a pourtant eu une influence considérable. Ses principes ont été repris par les droits nationaux : en France, le principe de précaution figure à l'article 5 de la Charte, le principe pollueur-payeur dans le Code de l'environnement. Il a aussi fourni un vocabulaire commun aux négociations qui ont conduit à l'accord de Paris (2015). Le droit souple prépare souvent le droit contraignant : c'est en passant dans la loi et la Constitution que ces principes deviennent opposables devant un juge.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte international : peser chaque verbe (« doit », « devraient ») pour distinguer ce qui oblige de ce qui recommande, puis comparer avec la norme nationale.

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