Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité SVT
Variation génétique et santé
Mutations et santé, patrimoine génétique et santé, altérations du génome et cancérisation, variation génétique bactérienne et résistance aux antibiotiques (thème Corps humain et santé)
À propos de cette page
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Du gène CFTR à la protéine
FacileOn donne un fragment du brin codant de l'allèle normal du gène CFTR (codons 506 à 509) et le fragment correspondant de l'allèle F508del.Allèle normal : ATC ATC TTT GGTAllèle F508del : ATC ATT GGT
Extrait du code génétique (lu sur le brin codant) : ATC et ATT → isoleucine (Ile) ; TTT → phénylalanine (Phe) ; GGT → glycine (Gly).
- a) Comparer les deux séquences et nommer la mutation.
- b) Écrire la séquence d'acides aminés codée par chacun des deux fragments.
- c) Expliquer pourquoi, malgré cette mutation, la suite de la protéine est inchangée.
- d) Expliquer pourquoi cette protéine, qui ne diffère que d'un acide aminé, entraîne un phénotype malade à l'échelle de la cellule.
a) L'allèle normal compte 12 nucléotides (ATCATCTTTGGT), l'allèle F508del 9 (ATCATTGGT). Les cinq premiers nucléotides (ATCAT) et les quatre derniers (TGGT) sont identiques : les trois nucléotides C, T, T situés entre eux ont disparu. Il s'agit d'une délétion de 3 nucléotides.
b) Allèle normal : ATC-ATC-TTT-GGT → Ile-Ile-Phe-Gly. Allèle F508del : ATC-ATT-GGT → Ile-Ile-Gly. Le deuxième codon change (ATC → ATT) mais code toujours l'isoleucine ; la phénylalanine 508 disparaît.
c) Trois nucléotides forment exactement un codon : la délétion supprime un codon entier sans décaler le cadre de lecture. Les codons suivants sont lus comme dans l'allèle normal : la protéine a un seul acide aminé en moins, le reste de sa séquence est identique.
d) La perte de la phénylalanine 508 modifie le repliement de la protéine. La cellule détruit cette protéine mal repliée avant qu'elle n'atteigne la membrane : il n'y a plus de canal CFTR, les ions chlorure ne sortent plus, l'eau ne suit plus et le mucus reste déshydraté et épais. Une modification minime de la séquence peut suffire à supprimer la fonction de la protéine.
Exercice 2 — Un couple de porteurs sains
FacileUn homme et une femme, tous deux en bonne santé, apprennent par un test génétique qu'ils portent chacun un allèle muté du gène CFTR. On note N l'allèle normal et m l'allèle muté.
- a) Écrire le génotype de chacun et expliquer pourquoi ils ne présentent aucun symptôme.
- b) Construire l'échiquier de croisement et calculer la probabilité qu'un de leurs enfants soit atteint.
- c) Calculer la probabilité que leurs deux premiers enfants soient atteints, puis la probabilité qu'aucun des deux ne le soit.
a) Chacun possède un allèle normal et un allèle muté : génotype N//m pour les deux. L'allèle m est récessif : l'allèle N produit une protéine CFTR fonctionnelle en quantité suffisante, donc le phénotype est sain.
b) Chaque parent produit des gamètes N ou m avec une probabilité chacun.
| Gamètes | N (1/2) | m (1/2) |
|---|---|---|
| N (1/2) | N//N | N//m |
| m (1/2) | N//m | m//m |
Seul le génotype m//m donne un enfant atteint : . Chaque enfant a une probabilité de 1/4 d'être atteint.
c) Chaque naissance est indépendante des précédentes. Deux enfants atteints : . Un enfant n'est pas atteint avec la probabilité , donc aucun des deux : . Probabilités : 1/16 pour deux enfants atteints, 9/16 pour aucun.
Exercice 3 — Oncogènes et gènes suppresseurs de tumeur
FacileDeux gènes sont souvent mutés dans les cellules cancéreuses :
• le gène RAS code une protéine qui transmet à la cellule un signal de division ; la forme mutée reste active même en l'absence de signal ;
• le gène TP53 code une protéine qui bloque le cycle cellulaire lorsque l'ADN est endommagé, puis déclenche l'apoptose si les lésions ne sont pas réparées.
