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Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?

Normes, déviance et délinquance, contrôle social, étiquetage, carrière déviante, mesure de la délinquance (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Normes sociales et normes juridiques : ce que la déviance transgresse, Le contrôle social : formel, informel, et ses évolutions, Une déviance relative : selon les époques, les sociétés et les groupes, Des premières explications de la déviance au tournant interactionniste. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Valeur

Idéal collectif, jugé désirable par un groupe, qui oriente les conduites sans les prescrire précisément (respect d'autrui, égalité, santé).

À ne pas confondre

  • Norme — La valeur est l'idéal ; la norme est la règle concrète qui la traduit en comportement attendu et qui est sanctionnée.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la sociologie de Durkheim et de Parsons ; elle sert à relier les règles aux idéaux qu'elles protègent.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer pourquoi une norme change : la valeur de protection de l'enfant fonde la loi de 2019. Faute : dire qu'on « transgresse une valeur ».

Norme sociale

Règle de conduite, souvent implicite, propre à un groupe, dont le respect est garanti par des sanctions informelles.

À ne pas confondre

  • Norme juridique — La norme juridique est écrite, édictée par une autorité publique et sanctionnée par une institution.

Selon l'époque et le point de vue — Notion commune à toute la sociologie depuis Durkheim ; elle désigne ce qui se fait et ne se fait pas dans un groupe.

Ce que le mot permet d'écrire — À mobiliser pour montrer qu'un acte légal peut être déviant. Faute : oublier la sanction dans la définition.

Norme juridique

Règle de droit écrite (loi, décret, règlement), édictée par une autorité publique, dont la transgression est sanctionnée par une institution.

À ne pas confondre

  • Norme pénale — Toute norme juridique n'est pas pénale : le Code civil fixe des règles dont la violation n'est pas une infraction.

Selon l'époque et le point de vue — Le droit français la hiérarchise ; le Code pénal de 1994 classe les infractions en crimes, délits et contraventions.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à définir la délinquance. Faute : croire que toute norme juridique a une sanction pénale (article 371-1 du Code civil, 2019).

Sanction

Réaction d'un groupe ou d'une institution au respect (sanction positive) ou à la transgression (sanction négative) d'une norme.

À ne pas confondre

  • Peine — La peine est une sanction négative formelle prononcée par un juge pénal ; la sanction est une notion bien plus large.

Selon l'époque et le point de vue — Durkheim fait de la sanction le signe extérieur de la norme dès 1893.

Ce que le mot permet d'écrire — Toujours distinguer formelle/informelle et positive/négative : quatre cases possibles. Faute : oublier les sanctions positives.

Contrôle social

Ensemble des moyens, formels et informels, par lesquels une société obtient de ses membres le respect des normes.

À ne pas confondre

  • Répression — La répression n'est qu'une partie du contrôle social, qui comprend aussi la prévention, la surveillance et l'autocontrôle.

Selon l'époque et le point de vue — Notion élaborée par la sociologie américaine au début du XXe siècle ; Elias (1939) en montre l'intériorisation progressive.

Ce que le mot permet d'écrire — Sujet type : l'évolution des formes du contrôle social. Faute : classer un acteur selon le lieu plutôt que selon la procédure.

Déviance

Ensemble des comportements qui transgressent les normes d'un groupe social et sont susceptibles d'être sanctionnés.

À ne pas confondre

  • Délinquance — La délinquance est la seule transgression des normes pénales ; toute délinquance est déviance, l'inverse est faux.

Selon l'époque et le point de vue — Le terme s'impose dans la sociologie américaine des années 1950-1960, avec Lemert puis Becker.

Ce que le mot permet d'écrire — Toujours la définir comme relative à une norme et à un groupe. Faute : en faire un trait de personnalité.

Délinquance

Ensemble des infractions à la loi pénale : contraventions, délits et crimes.

À ne pas confondre

  • Criminalité — Au sens strict, la criminalité désigne les crimes, infractions les plus graves ; dans le langage courant, les deux mots sont souvent confondus.

Selon l'époque et le point de vue — Sa définition dépend du législateur : l'adultère en sort en 1975, l'outrage sexiste y entre en 2018.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets de mesure. Faute : parler de « délinquance » pour un comportement seulement mal vu.

Anomie (selon Merton)

Situation de tension où les buts valorisés par la société ne sont pas accessibles à tous par des moyens légitimes.

À ne pas confondre

  • Anomie chez Durkheim — Chez Durkheim, l'anomie est un affaiblissement de la régulation des désirs ; chez Merton, un décalage entre buts et moyens.

Selon l'époque et le point de vue — Merton reprend le mot de Durkheim dans « Social Structure and Anomie » (1938).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique l'innovation déviante (fraude, vol). Faute : réciter les cinq modes d'adaptation sans les relier à un exemple.

Association différentielle

Théorie selon laquelle la délinquance s'apprend au contact d'autres personnes, quand les définitions favorables à la transgression l'emportent.

À ne pas confondre

  • Étiquetage — L'association différentielle explique le passage à l'acte ; l'étiquetage explique la désignation comme déviant.

Selon l'époque et le point de vue — Formulée par Edwin Sutherland en 1939, dans Principles of Criminology.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour l'étape d'apprentissage de la carrière déviante. Faute : la confondre avec une « mauvaise influence » morale.

Étiquetage

Processus par lequel un groupe, une institution ou une autorité attribue publiquement à un individu le statut de déviant.

À ne pas confondre

  • Stigmatisation — L'étiquetage désigne ; la stigmatisation transforme un attribut en marque d'infériorité qui réduit la personne à ce trait.