- a) Classer chaque gène (proto-oncogène ou gène suppresseur de tumeur) en justifiant.
- b) Expliquer pourquoi la mutation d'un seul allèle de RAS peut dérégler la cellule, alors que les deux allèles de TP53 doivent être inactivés.
- c) Expliquer pourquoi une cellule dont TP53 est inactivé accumule plus facilement de nouvelles mutations.
a) RAS stimule normalement la division en réponse à un signal : c'est un proto-oncogène, devenu oncogène quand sa mutation le rend actif en permanence (gain de fonction). TP53 freine la division et élimine les cellules endommagées : c'est un gène suppresseur de tumeur.
b) Une seule protéine RAS active en permanence suffit à envoyer un signal de division continu, même si l'autre allèle est normal : l'effet est dominant. À l'inverse, si un seul allèle de TP53 est inactivé, l'autre produit encore une protéine P53 capable d'arrêter le cycle. Le frein ne disparaît que lorsque les deux allèles sont inactivés.
c) Sans P53, une cellule dont l'ADN est endommagé continue de se diviser au lieu de s'arrêter pour réparer ou de mourir par apoptose. Les lésions non réparées deviennent des mutations transmises aux cellules filles, qui peuvent toucher d'autres proto-oncogènes et gènes suppresseurs. La perte de P53 accélère l'accumulation de mutations, donc la cancérisation.
Exercice 4 — Jumeaux et diabète de type 2
MoyenUne étude porte sur des paires de jumeaux dont au moins un membre est atteint de diabète de type 2. La concordance est le pourcentage de paires dans lesquelles les deux jumeaux sont atteints.
| Type de jumeaux | Nombre de paires | Concordance |
|---|---|---|
| Monozygotes | 312 | 58 % |
| Dizygotes | 447 | 23 % |
- a) Rappeler ce qui distingue génétiquement des jumeaux monozygotes de jumeaux dizygotes.
- b) Montrer que ces résultats révèlent une composante génétique du diabète de type 2.
- c) Expliquer ce que révèle le fait que la concordance des monozygotes n'atteigne pas 100 %.
- d) Citer deux facteurs environnementaux de ce diabète et en déduire un conseil de prévention pour un jumeau dont le frère est atteint.
a) Les monozygotes proviennent d'une même cellule-œuf : ils ont le même génotype. Les dizygotes proviennent de deux cellules-œufs distinctes : ils ne partagent en moyenne que la moitié de leurs allèles, comme des frères et sœurs. Dans les deux cas, les jumeaux grandissent en général dans un environnement proche.
b) La concordance est de 58 % chez les monozygotes contre 23 % chez les dizygotes, soit environ 2,5 fois plus. L'environnement familial étant comparable, cette différence s'explique par le plus grand nombre d'allèles partagés : le génotype influence le risque de diabète de type 2.
c) Dans 42 % des paires monozygotes, un seul jumeau est atteint alors que les deux ont le même génotype. La différence vient donc de facteurs non génétiques (alimentation, activité physique, poids). Le génotype ne détermine pas la maladie : il modifie un risque, et l'environnement intervient.
d) Facteurs environnementaux : alimentation trop riche en sucres et en graisses, sédentarité (et le surpoids qui en résulte). Le jumeau non atteint a un risque élevé mais non certain : il a intérêt à pratiquer une activité physique régulière, à surveiller son alimentation et à faire contrôler sa glycémie.
Exercice 5 — Un allèle de susceptibilité
MoyenUne cohorte de 10 500 adultes est suivie pendant dix ans. On recherche chez chacun un allèle d'un gène impliqué dans la sécrétion d'insuline.
| Groupe | Effectif | Cas de diabète de type 2 en dix ans |
|---|---|---|
| Porteurs de l'allèle | 4 000 | 372 |
| Non-porteurs | 6 500 | 351 |
- a) Calculer la fréquence de la maladie dans chaque groupe.
- b) Calculer le risque relatif associé à l'allèle et conclure.
- c) Un élève affirme : « cet allèle est la cause du diabète ». Expliquer son erreur à l'aide des données.
- d) Que montrent les 351 cas observés chez les non-porteurs ?
a) Porteurs : 372 ÷ 4 000 = 0,093, soit 9,3 %. Non-porteurs : 351 ÷ 6 500 = 0,054, soit 5,4 %.
b) RR = 9,3 ÷ 5,4 ≈ 1,7. Le RR est supérieur à 1 : les porteurs ont environ 1,7 fois plus de risque de développer un diabète de type 2 en dix ans. L'allèle est un facteur de risque génétique.
c) Une cause entraînerait la maladie chez tous les porteurs. Or 4 000 − 372 = 3 628 porteurs, soit 90,7 %, ne sont pas malades au bout de dix ans. L'allèle augmente seulement la probabilité de la maladie : c'est un allèle de susceptibilité, pas une cause suffisante.
d) La maladie apparaît aussi chez des personnes qui ne portent pas l'allèle : d'autres facteurs interviennent, génétiques (d'autres allèles de susceptibilité) et environnementaux (alimentation, sédentarité). Le diabète de type 2 est une maladie multifactorielle.
Exercice 6 — Xeroderma pigmentosum et rayons UV
MoyenLe xeroderma pigmentosum (XP) est une maladie monogénique rare, à transmission autosomique récessive. Les malades ne peuvent pas réparer les lésions que les rayons UV provoquent dans l'ADN. Avant 20 ans, leur risque de mélanome est environ 2 000 fois plus élevé que dans la population générale, et leurs cancers apparaissent presque tous sur le visage, le cou et les mains.
- a) Expliquer pourquoi les UV sont qualifiés d'agents mutagènes.
- b) Expliquer pourquoi l'absence de réparation de l'ADN augmente autant le risque de cancer.
- c) Expliquer la localisation des cancers chez les malades.
- d) Distinguer la mutation responsable du XP des mutations présentes dans les cellules d'un mélanome, du point de vue de leur transmission.
- e) Proposer deux mesures de prévention adaptées à un enfant atteint de XP.
a) Les UV provoquent des lésions de l'ADN (liaisons anormales entre bases voisines). Si elles ne sont pas réparées avant la réplication, elles aboutissent à des modifications de la séquence transmises aux cellules filles : les UV augmentent la fréquence des mutations, ce sont des agents mutagènes.
b) Chez une personne saine, la plupart des lésions sont réparées. Chez un malade XP, toutes les lésions persistent et deviennent des mutations : elles s'accumulent très vite dans les cellules de la peau exposée. Plus il y a de mutations, plus la probabilité qu'une cellule accumule à la fois un oncogène activé et des gènes suppresseurs inactivés est grande : le risque de cancer est multiplié par environ 2 000.
c) Les mutations ne se forment que là où les UV atteignent l'ADN : les zones de peau exposées au soleil (visage, cou, mains).
d) L'allèle XP muté est hérité des deux parents : c'est une mutation germinale, présente dans toutes les cellules et transmissible. Les mutations du mélanome sont somatiques : acquises dans une cellule de la peau, elles ne concernent que le clone tumoral et ne sont pas transmises aux enfants.
e) Supprimer l'exposition aux UV : vêtements couvrants, visière ou masque filtrant, sorties après le coucher du soleil, filtres anti-UV sur les vitres. Faire examiner la peau régulièrement par un dermatologue pour retirer tôt toute lésion suspecte.
Exercice 7 — Lire un antibiogramme
MoyenUne patiente souffre d'une infection urinaire due à Escherichia coli. Au laboratoire, la souche est étalée sur une gélose où l'on dépose des disques imprégnés d'antibiotiques. Après 24 h, on mesure le diamètre de la zone sans bactéries autour de chaque disque.
| Antibiotique | Diamètre mesuré (mm) | Diamètre critique (mm) |
|---|---|---|
| Amoxicilline | 7 | 16 |
| Céfotaxime | 29 | 23 |
| Gentamicine | 18 | 17 |
| Ciprofloxacine | 20 | 25 |
- a) Indiquer, pour chaque antibiotique, si la souche est sensible ou résistante.