Selon l'époque et le point de vue — Au cœur d'Outsiders de Becker (1963), dans la tradition interactionniste de Chicago.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion clé des sujets sur les processus de la déviance. Faute : dire que Becker nie l'existence des actes.

Entrepreneur de morale

Acteur qui crée une norme (en menant campagne pour elle) ou qui la fait appliquer (policier, agent de contrôle).

À ne pas confondre

  • Législateur — Le législateur vote la loi ; l'entrepreneur de morale est celui qui la réclame ou la fait respecter, souvent sans être élu.

Selon l'époque et le point de vue — Expression de Becker (1963), à propos notamment du Marihuana Tax Act de 1937.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique pourquoi les normes changent. Faute : en faire un chef d'entreprise vertueux.

Stigmate

Attribut qui jette un discrédit profond sur la personne qui le porte et la réduit à ce seul trait.

À ne pas confondre

  • Discrédité / discréditable — Le discrédité porte un stigmate visible ; le discréditable peut le cacher et doit gérer l'information.

Selon l'époque et le point de vue — Analysé par Erving Goffman dans Stigma (1963), traduit en français en 1975.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer les effets d'une étiquette (casier judiciaire). Faute : croire qu'un stigmate suppose une faute.

Déviance primaire / secondaire

La déviance primaire est une transgression initiale sans effet sur l'identité ; la secondaire résulte de la réaction sociale et transforme l'identité du déviant.

À ne pas confondre

  • Récidive — La récidive est une catégorie pénale ; la déviance secondaire est un changement d'identité produit par la réaction.

Selon l'époque et le point de vue — Distinction proposée par le sociologue américain Edwin Lemert dans Social Pathology (1951), puis prolongée par Howard Becker dans Outsiders (1963) avec la théorie de l'étiquetage.

Ce que le mot permet d'écrire — Idéale pour montrer que la réaction entretient la déviance. Faute : croire que la secondaire est simplement « plus grave ».

Carrière déviante

Suite d'étapes par lesquelles un individu s'engage durablement dans la déviance, chaque étape rendant la suivante plus probable.

À ne pas confondre

  • Destin — La carrière est une trajectoire probable, dont on peut sortir à chaque étape, non une fatalité.

Selon l'époque et le point de vue — Notion empruntée par Becker (1963) à la sociologie des professions.

Ce que le mot permet d'écrire — Se présente par étapes datées dans une copie. Faute : oublier l'étape d'apprentissage.

Chiffre noir

Part des infractions commises qui ne sont jamais enregistrées par la police, la gendarmerie ou la justice.

À ne pas confondre

  • Taux d'élucidation — Le taux d'élucidation porte sur les faits enregistrés dont l'auteur est identifié ; le chiffre noir sur les faits jamais enregistrés.

Selon l'époque et le point de vue — Révélé par les enquêtes de victimation, en France avec Cadre de vie et sécurité à partir de 2007.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur des sujets de mesure. Faute : croire qu'il est identique pour toutes les infractions.

Enquête de victimation

Enquête statistique qui interroge un échantillon représentatif sur les atteintes subies, qu'elles aient été déclarées ou non.

À ne pas confondre

  • Statistiques administratives — Les statistiques administratives comptent les faits enregistrés par les services ; la victimation part des victimes.

Selon l'époque et le point de vue — En France : Cadre de vie et sécurité (2007), relayée en 2022 par Vécu et ressenti en matière de sécurité.

Ce que le mot permet d'écrire — Toujours citer ses limites (déclaratif, homicides, infractions sans victime). Faute : la présenter comme la mesure « vraie ».

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Norme sociale / norme juridique

Distingue les règles sanctionnées par l'entourage de celles sanctionnées par une institution.

Ce qu'il débloque — Sert à montrer qu'un acte peut être déviant sans être délinquant, et que les normes passent d'un ordre à l'autre.

Exemple — Sur le sujet « Déviance et délinquance sont-elles la même chose ? », il permet d'ouvrir la copie par la définition des deux ordres.

Contrôle formel / contrôle informel

Oppose le contrôle exercé par des institutions selon des procédures au contrôle diffus de l'entourage.

Ce qu'il débloque — Organise une partie consacrée aux évolutions du contrôle social.

Exemple — Sur le sujet « Comment le contrôle social a-t-il évolué ? », il permet de montrer à la fois la formalisation (radars, 2003) et l'autocontrôle (Elias).

Acte / réaction sociale

Oppose l'analyse des causes de la transgression à celle de la désignation comme déviant.

Ce qu'il débloque — Donne le mouvement d'une dissertation : de Merton et Sutherland à Becker.

Exemple — Sur le sujet « La déviance est-elle seulement le fait de ceux qui transgressent les normes ? », il fournit les parties I et II.

Déviance primaire / déviance secondaire

Distingue la transgression initiale de la déviance produite par la réaction sociale.

Ce qu'il débloque — Permet de montrer que le contrôle social peut entretenir la déviance.

Exemple — Sur le sujet « La sanction réduit-elle toujours la déviance ? », il permet de nuancer par l'effet du casier judiciaire.

Déviance / délinquance

Distingue la transgression de toute norme de celle de la loi pénale.

Ce qu'il débloque — Indispensable en introduction de tout sujet sur la délinquance.

Exemple — Sur le sujet « Pourquoi la délinquance est-elle difficile à mesurer ? », il permet de délimiter l'objet mesuré.

Délinquance enregistrée / chiffre noir

Oppose les faits constatés par les services aux faits commis mais jamais enregistrés.

Ce qu'il débloque — Structure une réponse sur la mesure : ce que compte la police, ce qu'elle ne voit pas.

Exemple — Sur une étude de document de taux de plainte, il permet d'expliquer pourquoi le chiffre noir varie selon les atteintes.

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