- b) Indiquer quels antibiotiques peuvent être prescrits.
- c) La patiente a pris plusieurs traitements d'amoxicilline dans l'année. Proposer une explication à la résistance observée.
- d) Se sentant mieux au troisième jour, elle veut arrêter son traitement. Expliquer pourquoi c'est déconseillé.
a) Amoxicilline : 7 < 16 → résistante. Céfotaxime : 29 ≥ 23 → sensible. Gentamicine : 18 ≥ 17 → sensible (de justesse, mais la règle s'applique). Ciprofloxacine : 20 < 25 → résistante.
b) Seuls les antibiotiques auxquels la souche est sensible sont efficaces : céfotaxime ou gentamicine. Prescrire de l'amoxicilline ou de la ciprofloxacine serait inutile et sélectionnerait encore davantage de bactéries résistantes.
c) Parmi les bactéries de la patiente, certaines portaient déjà un allèle ou un plasmide de résistance à l'amoxicilline. À chaque traitement, les bactéries sensibles ont été éliminées et les résistantes ont survécu puis se sont multipliées : les prises répétées ont sélectionné une population résistante. Le gène a aussi pu être acquis par transfert horizontal depuis d'autres bactéries du microbiote.
d) L'amélioration signifie que la population bactérienne a diminué, pas qu'elle a disparu. Les bactéries qui restent sont souvent les moins sensibles ; un arrêt précoce les laisse se multiplier : risque de rechute et de sélection d'une souche plus résistante. La durée prescrite doit être respectée.
Exercice 8 — Un modulateur de CFTR
DifficileDocument 1 — Essai clinique de 24 semaines chez des patients atteints de mucoviscidose portant au moins un allèle F508del, répartis au hasard entre un groupe traité par un modulateur de CFTR (203 patients) et un groupe recevant un placebo (200 patients). Le test de la sueur mesure la concentration en ions chlorure de la sueur (valeur normale inférieure à 30 mmol/L ; mucoviscidose au-delà de 60 mmol/L). Le VEMS (volume expiré maximal en une seconde) est exprimé en pourcentage de la valeur attendue pour une personne saine du même âge.
| Groupe | Cl− sueur au départ (mmol/L) | Cl− sueur à 24 semaines (mmol/L) | VEMS au départ (%) | VEMS à 24 semaines (%) |
|---|---|---|---|---|
| Traité | 103 | 41 | 61,4 | 75,2 |
| Placebo | 101 | 99 | 62,0 | 61,7 |
- a) Expliquer pourquoi la concentration en ions chlorure de la sueur renseigne sur le fonctionnement de la protéine CFTR.
- b) Analyser les résultats du document 1 en chiffrant les évolutions.
- c) À l'aide du document 2, expliquer les effets du traitement aux échelles moléculaire, cellulaire et de l'organisme.
- d) Un patient traité demande si le risque de transmettre la maladie à ses futurs enfants a diminué. Lui répondre de façon argumentée.
a) Dans les glandes sudoripares, le canal CFTR permet la réabsorption des ions chlorure de la sueur. Sans CFTR fonctionnel, le chlorure reste dans la sueur, qui devient très salée (au-delà de 60 mmol/L). Plus la concentration est basse, plus les canaux CFTR fonctionnent.
b) Groupe traité : le chlorure passe de 103 à 41 mmol/L, soit une baisse de 62 mmol/L (environ − 60 %), ce qui le rapproche de la valeur normale sans l'atteindre (41 > 30). Le VEMS passe de 61,4 % à 75,2 %, soit + 13,8 points. Groupe placebo : − 2 mmol/L et − 0,3 point, variations négligeables. Les deux groupes partaient de valeurs identiques et ont été constitués au hasard : l'amélioration est due au traitement.
c) Échelle moléculaire : le correcteur permet à une partie des protéines F508del de se replier correctement ; elles ne sont plus détruites et atteignent la membrane, où le potentiateur prolonge leur ouverture. Échelle cellulaire : les ions chlorure sortent de nouveau des cellules des bronches, l'eau suit et le mucus redevient plus fluide ; dans les glandes sudoripares, le chlorure est mieux réabsorbé. Échelle de l'organisme : bronches moins encombrées, meilleure capacité respiratoire (hausse du VEMS), sueur moins salée. Le traitement corrige le phénotype en agissant sur la protéine.
d) Le médicament agit sur la protéine, pas sur l'ADN : le génotype du patient reste m//m (ou m//m' avec une autre mutation) dans toutes ses cellules, y compris celles qui produisent ses gamètes. Il transmettra obligatoirement un allèle muté à chacun de ses enfants ; ceux-ci seront atteints seulement s'ils reçoivent aussi un allèle muté de l'autre parent. Le risque n'a donc pas changé ; un test du conjoint permet de l'estimer.
Exercice 9 — Cancer colorectal et âge
DifficileDocument 1 — Incidence du cancer colorectal en France (nouveaux cas par an pour 100 000 personnes, selon l'âge).
| Âge (ans) | 40-44 | 50-54 | 60-64 | 70-74 | 80-84 |
|---|---|---|---|---|---|
| Incidence | 21 | 64 | 152 | 279 | 418 |
Document 3 — La polypose adénomateuse familiale. Les personnes atteintes ont hérité d'un allèle muté d'APC, présent dans toutes leurs cellules. Elles développent des centaines de polypes dès l'adolescence et, sans ablation du côlon, un cancer vers 40 ans.
- a) Décrire l'évolution de l'incidence du cancer colorectal avec l'âge en chiffrant.
- b) Classer les gènes APC, KRAS et TP53 en justifiant.
- c) Expliquer l'augmentation de l'incidence avec l'âge.
- d) Expliquer pourquoi les personnes atteintes de polypose adénomateuse familiale développent des polypes beaucoup plus tôt.
- e) Le dépistage organisé propose, à partir de 50 ans, un test de recherche de sang dans les selles, suivi d'une coloscopie avec ablation des polypes en cas de test positif. Justifier cette stratégie.
a) L'incidence augmente fortement et régulièrement avec l'âge : de 21 cas pour 100 000 entre 40 et 44 ans à 418 entre 80 et 84 ans, soit environ 20 fois plus (418 ÷ 21 ≈ 19,9). Elle triple déjà entre 40-44 et 50-54 ans (64 ÷ 21 ≈ 3,0).
b) APC freine la division et doit être inactivé sur ses deux allèles : gène suppresseur de tumeur. KRAS stimule la division et sa mutation le rend actif en permanence (gain de fonction) : proto-oncogène devenu oncogène. TP53 est inactivé sur ses deux allèles : gène suppresseur de tumeur.
c) Le document 2 montre qu'il faut plusieurs mutations successives dans une même cellule, sur une durée de dix ans ou plus. Les mutations somatiques apparaissent au hasard lors des divisions et sous l'effet d'agents mutagènes ; elles s'accumulent au fil de la vie. Plus on vieillit, plus la probabilité qu'une cellule ait cumulé toutes ces mutations est grande, d'où l'augmentation de l'incidence.
d) Chez une personne saine, les deux allèles d'APC doivent être inactivés par deux mutations somatiques dans la même cellule, ce qui est rare. Chez une personne atteinte de polypose, un allèle muté est présent dans toutes les cellules de la muqueuse : une seule mutation somatique suffit à inactiver APC. Des milliers de cellules franchissent cette première étape, d'où des centaines de polypes dès l'adolescence et un cancer très précoce.
e) Le cancer se développe lentement, à partir de polypes, sur au moins dix ans. À partir de 50 ans, l'incidence devient importante (64 pour 100 000 puis davantage). Un test simple repère les personnes qui saignent ; la coloscopie permet de retirer les polypes avant qu'ils n'accumulent les mutations suivantes (KRAS, TP53), ou de détecter un cancer à un stade précoce, mieux soigné.
Exercice 10 — Transfert d'une résistance entre bactéries
DifficileDocument 1 — Expériences. La souche A d'E. coli est résistante à l'ampicilline (gène porté par un plasmide) et sensible à la streptomycine. La souche B est sensible à l'ampicilline et résistante à la streptomycine (mutation chromosomique). Chaque préparation est étalée sur un milieu contenant les deux antibiotiques.
| Expérience | Préparation | Colonies obtenues |
|---|---|---|
| 1 | souche A seule | 0 |
| 2 | souche B seule | 0 |
| 3 | A et B mélangées pendant 2 h | 340 |
| 4 | A et B placées 2 h de part et d'autre d'un filtre qui laisse passer l'ADN libre et les virus, mais pas les bactéries | 0 |
| Pays | Consommation (doses pour 1 000 habitants par jour) | Souches d'E. coli résistantes aux fluoroquinolones |
|---|---|---|
| X | 11,6 | 6 % |
| Y | 19,8 | 17 % |
| Z | 28,4 | 31 % |
- a) Expliquer pourquoi le milieu de culture contient les deux antibiotiques.
- b) Interpréter les expériences 1 à 4 et identifier le mode de transfert génétique mis en jeu.
- c) Expliquer en quoi ce transfert est « horizontal » et pourquoi il accélère la diffusion des résistances.
- d) Exploiter le document 2 et expliquer le mécanisme qui relie consommation d'antibiotiques et résistance.
- e) Proposer trois mesures d'usage raisonné des antibiotiques et justifier chacune.
a) Chaque souche de départ est tuée par l'un des deux antibiotiques. Seules des bactéries résistantes aux deux peuvent former une colonie : le milieu ne retient que les bactéries qui ont acquis une résistance nouvelle.
b) Expériences 1 et 2 : aucune souche seule ne pousse, ce qui confirme qu'elles ne sont résistantes qu'à un antibiotique et que l'apparition spontanée d'une double résistance est trop rare pour être observée. Expérience 3 : 340 colonies doublement résistantes apparaissent après mélange ; des bactéries B (résistantes à la streptomycine) ont reçu le gène de résistance à l'ampicilline porté par le plasmide de A. Expérience 4 : sans contact entre bactéries, aucun transfert, alors que l'ADN libre et les virus traversent le filtre : ni la transformation ni la transduction n'expliquent le résultat. Le transfert exige un contact entre bactéries : c'est une conjugaison.
c) Le gène passe d'une bactérie à une autre bactérie déjà existante, et non d'une cellule mère à ses cellules filles : le transfert est horizontal. Il permet à une bactérie d'acquérir en une seule fois un gène déjà « testé », parfois venu d'une autre espèce, sans attendre une mutation rare ; un plasmide peut porter plusieurs gènes de résistance : la résistance se propage bien plus vite que par mutations seules.
d) Plus la consommation est élevée, plus la proportion de souches résistantes l'est : de 6 % pour 11,6 doses à 31 % pour 28,4 doses, soit 5 fois plus de souches résistantes pour une consommation environ 2,4 fois plus forte. Mécanisme : chaque traitement élimine les bactéries sensibles et laisse survivre et se multiplier les résistantes, déjà présentes ou issues de transferts. L'usage massif des antibiotiques sélectionne les souches résistantes. Il s'agit d'une corrélation, cohérente avec le mécanisme de sélection.
e) Ne pas prendre d'antibiotique contre une infection virale (rhume, grippe) : il n'a aucun effet sur le virus et sélectionne des résistances dans le microbiote. Choisir la molécule d'après un antibiogramme, à spectre étroit si possible : on évite de sélectionner d'autres bactéries. Limiter les antibiotiques en élevage (interdiction comme facteurs de croissance) : les bactéries résistantes des animaux atteignent l'humain et transfèrent leurs plasmides. On peut aussi citer le respect de la durée prescrite et l'hygiène des mains à l'hôpital.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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